02 décembre 2019

La LOI de la TRANSMUTATION : Rilke

    Voici le dernier des "Sonnets A Orphée" de Rilke, qui clôt le majestueux cycle des Elégies et des Sonnets.        "Silencieux ami des lointains nombreux, sens,      Comme ton souffle encore accroît l'espace.      Dans la charpente des sombres beffrois      Laisse-toi retentir. Ce qui se nourrit de toi        Deviendra fort par cette nourriture.      Dans la transformation entre et sors.      Quelle... [Lire la suite]

26 novembre 2019

DELAISSEMENT (2) : Rilke, Elégie

     "Certes il est étrange de ne plus habiter la terre,    Les usages à peine appris de ne plus les agir,    Aux roses et autres choses qui chacune était pleine de promesses    De ne point donner la signification d'un avenir humain ;    Ce qu'on était dans des mains infiniment anxieuses    De ne plus l'être, et même le propre nom    De le jeter comme un jouet brisé.    Etrange de ne plus souhaiter plus avant les souhaits. Etrange  ... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:35 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
25 novembre 2019

DELAISSEMENT : RILKE : Débuts des Elégies

          "Qui donc, si je criais, m'entendrait parmi les hiérarchies       Des anges ? et supposé que l'un d'eux soudain       Me prenne sur son coeur :  je succomberais       De son existence plus forte. Car le beau n'est rien       Que le début du terrible, que nous supportons à peine,       Et nous l'admirons ainsi parce qu'il dédaigne séreinement       De nous détruire. Tout ange est terrible.  ... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:33 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
09 mai 2016

DE L' ETRANGETE : Rilke, Elégies à Duino

  "Il est étrange, certes, de ne plus habiter la terre, Ces coutumes à peine apprises de ne plus les suivre, Aux roses, et à d'autres choses prometteuses De ne plus donner le sens d'un devenir humain ; Ce qu'on était dans des mains infiniment anxieuses De ne l'être plus, et même le nom propre De le laisser comme un jouet brisé. Etrange de ne plus désirer plus avant les désirs. Etrange De voir ce qui était en rapport flotter libre dans l'espace. Etre mort est pénible et plein de reprises Jusqu'à ce que l'on sente peu à... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:20 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
13 avril 2016

Le REEL du CHANGEMENT : sensations

  D'un certain point de vue, le réel a le même statut que la mort  : absolument certaine, mais inconnaissable en tant que telle. On sait qu'on va mourir, mais on ne sait pas quand, ni comment. A cette différence près, que si le réel est généralement ignoré, voire dénié ou forclos, il n'en reste pas pas moins omniprésent, alors même que nous nous en détournons. Nous vivons dans les représentations, oubliant notre être, pourtant immergé dans le présent du monde. Un être en gésine, toujours à venir et toujours échappé.... [Lire la suite]
25 août 2015

CHAP I - De l'Ouvert - (De la faille et de la vérité)

                                                        CHAPITRE UN : L’OUVERT     TABLE   I Position 2 Analyse structurale, 3 «Viens dans l'Ouvert, ami!» 4 La Traversée 5 Solitude             1 Position       L’ouvert est ce qui s’ouvre dans un espace sans qualités préconçues dans l’au-delà de la... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

02 janvier 2014

POUR UN NOUVEL AN CREATIF : Rilke

      "Efforcez-vous d’aimer vos questions elles-mêmes,chacune comme une pièce qui vous serait fermée,comme un livre écrit dans une langue étrangère.Ne cherchez pas pour le moment des réponsesqui ne peuvent vous être apportées,parce que vous ne sauriezpas les mettre en pratique, les "vivre". Et il s’agit précisément de tout vivre;Ne vivez pour l’instant que vos questions.Peut-être simplement en les vivant,finirez-vous par entrer insensiblement dans les réponses.Je ne puis que formuler une fois de... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:17 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :
01 novembre 2012

Surmonter le DESENCHANTEMENT : RILKE

            « Mais pour nous l’existence est encore enchantée ; en mille endroits Est encore l’origine.  Un jeu de forces pures Que nul ne touche s’il ne s’agenouille et admire.   Des mots viennent encore tendrement  auprès de l’ineffable… Et la musique, toujours neuve, hors des pierres les plus palpitantes, Erige dans l’espace inutilisable sa maison divinisée. »  (Rilke, Sonnets à Orphée, II, 10)            ... [Lire la suite]
20 septembre 2011

RILKE : la solitude et l'ouvert

"Il me faut donc me retenir et ravaler l'obscur sanglot Ce cri d'appel. Mais hélas! vers qui me tourner, à qui donc, A qui donc m'adresser? A l'ange non, à l'homme non, Et les bêtes pressentent et savent Que nous n'habitons pas vraiment chez nous Dans le monde interprèté".         Dans la première élégie Rilke exprime l'étendue sans borne de la solitude. Et dans ce silence pétrifié de l'attente il se tourne vers les êtres célestes, les sommant de lui dire qui il est. Mais les Anges ne sont que la forme... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 11:53 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,
08 mars 2011

ALETHEIA : du MASQUE et de la DANSE

A-lèthès : vrai, sincère, franc, véridique, véritable. Dans cette acception le "A" est privatif : non caché, non voilé, non trompeur. Il semblerait bien que la notion originale d'Alètheia, comme l'a soupçonné Heidegger, soit d'essence privative : la vérité se pense et se dit comme une abstention, face à un premier mouvement de dissimulation. Voilà qui en dit long sur notre supposée tendance innée à la véracité. Mais dans le monde de la pensée grecque "alètheia" se dit dans un rapport de l'homme au dieu. Le dieu, comme la nature, "aime... [Lire la suite]