17 septembre 2015

L'ILLIMITE et la LIMITE

  Le plus grand danger, dans notre organisation psychique, vient de cette illusion qui nous fait courir après l'illimité : illimité de la puissance, du savoir ou de la jouissance, nous représentant toute satisfaction, tout gain comme dérisoire au prix de notre aspiration. D'où la formule : plus, toujours plus, de biens, de plaisir, de renommée, plus de jouir, plus, toujours plus. Mais le corps lui-même proteste, avant que la réalité ne s'écrase sur nous de tout son poids. Epicure écrit, Maxime XIX : "Le temps infini (apeiros... [Lire la suite]

03 septembre 2010

PENSEE de la LIMITE : EPICURE THERAPEUTE

Le jouisseur, le débauché, l'ambitieux, l'avare - en somme tout homme qui est ravagé par le désir de l'illimité est nécessairement malheureux, s'il est évident qu'il compte toujours ce qui lui manque - et qui fuit comme de l'eau dans un vase percé - plus que ce qu'il possède, et dont il puisse naturellemnt jouir. Le désir est spontanément infini, se déplaçant sans fin d'un objet à l'autre, d'une illusion à l'autre. Que chacun s'examine avec lucidité, il verra très vite qu'il court sans cesse, halluciné par des simulacres de jouissance... [Lire la suite]
13 janvier 2010

APEIRON : l'infini cosmique

Faisons crédit à Freud lorsqu'il déclare que la religion - telle qu'il la définit - est la névrose collective de l'humanité croupissant sous le complexe d'Oedipe. Aussi, par souci de clarté, ne parlerai-je plus de religion ni de sentiment religieux. Ce que je vise dans mes articles est au fond tout autre chose, pour laquelle ces termes ne conviennent en aucune manière. Parlons plutôt de sentiment cosmique, ou de conscience de l'Apeiron. Les Grecs hésitent entre deux conceptions de la nature. L'une, traditionnelle, enracinée dans... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 06:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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02 juin 2009

DE LA LEGERETE : contre l'esprit de lourdeur.

La légèreté est chose difficile et délicate. Tout nous tire du côté de la lourdeur, et les actualités, et les nouvelles quotidiennes, et la pesanteur politique, et les perspectives d'avenir. Le ciel est irrévocablement gris. Il faut une sorte d'héroïsme pour se détacher, s'élever dans les airs. Même les rêves nocturnes témoignent d'une sorte de langueur préapocalyptique. Et l'effroi aux ailes de titan déchu vient nous frôler la nuit et nous arrache des grincements. Mais ce n'est pas nouveau. A tout prendre l'histoire n'est que la... [Lire la suite]