27 février 2017

EPICURIEN et STOICIEN : Nietzsche

  Examinant en médecin la "constitution" originale de l'épicurien, son idiosyncrasie singulière, Nietzsche diagnostique une sensibilité extrême aux aspérités, aux aléas de l'existence, une irritabilté nerveuse qui le contraint à se resserrer sur l'essentiel, à tourner de dos à bien des aspects de la vie sociale qui menaceraient son équilibre. Par nature il rejette des excitants, les stimulants violents, les sources multiples de perturbation, afin de se protéger, de se bâtir un cosmos harmonieux, une citadelle contre l'insécurité... [Lire la suite]

24 février 2017

L' EPICURIEN et le CYNIQUE : Nietzsche

  Voici un beau texte de Nietzsche qui vient clore avec bonheur une suite de réflexions récentes sur ce blog : "L'épicurien se sert de sa grande culture pour se rendre indépendant des opinions régnantes ; il s'élève au dessus de celles-ci, tandis que le cynique se cantonne dans la négation. Il se promène comme par des allées de douce pénombre, bien protégées à l'abri des souffles, tandis que sur sa tête mugissent dans le vent les cimes des arbres, qui lui trahissent de quelle violence le monde est agité au dehors. Le cynique,... [Lire la suite]
02 février 2016

POURQUOI des THEORIES ?

  La vraie question que l'on devrait se poser en philosophie, et que l'on ne se pose guère, est la suivante : pourquoi avons tant besoin de théorie ? A quels besoins répond cette exigence ? Et que se passerait-il si l'on savait s'en libérer ? Il y a peu d'exemples d'une position de ce genre. Dans l'Antiquité je ne vois que Pyrrhon et Bouddha. Dans la modernité Nietzsche en approche parfois. Mais il n'a pas su maintenir jusqu'au bout cette position d'exigence, réintroduisant des images et des idéaux (le surhomme, la volonté de... [Lire la suite]
14 janvier 2016

PHILOSOPHIE pour AUJOURD'HUI

  Dans l'immense littérature philosophique peu de textes me parlent vraiment. Beaucoup sont irrémédiablement datés, dès lors illisibles. Ce qui survit, et nous interroge toujours encore, c'est une poignée d'oeuvres que ni le temps ni la mode ne démodent. Ajoutez à cela que le goût personnel, le désir subjectif, l'idiosyncrasie propre du lecteur effectuent un tri sévère, écartent sans pitié ce qui ne rencontre pas sa problématique. Nietzsche remarquait que si le contenu d'une philosophie peut vieillir, la personnalité, quand elle... [Lire la suite]
31 décembre 2015

NIETZSCHE interprète EPICURE (3)

  Le remède à la douleur du monde c'est la distanciation subjective. C'est du moins la lecture que fait Nietzsche de la pharmacopée épicurienne, laquelle intègre une bonne dose de scepticisme théorique. C'est le sens de la première des quatre propositions du Tetrapharmakon : les dieux ne sont pas à craindre. Epicure se garde bien d'entrer dans un débat sur l'existence ou la non-existence des dieux. Il invente cette stupéfiante solution de l'éloignement : les dieux, non seulement existent à des distances incommensurables, dans... [Lire la suite]
30 décembre 2015

NIETZSCHE interprète EPICURE (2)

    "Epicure - oui, je suis fier de sentir le caractère d'Epicure comme nul peut-être ne le sent, et de goûter, en tout ce que j'apprends de lui, en tout ce que je lis de lui, le bonheur d'un après-midi de l'Antiquité. Je vois son oeil errer sur de vastes mers blanchâtres, sur des falaises où repose le soleil, tandis que des bêtes de toutes tailles viennent jouer à sa lumière, sûres et calmes comme cette lumière et cet oeil même. Un tel bonheur n'a pu être inventé que par quelqu'un qui souffrait sans cesse ; c'est le... [Lire la suite]

29 décembre 2015

NIETZSCHE interprète EPICURE

  "L'épicurien se sert de sa grande culture pour se rendre indépendant des opinions régnantes ; il s'élève au dessus de celles-ci, tandis que le cynique se cantonne dans la négation. Il se promène comme par des allées de douce pénombre, bien protégées à l'abri des souffles, tandis que sur sa tête mugissent dans le vent les cimes des arbres, qui lui trahissent de quelle violence le monde est agité au dehors. Le cynique, au contraire, s'en va pour ainsi dire nu dehors, de ci de-là dans les rafales, et s'y endurcit jusqu'à perdre... [Lire la suite]
19 août 2015

CHAP IX - De l'ENIGME

                                      CHAPITRE NEUF : De l'ENIGME     TABLE 1 Enigme(s)  2 De l'Etre 3 L'Aïon de l'événement  4 L'Enigme de l'humain 5 La Terreur 6 L'Impasse du déchiffrement 7 Déchiffrement ou interprétation? 8 Clinamen             1 Enigme(s)     Deux énigmes grandioses résonnent du fond de notre histoire oubliée :  "La nature aime... [Lire la suite]
20 mai 2015

De la DOULEUR ORIGINELLE : SLOTERDIJK

  Dans sa remarquable étude sur Nietzsche ("Le penseur sur scène", page 193, Bourgois éditeur) Peter Sloterdijk écrit ceci : "La sagesse dionysiaque n'enseigne pas une délivrance de la douleur ; elle ne croit pas à la fuite vers le haut ; au contraire, elle offre une connaissance qui délivre au moins de la souffrance de la souffrance". Je ne prétendrai en rien rendre compte ici de la pensée de Sloterdijk, dont, je l'avoue, je ne saisis pas toujours les arcanes décisifs. Je me contenterai de vaquer et de batifoler au gré de mes... [Lire la suite]
29 avril 2015

ETHIQUE de l' INESPOIR : SCHOPENHAUER

  "Des sphères brillantes en nombre infini, dans l'espace ilimité, une douzaine environ de sphères plus petites et éclairées, qui se meuvent autour de chacune d'elles, chaudes à l'intérieur, mais froides et solidifiées à la surface, des êtres vivants et intelligents sortis de l'espèce de moisissure qui les enduit - voilà la vérité empirique, voilà le monde". Schopenhauer : Suppléments du "Monde" chap I, début. La vie, les organismes, et la conscience, et l'intelligence, issus de la moisissure ! Et ce produit tardif de la... [Lire la suite]