08 février 2019

Du MOUVEMENT PERPETUEL : d'Anaximandre à Démocrite

  La matrice originelle de la philosophie véritable se trouve selon moi dans la pensée d'Anaximandre : de l'apeiron (l'illimité) procède la naissance des choses et à lui elles retournent, selon l'ordre du temps. Mouvement ininterompu de création et de dissolution, génération et destruction perpétuelles. Mais pour donner une extension maximale à cette idée il faut se garder de concevoir l'apeiron comme distinct des choses, comme une origine temporelle, comme un principe séparé de sa manifestation : l'apeiron est le mouvement... [Lire la suite]

25 juin 2018

De l'ETRE, du NON-ETRE et du PASSAGE : Pyrrhon avec Héraclite

  La puissance propre de la pensée pyrrhonienne - que Montaigne a bien saisie - est de nous contraindre par un forçage scandaleux et fécond, à nous extraire des catégories ordinaires de la pensée, nous jetant tous nus dans l'effroi de l'irreprésentable. Sur quoi repose notre conception du monde ? Sur le principe de tiers exclu, qu'Aristote avait sacralisé comme fondement de la logique. Entre A et non-A il n' y a pas de tierce possibilité. Ce qui donne, pour notre problème : entre l'être et le non-être il n'y a pas de tierce... [Lire la suite]
30 janvier 2018

De la DENAISSANCE : méditation

  Nerval parlait en connaisseur de la traversée de l'Achéron, dont il se remit deux fois avant de sombrer, comme on sait. Je n'ai pas l'intention de sombrer, mais pas davantage celle de gommer purement et simplement l'expérience vécue, d'en annuler le relief par une sorte de dénégation. Traversée du feu dirai-je, de ce feu noir et froid qui cadavérise toute chose, qui nihilise jusqu'au désir de vivre. Heureusement l'affaire n'aura duré qu'un mois, mais c'est un de ces mois qui valent pour plusieurs. Dés-être dirait Lacan,... [Lire la suite]
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12 juillet 2016

Du MOUVEMENT de VERITE

  Il faut certes aimer la vérité, mais non la vénérer comme une idole, d'autant qu'une idole est chose de pierre ou de bois, inerte et aphasique. Nous n'avons que trop de pierres dans la tête, quand notre souci principal devrait être de nous alléger.  Depuis quelque temps, je l'ai dit et répété ici, je tournais autour d'une intuition qui me semblait vraiment libératrice. A cette occasion j'ai pu faire de précieuses observations sur le mouvement de vérité, je veux dire cette exigence toute philosophique de ne pas se... [Lire la suite]
29 janvier 2016

ECRIRE et VIVRE

  J'ai envie de m'alléger un peu. Bien sûr il y a la réflexion, utile en son temps, mais point trop n'en faut ! Je soupèse mon humeur présente, partagée entre joie et angoisse, angoisse joyeuse si l'on veut, mêlée d'excitation vague, d'incertitude et de plaisir. L'angoisse me dit : pourquoi écrire, en es-tu capable, et que diable as-tu donc à dire de si important, que te voilà encore à peiner derrière ton clavier ? Et la joie me dit : voici l'heure heureuse, l'occasion belle, le moment fécond, innénarable, de la création sans... [Lire la suite]
05 juin 2015

Le TEMPS et la DECLINAISON : LUCRECE

  "Vois les gouttes d'eau qui tombent sur la pierre Avec le temps elles finissent par percer cette pierre". Lucrèce, IV, 1286- 1287.   La pierre figure le stable, le solide, le permanent. Pourtant c'est l'élément fluide qui l'emporte à la fin, et tout à la fin, emporte toutes choses dans l'indéterminé. Entropie généralisée, loi de nature. La pierre figure un système stable-instable, comme tous les systèmes, étoiles, pierres, végétaux, animaux, humains. Stable dans le court terme, instable, périssable dans le long. Un... [Lire la suite]