26 décembre 2012
DE-SIDERER - du désirer, et de son origine
Desiderio : l'italien est plus explicite que le français, si dans desiderare nous entendons de-siderare, chuter de l'espace sidéral, sidération de celui qui s'étonne de sa dé-chéance irréparable. Mais d'où tirons-nous cette suffisance de faussse noblesse- ( "L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux") - nous qui ne sommes que de roture, plus encore, expulsés de l'orifice maternel entre fèces et urine? C'est trop dire du désir, et pas assez, que de situer si mal sa cause, si peu céleste en... [Lire la suite]
23 février 2012
Du PLAISIR d'ECRIRE
Il ne faut faire profession de rien. Moi-même j’ai été professeur, mais je ne me flatte en rien d’être un professionnel. Je suis, en sport, en littérature, lecture et écriture, un simple amateur, et dans la philosophie même, considérant ma faiblesse en toutes choses, et mon indécrottable paresse. Non que je ne puisse faire effort à l’occasion, mais à la durée je ne vaux rien. Après quelques pages mon livre me tombe des mains, mon esprit s’égare et s’en va battre la campagne. De même pour mon écriture qui ne vaut que dans... [Lire la suite]
10 janvier 2012
De l'EVENEMENT et du DESIR
J'invite le lecteur, avant d'aborder ce texte, à lire un article précédent : "De l'évènement et de l'énigme" du 8 janvier, sans quoi l'intelligence de celui-ci sera presque impossible. Il s'agit en effet d'une suite rhapsodique dans laquelle comptent tous les éléments.
I
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13 septembre 2011
PROFONDEUR et SURFACE : l' EROTIQUE de SAPPHO
La poétique de l'amour, chez Sappho, se développe selon deux axes radicalement opposés. La passion d'abord, pathos de la chair, omniprésente, douloureuse et exaltée. Dans l'acmé de sa souffrance la poétesse exprime sans fard l'attente anxieuse, le désespoir, la jalousie, l'allégresse sans mesure : les émois travaillent le corps en profondeur, agitent les "phrènes", déchirent le "kardia", révulsent le "thymos, et ce sont les pleurs, les sueurs, les frémissements, et jusqu'à ces "nausées" qui ex-priment la déroute des fonctions,... [Lire la suite]
01 juillet 2011
PHILIA : AMOUR ou DESIR ?
"Amour les tient unis dans le cercle enchanté!"
Cela pourrait être une maxime d'Empédocle qui estimait que le semblable attire le semblable. Nous voulons, nous Modernes, que l'amour s'édifie sur le désir, le parachève dans le dépassement. Mais ce n'est là qu'un voeu, et la réalité démontre abondamment le contraire. Peut-être bien que le désir et l'amour sont parfaitement exclusifs l'un de l'autre. Le désir est mouvement vers l'autre, attrait de l'altérité, fascination de la différence. L'amour est extension de soi dans la continuité... [Lire la suite]
20 avril 2011
Du désir : phie de la non-pensée
DU DESIR
I
« Le désir est le premier de tous les maux ». Ainsi s’exprime Timon dans le prolongement direct de Pyrrhon, mais aussi de la plupart des penseurs hellénistiques. Ce propos a de quoi... [Lire la suite]
11 janvier 2011
Du MANQUE comme CATEGORIE RELIGIEUSE
Et si le manque était une catégorie religieuse, la catégorie religieuse par excellence? "Tu manques de de vérité et de sagesse, (Platon, le Banquet) tu manques de satisfaction et de paix, ton âme est ravagée de l'intérieur par une sourde angoisse, et tu cours, tu t'agites à la recherche d'un Bien qui te manque, qui seul te ferait goûter la félicité!". Encore un pas, et l'on te dira que ce Bien est nécessairement Dieu, et que dans toutes tes recherches c'est Dieu que tu recherches sans le savoir. Et si tu le cherches,... [Lire la suite]
13 décembre 2010
De la PULSION et du CORPS EROGENE
La question du désir étant décidément minée jusqu'au trognon je me demanderai s'il ne vaut pas mieux abandonner cette notion aux idéalistes et autres illuministes de toute farine. Quant à nous, nous en reviendrons aux justes considérations concrètes du besoin et de la pulsion, expressions éminemment corporelles de notre être au monde. Epicure avait montré la voie : cherchez le naturel nécessaire, vous y goûterez le plaisir, sans difficulté ni incommodité. Le premier Freud, je veux dire celui d'avant la seconde topique et la pulsion de... [Lire la suite]
25 février 2010
Du PARADOXE de la BEAUTE : l'illusion nécessaire
Je le sais bien, même la beauté est périssable, qui n'est qu'un fruit sublime de nos illusions. "Auch das Schöne muss vergehn" écrit Schiller : même le beau doit périr. Dans le "Vergehn" résonne le signifiant "passer". Passer c'est périr, mais avec une notion d'indétermination. Périr est sans recours, et marque le terme inéluctable de toute existence empirique. Passer est plus subtil, parce que le terme n'est pas explicitemùent indiqué. On peut passer sans périr, comme un nuage passe, et la brise, et... [Lire la suite]
13 septembre 2009
INVOCATION : un poème de Sappho
Trône miroitant, immortelle Aphrodite
Fille de Zeus, mobile, je te supplie
Ne me dompte pas de nausées, de chagrins
Maîtresse, dans mon coeur,
Mais viens à moi, si tu percevais jadis
De loin ma voix, tu me faisais bon accueil
Quittant du père la demeure dorée
A moi tu es venue
Sur ton... [Lire la suite]

