27 février 2019

SITUATION de la PSYCHANALYSE (3) : douleur et souffrance

  Siddharta Gautama avait posé la vraie question  : pourquoi la souffrance ? Peut-il exister un sens à la souffrance ? C'est toujours encore la question, que la psychanalyse reprend à sa manière.  Pour y voir plus clair je distinguerai la douleur simple, celle d'un choc physique par exemple, qui ébranle soudain l'équilibre physiologique, celle d'une maladie, d'une infection, d'une indigestion, d'une amputation, d'une opération chirurgicale etc. Cette douleur a des causes que la biologie peut connaître et réduire... [Lire la suite]

26 février 2019

SITUATION de la PSYCHANALYSE (2) - de l'héroïsme

  L'échec relatif de la psychanalyse s'explique, outre les raisons que j'ai données dans l'article précédent, par son statut même, hésitant entre une fonction thérapeutique et une fonction de connaissance. Freud avait cru résoudre le problème par un pari audacieux : c'est la connaissance qui guérit, le symptôme est le fruit d'une ignorance, ou d'une méconnaissance, cherchons les causes et le symptôme disparaît. C'est l'expression tardive d'un optimisme de la connaissance, qui traverse toute l'histoire de la pensée occidentale,... [Lire la suite]
03 août 2018

PSYCHANALYSE, SAVOIR et TRANSMISSION

  Je demandais hier : que restera-t-il de la psychanalyse dans vingt ans ?  Le fondement ultime de la démarche freudienne était ce rêve très ancien, dont il a su renouveler la formulation et la méthode, de connaître pour guérir, de faire de la connaissance un levier thérapeutique efficace. Ce projet s'inscrit dans la lignée des grandes sagesses traditionnelles : "connais-toi toi même - et tu connaîtras l'univers et les dieux", sauf qu'ici il n'est question ni de l'univers ni des dieux. Le champ d'exploration est... [Lire la suite]
16 juillet 2018

De l' ETAT THEOLOGIQUE : Auguste Comte

  "Dans l'état théologique, l'esprit humain, dirigeant essentiellement ses recherches vers la nature intime des êtres, les causes premières et finales de tous les effets qui le frappent, en un mot vers les connaissances absolues, se représente les phénomènes comme produits par l'action directe et continue d'agents surnaturels plus ou moins nombreux, dont l'intervention arbitraire explique toutes les anomalies apparentes de l'univers". Dans cette remarquable définition qu'Auguste Comte donne de l'état théologique (ou "fictif"),... [Lire la suite]
15 juin 2018

Une FORMATION PHILOSOPHIQUE : journal du 15 juin 2018

  J'ai découvert la philosophie en classe de première. Cette année-là, fort riche de lectures et d'expériences, je me suis frotté à Schopenhauer dans une édition scolaire qui présentait quelques passages essentiels. Rencontre bouleversante : je me crus schopenhauerien, mais sans doute par erreur. J'étais bien incapable de saisir la portée réelle de cette oeuvre, mais je me laissais enchanter par l'intuition du vouloir-vivre, et plus encore par l'appel du néant que je crus y découvrir. Je lisais en poète, ou plus exactement en... [Lire la suite]
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10 avril 2018

De l'INCONNAISSANCE et du REEL : PYRRHON

  Pourquoi ne peut-on vraiment connaître la réalité ? La réponse traditionnelle est d'invoquer les faiblesses constitutives de notre nature. La réponse de Pyrrhon est autrement radicale, sans pour autant exclure la première. Il pose tranquillement cette thèse étonnante que les choses échappent de nature à toute prise : "il les montre également in-différentes, im-mesurables, in-décidables. C'est pourquoi ni nos sensations, ni nos jugements ne peuvent ni dire vrai ni se tromper". Cette dernière phrase est quand même... [Lire la suite]

09 octobre 2017

De l 'ENIGME : de la parole et du silence

  Le mot "énigme" est grec ; "ainigma", parole qui dit sans dire, allusivement, indirectement. Elle ne désigne pas explicitement l'objet, mais elle tourne autour, comme autour d'un astre brûlant, ou d'un trou noir. Elle exige, elle somme, elle oblige, elle menace. Malheur à celui qui ne parvient pas à la déchiffrer, qui, comme pour l'énigme de la Sphinge, sera dévoré - à moins que, comme Oedipe, il ne trouve la clé, et alors c'est la Sphinge qui meurt. Le maître de l'énigme c'est Apollon, le dieu "oblique", celui qui agit à... [Lire la suite]
06 avril 2017

Le GRAND TROU : interprétation de rêve

  La scène se déroule au dernier étage d'un immeuble dans une pièce sombre, sans porte ni fenêtre, comparable à une salle de réanimation. Je suis assis au milieu d'un groupe de jeunes gens. C'est alors que j'aperçois en face de moi, légèrement à droite, un vaste trou dans le mur, qui donne sur le noir de la nuit. Je me lève pour aller y voir de plus près. Mais il n'y a rien à voir, c'est tout simplement le vide insondable. Je réprime un frisson d'horreur : il n'est pas question que je saute dans cet abîme de non-retour. ... [Lire la suite]
21 décembre 2016

FAUST : l'esprit et le corps

  J'éprouve depuis longtemps une sorte de fascination pour le début du Faust de Goethe, que je relis régulièrement, et que parfois je rêve de traduire. On connaît la scène : Faust est dans son atelier de recherche, épuisé, lassé de tout, et notamment des toutes ses incursions dans les domaines sacrés de la philosophie, du droit (qu'il nomme Juristerei, "judication", avec une nuance de mépris), de la théologie, et toutes ces connaissances lui laissent le goût amer de la futilité, de l'inutilité. Il conclut tristement "je vois que... [Lire la suite]
28 septembre 2015

REPONSE : fantasme et liberté

  Avant de répondre à la question : "un fantasme reconnu comme tel est-il encore un fantasme ?" il faut examiner le point suivant : est-il possible de reconnaître un fantasme comme tel ? La réponse est plus difficile qu'il n'y paraît, parce que, si chacun connaît bien l'efflorescence automatique des fantasmes qui proliférent dès que l'attention se relâche (rêveries, associations d'images, divagations de toutes sortes), il en va tout autrement de la source - inconsciente - des fantasmes, lesquels se rattachent en principe à un... [Lire la suite]