28 juin 2018

Sur la GRANDE PYRAMIDE : de la survie de l'âme

  Combien de millions de tonnes de pierres, de millions d'heures de travail, combien de vies sacrifiées - et tout cela pour un monstre pyramidal de 142 mètres de haut ! C'est impressionnant, et dérisoire ! Que cette montagne baroque brave si bien les ravages du temps n'empêche pas que le roi soit mort depuis 4600 ans, et - ironie supplémentaire - que les objets sacrés censés l'accompagner dans la vie éternelle aient été volés, et cela semble-t-il, peu de temps après le décès : les violeurs de tombe, en dépit de toutes les... [Lire la suite]

01 juin 2018

TOMBE EGYPTIENNE : journal du 1 juin 2018

  L'actuel maître de l'Egypte, s'inspirant de l'exemple de Ramsès II je suppose, a décidé la construction d'une nouvelle capitale en plein désert, au sud du Caire. Du coup j'ai fait cette nuit un rêve égyptien, ce qui m'arrive assez souvent : j'avoue une fascination perdurante à l'égard de cette ancienne civilisation qui représente l'envers exact de mes choix existentiels. J'y vois une constante méditation de la mort, avec, pour pendant, l'effort pathétique vers l'immortalité : mausolées, pyramides gigantesques destinées à... [Lire la suite]
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19 avril 2018

"JE ME SUIS CHERCHE MOI-MEME" Héraclite

  Sur le fronton du temple à Delphes figure la sentence fameuse : "Connais-toi toi même et tu connaîtras l'univers et les dieux". Héraclite, autour des années 500 avant notre ère, écrit : "Je me suis cherché moi-même". (edizesamen emeouton). Dizemai : chercher à savoir, interroger l'oracle, enquêter. Tout oracle est une énigme. Héraclite se propose de relever l'énigme, et de répondre à la question : qu'est-ce que l'homme ? Et pour y parvenir il veut examiner sa propre nature, savoir en quoi il est homme. L'homme est homme par... [Lire la suite]
20 mars 2018

De la CRAINTE de la MORT

  Ce qu'on appelle assez confusément la crainte de la mort, passion commune s'il en est, pourrait à l'analyse se décomposer en trois éléments hétéroclites, fort différents les uns des autres, que l'usage confond par facilité, et qui, comme les trois branches d'une fourche, sont abusivement réunis et confondus dans le même manche : la peur de l'agonie et de la douleur, la peur du mourir proprement dit, et la peur d'une vie post-mortem. La première concerne l'avant, la seconde le pendant, et la troisième l'après. Chacune relève... [Lire la suite]
13 mars 2018

Journal du 13 mars 2018

  Je m'inquiète quelquefois, je l'avoue, de ce que pourraient devenir mes écrits après ma mort. J'y attache peut-être une importance excessive, n'ayant pas, que je sache, révolutionné la philosophie par une idée géniale, ni renouvelé en profondeur l'art poétique. Oeuvre modeste et casanière, mais oeuvre quand même, dont je me représente mal qu'elle disparût sans laisser de traces. Mais, à y réfléchir de plus près, elle a surtout valu pour moi, dans la tension d'un esprit désireux d'atteindre à la clarté, et nul ne peut jurer... [Lire la suite]
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12 mars 2018

De la MORT de SCHOPENHAUER

  Après son déjeuner, comme il fait tous les jours, il va s'asseoir dans son fauteuil pour une petite sieste réparatrice. Il s'endort doucement. Quand la bonne, un peu plus tard, vient dans le salon, elle s'aperçoit qu'il est mort. Ainsi donc il a glissé insensiblement du sommeil dans la mort. Il ne s'est rendu compte de rien, il était vivant, il n'est plus. Le plus remarquable en cette affaire c'est qu'il ne sait pas qu'il est mort. Il ne l'a pas vue venir, il n'a pu s'y préparer, l'anticiper, la redouter ou la souhaiter :... [Lire la suite]

29 janvier 2018

MELANCOLIE de l' ART

          "O vraiment, marâtre nature       Puisqu'une telle fleur ne dure       Que du matin jusques au soir !"   Ce sentiment-là, devenu si banal dans la littérature, si convenu, il faut le reprendre à la source pour en mesurer l'inépuisable puissance d'évocation. Qu'on le répète et régurgite à l'infini, cela ne change rien, cela n'en amoindrit nullement l'imparable vérité. Toute poésie de là s'origine, y puise son inspiration, y déroule les méandres de sa mélancolie.... [Lire la suite]
05 juin 2017

De la MORT du CHRIST : HOLBEIN le JEUNE

  La représentation d'un Bouddha squelettique, émacié, est fort rare en Orient. Je n'aime pas cette figure. Pas davantage les Bouddhas ventripotents, rigolards et rabelaisiens qui ont fleuri en Chine. J'aime le regarder comme un homme ordinaire, justement proportionné, bien fait de corps et d'esprit, avec ce demi-sourire quasi imperceptible, si énigmatique, qui lui confère je ne sais quelle majesté discrète, toute de réserve et d'attention intérieure. Cette présence est si forte qu'elle vous saisit d'étonnement : est-il possible... [Lire la suite]
26 avril 2017

Que signifie "SAGESSE"?

  Si le mot "philo-sophie" a un sens, il désigne clairement son objet et sa visée : sophia, que nous rendons fort improprement par "sagesse", mot insipide et galvaudé qui évoque je ne sais quelle mièvrerie de sentiment, quelle réduction pathétique de l'instinct de vie. Les Grecs ne l'entendaient pas ainsi. Le mot avait encore, à cette époque, une valeur d'énergie et de courage, que nous retrouvons également dans l'"arètè" cette excellence de la pensée et de la conduite, que nous avons affadie outrageusement dans la notion de... [Lire la suite]
15 novembre 2016

De l' IMMORTALITE de L'AME : imaginaire et symbolique

  Lorsqu'on est enfant on a bien du mal à concevoir ce que signifie la mort : une absence, sans doute, qui prendra bien fin un jour. Le défunt reviendra, c'est certain. Puis vient un temps où l'enfant soupçonne l'affreuse vérité : le défunt ne revient pas. Mais alors que devient-il ? L'enfant voit qu'on enterre le défunt, mais dans le même temps des âmes charitables, pour faire passer la pilule, lui expliquent que l'âme du mort séjourne dans le ciel, parmi les étoiles, et que de là haut il voit, il regarde, il est toujours... [Lire la suite]