09 février 2018

De la BEAUTE - et de la VOLUPTE

  Parodiant Nietzsche je dirai : sans la beauté la vie serait une erreur. On dira que la puissance de Venus est suffisante à entretenir la vie, et la reproduction, du moins dans les espèces animales, mais il n'est pas sûr qu'il en aille de même pour les humains. La catégorie du beau se forme très tôt chez l'enfant : rien n'égale la beauté de la mère, même si celle-ci, pour un regard étranger, est le comble de la laideur. La mère est structurellement belle, parce que c'est la mère, celle qui assure la satisfaction des besoins... [Lire la suite]

29 janvier 2018

MELANCOLIE de l' ART

          "O vraiment, marâtre nature       Puisqu'une telle fleur ne dure       Que du matin jusques au soir !"   Ce sentiment-là, devenu si banal dans la littérature, si convenu, il faut le reprendre à la source pour en mesurer l'inépuisable puissance d'évocation. Qu'on le répète et régurgite à l'infini, cela ne change rien, cela n'en amoindrit nullement l'imparable vérité. Toute poésie de là s'origine, y puise son inspiration, y déroule les méandres de sa mélancolie.... [Lire la suite]
26 janvier 2018

DE l' AGE et de la BEAUTE

  Je dispose par devers moi d'un signe infaillible qui atteste mon retour à la santé, c'est la beauté. Pour avoir végété si longtemps dans les affres, y avoir assisté à la faillite de toutes choses au monde, à l'évidence de la caducité universelle, c'est miracle, que par un retour si soudain et si improbable, il me soit possible, caprice ou nécessité, de goûter si nouvellement le charme de quelque image, toute intérieure il est vrai, mais qui vient se superposer sur les réalités existantes, et les colorer d'un relief inattendu.... [Lire la suite]
23 octobre 2017

"La MAISON du JOUIR" : Gauguin aux Marquises

  Poussant toujours plus loin, plus fort, Gauguin quitte Tahiti pour les Marquises. Ce sera la dernière étape de son singulier voyage, il le pressent, il le sait. Toujours plus loin dans la quête éperdue de l'origine, de ce temps d'avant le temps où la nature se donne toute frémissante de vie au regard amoureux de l'artiste, où les femmes, dans l'innocence de leur nudité, sont comme les fleurs, exquises, où les esprits des forêts tonnent et grondent, où l'orage a la puissance des forces primitives incalculables. Et partout les... [Lire la suite]
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11 octobre 2017

Du JARDINAGE PHILOSOPHIQUE : LA FONTAINE PHILOSOPHE

  Ecoutons La Fontaine :   Un philosophe austère, et né dans la Scythie Se proposant de suivre une plus douce vie Voyagea chez les Grecs, et vit en certains lieux Un sage assez semblable au vieillard de Virgile, Homme égalant les rois, homme approchant des dieux, Et, comme ces derniers, satisfait et tranquille. Son bonheur consistait aux beauté d'un jardin. Le Scythe l'y trouva qui, la serpe à la main, De ses arbres à fruits retranchait l'inutile, Ebranchait, émondait, ôtait ceci, cela     ... [Lire la suite]
08 août 2017

:Le CHANT des ORIGINES : CHANT CINQUIEME 1

                          1   Dans un siècle inculte et dur, à RomeRayonna ce merveilleux poèteAmi des arts et de la véritéQui sut, adoucissant la langue abrupte et roideFaire sonner la belle mélodie des GrecsEn des vers lumineux, fortement scandésOù roule le fracas de l'univers, des tableauxMagnifiques où l'amour et la guerreBrouillent l'esprit des hommes, sans fin à travers les âgesEgarés, anxieux, tourmentés, tourbillonnants,Que la parole de vérité, elle... [Lire la suite]
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25 juillet 2017

Du RAPPORT à la NATURE : "La maison du berger" de VIGNY

    Dans "La maison du berger" Vigny expose ses sentiments à l'égard de la nature, ambigüs, hésitant entre le sublime de beauté et le sublime de terreur. Au début de ce vaste poème symphonique il invite Eva à quitter l'esclavage des villes pour gagner "les grands bois et les champs". Suit une strophe extraordinaire, d'une beauté et d'une musicalité absolues, que je ne peux que citer en entier :                  La Nature t'attend dans un silence austère      ... [Lire la suite]
31 mai 2017

ELOGE de la POESIE

  Si l'on me demandait ce qu'est pour moi la philosophie, je dirais, me référant à l'étymologie, et à la pratique des Anciens : philo-sophie, en deux mots, c'est bien l'amour de la sagesse, et que par sagesse j'entends vivre en qualité, ou si l'on veut en excellence, autant qu'il est possible. Jeune, j'aurais peut-être dit : en intensité, car l'intensité est le propre de la jeunesse qui veut tout voir et tout expérimenter. A présent je me range à une modalité plus modeste, l'intensité m'est plus néfate que bénéfique. Mais la... [Lire la suite]
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16 novembre 2016

Le BOIS et la CENDRE - et des regrets

  Le bois devient cendre, "la cendre ne redevient pas bois". Le Feu consume les choses, et d'autres choses naissent du Feu - c'est ainsi que pourrait s'exprimer Héraclite, si l'on veut considérer le Feu comme l'agent universel de la transformation. Il n'y a pas de retour éternel, Socrate, contrairement à la thèse stoïcienne, ne reviendra pas. Le temps inscrit l'irréversibilté dans le cours des choses. Cela signifie qu'on ne naît et qu'on ne meurt qu'une fois, qui est la bonne : une fois pour toutes. Cette idée, qui paraîtra... [Lire la suite]
09 juin 2016

LA PRIMAVERA : le Printemps de Botticelli

  Si je voulais chanter la beauté - et mon âme n'aspire qu'à cela - je ferais chanter en moi ce mot si beau, si sensuel, généreux, envoûtant, de "primavera", qui en dit infiniment plus et mieux que notre "printemps", un peu sec, trop définitif. Il y a dans "primavera" une sorte de lenteur toute latine, quelque chose qui prend tout son temps, qui traîne langoureusement sur l'antépénultième, qui laisse à rêver longtemps, à gouster le temps de la floraison, de l'éclosion, comme fit si bien Ronsard dans ses évocations de la rose,... [Lire la suite]