20 juin 2018

L'ACADEMIE et le JARDIN

  Sur le fronton de l'Académie de Platon on pouvait lire : "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre". A l'entrée du Jardin d'Epicure : "Passant, tu peux peux rester ici, le plaisir seul y donne des lois".   Tout est dit. A celui cependant qui demanderait pourquoi il faudrait des lois au plaisir, il sera répondu que l'homme est hélas le plus souvent incapable de gérer la tourmente de ses désirs, et qu'il lui faudrait une mesure, un principe directif, non point fondés sur quelque autorité externe, mais sur la juste... [Lire la suite]

27 mars 2018

De l' APORIE : aporos pantoporos

  "Pantoporos aporos ..." Plein de ressources, sans ressources, l'homme va. Poros c'est le lieu de passage, le moyen de franchir, d'accomplir, d'où ressource. Pantoporos signifie l'abondance de ressources, et aporos l'absence de ressources. C'est la condition de l'homme, à la fois industrieux, inventif, créateur de routes innombrables, et tout à la fois privé de tout recours. "Face à la mort nous sommes tous une citadelle sans défense" (Epicure) Dans l'allégorie que développe Platon sur la naissance d'Eros dans le Banquet, il... [Lire la suite]
21 septembre 2016

PHILOSOPHIE du VENTRE

  "Quelle joie, quel encouragement pour moi d'avoir appris d'Epicure à réjouir correctement mon ventre !" Voilà ce qu'écrit Metrodore au sujet de son maître et ami. Point d'étonnement, dès lors, si tous les idéalistes vertueux se sont précipités, "sus au baudet", pour déblatérer sur la voracité, la gloutonnerie, la goinfrerie, la lubricité supposée des "pourceaux d'Epicure" - au mépris de la vérité, car enfin c'est Epicure lui-même qui déclare : un peu d'eau, quelques olives, me voilà l'égal de Zeus. Au vrai, Epicure invente une... [Lire la suite]
06 janvier 2016

THEORIE des FLUX (2) - du corps comme illusion

  Qu'est ce qu'un corps ? Que ce soit un nuage, une rivière, une plante, un oiseau, une femme ? Je vois deux manières de répondre, complètement inverses l'un de l'autre, selon que vous vous placez dans la stabilité ou dans le flux.  La première consiste à définir le corps comme un ensemble plus ou moins organisé, structuré, harmonique, d'éléments assemblés, reliés entre eux par la puissance d'une forme. C'est ainsi par exemple que les Stoïciens disent que c'est la forme qui organise une matière inerte, "femelle", passive.... [Lire la suite]
31 décembre 2015

SUBVERSION

  Si toute conversion implique un regard vers les cimes - voyez comment Platon invite à quitter l'amour des corps, puis des âmes, pour ne contempler en fin de course que le Beau et le Bien éternels - la subversion, comme l'étymologie l'indique, est un mouvement vers le bas, vers la terre, vers le limon et la glèbe, vers les corps sensibles, les sens, la sensation en général comme critère du vrai et du réel : sensualisme. Subversion de la connaissance : non le ciel intelligible, mais les conditions empiriques d'un savoir positif.... [Lire la suite]
02 septembre 2014

La PSYCHOSE HEIDEGGER

                                                                                         Chaque fois que j'entreprends la lecture d'un essai de Heidegger, je fais la même expérience pénible. J'aborde l'ouvrage de front, plein de bonne volonté, décidé à mettre de côté toute prénotion et prévention, pour lire le... [Lire la suite]

22 mai 2013

Du BEAU

    '"Il nous faut honorer le beau, les vertus et les choses de ce genre s'ils procurent du plaisir ; mais s'ils ne le font pas il faut leur dire adieu". (Epicure : "De la fin", cité par Athénée) Le beau est susceptible de procurer du plaisir, et c'est à ce titre qu'il mérite notre considération. Il est subordonné à la fin générale de la "nature" (suivre la voie du plaisir, éviter la douleur), qui préside à l'éthique comme vie bonne et et belle. On remarquera la différence éclatante avec la thèse de Platon qui place le... [Lire la suite]
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24 juillet 2012

K 966 De la METAPHYSIQUE comme NEVROSE : Platon ou Démocrite?

      La métaphysique occidentale, telle qu’elle se développe depuis Platon, serait-elle l’expression d’une colossale névrose ? On peut le soutenir en considérant les ravages du dualisme : éternité et temps, corps et âme, monde sensible et monde intelligible, origine et fin, perte et récupération. Le point nodal se situe dans le choix entre Démocrite et Platon, c’est là que tout se décide, c’est l’embranchement fatal qui a décidé du destin de l’Occident.  Démocrite a construit le modèle d’une physique... [Lire la suite]
06 septembre 2011

ELOGE de l'OPINION : sapere aude

Depuis Platon, l'opinion (doxa) a mauvaise presse. N'est-elle pas la marque d'un esprit crédule, empressé à recevoir en sa créance tous les préjugés d'une caste, d'une époque, d'un courant d'idées majoritaire, d'une mode? Creuset de la servilité politique, de la niaiserie iodéologique, il importerra au philosophe de dégonfler les certitudes, les jugements invérifiés, les a priori, de dénoncer la paresse, de dépister les intérêts inavouables, les dessous obscurs ou fallacieux de la croyance. Toute la tradition emboîtera pas, et ce sera... [Lire la suite]
10 février 2011

De la SUBVERSION : DIOGENE contre PLATON

Diogène aura été le philosophe qui a inventé un nouveau Personnage Anticonceptuel, figure plutôt rare dans le champ philosophique, en élevant le FAUSSAIRE à la dignité paradoxale du Sage. Son projet, il le clame très haut, est de renverser le faux ordre en cours en "falsifiant la monnaie". "Nomisma" c'est à la fois la monnaie, et la coutume. Subversion radicale qui vise à ruiner tous les fondements de l'échange social, matériels et symboliques. C'est que la monnaie en usage est déjà de la fausse monnaie, qui... [Lire la suite]