27 août 2019

"LE TEMPS RAMENE LES PLAISIRS"

             "Sur les ailes du temps la tristesse s'envole                      Le temps ramène les plaisirs". Sagement La Fontaine signale l'action ambivalente du temps, qui détruit tout à terme, et ne cesse de créer de la nouveauté. Mais cette nouveauté n'aura de charme qu'à la faveur du plaisir. L'endeuillé n'a pas de plaisir - on parle, en langage psychiatrique, d'anhédonie ou d'anaphrodisie - parce que l'objet aimé, et perdu, monopolise... [Lire la suite]

29 mars 2019

DEUIL et MELANCOLIE

  Dans l'expérience douloureuse de la perte, celle d'un être cher, d'une amitié, d'un idéal, la vraie question est de savoir ce que dans l'objet nous perdons, dont la chute nous affecte au plus vif. Freud avait remarqué, au sujet du deuil, que si nous savons consciemment QUI nous perdons, nous ne savons pas Ce que nous perdons, ou si l'on veut, ce que le défunt représentait pour nous, dans les arcanes de notre inconscient. Sans doute une certaine image qui nous faisait plaisir, une certaine qualité d'être qui nous apportait des... [Lire la suite]
20 mars 2019

Sur le DEFAUT de DIEU : Hölderlin

     "Il n'a besoin  ni d'armes ni de ruses    Avant que l'aide le défaut de Dieu". (Vocation de poète) En quoi le "défaut" de Dieu peut-il être une aide ? Défaut traduit Fehl, du verbe fehlen : échouer, manquer. On peut entendre le manque de Dieu, au sens subjectif : Dieu me manque - ou au sens objectif : manquement de Dieu, parce que Dieu s'est détourné. Hölderlin dira :" Lorsque Dieu détourna de l'homme son visage...". L'histoire de l'Occident c'est le détournement progressif du divin, que notre... [Lire la suite]
19 décembre 2018

MELANCHOLIA II : de l'excès et de l'exception

  Voilà deux jours que je suis titillé par une question qui m'est venue au décours de ma relecture du Traité d'Aristote "L'homme de génie et la mélancolie" et du brillant commentaire qu'en donne Jackie Pigeaud (ed.Rivages). C'est l'idée qui apparaît en sourdine, discrète mais insistante, d'un surplus, d'un excès, d'une ex-ception par rapport au régime ordinaire, "normal" de la vie psychique. Le traité invoque l'action de la bile noire, considérée tantôt comme un fait de nature qui détermine un tempérament (le tempérament... [Lire la suite]
14 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant second (3)

                   3      Les morts    Laisse-les mourir,    Les morts    Laisse-les pourrir, déchet de corps dans le corps    De la terre, ou partir en fumée    Dans le ciel qui s’indiffère.    De vouloir les garder, voilà le mal, la gangrène de l’âme.    Ce corps de volupté qui embrassait ton corps    Ce doux visage où tu lisais cette infinie tendresse    Où tu... [Lire la suite]
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13 août 2017

Le CHANT DES ORIGINES : Chant second : 4

                        4         Mais encore une fois son beau visage     Tendrement m’apparaît dans la buée du songe     Elle marche au soleil, ses cheveux     Flottent, belle oriflamme de jais, devant mes yeux,     Elle se tourne vers moi, ses yeux noirs me sourient     Je flotte dans le ciel azuré     Je ne sais ce qui m’assaille, me renverse,     Dans ce sourire je crois... [Lire la suite]
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04 août 2017

AUTOPORTRAIT IV (16 à fin)

                                   16              Je voudrais inventer des mots nouveaux         Légers, comme des pas de danse         Des mots, comme des roses         A déposer sur le front de l’aimée         Doux comme des... [Lire la suite]
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20 décembre 2016

PULSION de MORT

  J'entends dire que les nécrophages assassins qui ont le courage insigne de massacrer des innocents, hommes, femmes et enfants, dans un attentat aveugle, stupide et insensé, sont des jeunes. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, mais ma première réaction est de penser que ce ne sont pas des jeunes, mais des vieux, mieux encore, des trés vieux, si vieux qu'ils ne me semblent plus appartenir à la cohorte des vivants. La pulsion de mort est si forte qu'elle a étouffé toute pulsion de vie, ramenant l'existence à ce cauchemar... [Lire la suite]
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08 août 2016

SERENITE, note du 8 août 2016

  Il est beau d'atteindre à une relative sérénité, d'autant plus précieuse qu'elle fut chèrement acquise, et qu'on la sait infiniment fragile, suspendue aux aléas du sort, de la santé, de l'entourage, de l'état du monde. Faible brindille qu'un vent peut emporter. C'est quasi miraculeux pour qui se sent vulnérable, froissable, soumis à la destinée commune, sans forces ni ressources particulières, ordinairement exposé aux caprices de la fortune. "Hé quoi, dirait un fieffé stoïcien, la sérénité ne tient-elle pas à la force de... [Lire la suite]
15 juillet 2016

"De la DIVERSION " - Montaigne

  Je viens de relire le chapitre "De la diversion" dans le livre trois des Essais de Montaigne. Le bon Michel nous explique, avec force exemples, comment nous pouvons, par temps d'orage, dans l'épreuve douloureuse du deuil, et le sien fut fort difficile à la mort de son ami La Boétie, nous détourner de la douleur, nous divertir, nous tirer de côté pour ne pas sombrer. A vrai dire cette fuite est très naturelle, elle exprime une tendance innée à la conservation de soi, et salutaire, en considérant l'inutilité de la douleur et la... [Lire la suite]