04 novembre 2015

JOURNAL - 4 nov : de la mort

  Chaque année qui commence je me dis que ce sera sans doute la dernière. Je vis en sursis, ce qui, en somme, est le lot commun de tous les mortels, leur définition. D'avoir si souvent fêté mon anniversaire ne m'a pas rendu plus sage, tout au plus un peu moins chatouilleux, moins colérique, moins pressé. Et d'avoir frôlé la mort, de très près, d'avoir entendu siffler à mes oreilles le chant funèbre d'Hadès, m'a convaincu, plus que tout, de l'inanité de nos désirs, de nos efforts et de nos espérances. Par un certain côté de mon... [Lire la suite]
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20 mai 2015

De la DOULEUR ORIGINELLE : SLOTERDIJK

  Dans sa remarquable étude sur Nietzsche ("Le penseur sur scène", page 193, Bourgois éditeur) Peter Sloterdijk écrit ceci : "La sagesse dionysiaque n'enseigne pas une délivrance de la douleur ; elle ne croit pas à la fuite vers le haut ; au contraire, elle offre une connaissance qui délivre au moins de la souffrance de la souffrance". Je ne prétendrai en rien rendre compte ici de la pensée de Sloterdijk, dont, je l'avoue, je ne saisis pas toujours les arcanes décisifs. Je me contenterai de vaquer et de batifoler au gré de mes... [Lire la suite]
25 mars 2015

REVES BLANCS-NOIRS - Poésie 15 (Ouverture, Livre un)

  REVES BLANCS-NOIRS : POESIE 15         OUVERTURE   Ma douleur, je la fais mienne, comme l’oiseau                   Garde avec douceur l’oisillon dans le nid De l’amour, pressentant dans le fragile Essor, le vol fier du poème.   Car la douleur, au cœur blanc de la solitude, Quand se déchire le voile d’Isis, arrache L’âme qui sommeille, et la mène Aux vallées de la nuit aimante   Où... [Lire la suite]
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03 octobre 2013

De la JOIE FONDAMENTALE : méditation

    Depuis plusieurs jours je tourne autour de la phrase de Nietzsche : "La joie est plus profonde que la douleur". Cette idée me semble extraordinaire, mais si difficile que j'en use comme d'un "pharmakon", terme grec remarquable qui se traduit tantôt par "remède", tantôt par "poison", étant à vrai dire aussi bien l'un que l'autre. Pour la joie il en va de même : je me méfie à l'extrême des propositions optimistes, dans lesquelles je vois à l'ordinaire chimères et infantilisme. Une vraie joie, sans fausseté, sans... [Lire la suite]
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27 décembre 2010

De l'ETONNEMENT PHILOSOPHIQUE : SCHOPENHAUER

Il est de bon ton, depuis Aristote, de déclarer que l'origine de la philosophie c'est l'étonnement. "Thaumazein " : s'étonner, admirer. Ce qui éblouissait Aristote, semble-t-il, c'est la beauté de la nature, une évidence pour un Grec. On les comprend immédiatement lors du premier voyage dans ce pays des dieux, où la lumière vous accompagne partout, insistante et sublime. Pour un homme des Hespéries ce sentiment, éminemment enviable, n'a rien d'immédiat. Il suffit d'un court voyage à Lille ou à Stuttgart pour désespérer l'heureux... [Lire la suite]
20 mai 2009

De la JOIE PHILOSOPHIQUE

Gaudeamus! Réjouissons-nous! Mais de quoi demandera le profane? Il y a plus d'objets de crainte et d'affliction que de réjouissance de par le monde. Sans doute, mais qui fera le calcul désintéressé des misères et des plaisirs? C'est impossible. Aussi n'est ce pas de cette manière-là qu'il faut aborder le problème. Avant de mourir Epicure s'allonge dans une baignoire, demande un verre de vin et dicte une dernière lettre à son fidèle Idoménée. "Je vous écris cette lettre alors que je passe et achève en même temps le bienheureux... [Lire la suite]