25 avril 2018

LA CONNAISSANCE DE SOI, un leurre ? - PYRRHON

  Reprenant la formule delphique: "connais-toi toi même et tu connaîtras l'univers et les dieux" je me propose de la soumettre à ce qui pourrait-être une exploration pyrrhonienne. On ne sait pas, malheureusement, ce que Pyrrhon a pu penser de cette injonction, à supposer qu'ii s'y soit attardé, ce qui est loin d'être sûr. De son maître Démocrite il a pu retenir la formule "je sais que ne sais rien" (qui n'est pas une exclusivité socratique), et ce savoir paradoxal qu'il n'existe pas de savoir en vérité. De là découle... [Lire la suite]

10 avril 2018

De l'INCONNAISSANCE et du REEL : PYRRHON

  Pourquoi ne peut-on vraiment connaître la réalité ? La réponse traditionnelle est d'invoquer les faiblesses constitutives de notre nature. La réponse de Pyrrhon est autrement radicale, sans pour autant exclure la première. Il pose tranquillement cette thèse étonnante que les choses échappent de nature à toute prise : "il les montre également in-différentes, im-mesurables, in-décidables. C'est pourquoi ni nos sensations, ni nos jugements ne peuvent ni dire vrai ni se tromper". Cette dernière phrase est quand même... [Lire la suite]
15 mars 2018

PETIT ADDENDUM à l'article précédent

  Petit addendum, certes, mais, selon moi, du plus grand poids : si par le langage nous sommes séparés des choses il n'en faut pas conclure que les choses n'existent pas, ou qu'elles soient négligeables. Sur ces questions fondamentales, et de haute conséquence, je me découvre très résolu, moi qui le suis si rarement, et qui sur tant de sujets n'ai guère de position arrêtée. Le réel, ça existe, mais non point sur le mode de l'être : apparence, apparition plutôt, ou apparaître des apparences, cela insiste, cela se fait entendre,... [Lire la suite]
15 mars 2018

GORGIAS : du non-être et du langage

  D'après Sextus Empiricus, Gorgias "met en place, dans l'ordre, trois propositions fondamentales : premièrement, et pour commencer, que rien n'existe ; deuxièmement que, même s'il existe quelque chose, l'homme ne peut l'appréhender ; troisièmement, que même si on peut l'appréhender, on ne peut ni le formuler ni l'expliquer aux autres". La difficulté majeure, dans cette exposition, tient au sens que l'on donne à la première proposition. "Ouden estin" : faut-il traduire "rien n'existe" alors que le grec dit "rien n'est" ? Ce... [Lire la suite]
16 novembre 2017

Du REFOULEMENT ORIGINAIRE, et du REEL

  De quoi parlons-nous quand nous parlons ? Une des innovations les plus spectaculaires de Freud fut d'introduire le concept de refoulement originaire. Si je comprends bien, cette opérataion est l'effet du langage. Le mot est le meurtre de la chose, entendons : dorénavant tu désigneras par un mot l'objet de ta demande, ce qui revient à éloigner la chose de la satisfaction directe, à la retirer dans une nouvelle sphère qui se surajoute à la première, qui ne lui est nullement équivalente, et qui, de plus, relève en quelque sorte... [Lire la suite]
26 juillet 2017

La NATURE et l'ESPRIT : le dia-bolon

  "L'esprit n'est pas au début, pas à la source" écrivait Hölderlin. La source universelle c'est évidemment la nature, entendue au sens le plus large et le plus englobant. Ou encore "l'abîme", selon le mot de Démocrite. Quoi que l'on fasse, elle reste l'insondable, la mystérieuse, l'impénétrable. "La femelle obscure". C'est dire implicitement que l'esprit ne peut naître que d'un déchirement, d'une rupture, d'une distanciation dans la dualité : dia-bolon, oeuvre du diable, séparation et solitude. L'homme se pose en s'opposant.... [Lire la suite]

09 mars 2016

De l' ANXIETE

  L'anxiété est l'angoisse spécifique de l'avenir, perçu comme menaçant, voire catastrophique. L'anxieux se tient pelotonné dans ce présent fragile, comme s'il pouvait empêcher par sa crainte le cours irrépressible du temps qui l'entraîne dans l'incertitude du futur. Demain sera forcément pire qu'aujourd'hui : au moins le présent, fût-il pesant et désagréable, est connu, alors que demain peut être n'importe quoi. Dès lors l'imagination s'enfle à inventer des monstres, des situations inextricables, multipliant à l'envi les... [Lire la suite]
22 février 2016

L'EMPATHIE et la LOI

  La pratique de l'empathie, si difficile, si problématique, suppose, pour être juste et efficace, une claire, inaltérable position médiane, un positionnement rigoureux du tiers, c'est à dire, entre celui qui parle et celui qui écoute, une instance désubjectivée, neutre si l'on veut, à laquelle se réfère l'écoutant, et à laquelle il s'efforce de renvoyer le parlant. C'est la position de la vérité, qui, si en tant que telle, n'est pas énoncée, ou si rarement, n'en reste pas moins la référence à laquelle chacun fait appel.... [Lire la suite]
17 décembre 2014

HABITER POETIQUEMENT...

    Hölderlin écrit : "Mais poétiquement L'homme habite sur cette terre".   Que signifie habiter ? Dans " habiter" résonne encore discrètement "habere" - avoir. Habiter c'est avoir sa demeure - ici, avoir sa demeure sur cette terre. Mais la terre ne va pas sans le ciel, ni la mer, trinité fondatrice. Habiter en poète c'est avoir relation aux éléments, au sec et à l'humide, au clair et à l'obscur, au masculin et au féminin, au visible et à l'invisible. Tout ce qui existe, qui vit et meurt, tout cela compose un... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 07:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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16 décembre 2014

POESIE et PHILOSOPHIE

    La poésie fut mon premier amour. Elle sera nécessairement mon dernier. Entre ces deux échéances j'aurai connu le pur délice de philosopher. Mais poésie et philosophie sont soeurs jumelles, triplement liées par le goût de la connaissance, de la vérité et de la beauté. Aussi vont-elles main dans la main par les allées du vaste monde, jamais tout à fait pareilles et jamais vraiment séparables. Leur matrice commune, leur demeure inaliénable, leur grandeur et leur souci, c'est le langage, l'amour inconditionnel du langage,... [Lire la suite]