23 août 2017

De l'ANIMATION (2) : doubles, anges, génie - et du Daïmon

  Quel est cet autre intérieur auquel je m'adresse lorsque dans le silence du repli je me propose de dialoguer avec moi-même? Pour dialoguer il faut être deux, or, dans ce silence méditatif nous croyons être seul face à nous-même : paradoxe insurmontable sauf à considérer que cet autre, tout en étant présent et actif, nous ne le voyons pas, alors même qu'il nous inspire et nous stimule. Les anciennes cultures estimaient que l'homme vient au monde accompagné d'un double personnel, d'une sorte de génie intérieur qui partagerait... [Lire la suite]

18 juillet 2016

Le DAIMON et l' IVRESSE

  Réfléchissant sur ma vie j'estime que je n'ai pas de quoi pavoiser. Cela du moins m'évitera de me prendre au sérieux, ou de jouer au mage. On ne joue de que trop, oubliant volontiers combien on est joué, jusque dans ces décisions que l'on prend, dont on ne saurait mesurer les causes et les conséquences. Dans toute intention, dans tout acte, il y a ce que l'on sait, et ce que l'on ignore, toute une part d'imprévisible qui suit comme l'ombre la lumière. Il y a la part du hasard, mais encore une part qui tient à l'obscurité de... [Lire la suite]
13 juin 2016

ENTRE LE BERCEAU ET LA TOMBE

  Entre le berceau et la tombe : la pluie des jours et le scintillement d'Eros, "maître des dieux et des hommes". C'est lui le pourvoyeur d'illusion, qui nous attache à la vie, la nôtre et celle de nos amours, nous inspirant des projets de durée ou l'immortalité. Otez Eros, et la vie exhibera son irrécusable inanité, sous la loi d'airain de l'Anangkè, la Nécessité. Otez Eros, la vie va à la mort, toutes les formes se désagrègent, se dissolvent dans le flux, "uti guttae", comme des gouttes de pluie dans la cascade universelle.... [Lire la suite]
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16 janvier 2015

VIVRE POETIQUEMENT

    A quoi reconnaît-on un poète ? A rien. C'est d'autant plus frustrant que l'imaginaire collectif croit disposer de critères évidents : le poète serait un rêveur perdu dans la contemplation des nuages, un original, un décalé, un excentrique vivant de rosée, chevauchant le vent, ou un errant, un voyageur de l'idéal, chevalier de l'impossible. Paul Valéry, parlant de La Fontaine, rend hommage au travail du poète, qui est d'abord un artisan, un "oeuvrier" de la langue, et qui, s'il est bien visité parfois par les dieux,... [Lire la suite]
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09 décembre 2014

DERNIER CHANT DE SAPPHO : LEOPARDI

    "Dernier chant de Sappho" : Leopardi prète à Sappho, sur le pont de mourir - une tradition tenace et sans doute fallacieuse, mais si belle, veut que Sappho se soit jetée, par dépit amoureux, du haut d'un rocher dans le gouffre de la mer - une mélancolique élégie sur le malheur commun de la destinée, et sur sa propre déchéance d'amoureuse abandonnée. Elle évoque une mystérieuse "faute", à elle même inconnue, qui aurait présidé à son destin funeste, l'entraînant sans répit "dans la fureur d'un désir inapaisable", et la... [Lire la suite]
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11 juin 2014

Le DIABLE et le DRAGON

        Quand le sujet s'engage à titre personnel dans la démarche philosophique, c'est pour la vie. Je conçois difficilement qu'il puisse un jour "se défroquer" - sauf à opérer une sorte de seppuku, à la manière du samouraï, estimant que l'affaire n'en vaut pas la peine, ou que tous les problèmes sont résolus, éventualité fort improbable. Reste la lassitude, ou le désenchantement, que pour ma part je n'éprouve nullement. Je reste de l'avis d'Epicure déclarant que parmi les activités humaines, toutes orientées... [Lire la suite]

18 mars 2014

MEDITATION sur le CENTRE SUBJECTIF

    Je n'approfondis rien, je tourne de ci de là, "papillon  du Parnasse", je m'exalte, je m'enflamme, puis je me lasse, je me détourne vers d'autres amours, tout aussi vifs, et fugaces. Ma vie intellectuelle est marquée du sceau de la mobilité, de la variété, de l'inconstance. Ce qui fait que je n'ai de vraie connaissance de rien, ou presque rien, fors de ce qui me tente et m'enchante, et passe comme les nuages. Pourtant, dans cette ronde allègre de fortune, je reviens toujours à quelques amours inamovibles, quelques... [Lire la suite]
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13 mars 2012

Le SYMBOLE du CADUCEE

« Le caducée se présente sous la forme de deux serpents, mâle et femelle, enlacés. Leurs bouches sont réunies dans un baiser qui représente Eros. Les parties antérieures de leurs corps sont nouées étroitement par un nœud que Macrobe appelle le nœud d’Hercule, réputé dans l’Antiquité pour être très difficile à dénouer. Ce nœud c’est l’Anangkè ».(Texte de  Pierre Hadot : « N’oublie pas de vivre » page 215, consacré à Goethe) L’entrelacement des deux serpents se prolonge en un deuxième cercle, avant de se... [Lire la suite]
12 mars 2012

ELPIS : l 'ESPOIR et l' ATTENTE

L’espoir, dit-on, fait vivre. Mais on peut soutenir le contraire. Voyez Pascal : « nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre » (Pensée 172). L’espoir est une anticipation passionnée d’un futur, qui n’est pas en notre pouvoir. Projection du désir sur un néant, s’il est manifeste que nous pouvons être mort dans l’instant.  Joie inconstante qui s’accompagne de crainte, tant l’avenir est  incertain. On y opposera sans peine la plénitude de l’instant présent, seul  temps réel, et le seul où puisse... [Lire la suite]
08 juillet 2011

Le PHILOSOPHE AUTODIDACTE

L'autodidacte est celui qui a appris par soi-même. Le philosophe est rarement présenté comme un autodidacte, et lui-même se garde bien de le faire pour soi, craignant sans doute de passer pour un ignorant ou un faux savant prétentieux. Dans l'opinion courante il passe plutôt pour un liseur infatigable, un puits de savoir. Descartes avoue "avoir un peu lu" dans sa jeunesse, et n'en tire pas gloire. D'autres, comme Héraclite ou Epicure, rejettent en bloc tous les autres philosophes, se présentent avec fierté comme de véritables... [Lire la suite]