23 janvier 2019

Se LAISSER ALLER : comment écrire

  J'ai toujours balancé entre la littérature et la philosophie, ne me contentant d'aucune : à l'une manque trop souvent la profondeur, à l'autre l'enjouement. D'où cette obstination à me situer à la jointure, dans un entre-deux infiniment problématique, toujours mouvant et incertain, comme firent autrefois Lucrèce, Montaigne, Pascal et Rousseau, que les lettreux revendiquent pour leur paroisse, et que les philosophes considèrent avec réticence. Mais c'est là un débat pour universitaires en mal d'inspiration. Il faut partir de... [Lire la suite]
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05 septembre 2018

CONDITIONS et VICISSITUDES de l' ECRITURE

  Que de conditions sont requises pour écrire ! D'abord une plage horaire entièrement dégagée, sans souci, sans tracas - sans condition ! Une totale liberté de penser, un dégagement intégral. Il suffit de si peu pour brider la pensée, pour gauchir la démarche, ou l'entraver. Il m'est difficile d'écrire dans un bar, je sens la présence des autres tout autour de moi, je ne supporte pas que l'on s'assoie trop près, j'ai très vite l'impression d'étoufffer. Aussi n'y puis-je que griffonner quelques notes rapides sur un cahier, ce qui... [Lire la suite]
21 février 2018

DESCENDRE dans l'ANTIQUE CHAOS (3)

  Encore un mot sur la phrase de Wittgenstein: "descendre dans l'antique Chaos...". Pourquoi antique ? N'est-il pas de tous les temps, d'avant le temps, et d'après ? Mais selon la structure native de notre esprit nous ne pouvons le penser qu' "antique". Et puis ce sont les Grecs qui l'ont posé avec une netteté imparable à l'origine du monde, des dieux et des hommes. "Au début était Chaos...". Les dieux vinrent bien plus tard, issus d'obscures copulations des premiers principes. Et bien plus tard, enfin, l'ordre établi par Zeus,... [Lire la suite]
23 août 2017

De l'ANIMATION (2) : doubles, anges, génie - et du Daïmon

  Quel est cet autre intérieur auquel je m'adresse lorsque dans le silence du repli je me propose de dialoguer avec moi-même? Pour dialoguer il faut être deux, or, dans ce silence méditatif nous croyons être seul face à nous-même : paradoxe insurmontable sauf à considérer que cet autre, tout en étant présent et actif, nous ne le voyons pas, alors même qu'il nous inspire et nous stimule. Les anciennes cultures estimaient que l'homme vient au monde accompagné d'un double personnel, d'une sorte de génie intérieur qui partagerait... [Lire la suite]
18 juillet 2016

Le DAIMON et l' IVRESSE

  Réfléchissant sur ma vie j'estime que je n'ai pas de quoi pavoiser. Cela du moins m'évitera de me prendre au sérieux, ou de jouer au mage. On ne joue de que trop, oubliant volontiers combien on est joué, jusque dans ces décisions que l'on prend, dont on ne saurait mesurer les causes et les conséquences. Dans toute intention, dans tout acte, il y a ce que l'on sait, et ce que l'on ignore, toute une part d'imprévisible qui suit comme l'ombre la lumière. Il y a la part du hasard, mais encore une part qui tient à l'obscurité de... [Lire la suite]
13 juin 2016

ENTRE LE BERCEAU ET LA TOMBE

  Entre le berceau et la tombe : la pluie des jours et le scintillement d'Eros, "maître des dieux et des hommes". C'est lui le pourvoyeur d'illusion, qui nous attache à la vie, la nôtre et celle de nos amours, nous inspirant des projets de durée ou l'immortalité. Otez Eros, et la vie exhibera son irrécusable inanité, sous la loi d'airain de l'Anangkè, la Nécessité. Otez Eros, la vie va à la mort, toutes les formes se désagrègent, se dissolvent dans le flux, "uti guttae", comme des gouttes de pluie dans la cascade universelle.... [Lire la suite]
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16 janvier 2015

VIVRE POETIQUEMENT

    A quoi reconnaît-on un poète ? A rien. C'est d'autant plus frustrant que l'imaginaire collectif croit disposer de critères évidents : le poète serait un rêveur perdu dans la contemplation des nuages, un original, un décalé, un excentrique vivant de rosée, chevauchant le vent, ou un errant, un voyageur de l'idéal, chevalier de l'impossible. Paul Valéry, parlant de La Fontaine, rend hommage au travail du poète, qui est d'abord un artisan, un "oeuvrier" de la langue, et qui, s'il est bien visité parfois par les dieux,... [Lire la suite]
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09 décembre 2014

DERNIER CHANT DE SAPPHO : LEOPARDI

    "Dernier chant de Sappho" : Leopardi prète à Sappho, sur le pont de mourir - une tradition tenace et sans doute fallacieuse, mais si belle, veut que Sappho se soit jetée, par dépit amoureux, du haut d'un rocher dans le gouffre de la mer - une mélancolique élégie sur le malheur commun de la destinée, et sur sa propre déchéance d'amoureuse abandonnée. Elle évoque une mystérieuse "faute", à elle même inconnue, qui aurait présidé à son destin funeste, l'entraînant sans répit "dans la fureur d'un désir inapaisable", et la... [Lire la suite]
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11 juin 2014

Le DIABLE et le DRAGON

        Quand le sujet s'engage à titre personnel dans la démarche philosophique, c'est pour la vie. Je conçois difficilement qu'il puisse un jour "se défroquer" - sauf à opérer une sorte de seppuku, à la manière du samouraï, estimant que l'affaire n'en vaut pas la peine, ou que tous les problèmes sont résolus, éventualité fort improbable. Reste la lassitude, ou le désenchantement, que pour ma part je n'éprouve nullement. Je reste de l'avis d'Epicure déclarant que parmi les activités humaines, toutes orientées... [Lire la suite]
18 mars 2014

MEDITATION sur le CENTRE SUBJECTIF

    Je n'approfondis rien, je tourne de ci de là, "papillon  du Parnasse", je m'exalte, je m'enflamme, puis je me lasse, je me détourne vers d'autres amours, tout aussi vifs, et fugaces. Ma vie intellectuelle est marquée du sceau de la mobilité, de la variété, de l'inconstance. Ce qui fait que je n'ai de vraie connaissance de rien, ou presque rien, fors de ce qui me tente et m'enchante, et passe comme les nuages. Pourtant, dans cette ronde allègre de fortune, je reviens toujours à quelques amours inamovibles, quelques... [Lire la suite]
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