23 juin 2016

BLESSURES du CORPS, BLESSURES du TEMPS

  Cette blessure nous la vivons d'abord dans le corps, avant que le psychisme ne consente à l'enregistrer. Ce sont d'abord les humbles besoins immédiats qui nous fendent à intervalles réguliers, nous ramenant à la condition d'un vivant qui ne se soutient que de repousser la mort : faim, soif, sommeil, respiration, élimination, territorialisation. Vivre c'est rétablir un équilibre fonctionnel qui se défait sans cesse. Pulsions, tendances, instincts, dont la puissance contraignante oriente nos vies, et, de même, ne connaissent pas... [Lire la suite]

09 mars 2016

De l' ANXIETE

  L'anxiété est l'angoisse spécifique de l'avenir, perçu comme menaçant, voire catastrophique. L'anxieux se tient pelotonné dans ce présent fragile, comme s'il pouvait empêcher par sa crainte le cours irrépressible du temps qui l'entraîne dans l'incertitude du futur. Demain sera forcément pire qu'aujourd'hui : au moins le présent, fût-il pesant et désagréable, est connu, alors que demain peut être n'importe quoi. Dès lors l'imagination s'enfle à inventer des monstres, des situations inextricables, multipliant à l'envi les... [Lire la suite]
23 août 2015

CHAP IV - DECONSTRUCTIONS II - DE la PEAU

                                      CHAPITRE QUATRE : DECONSTRUCTIONS 2 – DE la PEAU     TABLE     1 Panorama  2 La Grande mer  3 Surface, rien que surface  4 Image du corps  5 Sensation  6 Culture de peau  7 Décomposition  8 Feuilles d'automne  9 Ethique de la peau  10 Raccordements  11 Fuites  12 La Peau psychique  13 Refus de... [Lire la suite]
13 mai 2015

IMMUNOLOGIE et CONNAISSANCE

    Le concept d'immunologie est la découverte propre du philosophe Sloterdijk, celle qu'il espère léguer à la postérité culturelle. C'est une idée très importante, et qui permet de rendre compte d'un grand nombre de processus anthroplogiques, politiques et psychiques. Tout organisme vivant, et la société est aussi une sorte d'organisme vivant, pour survivre et prospérer doit, de nécessité, se construire une peau qui réduise les excitations externes, ce qui, à son tour, exige une organisation interne, un système... [Lire la suite]
10 février 2015

DU NON-ATTACHEMENT

  Une mélancolie sans douleur. C'est le résultat proprement dit du travail de connaissance. Cela peut surprendre, si l'on estime, et comment ne l'estimerait-on pas, que la connaissance doive déboucher sur une issue plus rayonnante, plus allègre. Mais cette fameuse "mélancolie" - il faut prendre ce terme dans un sens très spécial, fort éloigné du sens commun - ne va pas sans gaité, sans éclats de rire, et surtout sans humour, un savant alliage, en somme, de la lucidité sans espoir et de la plus franche hilarité, un peu comme... [Lire la suite]
25 octobre 2013

Du FEMININ et du SENTIMENT d' EXISTER : WINNICOTT

    "L'étude de l'élément féminin non contaminé, "distillé", nous conduit à l'ETRE ; c'est la seule base de la découverte du soi (self discovery) et du sentiment d'exister (puis à partir de là se constitue la capacité de construire un intérieur, d'être un contenant, d'être à même d'utiliser les mécanismes d'introjection et de projection, d'établir une relation avec le monde en termes d'introjection et de projection). (Winnicott, "Jeu et Réalité", p 156). Winnicott, dans ce passage essentiel, dégage la spécificité de... [Lire la suite]

07 octobre 2013

Du sentiment d'existence (2)

    "D'abord être" - First being - écrit Winnicott. Après vient l'adaptation, la socialisation et le reste. Mais ce qui compte avant tout, et détermine le reste, c'est le sentiment d'existence, cette base d'évidence subjective et intersubjective qui fonde le jeune "être" dans le devenir et la créativité. "Notre théorie présuppose que vivre créativement témoigne d'une bonne santé et que la soumission constitue, elle, une mauvaise base de l'existence" (Winnicott : Jeu et réalité, p 128). La santé, à la fois physique et... [Lire la suite]
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10 octobre 2012

PLAISIR et SANTE : EPICURE et WINNICOTT

        « Nous disons que le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse. Car c’est lui que nous avons reconnu comme le bien premier et connaturel, c’est en lui que nous trouvons le principe de tout choix et de tout refus, et c’est à lui que nous aboutissons en jugeant tout bien d’après l’affection comme critère ». (Epicure, Lettrre à Ménécée, 132, traduction Conche). On a souvent mal compris ce passage en croyant y voir une incitation à la luxure et à la jouissance illimitée. Mais le... [Lire la suite]
30 mai 2010

Théorie et pratique

Nos considérations pyrrhoniennes vous ont peut-être plongés dans un abîme de perplexité. Si c'est le cas, bravo, vous êtes en bonne voie! On ne saurait philosopher véritablement sans sombrer de temps en temps dans une "aporie", une absence de ressources, de certitude et de repère. Bien entendu il n'est pas bon de s'y installer comme dans un nid douillet (Montaigne) ou d'y crever de désespoir. La leçon pyrrhonienne est rude. Mais je crois qu'il faut y passer, comme dans un entonnoir, ou comme dans le ventre de la baleine, en... [Lire la suite]
26 février 2010

De la PEUR de la MORT : Journal du 26 février 2010

Je voudrais réfléchir sincèrement à cette question essentielle, et si intime qu'elle m'implique tout entier : ai-je peur de la mort? Mais étrangement la question ainsi posée me jette plus dans l'embarras qu'elle ne m'éclaire. Que recouvre cette notion de mort, qui semble si évidemment évidente qu'elle obture le jugement? Pour y voir plus clair il faut décomposer le problème en trois termes, au moins : la peur de ce qui précéde la mort, la peur du mourir, et la peur de ce qui suit. De ce qui suit la mort on peut penser... [Lire la suite]
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