21 février 2017

De la DOULEUR

  La douleur est un mal, d'abord parce qu'elle fait mal : c'est une effraction qui compromet momentanément ou durablement l'unité de l'organisme physicopsychique. Ainsi d'une bessure, d'un choc, d'un événement, qui déchirent la peau sensible du corps et du moi - car dans cette affaire il est bien douteux que l'on puisse séparer le corps et le moi, tant il est vrai que le moi est avant tout "l'idée du corps", sa perception sensible et psychique. Voyez comment l'enfant, lors d'une petite blessure du doigt, se sent comme emporté... [Lire la suite]
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18 janvier 2017

La PERTE et l' OUVERTURE

  Il faut tenter de se familiariser avec l'image d'un moi perforé, troué de toutes parts, effeuillé. C'est cette image que l'on rencontre d'ailleurs chez certains écrivains vieilissants, qui ont vécu suffisamment pour ne plus adhérer à toutes les sornettes de l'époque, qui dans le tremblement même, dans une apparente fragilité, conservent en dépit de tout je ne sais quelle assurance inébranlable. Tout vacille, tout branle, leur corps fatigué, leur humeur chancelante, mais ils sont toujours là comme au premier jour, souples et... [Lire la suite]
20 juin 2016

Du RETOURNEMENT CATEGORIQUE

    Retournement catégorique : voilà l'idée que je cherche, et que je trouve enfin. Depuis PLaton nous raisonnons à l'envers. La fameuse allégorie de la naissance du désir, à partir de la scission inaugurale exposée par Aristophane, revient à poser un état antérieur d'unité et de plénitude, état substantiel dont chacun conserverait la nostalgie, s'engageant dès lors dans un course éperdue pour retrouver la part perdue. L'unité est première, la scission est seconde. C'est ce modèle qui sous-tend nombre de mythologies et de... [Lire la suite]
19 janvier 2016

Le MOI est-il HAISSABLE ?

  Lorsque Pascal déclare que "le moi est haïssable" il ne rend guère service à l'humanité : que diable ! De quoi disposons-nous en cette pauvre vie si ce n'est de ce moi, tout rabougri qu'il soit ! Il est vrai qu'il voulait rabaisser la superbe des hommes, exhiber leur indécrottable misère pour les ramener à Dieu. Le plaisant projet que voilà ! On ne fera jamais croire que celui qui croit déjà, qui désire de croire, et qui n'attend qu'une bonne raison, bonne ou mauvaise, pour se jeter dans le baquet. Pascal visait Montaigne :... [Lire la suite]
22 novembre 2013

De la CIBLE INTERIEURE (3)

    Chaque matin est notre matin, et le matin du monde...De cela je fais quotidiennement l'expérience, tantôt dans l'allégresse, tantôt dans une secrète, une indicible in-quiétude. Ce n'est pas de la souffrance à proprement parler, plutôt une sorte d'hésitation, un balancement de l'âme, comme si d'hésiter pouvait suspendre la marche irréfutable du temps, retarder l'heure décisive où je serais en accointance avec l'événement, présent dans la présence du monde. Dès le réveil je sais que quelque chose d'important m'attend, et... [Lire la suite]
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21 novembre 2013

De la CIBLE INTERIEURE (4)

        En termes métapsychologiques voici la formulation à laquelle aboutit ma recherche : la personnalité psychique s'analysera selon une triple détermination, du plus extérieur vers le plus intime. Le moi est la façade, la personnalité apparente, la somme des identifications conscientes et inconscientes, formant une sorte de réseau d'images intérorisées, fortement investies. Le moi présente spontanément une résistance au changement, avec des variations considérables selon les individus, mais au total, sauf... [Lire la suite]
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04 novembre 2013

Du SUJET, et du MOI

    Une subjectivité sans sujet? Cela paraît insensé, sauf à préciser : sans sujet substantiel. On peut très bien soutenir ensemble deux propositions apparemment contradictoires, l'une qui pose l'absence de substance constante, immuable et pérenne (Bouddha), l'autre qui admet que la configuration des forces, instincts et pulsions témoigne d'un certain style singulier, d'une composition originale et différente de toute autre, d'une idiosyncrasie particulière, d'une organisation interne que l'on peut appeler "subjectivité" -... [Lire la suite]
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07 mai 2013

De la SUBJECTIVATION

    La subjectivation est un processus au long cours, et à y penser plus avant, il y faut une vie entière, encore que le résultat ne soit pas acquis d'avance. C'est long et difficile, mais existe-t-il tâche plus nécessaire et plus noble? Nous ne rampons que trop sous la tutelle d'autrui et nous oublions de vivre par nous-mêmes, soucieux de plaire, ou de séduire, de nous faire reconnaître par une instance tout aussi molle et inconsistante que nous, dans un corps à corps visqueux et douteux, où nul, en fin de compte, ne... [Lire la suite]
13 janvier 2009

De la COMPLEXITE du MOI : II

Dans la pensée grecque nous trouvons, je crois, une hiérarchie en trois registres, représentée traditionnellemnt par les trois degrés de l'animalité, de l'humanité et de la divinité. Avec Epicure nous avons trouvé le statut fondamental de l'humanité dans une conception atomistique et éthique. L'homme s'élève au dessus de l'animal non par quelque essence supérieure mais par la seule conscience. Quant au divin, il est poins représenté dans les dieux traditionnels (qui sont expédiés par Epicure dans quelque lointain intermonde) que dans... [Lire la suite]
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