15 juillet 2016

"De la DIVERSION " - Montaigne

  Je viens de relire le chapitre "De la diversion" dans le livre trois des Essais de Montaigne. Le bon Michel nous explique, avec force exemples, comment nous pouvons, par temps d'orage, dans l'épreuve douloureuse du deuil, et le sien fut fort difficile à la mort de son ami La Boétie, nous détourner de la douleur, nous divertir, nous tirer de côté pour ne pas sombrer. A vrai dire cette fuite est très naturelle, elle exprime une tendance innée à la conservation de soi, et salutaire, en considérant l'inutilité de la douleur et la... [Lire la suite]

27 juin 2016

DU DETOURNEMENT : l'égalité de condition

  Faut-il dire "retournement catégorique" ou "détournement catégorique" ? Il n'y a pas lieu de se retourner vers quoi que ce soit. Une fois l'origine démystifiée - toute origine n'est que relative, effet autant que cause, moment artificiellement détaché d'un processus infini, comme est la naissance par exemple, qui, si elle marque le début d'une existence concrète et séparée, est elle-même la conséquence d'une chaîne interminable de processus et de rencontres - pourquoi s'attacher à tels moments du temps, y chercher une... [Lire la suite]
22 mars 2016

D' une IVRESSE NATURELLE

  Il faut en prendre son parti : nous allons, trébuchant, vacillant en aveugles sur le chemin de vie, chemin tracé par personne, et dont nul ne sait où il va, hormis la mort, certaine. "Il va trouble et chancelant, d'une ivresse naturelle" notait Montaigne pour qualifier l'objet de son livre, et son auteur. Ivresse non d'exaltation comme chez les possédés de Dionysos, Ménades et Bacchantes, mais d'incertitude et de balancement, "branloire pérenne". Nous ne savons ni d'où nous venons, ni qui nous sommes. Et pourtant nous allons,... [Lire la suite]
19 janvier 2016

Le MOI est-il HAISSABLE ?

  Lorsque Pascal déclare que "le moi est haïssable" il ne rend guère service à l'humanité : que diable ! De quoi disposons-nous en cette pauvre vie si ce n'est de ce moi, tout rabougri qu'il soit ! Il est vrai qu'il voulait rabaisser la superbe des hommes, exhiber leur indécrottable misère pour les ramener à Dieu. Le plaisant projet que voilà ! On ne fera jamais croire que celui qui croit déjà, qui désire de croire, et qui n'attend qu'une bonne raison, bonne ou mauvaise, pour se jeter dans le baquet. Pascal visait Montaigne :... [Lire la suite]
06 janvier 2016

THEORIE des FLUX (2) - du corps comme illusion

  Qu'est ce qu'un corps ? Que ce soit un nuage, une rivière, une plante, un oiseau, une femme ? Je vois deux manières de répondre, complètement inverses l'un de l'autre, selon que vous vous placez dans la stabilité ou dans le flux.  La première consiste à définir le corps comme un ensemble plus ou moins organisé, structuré, harmonique, d'éléments assemblés, reliés entre eux par la puissance d'une forme. C'est ainsi par exemple que les Stoïciens disent que c'est la forme qui organise une matière inerte, "femelle", passive.... [Lire la suite]
02 septembre 2015

La BONNE NOUVELLE : la liberté par la philosophie

  "Il faut s'adonner à la philosophie pour que t'advienne une liberté véritable" (Sénèque.) C'est dire du même coup que la liberté est une conquête, nullement un état de nature. Notre disposition spontanée nous porte à l'errance des opinions, des humeurs et des circonstances. Hors de la discipline indispensable, notre esprit "fait le cheval échappé" comme dit joliment Montaigne, qui, libéré des contraintes de la profession, découvre avec surprise la pusillanimité de ses désirs, errant et fouaillant de tous côtés, avant de se... [Lire la suite]

16 août 2015

CHAP XIII - Du SAVOIR et de la FAILLE

                           CHAPITRE TREIZE : Du SAVOIR et de la FAILLE     TABLE   1 Hymne à la connaissance 2 La pulsion de savoir 3 Que sais-je ? 4 Skeptikos 5 Pyrrhonisme 6 Fin de la quête 7 Kaïros               1 Hymne à la connaissance     Pourquoi chercher à savoir ? Et savoir quoi ? Les Grecs pensaient qu’il existe en l’homme une disposition naturelle à la... [Lire la suite]
04 août 2015

CHAP XXV - ECRIRE

                                          CHAPITRE 25 :  ECRIRE       1 : Ecrire, et du Vent et du DaImon 2 : Du Plaisir d'écrire 3 : De la Lecture 4 : De l' Ecriture et de la Faille       1 Ecrire, et du vent et du Daïmon   Il faut, pour écrire, des conditions très particulières : un retrait relatif, la solitude assumée, l'indépendance sociale, la liberté intérieure,... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 06:02 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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03 août 2015

CHAP XXVIII - ETHIQUE

                   CHAPITRE VINGT HUIT : ETHIQUE       TABLE   1 Fondement de l'Ethique 2 Voie Moyenne 3 Ethique de l'Idiotie 4 Ethique de la Joie 5 Résolution éthique et savoir tragique 6 Sublimation 7 Du Deuil et de la Gratitude 8 Savoir, devoir, espoir 9 Programme de pratique épicurienne 10 De la Liberté de nature 11 Vivre et penser 12 Pratique du corps         1 Fondement de l'Ethique   A tout prendre,... [Lire la suite]
08 juillet 2015

De la PRECARITE

"Pourquoi prenons-nous titre d'être de cet instant qui n'est qu'une éloise (un éclair) dans le cours infini d'une nuit éternelle, et une interruption si brève de notre perpétuelle et naturelle condition, la mort occupant tout le devant et tout le derrière de ce moment, et une bonne partie encore de ce moment ?" - Montaigne, Apologie de Raymond Sebon. Marcel Conche aime à citer cette phrase qui pour lui semble résonner comme l'olifant de la vérité - un peu comme pour Pyrrhon le vers d'Homère : "Comme est la nature des feuilles,... [Lire la suite]