04 juin 2017

NERVAL : Le Christ aux oliviers (2)

    Pour le plaisir de Frédéric, mais aussi de tous les amateurs de beauté, voici le sonnet in extenso auquel je me référais dans l'article précédent :                Le Christ aux Oliviers (2)       Il reprit : "Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ;     Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés,     Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes,     Répand des sables d'or et des flots argentés :      ... [Lire la suite]
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02 juin 2017

De la PERTE et du RETOUR : NERVAL

  Les poètes n'ont pas attendu les déclamations tonitruantes de Nietzsche pour s'apercevoir que Dieu était mort. Dans les années 1850 Nerval écrit la suite des sonnets qui formeront "Les Chimères", d'une fascinante beauté, impénétrable, énigmatique. Je voudrais donner ici quelques extraits, trop rapides, de deux sonnets publiés sous le titre "Le Christ aux oliviers" - remarquables comme chacun pourra voir. Jésus est dans la nuit profonde de l'angoisse pendant que ses disciples dorment :        "Ils... [Lire la suite]
09 août 2015

INTERLUDE IV

                              Le CHANT des SIRENES     "Et rose elle a vécu ce que vivent les roses..." Le vers, dans une respiration légère, balance délicatement entre "rose", sur le seuil, et "les roses", à la fin, ouvertes comme des corolles. La banalité du propos est transfigurée par le rythme, et l'usage de la rime intérieure, qui donne une sorte de halo suggestif et de vibration infinie. Ajoutez-y la splendeur du ô, rond comme un... [Lire la suite]
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09 mars 2010

SORTIR du DEUIL : ETHIQUE de la PERTE

Le deuil est l'expérience de la perte d'un objet investi de pulsions, de désir et de fantasme. Si, lors d'un décès, on sait forcément qui on perd, on sait fort mal, en revanche, ce qu'on perd dans la perte de cette personne. D'où le caractère éprouvant, et irrationnel de la douleur. Avec l'objet c'est un pan entier du moi qui s'en va, brèche sanglante, béance qui rouvre les inquiétudes et les angoisses archaïques. Comme le tout petit enfant livré aux cachemars, le sujet s'expérimente abandonné, mutilé, menacé de ruine. Rétraction... [Lire la suite]
26 octobre 2009

De la COUPURE SYMBOLIQUE : la langue et le réel

"Le Beau c'est ce qui désespère" écrivait Valéry. Certes, par son infini éloignement, son inaccessibilité. Désespoir du poète à la recherche de l'improbable terme, exact, exhaustif, qui dirait d'un seul éclair la teneur  insaisissable de l'intuition. Très vite il s'aperçoit que ce mot tant convoité n'existe pas, que chaque mot ne vaut que par un autre, et qu'en somme aucun signifiant n'est à la hauteur du Tout. Il faut donc en rabattre, jouer sur de secrètes connivences, des approximations et des résonnances. A défaut de la... [Lire la suite]
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