07 février 2012

Esquisse d'une THEORIE CORPUSCULAIRE: EMPEDOCLE (14)

  A la croisée des chemins Empédocle semble hésiter entre l’ancienne sagesse incarnée jusqu’à lui par  Thalès, Anaximandre, Héraclite,  Parménide et Pythagore, et une conception nouvelle, de type rationnel, qui se propose l’élucidation du monde par une observation plus serrée du sensible. Suivant cette seconde veine nous poserons ici l’hypothèse suivante : Empédocle énonce  pour la première fois une théorie corpusculaire dans le domaine de la Physis. Pour la commodité de l’exposition nous distinguerons... [Lire la suite]
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06 février 2012

ELOGE d' APHRODITE : EMPEDOCLE (13)

« Elle, regarde la avec ta pensée, ne reste pas là les yeux éblouis, Elle qu’honorent les hommes plantés dans leurs jointures ; Par elle ils méditent l’amour, ils accomplissent les œuvres qui joignent, L’appelant de son nom de Joyeuse et d’Aphrodite. Personne ne l’a reconnue comme elle tournoie dans les yeux ; Pas un mortel… »   Empédocle, dans les vers précédents, énonçait la loi générale du Tout, qui, dans des bornes infrangibles (peirata), se disloque en multiplicité et se réunit en mesure dans l’Un.... [Lire la suite]
18 janvier 2012

VERSIONS de l' ETERNEL RETOUR : des pulsions

De l’éternel retour je vois deux versions fort différentes, mais nécessairement liées. Entre les deux la béance du tragique, écartèlement existentiel, inévitable, mais supportable. Première version : à partir de l’évènement fondateur, initiateur de la structure, nous pouvons déchiffrer les aléas d’une série, la ligne de l’Aïon, comme série des évènements qui se succèdent au cours de la vie, récurrents, semblables en leur essence, toujours déjà passés et toujours à venir, marquant le présent du poinçon de la nécessité. Eternel... [Lire la suite]
26 septembre 2011

Les ATOMES et les LETTRES : LUCRECE

L'univers est comme un vaste poème, une combinatoire de lettres, qui assemblées en un certain ordre, créent des mots, des phrases, des discours. Les lettres de la physis ce sont les atomes. Il faut un nombre significatif de lettres fondamentales, et surtout il faut en varier à l'infini la position relative, permuter l'ordre de succession, multiplier à l'infini les combinaisons. Entre les lettres le vide, sans lequel aucun mouvement n'est possible. Nous retrouvons l'inspiration de Démocrite. Atomos idea : l'élémentaire est une forme... [Lire la suite]
29 août 2011

POURQUOI le CLINAMEN ? DECLINAISON et CREATION

On glose à l'infini sur le fait de savoir pourquoi la théorie de la déclinaison (clinamen, parengklisis) est absente des écrits conservés d'Epicure. Certains vont jusqu'à prétendre que cette théorie serait une invention personnelle de Lucrèce. Or tous les successeurs d'Epicure la mentionnent comme un élément central de la théorie physique, en particulier Diogène d'Oenanda, qui reproche à Démocrite d'être déterministe. On peut supposer avec quelque vraisemblance que la "Lettre à Hérodote" corresponde à un état premier de la théorie... [Lire la suite]
26 août 2011

L' Heure de la SENSATION VRAIE : LUCRECE

C'est la sensation qui nous fait éprouver au plus proche la présence indiscutable des corps, et du même mouvement notre plus intime corporéité. Corps à corps, corps mêlés, entrechoc et contact, heurt ou caresse, évidence sensible :      "Le toucher, ô sainte puissance des dieux, le toucher      Est le sens suprême du corps, soit qu'une chose s'y glisse      De l'extérieur, soit qu'un élément interne le blesse      Ou le réjouisse en sortant par l'acte fécond de Vénus, ... [Lire la suite]

25 août 2011

TRAVAILLEZ MOINS ! : LUCRECE THERAPEUTE

"Le genre humain peine donc en vain, en pure perte, Toujours consumant son âge en futiles soucis. C'est qu'il ne connaît pas de limite à la possesion, Il ne sait pas jusqu'où le vrai plaisir peut croître. Tel est le mal qui peu à peu nous entraînant au large Déchaîna sur nos vies les grands orages de la guerre". (Lucrèce, De natura rerum, V, 1430 à 1435)         Ce passage signe la fin du Livre V où Lucrèce s'interroge sur la naissance et le développement de la civilisation humaine. Quel est donc cet... [Lire la suite]
24 août 2011

La MEDECINE de LUCRECE

Quand les médecins veulent donner aux enfants L'absinthe répugnante, auparavant ils enduisent Les bords de la coupe d'un miel doux et blond Pour que cet âge étourdi, tout au plaisir des lèvres, Avale en même temps l'amère gorgée d'absinthe Et loin d'être  perdu par cette duperie, Se recrée au contraire une bonne santé". (Lucrèce, De natura rerum, IV, 6 à 12 ; trad Kany-Turpin).        La préoccupation thérapeutique est au coeur de l'épicurisme, en constitue la raison d'être : philosopher pour... [Lire la suite]
12 juillet 2011

De LA LIBERTE : déclinaison

Comment affirmer la liberté lorsqu'on est atomiste? Surtout si l'on fait la critique acerbe des thèses idéalistes du libre-arbitre, selon lesquelles la liberté jaillirait incompréhensiblement de quelque vertu "divine" supposée, d'une participation fantasmatique au ciel intelligible? Pour un atomiste conséquent tout est nature, et il ne peut y avoir qu'une seule nature, qui est le Tout. Si une liberté existe, elle prend sa source dans la disposition et la composition universelle de la matière.  Là dessus deux conceptions sont... [Lire la suite]
15 juin 2011

De la CLOTURE et du JARDIN : EPICURE

Clôture n'est pas fermeture. Un banque, de nuit, est fermée. Pour l'ouvrir il vous faudra une pince-monseigneur. La "maison close", à l'inverse, est ouverte à celui qui ouvre son porte-feuille. A la fermeture totale correspondrait l'ouverture totale. Mais les deux sont également inimaginables. La clôture serait le régime moyen, où les portes sont tantôt fermées, tantôt ouvertes. La clôture est d'abord le petit enclos qui délimite un jardin ou une propriété, plus qu'il ne les ferme. Humble muret de pierres, borne dévorée de ronces,... [Lire la suite]