12 mars 2018

De la MORT de SCHOPENHAUER

  Après son déjeuner, comme il fait tous les jours, il va s'asseoir dans son fauteuil pour une petite sieste réparatrice. Il s'endort doucement. Quand la bonne, un peu plus tard, vient dans le salon, elle s'aperçoit qu'il est mort. Ainsi donc il a glissé insensiblement du sommeil dans la mort. Il ne s'est rendu compte de rien, il était vivant, il n'est plus. Le plus remarquable en cette affaire c'est qu'il ne sait pas qu'il est mort. Il ne l'a pas vue venir, il n'a pu s'y préparer, l'anticiper, la redouter ou la souhaiter :... [Lire la suite]

13 février 2018

POUSSIERE - fantaisie

  Voici un petit bijou, trouvé dans "Le sourire du Tao" de Lawrence Durrell, page 68 : "Le poète est quelqu'un que la mort ne peut surprendre car il l'habite déjà en imagination, grâce à ses poèmes". Je ne puis savoir en quel sens l'auteur entend cette maxime, mais elle résonne en moi comme une voix familière. Poétiser c'est voir, entendre, goûter les choses sous l'angle de l'éternité, laquelle ne signifie pas que les choses soient figées dans leur être, immuables et impérissables, tout au contraire elles ne font que passer,... [Lire la suite]
29 janvier 2018

MELANCOLIE de l' ART

          "O vraiment, marâtre nature       Puisqu'une telle fleur ne dure       Que du matin jusques au soir !"   Ce sentiment-là, devenu si banal dans la littérature, si convenu, il faut le reprendre à la source pour en mesurer l'inépuisable puissance d'évocation. Qu'on le répète et régurgite à l'infini, cela ne change rien, cela n'en amoindrit nullement l'imparable vérité. Toute poésie de là s'origine, y puise son inspiration, y déroule les méandres de sa mélancolie.... [Lire la suite]
07 décembre 2017

Leçon de la SOLITUDE

  On craint la solitude, on l'exècre, on la fuit. On court de droite et de gauche, on se divertit de tout et de rien. Nez au vent, à l'affût de la moindre diversion, on s'excite, on se pâme. Mais la solitude revient toujours. Eh quoi, que voulez vous fuir, si ce n'est vous-même ? Puis vient l'heure blême devant le miroir, l'étonnement du temps qui passe, qui ravage, et les rides, et les tourments de l'âme. Quoi ! Encore une journée, une année de passée, et moi, que vais-je devenir si tout s'en va, et moi de même ? Quel recours... [Lire la suite]
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25 octobre 2017

Le CHEMIN de VIE : sur la mort de Gauguin

  1903, îles Marquises. Gauguin est mourant, Gauguin se meurt dans la plus grande solitude et le dénuement le plus total. Je le vois, gémissant sur sa couche de feuilles sèches, le regard perdu, tordu de douleur au bord de l'abîme. Et je m'interroge : que peut ressentir un Gauguin en cette extrémité, quelle image vient à présent le torturer, ou le ravir, le seconder dans cette ultime épreuve ? Dans cette souffrance christique de l'abandon, quelle sera sa consolation ? Que pense-t-il à présent de ce gigantesque projet qui l'a... [Lire la suite]
19 octobre 2017

NUIT des AGES : poème

                      NUIT des AGES                          Elle, la tant aimée la tant haïe            Elle était le génie sacré de l'univers            Qui de sa main négligente            Versait comme des grains de blé            D'innombrables étoiles        ... [Lire la suite]
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01 septembre 2017

MEDITATION : "entrer dans son cercueil"

  Taisen Deshimaru, promoteur du Bouddhisme Soto en France, disait que "méditer c'est entrer dans son cercueil". La formule est un peu raide, mais elle ne manque ni d'allant ni de vérité. Il ne s'agit pas de faire le mort, ou de jouer au fantôme, mais de considérer les choses d'un point de vue très particulier, qui allie subtilement la vie et la mort, enfin reliées dans leur rapport essentiel. Précisons que les Orientaux considèrent la mort autrement que nous : non pas comme le terme final de l'existence, mais comme une doublure... [Lire la suite]
14 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant second (3)

                   3      Les morts    Laisse-les mourir,    Les morts    Laisse-les pourrir, déchet de corps dans le corps    De la terre, ou partir en fumée    Dans le ciel qui s’indiffère.    De vouloir les garder, voilà le mal, la gangrène de l’âme.    Ce corps de volupté qui embrassait ton corps    Ce doux visage où tu lisais cette infinie tendresse    Où tu... [Lire la suite]
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11 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant troisième (1)

                                1   Qu’il serait doux, quand s’apaise la souffrance de la vie De mourir tout doucement de sa mort belle, Ni trop tôt, ni trop tard, quand sonne l’heure, De glisser sans remords, Sans haine et sans regret, sans crainte et sans envie, Serein, joyeux au souvenir des heures fastueuses Du désir fécondant les vallées de la terre, Des entretiens nombreux... [Lire la suite]
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10 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant troisième (2)

                    2   Certains meurent trop tôt D’autres meurent trop tard. Terrible est le lot de ces jeunes trop tôt Emportés par la mort. Ils n’ont connu Que l’affliction du corps, l’angoisse et le désespoir, A moins qu’un ange bienveillant les ait tôt libérés Des souffrances communes. Mais pire encore Le lot du vieillard qui se survit à lui-même Claquemuré dans l’agonie interminable Entre lit de douleur et chaise de douleur Dans le triste hôpital, sous les... [Lire la suite]
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