09 mai 2013

ETHIQUE de l' IDIOTIE: un sujet sans subjectivité

    Idios : séparé, particulier, singulier Idioma : particularité Idiotès : celui qui reste séparé, celui qui se distingue (de l'Etat, des communautés etc), comme simple particulier, simple soldat etc. Idion s'oppose à koinon, le commun, la communauté.       Héraclite écrit : "Il y a pour les éveillés un monde unique et commun (koinon) mais chacun des endormis se détourne dans un monde particulier (idion kosmon) -DK 89. Pour Héraclite c'est l'accès au Logos qui crée la véritable communauté,... [Lire la suite]

25 avril 2013

LE PHILOSOPHE sans IDENTITE : Lucien de Samosate

      Dans son joli pamphlet "Sectes à vendre", Lucien de Samosate met en scène un marché d'esclaves sous la houlette de Jupiter, de Mercure, et l'administration d'un marchand. Défilent de grands noms de la philosophie antique, Pythagore, Diogène, Socrate, Démocrite, Héraclite, Chrysippe, entre autres, exhibés sans complaisance, mis à pris, vendus au plus offrant. Voici un bref passage où c'est Pyrhon, sous le nom de Pyrrhias, qui est interrogé par le marchand : Mercure : Qui veut acheter celui-ci? Le marchand... [Lire la suite]
28 novembre 2012

POURQUOI PYRRHON est INEBRANLABLE ?

                      Ce qui fait la position absolument singulière de Pyrrhon, son idiosyncrasie absolument originale et incomparable, ce n’est nullement, comme on pourrait croire, la pratique du doute – le fameux doute sceptique – mais le fait, confirmé par Diogène Laerce, qu’il est, en toutes choses, « inébranlable ». Ce trait est fondamental, et à le manquer, on manque l’esprit véritable du pyrrhonisme. Pyrrhon est de fait parvenu à un point suprême, celui... [Lire la suite]
07 septembre 2012

Du PLAN d' IMMANENCE

          « L’apparence l’emporte sur tout » écrit Timon, qui passe pour un fidèle défenseur de la sagesse pyrrhonienne. Cela signifie qu’il n’existe que des apparences, ou mieux des apparaître-disparaître, lesquels ne renvoient  à nulle essence fixe et permanente, à nul Etre. Il s’agi t de ruiner à tout jamais l’opposition classique de l’apparence et de l’essence, de l’être et de l’apparaître : le terme même d’apparence devient caduc, puisque « rien » n’apparaît plus, si... [Lire la suite]
31 août 2012

PYRRHONISME : les dix tropes d' ENESIDEME

          Enésidème est le génial auteur de la réviviscence du pyrrhonisme. On lui doit une systématisation des arguments sceptiques visant à ruiner toute position dogmatique d’affirmation ou de négation. Cet argumentaire est disposé traditionnellement en dix points sous le titre : les dix tropes d’Enésidème. Trope signifie mode. Pour le pyrrhonien la visée est suspensive et éthique : le malheur de l’homme vient de sa rage de savoir, et plus encore de conclure. Ruiner cette prétention est œuvre... [Lire la suite]
11 avril 2012

Le DIRE du NON-DIRE : de l' impossible

  Un lecteur m’écrit : « Quand le mot manque la pensée peut le créer ». Intervention judicieuse, certes, puisque c’est exactement ce que font les philosophes en créant des concepts qui saisissent et expriment une vision nouvelle et originale de la réalité. L’atome de Démocrite, la durée de Bergson, le Vouloir-Vivre de Schopenhauer sont de belles et fécondes créations qui nous donnent à penser ce qui avant eux restait inaperçu. Le concept est un révélateur. Le penseur agit comme le poète : il fait exister, il... [Lire la suite]

09 février 2012

"Je me suis cherché moi-même" (2)

Chercher c’est tourner autour (circa : autour de). Autour de quoi ? D’un trou. C’est le trou du réel. Cela clairement posé il n’est plus rien à chercher. Le réel épuise tout, contient tout. Il est le Tout. Mais cela, d’ordinaire, nous ne le savons pas, aussi continuons-nous à chercher, à nous débattre comme des enfants dans les ténèbres. Mais celui qui comprend cela est délivré. Il peut dire comme Pyrrhon : fin de la quête. Au-delà, toute quête est toxique et ne fait qu’entretenir le trouble de l’âme. Se chercher... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 10:47 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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28 septembre 2011

De l'ACHEVEMENT de la PHILOSOPHIE

Existe-t-il un achèvement en philosophie? Est-il possible qu'un jour le philosophe puisse déclarer : je me suis cherché moi-même, et je me suis trouvé? Une telle assertion paraîtra prétentieuse, mais elle se vérifie dans le sens interne, dans la certitude subjective où le sujet est seul juge, se répondant à lui-même, se confirmant lui-même dans l'affirmation. Nul ne peut, de l'extérieur, objecter quoi que ce soit car toute objection se fera  du point de l'objecteur. Cet achèvement ne se fonde point sur une excellence, sur une... [Lire la suite]
07 août 2011

DE LA VERITE : DEMOCRITE (4)

                                                                 IV                                                               "OU MALLON"   Comment soutenir encore, comme fait une insistante tradition, de... [Lire la suite]
21 juin 2011

L'INDICIBLE de la SINGULARITE

Retour à la singularité. La singularité c'est du réel sans concept. Du réel dans la mesure exacte où existe un être dans le monde, qui a fait son apparition concrète (genesis), située dans l'espace et le temps, qui se développe selon sa propre logique interne (phusis), résiste aux agressions du dehors, un certain temps, puis décline et se désagrège. Tout ce qui est composé se décompose selon l'ordre du temps. A cela il n'est nulle exception. C'est la loi du réel. La singularité est une composition plus ou moins homogène,... [Lire la suite]