14 février 2019

Le PROBLEME du NATURALISME

  Parler, comme faisait Deleuze, de "Naturalisme" au sujet d'Epicure et de Lucrèce, est encore une approximation. Il se proposait de construire une machine de guerre contre les puissances de manipulation, idéologie et religion, qui édifient des superstitions, littéralement des constructions en surplomb, pour asseoir le contrôle par la peur et la culpabilité. Revenir à la nature, observer les lois de nature et vivre selon les lois de nature serait une efficace entreprise de desintoxication et fournirait un programme général de... [Lire la suite]

06 février 2019

DESIR et SIMULACRES

  Ce matin, allant acheter mon pain, rêvassant au décours des rues, j'eus soudain cette intuition, qui n'est pas vraiment neuve, mais qui m'apparut comme une évidence : désirer c'est envelopper la personne désirée d'un halo magique, une sorte de gaze très fine et lumineuse qui lui donne un rayonnement extraordinaire, la situant hors du champ banal de l'existence. L'espace se recourbe autour de ce centre solaire, et tout mène à lui, se perçoit par rapport à lui. Tout converge, tout se ramasse, tout s'intensifie, coulant à flots... [Lire la suite]
04 février 2019

De la "MEDECINE" EPICURIENNE, et du VIDE

  Pour Epicure la philosophie devait se constituer comme une médecine de l'âme, une psychi-atrie, parallèle à la médecine du corps. C'est par là qu'elle peut légitimement prétendre à l'utilité. Et hors de quoi elle risque de n'être que verbiage. Cette médecine de l'âme s'affronte à un fait massif, la crainte, qui ruine le bonheur autant que la santé : crainte sans fondement réel, et qui va se donner des objets fantasmatiques (les dieux, la mort) à défaut de porter sur des objets réels. La thérapeutique consiste alors à déminer... [Lire la suite]
09 janvier 2019

Le SCALPEL de la VERITE

  Je me suis mis en tête, ces jours-ci, de relire deux chapîtres importants de Schopenhauer sur la question de l'immortalité et la négation du vouloir-vivre. Je ne dirai rien du contenu de ces oeuvres, dont le lecteur peut juger par soi-même, s'il le désire. C'est mon propre positionnement de lecteur qui m'intrigue et que je voudrais tenter d'éclairer : j'observe, à nouveaux frais, l'extrême difficulté où je suis de mener une lecture suivie, attentive et concentrée. J'attaque le texte avec résolution, je me jure de mieux faire... [Lire la suite]
27 septembre 2018

La SURFACE ABSOLUE -4 ...et l'ECOLOGIE PLANETAIRE

"Turbantibus aequora ventis..." Quand les vents agitent la surface (des flots). Turbare, turbulences, tourbillons, tumulte : toujours la "dinè" de Démocrite, tourbillon initiateur, père de toutes choses. Parfois la mer est calme, sereine bonace entre deux déferlements. Et toujours le mouvement, comme dans les âmes agitées, qui si rarement savent goûter la paix. De fait, il n'y a nulle différence de nature entre le mouvement des flots et celui des âmes : même nature, même tourbillon, et même accalmie. C'est le même livre, composé des... [Lire la suite]
10 septembre 2018

APOLOGIE du TOUCHER : LUCRECE et EPICURE

              "Le toucher, ô sainte puissance des dieux, le toucher             Est le sens suprême du corps, soit qu'une chose s'y glisse             De l'extérieur, soit qu'un élément interne le blesse                  Ou le réjouisse en sortant par l'acte fécond de Venus,             Soit qu'après un choc, troublés dans le corps même,      ... [Lire la suite]

19 mars 2018

POESIE et PHILOSOPHIE : LUCRECE

                                                                                                                                                         ... [Lire la suite]
09 mars 2018

DESIR et JOUISSANCE : Lucrèce

  C'est peu de dire que Lucrèce, en son De Natura Rerum, peigne les illusions de la passion amoureuse : bien mieux, il décrit l'impasse du désir et de la jouissance. "Morsures, aiguillons, blesser, brasier, arracher, combat ..." - un vocabulaire guerrier pour dépeindre "la fureur", "la violente ardeur" qui consume l'homme  en proie au désir, qui, désespérant d'atteindre "sa proie" s'acharne en vain sur le corps de la belle, et ne pouvant la saisir toute, toute entière à la fois, "erre incertain sur le corps tout entier".... [Lire la suite]
31 janvier 2018

DE l ART et du SAVOIR

  L'art ou le savoir ? Je n'ai jamais su choisir, mais fallait-il choisir ? La philosophie est peut-être cette tension sans solution entre les deux pôles, qui se maintient vaille que vaille, et qui donne l'illusion d'avoir les deux.  Revenons à l'expérience de la dénaissance, à cette mélancolie très spéciale qui serait à l'origine de la création de l'objet d'art, ce quasi-objet qui est à la fois réel et irréel, à la place de l'objet perdu, qu'il ne remplace pas, mais dont il livre en quelque sorte un analogon, un substitut... [Lire la suite]
25 janvier 2018

LE DELICE DES FLEURS : LUCRECE

    "Pauvres esprits des hommes, ô coeurs aveugles !   Dans quelles ténèbres et dans quels dangers   S'écoule ce petit rien de la vie ! Ne vois-tu pas   Que ce que réclame le cri de la nature n'est rien d'autre   Que pour le corps l'éloignement et l'absence de la douleur, et pour l'âme   Une sensation de jouissance, délivrée de souci et de terreur ?   Nous voyons donc que pour la nature du corps bien peu de choses   Sont nécessaires pour enlever la douleur   Et faire aussi le... [Lire la suite]