28 septembre 2016

L' UNIVERS et la NATURE : cosmos et phusis

  Je lis dans un ouvrage de vulgarisation scientifique que le proton jouirait d'une durée de vie égale à 10 puissance 35 années, soit 1 suivi de 35 zéros ! Voilà qui fait un bail impressionnant, voisin de l'immortalité. Nous sommes au plus près de la théorie d'Epicure qui coyait les atomes éternels, ce qui est faux, si les atomes naissent dans la fusion nucléaire des étoiles et s'ils sont appelée à éclater. L'immortalité serait plutôt le fait de certaines réalités éminemment légères, telles que les photons et les neutrinos. On... [Lire la suite]

02 octobre 2015

DE l'APPARENCE, et de PYRRHON

    "Pyrrhon ne détermine en rien de manière dogmatique en s'appliquant à contredire, et il suit les apparences" selon Enésidème, cité par Diogène Laerce. Plus loin il précise (DL,IX, 107) : "lorsque des impressions variées nous frappent, nous dirons qu'elles apparaissent, les unes et les autres ; et la raison pour laquelle ils posent, disent-ils, les apparences, c'est qu'elles apparaissent". Plus nettement encore, Timon, le disciple de Pyrrhon écrit : "Mais l'apparence règne partout, où qu'elle aille". Tout le probème,... [Lire la suite]
08 juillet 2015

De la PRECARITE

"Pourquoi prenons-nous titre d'être de cet instant qui n'est qu'une éloise (un éclair) dans le cours infini d'une nuit éternelle, et une interruption si brève de notre perpétuelle et naturelle condition, la mort occupant tout le devant et tout le derrière de ce moment, et une bonne partie encore de ce moment ?" - Montaigne, Apologie de Raymond Sebon. Marcel Conche aime à citer cette phrase qui pour lui semble résonner comme l'olifant de la vérité - un peu comme pour Pyrrhon le vers d'Homère : "Comme est la nature des feuilles,... [Lire la suite]
13 janvier 2012

Le PARADOXE du PRESENT

Le temps ne manque jamais. Le présent ne manque jamais.  Cela devrait nous remplir d’allégresse. Nous disons : le temps me manque, le présent court et s’envole. Diable, mais c’est nous qui courons ! A savoir après quoi ? On représente généralement le temps comme une droite qui va du passé vers le présent et l’avenir.  Mais on pourrait inverser, et dire : le temps va du futur vers le présent  et le passé. C’est bien ainsi que nous vivons les choses. Le futur est le temps fort, le temps du désir, de... [Lire la suite]
24 décembre 2010

Du FONDEMENT de la PHILOSOPHIE : HERACLITE

"Ce monde, le même pour tous, ni dieu ni homme ne l'a fait, mais il était toujours, il est et il sera, feu toujours vivant, s'allumant en mesure et s'éteignant en mesure" (Héraclite, fragment 80 : traduction Marcel Conche). Ce monde, "kosmon tonde", ce monde-ci, qui est la totalité du monde, est d'une évidence immédiate : il est, et ce serait folie que d'en contester l'existence. Je peux feindre qu'il n'existe pas, comme fait Descartes, douter  des sens et de la raison, suspendre les choses dans une épochè... [Lire la suite]
25 mars 2010

De la LIBERTE du PHILOSOPHE

Comment agir librement, en toute conscience, lucidité et liberté dans le monde tel qu'il est? Car il faut le dire avec la dernière fermeté : il n'est pas l'heure de fuir dans les nuées de l'Intelligible quand la terre brûle. Je respecte ceux qui désespèrent et se réfugient au bocage, ou qui prennent le maquis. Au moins font-ils preuve de lucidité. Mais je ne partage pas cette position, tout en estimant que c'est l'ultime solution quand publier et  dire le vrai sont stritement impossibles. Cette limite extrême n'est pas encore... [Lire la suite]
15 janvier 2010

TEXTES sur HERACLITE

Je rassemble ici quelques textes plus anciens que j'avais rédigés sur Héraclite, pour permettre notamment aux auditeurs de l'UTLA de poursuivre leur réflexion sur cet immense penseur. Ces textes n'ont rien d'un cours  ordonné et structuré mais se présentent plutôt comme de libres divagations subjectives, motivées par le pur enthousiasme de la pensée. Le lecteur curieux trouvera en librairie de bonnes présentations, comme un "Héraclite" en collection GF. Par ailleurs je ne saurais suffisamment recommander la lecture... [Lire la suite]
05 novembre 2009

ALETHEIA : de la VERITE

Heidegger interprète ALETHEIA comme dévoilement. Oubli de l'Etre, et pressentiment de l'Etre à travers les voiles de l'étant. Je dirais plutôt : oubli du Chaos, dans nos confortables représentations, nos images, nos conventions et nos "soucis". A-lètheia c'est la fulguration, dans l'expérience de la brèche, d'une non-représentativité de fonds, d'une énigme impensable. L'Apeiron à l'arriére-plan, qui soudain fait irruption dans l'intuition que toute présence se donne à voir et à penser sur fond de chaos. Cette intuition... [Lire la suite]
03 août 2009

LETTRE OUVERTE à MARCEL CONCHE

Je vous imagine avec délectation retiré sur votre île de soleil, dans une sérénité quasi hellénique, dans votre villégiature embaumée, auprès de celle, Muse de jeunesse, qui vous attira là-bas, et qui vous comble d'une authentique amitié philosophique. C'est miracle, sur le tard, de réaliser tout ce qui vous tient à coeur, et dont le désir vous a soutenu, sustenté tant d'années durant, improbable si longtemps, et actuel soudain dans un présent réconcilié, quasi miraculeux. Vous dites vous-même que chaque jour qui est se lève est une... [Lire la suite]