04 octobre 2018

L'UN et la DIFFERENCE : ode à Pyrrhon

  Ebattons-nous ! L'intérêt inestimable de la position pyrrhonienne est de nous libérer de tout souci de savoir, de pouvoir et de prévoir. Les choses vont leur cours, et s'il est nécessaire de pourvoir à l'usage et à la commodité de la vie, la sienne propre et celle des proches, et à l'aventure même celle du corps politique, il n'en résulte nullement qu'il faille être constamment préoccupé, enbesogné, au point de virer à l'atrabiliaire. La tristesse est mauvaise conseillère, et j'en parle d'autant mieux que de nature j'y suis... [Lire la suite]

07 août 2018

Des VISIONS PARADISIAQUES et INFERNALES - et du nirvânâ

  Je me méfie des visions, aussi bien des miennes que de tout autre. Ce sont des moments particuliers où se produisent de profonds remuements, que la conscience ne peut gérer, comme si tout l'édifice intellectuel était submergé, emporté par les vagues de l'inconscient. On croit voir mieux, plus profond, plus ample ; on croit que les choses se manifestent à nous dans une lumière plus vive, et parfois on croit soudain tout comprendre, comme si le film de la vie se déroulait dans la clarté et la totalité. Quant à moi je n'ai guère... [Lire la suite]
16 juillet 2018

De l' ETAT THEOLOGIQUE : Auguste Comte

  "Dans l'état théologique, l'esprit humain, dirigeant essentiellement ses recherches vers la nature intime des êtres, les causes premières et finales de tous les effets qui le frappent, en un mot vers les connaissances absolues, se représente les phénomènes comme produits par l'action directe et continue d'agents surnaturels plus ou moins nombreux, dont l'intervention arbitraire explique toutes les anomalies apparentes de l'univers". Dans cette remarquable définition qu'Auguste Comte donne de l'état théologique (ou "fictif"),... [Lire la suite]
09 juillet 2018

Royauté de l'illusion

  Il en va de notre rapport à la vérité comme du cocu qui est toujours le dernier à découvrir son état. - Illusion de la royauté, royauté de l'illusion.
09 mars 2018

DESIR et JOUISSANCE : Lucrèce

  C'est peu de dire que Lucrèce, en son De Natura Rerum, peigne les illusions de la passion amoureuse : bien mieux, il décrit l'impasse du désir et de la jouissance. "Morsures, aiguillons, blesser, brasier, arracher, combat ..." - un vocabulaire guerrier pour dépeindre "la fureur", "la violente ardeur" qui consume l'homme  en proie au désir, qui, désespérant d'atteindre "sa proie" s'acharne en vain sur le corps de la belle, et ne pouvant la saisir toute, toute entière à la fois, "erre incertain sur le corps tout entier".... [Lire la suite]
22 janvier 2018

HUMEUR,VALEUR : idiosyncrasie et vérité

  Jour après jour je reviens : où donc étais-je, dans quelle brume de noirceur et de moiteur ? Pourtant cela aussi était de quelque réalité, cela aussi avait sa logique, sa véracité, sa vérité. Quand l'âme est valide et le corps content il en découle une certaine vision du monde, qui a sa réalité : mais le défaut qui s'y attache  est de nous faire croire qu'il s'agit là d'une norme du vrai et que cet état est destiné par nature à durer toujours. On s'habitue au plaisir, on finit par croire qu'il est l'essence de notre... [Lire la suite]

09 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant troisième, 4

                          4   Certains, glissant dans le comaDescendant doucement dans les marais du songeS'engouffrent dans les arcanes d'un long tunnel Au bout duquel, brillante et douce, une lumièreSemble les appeler ; ils vont, irrésistiblementDe l'avant, happés par le sublime ; Ce qu'ils désiraient de toujours, cet ardent,Ce poignant désir de savoir, n'était-il pasSoudain réalisé, Il suffisait de marcher quelques pas de plusEt tout était...Mais soudain une... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 20:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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08 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant Quatrième, 3

                3  L'ennui haine du temps.Que savons-nous du temps, s'il glisseOu s'il est immobile ? Nous ne voyonsQue mouvements, déplacements, altérations,Que le printemps succède à l'hiver Que l'oiseau chante, et s'arrête de chanter,Que chaque instant, unique et singulier,Jamais ne revient, Que nos pensées passent comme des feuilles.Nous disons : c'est le temps. Hélas que disons-nous ?Nous replâtrons d'un mot le trou de l'ignoranceNous figeons dans un mot le mouvement du mondeNous... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 14:32 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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06 mars 2017

Du "PIEUX MENSONGE"

  Les grandes traditions, pour arracher l'esprit aux séductions de l'immédiat et aux attachements infantiles, utilisent la technique du "pieux mensonge", en faisant miroiter des perspectives séduisantes, des lendemains enchanteurs, lesquels ont pour effet de stimuler le désir et de l'orienter dans de nouvelles directions. C'est une technique à double tranchant, car l'impétrant, après avoir fait un long voyage, peiné à travers les broussailles, les ravines et les déserts, peut se retrouver fort dépourvu au regard du nouveau... [Lire la suite]
31 décembre 2016

DE l' ILLUSION FONDAMENTALE : le "sujet" et le monde

  Plus on découvre moins on voit. Cela pourrait illustrer la véritable nature de la connaissance, son mouvement et sa déconvenue. Mais que diable veut-on voir ? Ce qu'on appelle la science, du moins pour les moins naïfs, devrait se reconnaître là, confirmant les intuitions fondatrices de Démocrite : de ce qui est réellement, nous sommes à jamais loin. Toute avancée génère de nouvelles obscurités. Nous voici ramenés aux fondamentaux : le cerveau reptilien, la faim, la soif, la peur, la fuite et l'agression. Nous sommes des... [Lire la suite]