13 septembre 2011
PROFONDEUR et SURFACE : l' EROTIQUE de SAPPHO
La poétique de l'amour, chez Sappho, se développe selon deux axes radicalement opposés. La passion d'abord, pathos de la chair, omniprésente, douloureuse et exaltée. Dans l'acmé de sa souffrance la poétesse exprime sans fard l'attente anxieuse, le désespoir, la jalousie, l'allégresse sans mesure : les émois travaillent le corps en profondeur, agitent les "phrènes", déchirent le "kardia", révulsent le "thymos, et ce sont les pleurs, les sueurs, les frémissements, et jusqu'à ces "nausées" qui ex-priment la déroute des fonctions,... [Lire la suite]
03 juin 2011
De la DISTINCTION de l'AME et du CORPS
La pensée occidentale est plombée par la distinction funeste de l'âme et du corps. Ce dualisme est à la fois radical et injustifié. C'est là l'oeuvre fatale de l'idéalisme, poursuivie et approfondie par la tradition chrétienne. Qu'il est doux de visiter les traités de la Chine ancienne qui ne pense pas dans cette ornière, et qui d'emblée pose l'unité de l'être vivant, animal ou humain! "Nourir sa vie" disent-ils, et la vie c'est ici la globalité des processus et des fonctions vitales, organiques, physiologiques, et psychologiques,... [Lire la suite]
07 décembre 2010
Du MIROITEMENT PULSIONNEL : Sappho
"Tant que ton beau visage renverra sur moi sa lumière" - "L'enjambée désirable, et l'éclat radieux du visage" - "Choses saintes et belles, jeunes filles..." - "brillance" - "la resplendissante" - "celle à la ceinture violette" - "Celle qui a excité ma passion" - "Un cuir de couleurs miroitantes"
"Les étoiles autour de la lune belle
De nouveau cachent leur halo de lumière
Quand à son apogée elle éclaire la terre..."
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06 décembre 2010
Du MIROITEMENT SENSORIEL : esthétique de la sensation
"Le plaisir (hèdonè) dans la chair ne peut s'accroître une fois supprimée la douleur du besoin, mais il ne fait que varier". (Epicure, maxime capitale XVIII). Cette maxime établit deux points. Le premier, fort aisé à saisir, est qu' Epicure part du besoin comme nécessité vitale (respirer, manger, boire, éliminer, dormir, se reposer, se mouvoir) pour poser la source et la nature du plaisir "dans la chair". Le plaisir physiologique est fondamentalement un rétablissement de l'équilibre intérieur, lequel procure... [Lire la suite]
19 novembre 2010
VISAGES de l'ALOGOS
Logos harmonique, beauté, équiliobre, ce sont les termes, qui depuis Winkelmann, définissaient le classicisme hellénique, dont Goethe encore se fait l'écho dans ses conceptions esthétiques. Mais depuis Hölderlin et Nietzsche cette image idéalisée a été profondément remaniée. Hölderlin a pensé l'essence du tragique dans "un accouplement monstrueux" de l'homme et du dieu ( "Remarques sur Oedipe et Antigone"). Nietzsche thématise l'opposition d'Apollon et de Dionysos, du rêve et de l'ivresse, de la tendance... [Lire la suite]
30 décembre 2009
Du COUP de FOUDRE
Qu'est ce qu'un coup de foudre? C'est d'abord un coup, et l'on ne prend pas garde, en général, à cette occurrence. Coup de pied, coup de lune, coup de blues, coup de barre...un coup avant toute autre chose, qui suspend la temporalité, qui étonne, bouleverse, renverse, frappe et tétanise, électrise, plonge dans la stupeur, coupe en deux, ravit, étonne et émerveille. Et puis voici la foudre, coup de foudre, à croire que Zeus en personne a lancé le feu du ciel, ou Apollon qui de ses traits perfides nous aurait stupéfié, ou Eros, ou... [Lire la suite]
09 novembre 2009
De la NAISSANCE d'APHRODITE , d'après HESIODE
Aphrodite vient de "aphros" l'écume. Et de fait, selon Hésiode, dans la Théogonie, Aphrodite est bien née de l'écume, ou mieux encore, du sperme blanc-écumeux de son père, selon une alchimie plutôt barbare qui peut nous laisser songeurs.
Lassée de l'interminable coït que lui impose Ouranos (Ciel), Gaîa(Terre) fomente une ruse macabre avec son fils, le divin Kronos, lui remet entre les mains "la serpe aux crocs durs" pour castrer le père, et jeter les testicules "dans la mer aux fortes vagues". ... [Lire la suite]
19 septembre 2009
SAPPHO de MYTILENE : ouverture
Sappho est pour les Anciens la poétesse par excellence, souvent citée, louée pour la clarté et l'expressivité de ses vers, imitée par les plus grands. Malheureusement de son oeuvre vraisemblablemnt considérable, ne nous sont parvenus que quelques poèmes plus ou moins mutilés et des bribes. Son style est immédiatement reconnaissable, jusque dans ces fragments, si ellyptiques, mais qui expriment tous une intense volupté dans la magnificence du désir. L'ardeur de la sensualité antique nous est ainsi directement accessible, sans tous les... [Lire la suite]
19 septembre 2009
NAUSICAA : poème à la manière de SAPPHO
Comme Ulysse jeté nu sur le rivage
Confuse j'errais dans le désert du coeur,
Et je te vis, qui dansais dans la lumière
Nausicâa, sublime!
Et comme la déesse au sourire d'aube
Sur le miroir des eaux, si pure! Ah je veux
Sur la rose de ta bouche déposer,
Humide, mon baiser!
PS : On se souvient de la scène mémorable dans Homère,... [Lire la suite]
19 septembre 2009
APPARITION : poème à la manière de Sappho
Tu as bien fait de venir! Je n'osais plus
Toute languissante, toute déchirée
Toute moite, fièvreuse, chair consumée
Espérer ton retour,
Et tu es là! Je te vois marcher, gracieuse
Vaporeuse comme l'aurore, et je veux
Toucher ta gorge d'un doigt léger, ta bouche
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