09 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant Quatrième, 1

CHANT QUATRIEME 1 Salut à toi, pur génie de la GrèceToi le premier qui sut par delà les abîmesSur les blanches ailes d'un esprit souverainParcourir les immenses territoires du mondeExplorant les terres hellènes aux beaux chevauxEt traversant les mers, les dunes jaunes des désertsDu haut des cimes visiter les gouffres amersQue l'imagination peuplait de monstres, de TitansHideux, polymorphes et terrifiants.Tu as su, suivant le bel exemple d'HéraklèsPurger les écuries de l'âme, dissiper les frayeursEn toutes choses révéler le seul... [Lire la suite]

08 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : Chant Quatrième, 2

                    2   L'ennuiC'est la haine du temps,Temps morne, temps qui s'étire,Temps du non-temps. Enfant, j'avais de mornes joursPar la fenêtre de la cuisineJe regardais la cour vide, le jardin Hivernal où tombait moroseLa pluie des mauvais jours.Sur la façade, juste en faceUne grande roue de boisTournait lamentablementDans un sens et dans l'autreParfois elle s'arrêtait, puis reprenait,J'entendais sans entendre le grincement crissant,Est-ce quelque mauvais génieEst-ce... [Lire la suite]
09 septembre 2015

EK-CHORESIS : politique de l'écart

  Installé aux portes d'Athènes, dans son modeste jardin philosophe, Epicure regarde tourner le monde. A vrai dire les turbulences politiques ne l'affectent pas beaucoup. Jeune, il a vu grandir Alexandre, lequel, après avoir conquis l'Asie, fut misérablement emporté par la fièvre. Depuis, ses généraux se disputent l'héritage : Athènes passe sous le commandement d'un tel puis d'un autre : plus ça change plus c'est la même chose, puisque les hommes sont les hommes, possédés des mêmes appétits sans cesse renouvelés. Rien à espérer,... [Lire la suite]
10 juin 2015

La PLUIE des ATOMES et la DECLINAISON : Lucrèce

  Après le modèle "quantique" esquissé dans l'article précédent, voici un second modèle, exposé par Lucrèce lui-même, singulièrement, quelques lignes plus loin, ce qui est pour le moins troublant : s'agit-il de deux modèles différents, ou bien l'un est-il un cas particulier de l'autre, comment savoir ? Mais revenons au texte. C'est la présentation canonique de la déclinaison (II, 214 à 221) : "Dans la chute qui les emporte, en vertu de leur poids Tout droit à travers le vide, en un temps indécis, En des lieux indécis, les... [Lire la suite]
09 juin 2015

NAISSANCE et MORT : LUCRECE

  Il est remarquable que le livre VI du "De natura rerum" mentionne deux fois Athènes, la première fois à l'ouverture du chant, Athènes mère des arts, demeure d'Epicure, foyer admirable de culture et de sagesse, et tout à la fin, Athènes ravagée par la peste, bûchers, cancres et désolation. Le poème, comme les choses emportés dans le déclin, va vers son extinction finale, retourne à la cataracte de l'entropie universelle. On se demande depuis deux mille ans si Lucrèce a bien achevé son poème, si cette fin calamiteuse et... [Lire la suite]
08 juin 2015

Du CHAOS et de la NAISSANCE : LUCRECE

  LUCRECE, chant V, 423 à 427   "Les innombrables principes des choses, d'innombrables manières, Ebranlés par les chocs, emportés par leur poids, Depuis un temps infini n'ont cessé de se mouvoir De s'unir en tous sens, de tenter toutes les créations Que leurs combinaisons étaient capables de former"   Et plus loin : 436 à 439 "C'était une tempête nouvelle, une masse inouïe D'atomes de toutes sortes dont la discorde confondait Les distances, trajets, liaisons, poids et chocs, Mouvements et rencontre en une... [Lire la suite]

05 juin 2015

Le TEMPS et la DECLINAISON : LUCRECE

  "Vois les gouttes d'eau qui tombent sur la pierre Avec le temps elles finissent par percer cette pierre". Lucrèce, IV, 1286- 1287.   La pierre figure le stable, le solide, le permanent. Pourtant c'est l'élément fluide qui l'emporte à la fin, et tout à la fin, emporte toutes choses dans l'indéterminé. Entropie généralisée, loi de nature. La pierre figure un système stable-instable, comme tous les systèmes, étoiles, pierres, végétaux, animaux, humains. Stable dans le court terme, instable, périssable dans le long. Un... [Lire la suite]
30 août 2011

POURQUOI la DECLINAISON ? de l'ESPACE INFINI

La physique ancienne, de Thalès à Aristote, distingue dans l'espace des pôles d'attraction et de répulsion, des secteurs de valeurs différentielles. Le ciel est pensé comme sphère du divin, lieu intelligible, modèle de toute perfection. Tout en bas le domaine sublunaire, et la terre entre les deux. La physique traditionnelle est projective et animiste : la nature incarne et représente les diverses tendances de la psyché, le haut et le bas, le fort et le faible, le parfait et l'imparfait, le sensible et l'intelligible, le divin... [Lire la suite]
29 août 2011

POURQUOI le CLINAMEN ? DECLINAISON et CREATION

On glose à l'infini sur le fait de savoir pourquoi la théorie de la déclinaison (clinamen, parengklisis) est absente des écrits conservés d'Epicure. Certains vont jusqu'à prétendre que cette théorie serait une invention personnelle de Lucrèce. Or tous les successeurs d'Epicure la mentionnent comme un élément central de la théorie physique, en particulier Diogène d'Oenanda, qui reproche à Démocrite d'être déterministe. On peut supposer avec quelque vraisemblance que la "Lettre à Hérodote" corresponde à un état premier de la théorie... [Lire la suite]
20 mai 2009

De la JOIE PHILOSOPHIQUE

Gaudeamus! Réjouissons-nous! Mais de quoi demandera le profane? Il y a plus d'objets de crainte et d'affliction que de réjouissance de par le monde. Sans doute, mais qui fera le calcul désintéressé des misères et des plaisirs? C'est impossible. Aussi n'est ce pas de cette manière-là qu'il faut aborder le problème. Avant de mourir Epicure s'allonge dans une baignoire, demande un verre de vin et dicte une dernière lettre à son fidèle Idoménée. "Je vous écris cette lettre alors que je passe et achève en même temps le bienheureux... [Lire la suite]