05 mai 2017

PRATIQUES d' EVEIL

  Il est parfois recommandable de ne pas aborder le sujet de face, de prendre des chemins de traverse, de biaiser avec la difficulté. C'est aussi un excellent moyen de décourager le lecteur trop pressé, trop avide de réponses toutes faites, de recettes de bonheur par exemple. Tout problème sérieux suppose quelque travail d'approche, quelques pas de côté, hésitation féconde, avant le grand bond. Il est bon de se cacher un peu, pas trop, mais suffisamment ; laissons tout doucement le lecteur bienveillant faire lui aussi quelques... [Lire la suite]

20 avril 2017

LA TOUR de MONTAIGNE : journal du 19 avril 2017

 Photos de Démocrite  J'ai eu la chance de visiter cette fin de semaine la tour de Montaigne. J'en rêvais depuis que j'avais découvert cet auteur exceptionnel en classe de seconde, que je n'ai jamais cessé de lire par bribes et tranches depuis lors. On ne peut imaginer Montaigne sans sa "librairie", elle est consubstantielle à son être, comme il dit lui-même. J'avais été fasciné par cet art du retrait, cette aptitude cultivée à se détourner, à se retrancher du monde, des affaires publiques et domestiques, pour "être tout à... [Lire la suite]
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02 janvier 2017

VERACITE du PAS-TOUT

  Merci aux amis lecteurs qui me soutiennent dans cette démarche de connaissance, de jugement et de véracité. Ne pouvant être "vrais", à tous égards, au moins efforçons-nous d'être véraces, congruents, authentiques, ce qui déjà est un vaste programme, à peine accessible et praticable. Il n' y a au fond qu'une seule morale - j'hésite même à utiliser ce mot - c'est de s'efforcer soi-même à un dire sur soi qui ne soit pas du semblant, s'il est patent qu'un tel dire n'est en rien praticable dans la vie sociale.  A y réfléchir... [Lire la suite]
11 septembre 2016

Le NOM et la CHOSE : Montaigne

    "Il y a le nom et la chose ; le nom, c'est une voix qui remarque et signifie la chose ; le nom, ce n'est pas une partie de la chose ni de la substance, c'est une pièce étrangère jointe à la chose, et hors d'elle".  Montaigne, II, chapitre XVI, De la gloire.
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15 juillet 2016

"De la DIVERSION " - Montaigne

  Je viens de relire le chapitre "De la diversion" dans le livre trois des Essais de Montaigne. Le bon Michel nous explique, avec force exemples, comment nous pouvons, par temps d'orage, dans l'épreuve douloureuse du deuil, et le sien fut fort difficile à la mort de son ami La Boétie, nous détourner de la douleur, nous divertir, nous tirer de côté pour ne pas sombrer. A vrai dire cette fuite est très naturelle, elle exprime une tendance innée à la conservation de soi, et salutaire, en considérant l'inutilité de la douleur et la... [Lire la suite]
27 juin 2016

DU DETOURNEMENT : l'égalité de condition

  Faut-il dire "retournement catégorique" ou "détournement catégorique" ? Il n'y a pas lieu de se retourner vers quoi que ce soit. Une fois l'origine démystifiée - toute origine n'est que relative, effet autant que cause, moment artificiellement détaché d'un processus infini, comme est la naissance par exemple, qui, si elle marque le début d'une existence concrète et séparée, est elle-même la conséquence d'une chaîne interminable de processus et de rencontres - pourquoi s'attacher à tels moments du temps, y chercher une... [Lire la suite]

22 mars 2016

D' une IVRESSE NATURELLE

  Il faut en prendre son parti : nous allons, trébuchant, vacillant en aveugles sur le chemin de vie, chemin tracé par personne, et dont nul ne sait où il va, hormis la mort, certaine. "Il va trouble et chancelant, d'une ivresse naturelle" notait Montaigne pour qualifier l'objet de son livre, et son auteur. Ivresse non d'exaltation comme chez les possédés de Dionysos, Ménades et Bacchantes, mais d'incertitude et de balancement, "branloire pérenne". Nous ne savons ni d'où nous venons, ni qui nous sommes. Et pourtant nous allons,... [Lire la suite]
19 janvier 2016

Le MOI est-il HAISSABLE ?

  Lorsque Pascal déclare que "le moi est haïssable" il ne rend guère service à l'humanité : que diable ! De quoi disposons-nous en cette pauvre vie si ce n'est de ce moi, tout rabougri qu'il soit ! Il est vrai qu'il voulait rabaisser la superbe des hommes, exhiber leur indécrottable misère pour les ramener à Dieu. Le plaisant projet que voilà ! On ne fera jamais croire que celui qui croit déjà, qui désire de croire, et qui n'attend qu'une bonne raison, bonne ou mauvaise, pour se jeter dans le baquet. Pascal visait Montaigne :... [Lire la suite]
06 janvier 2016

THEORIE des FLUX (2) - du corps comme illusion

  Qu'est ce qu'un corps ? Que ce soit un nuage, une rivière, une plante, un oiseau, une femme ? Je vois deux manières de répondre, complètement inverses l'un de l'autre, selon que vous vous placez dans la stabilité ou dans le flux.  La première consiste à définir le corps comme un ensemble plus ou moins organisé, structuré, harmonique, d'éléments assemblés, reliés entre eux par la puissance d'une forme. C'est ainsi par exemple que les Stoïciens disent que c'est la forme qui organise une matière inerte, "femelle", passive.... [Lire la suite]
02 septembre 2015

La BONNE NOUVELLE : la liberté par la philosophie

  "Il faut s'adonner à la philosophie pour que t'advienne une liberté véritable" (Sénèque.) C'est dire du même coup que la liberté est une conquête, nullement un état de nature. Notre disposition spontanée nous porte à l'errance des opinions, des humeurs et des circonstances. Hors de la discipline indispensable, notre esprit "fait le cheval échappé" comme dit joliment Montaigne, qui, libéré des contraintes de la profession, découvre avec surprise la pusillanimité de ses désirs, errant et fouaillant de tous côtés, avant de se... [Lire la suite]