10 décembre 2013

FAIRE un LIVRE ?

    Je rêve d'un livre qui ferait la synthèse de mes recherches, qui livrerait le fruit de tant d'années d'expériences intérieures, qui prolongerait à sa manière la grande leçon des Anciens, tranmettant ce qui mérite de vivre au delà de ma modeste existence, et des aléas du temps présent. Projet ambitieux, et bien futile si je considère la maigreur du résultat : que reste-t-il, au bout du compte, d'une vie d'homme, qui mérite considération? Nous sommes des héritiers, rarement des inventeurs. Parvenir à transmettre ce que... [Lire la suite]
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08 novembre 2012

PRATIQUE du CORPS

            Ne pas se bercer d’illusions, et cependant pouvoir apprécier la vie, jusque dans ses tourmentes. Je me sens parfois dans la position de Montaigne, qui, après 1588, les Essais publiés, n’écrit plus guère, sauf pour  annoter l’édition de son ouvrage, raturant rarement, ajoutant plutôt de ci de là, enrichissant le texte, le complexifiant jusqu’à l’illisible. L’essentiel était dit, et bien dit. Rien de radicalement neuf, mais des nuances  à l’infini, jamais de regrets ni de... [Lire la suite]
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20 janvier 2012

APOLOGIE du PRESENT

  Adossé au réel, et la mort en face de moi, je m’interroge. Qui suis-je si ce n’est ce fragment d’espace, de matière et de temps qui s’effiloche comme peau de chagrin. Du passé je n’ai que le souvenir de quelques bribes chancelantes, et le futur n’est qu’une vue de l’esprit. Debout, je respire plus profond, pour m’assurer du moins que j’existe, en cet instant fragile, déjà presque passé. Cet instant, je le veux, je le veux vivre aussi intensément que possible, mesurant la caducité indépassable de toutes choses, et la mienne... [Lire la suite]
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07 novembre 2011

De l' A - SOUCIANCE

Si l'on a l'heur de parvenir à la prime vieillesse, avant que d'être parfaitement cacocchyme, anodonte, scrofuleux, chassieux et gâteux, il existe parfois une plage de relative sérénité, entre chien et loup, comme une douce fin d'après midi d'été, où l'existence perd un peu de sa rudesse à mesure que l'on considère les choses de plus en plus loin, selon une sorte de troisième regard, entre la vie et la mort. Alors les affaires, les préoccupations, les passions de l'heure  semblent de plus en plus nébuleuses, floues,... [Lire la suite]
09 septembre 2011

La SAPIENCE de MONTAIGNE

"Moi, qui ne manie que terre à terre, hais cette inhumaine sapience qui nous veut rendre dédaigneux et ennemis de la culture du corps. J'estime pareille injustice de prendre à contrecoeur les voluptés naturelles que de les prendre trop à coeur.(...) Il ne les faut ni suivre ni fuir, il faut les recevoir. Je les reçois un peu plus grassement et gracieusement, et me laisse plus volontierrs aller vers la pente naturelle". C'est là confession d'un homme qui sent les urgences du vivre, conscient de la précarité de la vie, et de la santé.... [Lire la suite]
06 septembre 2011

ELOGE de l'OPINION : sapere aude

Depuis Platon, l'opinion (doxa) a mauvaise presse. N'est-elle pas la marque d'un esprit crédule, empressé à recevoir en sa créance tous les préjugés d'une caste, d'une époque, d'un courant d'idées majoritaire, d'une mode? Creuset de la servilité politique, de la niaiserie iodéologique, il importerra au philosophe de dégonfler les certitudes, les jugements invérifiés, les a priori, de dénoncer la paresse, de dépister les intérêts inavouables, les dessous obscurs ou fallacieux de la croyance. Toute la tradition emboîtera pas, et ce sera... [Lire la suite]

16 juin 2011

JOUIR et se REJOUIR : EPICURE

"Une éjouissance constante!" C'est ainsi que Montaigne qualifie la vie en vérité. Ce beau terme d'éjouissance a malencontreusement vieili en notre langue françoise, nous privant d'une notation subtile entre jouissance et réjouissance. La jouissance est à présent affublée d'une connotation psychanalytique déplaisante. Se réjouir implique une sorte de dédoublement : en place de la simple éjouissance naturelle, voire instinctive, nous voilà à nous ré-jouir, comme s'il fallait une conscience réflexive, un retournement de pensée pour nous... [Lire la suite]
07 février 2011

Du NON-SAVOIR : TETRALOGIKON

"Que sais-je?" se demande Montaigne. Il conclura qu'il ne sait pas grand chose, contestant même de savoir qu'il sait ou qu'il ne sait pas. Position authentiquement pyrrhonienne, qui lui vaudra les foudres de Pascal. Ce qui m'intéresse dans cette aporie montanienne c'est la question si justement posée, et son actualité récurrente, en notre époque surtout qui se flatte tant de savoir sur toutes sortes d'objets, quand l'essentiel nous échappe et nous navre. La science, qui nous a tant promis, ne nous éclaire guère sur notre position,... [Lire la suite]
16 avril 2010

VERITE , SAVOIR et REEL

La vérité ne saurait être l'adéquation du discours au réel puisque par hypothèse le réel nous est inconnaissable avant son surgisssement. On ne peut connaître que dans l'après coup. Et ce qu'on connaît alors n'est plus le réel en soi-même mais sa représentation. Certes, le surgissement du réel vient modifier nos représentations préalables, si du moins nous sommes capables de prendre acte de la modification, mais le tranchant du réel ne peut se maintenir tel quel dans la pensée. Il en résulte une transformation relative de la... [Lire la suite]
15 avril 2010

LECONS de l'ECLAIR : A-TOPIE et A-CHRONIE

La vie sociale nous condamne au semblant, à la posture, et à l'imposture, ce redoublement histrionique de la posture. Vouloir vivre en vérité relève d'une sorte de psychose blanche, nous exposant au dénuement extrême, et finalement au vide catastrophique. Diogène le Chien fit le pari de la véracité, mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il se glissait je ne sais quelle affectation jouissive dans ses provocations, ses aboiements et ses pitreries de scandale. Voulant le vrai, ne se réclamant que du vrai, et en face d'Alexandre... [Lire la suite]