25 octobre 2017

Le CHEMIN de VIE : sur la mort de Gauguin

  1903, îles Marquises. Gauguin est mourant, Gauguin se meurt dans la plus grande solitude et le dénuement le plus total. Je le vois, gémissant sur sa couche de feuilles sèches, le regard perdu, tordu de douleur au bord de l'abîme. Et je m'interroge : que peut ressentir un Gauguin en cette extrémité, quelle image vient à présent le torturer, ou le ravir, le seconder dans cette ultime épreuve ? Dans cette souffrance christique de l'abandon, quelle sera sa consolation ? Que pense-t-il à présent de ce gigantesque projet qui l'a... [Lire la suite]

19 octobre 2017

NUIT des AGES : poème

                      NUIT des AGES                          Elle, la tant aimée la tant haïe            Elle était le génie sacré de l'univers            Qui de sa main négligente            Versait comme des grains de blé            D'innombrables étoiles        ... [Lire la suite]
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01 septembre 2017

MEDITATION : "entrer dans son cercueil"

  Taisen Deshimaru, promoteur du Bouddhisme Soto en France, disait que "méditer c'est entrer dans son cercueil". La formule est un peu raide, mais elle ne manque ni d'allant ni de vérité. Il ne s'agit pas de faire le mort, ou de jouer au fantôme, mais de considérer les choses d'un point de vue très particulier, qui allie subtilement la vie et la mort, enfin reliées dans leur rapport essentiel. Précisons que les Orientaux considèrent la mort autrement que nous : non pas comme le terme final de l'existence, mais comme une doublure... [Lire la suite]
14 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant second (3)

                   3      Les morts    Laisse-les mourir,    Les morts    Laisse-les pourrir, déchet de corps dans le corps    De la terre, ou partir en fumée    Dans le ciel qui s’indiffère.    De vouloir les garder, voilà le mal, la gangrène de l’âme.    Ce corps de volupté qui embrassait ton corps    Ce doux visage où tu lisais cette infinie tendresse    Où tu... [Lire la suite]
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11 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant troisième (1)

                                1   Qu’il serait doux, quand s’apaise la souffrance de la vie De mourir tout doucement de sa mort belle, Ni trop tôt, ni trop tard, quand sonne l’heure, De glisser sans remords, Sans haine et sans regret, sans crainte et sans envie, Serein, joyeux au souvenir des heures fastueuses Du désir fécondant les vallées de la terre, Des entretiens nombreux... [Lire la suite]
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10 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant troisième (2)

                    2   Certains meurent trop tôt D’autres meurent trop tard. Terrible est le lot de ces jeunes trop tôt Emportés par la mort. Ils n’ont connu Que l’affliction du corps, l’angoisse et le désespoir, A moins qu’un ange bienveillant les ait tôt libérés Des souffrances communes. Mais pire encore Le lot du vieillard qui se survit à lui-même Claquemuré dans l’agonie interminable Entre lit de douleur et chaise de douleur Dans le triste hôpital, sous les... [Lire la suite]
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09 août 2017

Le Chant des Origines, III, 6

                         6    Comme placé aux bords de la mort éternelle  Demande-toi chaque soir ce qu'est ta vie.  Si tu n'existais plus comment serait le monde ?  Les fleuves continuent de couler, les montagnes  Dressent toujours leur cimes altières vers le ciel.  Non, rien ne serait changé : le monde  Demain comme aujourd'hui poursuit son cours.  Toi tu ne seras plus. Toi seul pour toi.  Tu auras passé... [Lire la suite]
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05 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant sixième 5

            5   Corps-espritUnique danse,Et si parfois courage manqueEt si le désespoir à l'occasionNous saisit et nous glace,Si de sentir toute la douleur du mondeNous étreint, nous écraseSi d'instant en instant notre vie nous échappe,Si nous glissons comme un navire démâtéSur l'océan insensible du temps,- Redresse-toi mon âme, souviens-toiQue toute chose, belle ou laide, se décompose,Souviens-toi que ce moment présentJamais ne reviendra,Que la douleur autant que le plaisirPasse comme passe le... [Lire la suite]
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05 juin 2017

De la MORT du CHRIST : HOLBEIN le JEUNE

  La représentation d'un Bouddha squelettique, émacié, est fort rare en Orient. Je n'aime pas cette figure. Pas davantage les Bouddhas ventripotents, rigolards et rabelaisiens qui ont fleuri en Chine. J'aime le regarder comme un homme ordinaire, justement proportionné, bien fait de corps et d'esprit, avec ce demi-sourire quasi imperceptible, si énigmatique, qui lui confère je ne sais quelle majesté discrète, toute de réserve et d'attention intérieure. Cette présence est si forte qu'elle vous saisit d'étonnement : est-il possible... [Lire la suite]
04 juin 2017

NERVAL : Le Christ aux oliviers (2)

    Pour le plaisir de Frédéric, mais aussi de tous les amateurs de beauté, voici le sonnet in extenso auquel je me référais dans l'article précédent :                Le Christ aux Oliviers (2)       Il reprit : "Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ;     Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés,     Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes,     Répand des sables d'or et des flots argentés :      ... [Lire la suite]
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