23 octobre 2017

"La MAISON du JOUIR" : Gauguin aux Marquises

  Poussant toujours plus loin, plus fort, Gauguin quitte Tahiti pour les Marquises. Ce sera la dernière étape de son singulier voyage, il le pressent, il le sait. Toujours plus loin dans la quête éperdue de l'origine, de ce temps d'avant le temps où la nature se donne toute frémissante de vie au regard amoureux de l'artiste, où les femmes, dans l'innocence de leur nudité, sont comme les fleurs, exquises, où les esprits des forêts tonnent et grondent, où l'orage a la puissance des forces primitives incalculables. Et partout les... [Lire la suite]
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11 octobre 2017

Du JARDINAGE PHILOSOPHIQUE : LA FONTAINE PHILOSOPHE

  Ecoutons La Fontaine :   Un philosophe austère, et né dans la Scythie Se proposant de suivre une plus douce vie Voyagea chez les Grecs, et vit en certains lieux Un sage assez semblable au vieillard de Virgile, Homme égalant les rois, homme approchant des dieux, Et, comme ces derniers, satisfait et tranquille. Son bonheur consistait aux beauté d'un jardin. Le Scythe l'y trouva qui, la serpe à la main, De ses arbres à fruits retranchait l'inutile, Ebranchait, émondait, ôtait ceci, cela     ... [Lire la suite]
08 août 2017

:Le CHANT des ORIGINES : CHANT CINQUIEME 1

                          1   Dans un siècle inculte et dur, à RomeRayonna ce merveilleux poèteAmi des arts et de la véritéQui sut, adoucissant la langue abrupte et roideFaire sonner la belle mélodie des GrecsEn des vers lumineux, fortement scandésOù roule le fracas de l'univers, des tableauxMagnifiques où l'amour et la guerreBrouillent l'esprit des hommes, sans fin à travers les âgesEgarés, anxieux, tourmentés, tourbillonnants,Que la parole de vérité, elle... [Lire la suite]
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25 juillet 2017

Du RAPPORT à la NATURE : "La maison du berger" de VIGNY

    Dans "La maison du berger" Vigny expose ses sentiments à l'égard de la nature, ambigüs, hésitant entre le sublime de beauté et le sublime de terreur. Au début de ce vaste poème symphonique il invite Eva à quitter l'esclavage des villes pour gagner "les grands bois et les champs". Suit une strophe extraordinaire, d'une beauté et d'une musicalité absolues, que je ne peux que citer en entier :                  La Nature t'attend dans un silence austère      ... [Lire la suite]
31 mai 2017

ELOGE de la POESIE

  Si l'on me demandait ce qu'est pour moi la philosophie, je dirais, me référant à l'étymologie, et à la pratique des Anciens : philo-sophie, en deux mots, c'est bien l'amour de la sagesse, et que par sagesse j'entends vivre en qualité, ou si l'on veut en excellence, autant qu'il est possible. Jeune, j'aurais peut-être dit : en intensité, car l'intensité est le propre de la jeunesse qui veut tout voir et tout expérimenter. A présent je me range à une modalité plus modeste, l'intensité m'est plus néfate que bénéfique. Mais la... [Lire la suite]
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16 novembre 2016

Le BOIS et la CENDRE - et des regrets

  Le bois devient cendre, "la cendre ne redevient pas bois". Le Feu consume les choses, et d'autres choses naissent du Feu - c'est ainsi que pourrait s'exprimer Héraclite, si l'on veut considérer le Feu comme l'agent universel de la transformation. Il n'y a pas de retour éternel, Socrate, contrairement à la thèse stoïcienne, ne reviendra pas. Le temps inscrit l'irréversibilté dans le cours des choses. Cela signifie qu'on ne naît et qu'on ne meurt qu'une fois, qui est la bonne : une fois pour toutes. Cette idée, qui paraîtra... [Lire la suite]

09 juin 2016

LA PRIMAVERA : le Printemps de Botticelli

  Si je voulais chanter la beauté - et mon âme n'aspire qu'à cela - je ferais chanter en moi ce mot si beau, si sensuel, généreux, envoûtant, de "primavera", qui en dit infiniment plus et mieux que notre "printemps", un peu sec, trop définitif. Il y a dans "primavera" une sorte de lenteur toute latine, quelque chose qui prend tout son temps, qui traîne langoureusement sur l'antépénultième, qui laisse à rêver longtemps, à gouster le temps de la floraison, de l'éclosion, comme fit si bien Ronsard dans ses évocations de la rose,... [Lire la suite]
17 mars 2016

Le SOLEIL du BEAU

  Le beau est un merveilleux contre-dépresseur. Quand il brille à l'horizon tout se met à chanter, vibrer, danser. Quand il sombre c'est la nuit. On demandera : comment se fait-il qu'il sombre, pourquoi ne resterait-il pas, éternellement, comme un soleil ? Mais le soleil lui-même se lève et se couche, ce qui, depuis des temps immémoriaux, plonge les humains dans la perplexité - songeons aux Egyptiens, qui, voyant le soleil se lever à l'est et se coucher à l'ouest, en conclurent qu'il parcourait de nuit le royaume des morts pour... [Lire la suite]
15 août 2015

CHAP XV - Du REEL

                                      CHAPITRE QUINZE : DU REEL      TABLE  1 Approximations  2 Du réel sensitif  3 Sexuel et réel (1)  4 Sexuel et réel (2)  5 Le savoir de la mélancolie                    6 Réel d'absence  7 Du réel dans la passion  8 Réel, savoir, vérité  9 Les quatre discours 10 La beauté et le réel ... [Lire la suite]
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13 août 2015

CHAP XVII - Du TRAGIQUE et de la BEAUTE

                                   CHAPITRE DIX SEPT : DU TRAGIQUE et de la BEAUTE     TABLE  1 Réel et tragique 2 De la vision tragique 3 Du fondement de la tragédie 4 Paradoxes du tragique 5 Sagesse tragique 6 Un tragique joyeux? 7 Tragique et beauté 8 Du sourire, du beau et du tragique 9 Tragique et position éthique 10 Tragédie et comédie 11 "La mort à Venise"           ... [Lire la suite]
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