24 septembre 2019

APOLOGIE du TROU

  Le trou, s'il est ouvert, est l'organe universel de la jouissance, par où se déversent les détritus, fragments de corps décortiqués, déchets et toxines, et par où pénètrent les effluves et les saveurs du monde. Tout passe par là, entre les bords béants, tactiles et sensitifs. Je dis : jouissance, entendant par là le flux, tous les flux qu'accompagnent les affects, qu'ils soient intenses, voluptueux, irritants, ou quasiment insensibles. C'est par le trou que nous sommes au monde. Question : un seul trou, ou mille trous ? Le... [Lire la suite]

28 août 2019

QUE PEUT UN CORPS ?

  Un saut, un redressement d'équilibriste, disais-je. Je pourrais dire aussi : athlétique. "Nous ne savons pas ce que peut un corps" mais nous voyons d'expérience qu'il peut beaucoup, et que dans certaines situations extrêmes, quand tout semble perdu, c'est bien le corps qui nous sauve. Encore faut-il bien se garder de concevoir le corps à la manière de l'anatomiste et du physiologiste, qui ramènent tout l'édifice somatique à des mécanismes, à la fois très simples et très sophistiqués. Par corps j'entendrai plutôt un réseau... [Lire la suite]
22 octobre 2018

BLANCHEUR MUETTE - Livre II

  LIVRE DEUX     HEPHAISTOS   1     Mais par le trou passe le vent du monde Impénitent Tumultueux, tourbillonnaire Le corps s’en va en tous petits morceaux Aux quatre vents Tourbillonnant dans la lumière   Il ne faut rien garder Laissons passer laissons courir laissons flotter S’évanouir Notre pauvre mémoire   L’extase En un seul mouvement solaire Abolit, réunit Le vivre et le mourir     2    L’utérus maternel Long tunnel obscur Pas de lumière ... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 16:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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16 octobre 2018

De la MALADIE de l'AME : Diogène d'Oenanda

  "Voyant que la plupart des hommes sont malades de fausses opinions sur les choses et n'écoutent pas le corps, les plaintes importantes et justes qu'il porte contre l'âme, à savoir que, par elle il est tourmenté injustement, accablé et entraîné vers des choses non nécessaires....nous avons voulu venir au secours des hommes de bonne composition". Dans ce passage Diogène d'Oenanda nous livre un diagnostic médical : la maladie vient d'un enflure de l'âme lorsqu'elle se laisse aller à des aspirations infinies qui nous vouent à... [Lire la suite]
18 mai 2018

Du PLAISIR comme PRINCIPE

  En allemand la joie se dit "Freude" - voilà qui devait ravir le cher Sigmund ! Et dessiner pour lui un certain destin, un fatum comme on dit en latin, qui signifie originellement "le dit" (de fari, dire). Les Muses, au chevet du nourrisson, ont édicté le signifiant-maître qui dorénavant guiderait les pas de l'enfant, puis de l'adulte. On se demandera si Freud saura se montrer digne de cette vocation, dans sa vie et dans son oeuvre, ce qui n'est évident ni pour l'une ni pour l'autre. S'il est bien vrai qu'elles commencent en... [Lire la suite]
09 mars 2018

DESIR et JOUISSANCE : Lucrèce

  C'est peu de dire que Lucrèce, en son De Natura Rerum, peigne les illusions de la passion amoureuse : bien mieux, il décrit l'impasse du désir et de la jouissance. "Morsures, aiguillons, blesser, brasier, arracher, combat ..." - un vocabulaire guerrier pour dépeindre "la fureur", "la violente ardeur" qui consume l'homme  en proie au désir, qui, désespérant d'atteindre "sa proie" s'acharne en vain sur le corps de la belle, et ne pouvant la saisir toute, toute entière à la fois, "erre incertain sur le corps tout entier".... [Lire la suite]

25 janvier 2018

LE DELICE DES FLEURS : LUCRECE

    "Pauvres esprits des hommes, ô coeurs aveugles !   Dans quelles ténèbres et dans quels dangers   S'écoule ce petit rien de la vie ! Ne vois-tu pas   Que ce que réclame le cri de la nature n'est rien d'autre   Que pour le corps l'éloignement et l'absence de la douleur, et pour l'âme   Une sensation de jouissance, délivrée de souci et de terreur ?   Nous voyons donc que pour la nature du corps bien peu de choses   Sont nécessaires pour enlever la douleur   Et faire aussi le... [Lire la suite]
07 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : CHANT CINQUIEME, 2

                2   Fresques sublimes !Monstres entrelacés, torsion des corpsEquarris,Grimaces d'enfer.- Irrésistible, une force d'airainLes pousse,Bras tendu d'un dieu, sans un criDans l'abîme.A droite règne ZeusFoudre tonnant,Impassible. Une femmeDéesse ou prophétesseClame la louange sacrée.Et tout en bas des hommesNus, sexes de pierreContemplent la déroute des monstresL'éclatante gloire des dieux.Les hommes songentAnxieux, méditatifs ;Bientôt pour eux viendra l'heure. Que savez-vous... [Lire la suite]
05 août 2017

Le CHANT des ORIGINES : EXODE

                              EXODE          Dès le matin      Cela chante dans ma tête      Je suis branché sur l’univers      Radio spatiale       Immensité !        Il était las des hommes Héraclite      Il se retira dans le temple d’Artémis, à Ephèse,      Aux... [Lire la suite]
23 mars 2017

De la MEDITATION

  Il est diverses manières de méditer. Méditer est d'abord un terme militaire : s'entraîner, plier son corps à l'exercice, à l'effort, à l'endurance. Cette indication est précieuse, il faut la garder. Pas de méditation sans participation du corps, ne serait-ce que par la position assise, le recueillement physique, la patience, sans lesquels la pensée s'en va vagabondant dans toutes les directions. Les Chinois ont développé, pendant des siècles, des pratiques de méditation en mouvement qui allient le geste à la respiration, et... [Lire la suite]