21 mai 2019

LA BEAUTE, MASQUE DU REEL

  L'essence de l'esprit apollinien est de privilégier la beauté, de la célèbrer dans  le monde des corps, corps des astres, corps lumineux des dieux, corps nu de l'homme en majesté, corps de la femme drapée de tissus soyeux - il est remarquable que les Grecs exhibent le corps masculin et voilent pudiquement le corps féminin - en toute chose de magnifier la forme, la perfection du plein, et de dissimuler le vide, d'occulter la béance. Tout au plus va-t-on la suggérer. Ce caractère très prégnant de l'art antique a induit les... [Lire la suite]

19 avril 2018

"JE ME SUIS CHERCHE MOI-MEME" Héraclite

  Sur le fronton du temple à Delphes figure la sentence fameuse : "Connais-toi toi même et tu connaîtras l'univers et les dieux". Héraclite, autour des années 500 avant notre ère, écrit : "Je me suis cherché moi-même". (edizesamen emeouton). Dizemai : chercher à savoir, interroger l'oracle, enquêter. Tout oracle est une énigme. Héraclite se propose de relever l'énigme, et de répondre à la question : qu'est-ce que l'homme ? Et pour y parvenir il veut examiner sa propre nature, savoir en quoi il est homme. L'homme est homme par... [Lire la suite]
21 juillet 2017

La LETTRE et l'ESPRIT de la CULTURE (2) : du destin de l'Occident

    Le poème "Pain et Vin" commence par le tableau du soir et de la nuit qui vient : c'est une méditation sur le temps, sur les variations du temps, sur le rapport entre le jour et la nuit, qui ne laisse pas de faire songer à Héraclite, lequel avait affirmé l'unité irréductible du jour et de la nuit : ils sont le même, écrivait-il. Or nous voici, historiquement, au crépuscule, sous l'aplomb de la nuit qui vient. Mais alors l'esprit va-t-il disparaître, nous plongeant dans l'indéterminé et le chaos ? Le poète évoque alors... [Lire la suite]
03 septembre 2010

PENSEE de la LIMITE : EPICURE THERAPEUTE

Le jouisseur, le débauché, l'ambitieux, l'avare - en somme tout homme qui est ravagé par le désir de l'illimité est nécessairement malheureux, s'il est évident qu'il compte toujours ce qui lui manque - et qui fuit comme de l'eau dans un vase percé - plus que ce qu'il possède, et dont il puisse naturellemnt jouir. Le désir est spontanément infini, se déplaçant sans fin d'un objet à l'autre, d'une illusion à l'autre. Que chacun s'examine avec lucidité, il verra très vite qu'il court sans cesse, halluciné par des simulacres de jouissance... [Lire la suite]