21 février 2021

DISPERSION et CONCENTRATION

  L'épicurisme construit sa pertinence philosophique sur le rapport antagoniste de la dispersion maximale et de la concentration maximale. Dispersion physique : des atomes en nombre infini agités dans l'infinité du vide. Pluralité des mondes, ou mieux, infinité numérique des mondes - ou des univers. Mais cette infinité est réductible à quelques lois fondamentales, qui sont valables partout, et qui commandent la réduplication du même dans la variété apparente. La connaissance ne consiste pas à comptabiliser les innombrables... [Lire la suite]
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26 mai 2020

ANATOMIE DE L' OPTIMISME

  "Je dois déclarer que l'optimisme, s'il n'est pas un simple propos irréfléchi de gens dont la plate cervelle n'héberge que des mots, me semble une opinion non seulement absurde, mais vraiment impie, car elle constitue une dérision amère en présence des souffrances sans nom de l'humanité" (Schopenhauer). Le ressort de l'optimisme c'est la conviction irraisonnée qu'à toute situation de crise ou de souffrance il existe une issue favorable. Comme on dit : les choses finissent par s'arranger. Mais nous savons bien que ce qui... [Lire la suite]
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18 janvier 2020

CHATEAUX D' ALSACE : journal du 13 janvier 2020

  Le sait-on ? L'Alsace compte une centaine de châteaux en ruine hissés sur le flanc du massif vosgien, que l'on aperçoit depuis la plaine, dressant leur donjon écorné entre les cimes. Ils portent tous des noms germaniques sonores qui évoquent la pierre, le roc, le mont, le burg, l'époque dure des chevaliers et des serfs, la rivalité entre les fiefs, le rapt et le brigandage. On songe à quelque dessin à la plume de Victor Hugo, célébrant, sur fond d'obscurité, la survenue d'un chevalier d'aventure, ou d'un ménestrel errant de... [Lire la suite]
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30 août 2019

DU VOYAGE INTERIEUR ; journal du 30 août 2019

  Parfois je me prends à rêver : si je n'avais été philosophe ou poète, qu'aurais-je bien pu choisir d'autre ? Une voix dit : j'aurais bien choisi la psychiatrie, ou la psychanalyse, d'ailleurs n'ai je pas commencé mes études en psychologie ? Une autre dit : archéologie, histoire ancienne, philologie classique. Mais à tout prendre tout cela fait un, sous un certain rapport. Mais j'ai toujours évité les spécialisations, qui permettent certes d'aller loin, mais se perdent volontiers dans le détail inutilisable. L'archéologue passe... [Lire la suite]
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02 juillet 2019

PALEONTOLOGIE II : le temps immense

  Et voici quelques prolongements philosophiques. Je considère qu'il est de la première importance d'acquérir une vue large, qui embrasse l'histoire et la préhistoire, pour éviter, autant qu'il est possible, de ne juger des hommes et des choses que selon l'étroite perspective du présent, ou de quelques malheureuses décennies récentes. Il est navrant que sous couleur d'histoire on rabâche interminablement, dans nos lycées, les conflits militaires du XXème siècle, oubliant la modernité, le classicisme, le baroque, la Renaissance,... [Lire la suite]
11 janvier 2019

MEMOIRES : du flux et de la permanence

  C'est très étonnant : les choses glisssent, les impressions glissent, les souvenirs glissent, on dirait que rien ne se fixe plus, et tout va à la débandade. A ce tarif je perdrai bientôt la connaisssance de mon propre nom. C'est un effet de l'âge, pour sûr, mais aussi, sans doute, d'une complexion particulière. Montaigne écrivait quelque part que rien ne le tient ni le retient : je ne saurais mieux dire. Et comme lui je puis me plaindre des fluctuations de ma mémoire, ce vase troué. J'ai beau m'efforcer, j'oublie le livre que... [Lire la suite]

03 mai 2018

SCHOPENHAUER avec HERACLITE

  La grande pensée de la Grèce antique, celle qui féconde en profondeur la première philosophie, est exprimée souverainement par Héraclite dans le célèbre fragment 30 : "Ce monde, le même pour tous, ni dieu ni homme ne l'a fait, mais il était toujours, il est et il sera, feu toujours vivant, s'allumant et s'éteignant en mesure". Il n'y a qu'un monde, celui-ci précisément, et qu'on le loue ou le refuse est indifférent. Suit la formulation homérique, reprise d'innombrables fois chez presque tous les auteurs : il était toujours, il... [Lire la suite]
02 mai 2018

De la TYRANNIE de l' HISTOIRE : SCHOPENHAUER

  "Un devenir éternel, un flux sans fin : voilà les manifestations de la nature du vouloir" - entendons du vouloir-vivre comme essence intime de la réalité. Que veut le vouloir-vivre ? Sa propre perpétuaton à l'infini. Ce qui signifie clairement qu'il n'y aura jamais de "dimanche de la pensée", de paix finale, de paradis sur terre, de jardin d'Eden. Schopenhauer n'est pas de ces idéologues qui croient que par le travail du concept, ou par le travail tout court, on puisse modifier en profondeur les conditions fondamentales de... [Lire la suite]
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04 août 2016

TORPEUR d' ETE : journal du 4 août 2016

  L'été s'écrase sur les plaines et les monts. La ville est quasiment vide. Tous mes amis sont partis, qui en Espagne, qui en Afrique, ou plus loin encore, allez savoir où ? Je suis à près seul, avec mon épouse, et nous passons comme on dit des jours paisibles. N'empêche, cela me fait un peu bizarre. Quand le ciel pèse "bas et lourd" comme dit Baudelaire - car ici le temps est extrêmement versatile, passant du plus céleste au maussade selon une logique affolée - "pèse comme un couvercle", c'est le cas aujourd'hui, on dirait... [Lire la suite]
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11 octobre 2014

Le CORPS de la PHILOSOPHIE : temps et hors-temps

    Le philosophe, selon mon coeur, entretient un rapport particilier avec le temps. S'il est bien de son temps, et autant qu'il se peut, il est parallèlement absorbé par une toute autre temporalité, celle de la philosophie comme aventure et developpement transhistoriques, comme corporéité virtuellement infinie, qui plonge ses racines dans un passé mémorial et s'ouvre à l'infini dans l'avenir. Double inscription, avec, entre les deux, une sorte de dissonance irrémédiable. Car si l'actualité va son cours, nouveautés... [Lire la suite]