29 août 2019

KATASTROPHE - EPISTROPHE : de l'éphémère

  Je reviens tout doucement dans les bocages ensoleillés de l'apparence. Epistrophè. Strophè c'est le tour. Dans le théâtre attique la strophe désigne ce fragment poétique chanté par le choeur qui fait le tour de l'orchestre. Et l'antistrophe le mouvement inverse, avec un nouveau fragment de texte.  Il est remarquable que l'action dans la tragédie conduise inexorablement à la catastrophe. Katastrophè c'est le retournement qui entraîne la ruine et le désastre. Voilà un peuple, les Grecs, qui a conçu le pire possible comme... [Lire la suite]
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27 mars 2019

BEAUTE du CLASSIQUE

  Un commentateur, au vu des poivronnades publiées ici, me fait savoir qu'il me considère comme un classique. La formule me va. Encore que ce terme puisse désigner un tour de pensée, ou d'écriture, quelque peu désuet, et qui sent la poussière, j'y vois plutôt une qualité de l'intelligence, une réserve de la sensibilité, le gôut de la mesure, l'amour de la beauté, de l'équilibre juste entre le haut et le bas, l'art de suggérer, de glisser délicatement à la surface des choses. Rares sont ceux, aussi bien dans l'art que dans la... [Lire la suite]
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08 janvier 2019

Du GROTESQUE et de l' HUMOUR

       "Leurs jambes pour toutes montures      Pour tout bien l'or de leurs regards      Par le chemin des aventures      Ils vont haillonneux et hagards"  Verlaine évoque l'errance des vagabonds, des sans feu ni lieu, des réprouvés, maudits des hommes et des dieux, "dont le cadavre/ Sera dédaigné par les loups". Toutefois on relèvera une discrète ironie du poète, qui, intitulant son poème "Grotesques", suggère une distanciation critique par laquelle, tout en... [Lire la suite]
04 janvier 2019

L'ART de la SIESTE

  La sieste, comme le thé au Japon, ou les fleurs, peut être élevé au rang d'un art. J'y excelle, sans fausse modestie, de la pratiquer congrûment depuis des années. Mais la durée, et la répétition même n'y suffisent pas. Il y faut une intentionnalité très particulière. Je m'allonge sur mon lit, je m'étire, je m'installe dans une position confortable, et je laisse aller. Après quelques instants de flottement je me sens descendre dans un espace ouvert, très loin des embarras de la vie ordinaire, des pensées et des soucis du... [Lire la suite]
04 mai 2018

De la NEGATION du VOULOIR : SCHOPENHAUER

  Le problème qui travaille en profondeur la philosophie de Schopenhauer, noeud gordien, énigme et défi, est, à mon avis, le suivant : si la volonté agit souverainement dans les profondeurs, déterminant les motifs de l'action, emportant toutes choses dans le flux incessant et absurde d'un temps sans finalité, et si l'intellect lui-même, qui se croit doué de libre arbitre, obéit sans le savoir aux motivations de la volonté - alors comment pourrait-on concevoir et agir un détachement à l'égard du vouloir, et procéder à une... [Lire la suite]
29 janvier 2018

MELANCOLIE de l' ART

          "O vraiment, marâtre nature       Puisqu'une telle fleur ne dure       Que du matin jusques au soir !"   Ce sentiment-là, devenu si banal dans la littérature, si convenu, il faut le reprendre à la source pour en mesurer l'inépuisable puissance d'évocation. Qu'on le répète et régurgite à l'infini, cela ne change rien, cela n'en amoindrit nullement l'imparable vérité. Toute poésie de là s'origine, y puise son inspiration, y déroule les méandres de sa mélancolie.... [Lire la suite]

23 octobre 2017

"La MAISON du JOUIR" : Gauguin aux Marquises

  Poussant toujours plus loin, plus fort, Gauguin quitte Tahiti pour les Marquises. Ce sera la dernière étape de son singulier voyage, il le pressent, il le sait. Toujours plus loin dans la quête éperdue de l'origine, de ce temps d'avant le temps où la nature se donne toute frémissante de vie au regard amoureux de l'artiste, où les femmes, dans l'innocence de leur nudité, sont comme les fleurs, exquises, où les esprits des forêts tonnent et grondent, où l'orage a la puissance des forces primitives incalculables. Et partout les... [Lire la suite]
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27 juillet 2017

NATURE et ART : un rapport problématique

  Que disons-nous quand nous disons : la nature ? L'idée en est évidente, comme lorsque nous disons : le temps. Mais en fait c'est la notion la plus difficile, celle qui échappe de tous côtés quand nous essayons de l'approcher, comme ces pucelles effarouchées qui s'avancent et reculent. Je multiplie les approches, d'article en article, non pour la saisir, c'est impossible, mais pour tenter de préciser ma disposition personnelle à son égard. C'est un objet fuyant, multiple de formes et de statuts, et pourtant c'est la chose la... [Lire la suite]
19 septembre 2016

LETTRE a BERNADETTE CHARPENTIER

                 Lettre à Bernadette Charpentier,   Chère amie,   C'est toujours un moment très émouvant que celui où un artiste parle de son travail, menant le néophyte dans les arcanes de la création, bousculant ce qu'il croyait savoir, qui n'était rien, lui faisant entrevoir un monde de complexité et de liberté, lui entrouvrant l'espace où il pourra faire quelques pas. J'ai aimé la matière de ton propos, et la manière, si claire et sensible, avec toi j'ai pu voyager dans... [Lire la suite]
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18 août 2016

MELANCOLIE de l' ART

  Tous les potaches de France et de Navarre, je veux dire ceux d'autrefois qui apprenaient encore un peu de littérature dans les classes de lycée, connaissent la phrase célèbre de Malherbe : "Un poète n'est pas plus utile à l'Etat qu'un joueur de quille". Malherbe visait je suppose les enthousiasmes un peu débridés de Ronsard, lequel avait donné dans l'emphase politique, se croyant autorisé à donner des leçons au Prince et au peuple de France. C'est un vieux débat qui remonte à l'Antiquité. Le poète est-il un prophète, un... [Lire la suite]