28 mars 2011

De la MORT d'EMPEDOCLE (7)

"J'étais hier sur les hauteurs de l'Etna. Alors me revint le souvenir du grand Sicilien qui, las de compter les heures, uni à l'âme du monde, dans une fervente joie de vivre se précipita dans les flammes souveraines". Paroles d'un poète à l'adresse d'un poète. Et qui, mieux qu'un poète, peut rendre compte de cette mystérieuse union de la vie la plus haute avec la plus sublime mort?  Hölderlin reprend le thème esquissé dans son "Hypérion" (le seul roman qu'il ait écrit) dans une ode :           ... [Lire la suite]

08 mars 2011

ALETHEIA : du MASQUE et de la DANSE

A-lèthès : vrai, sincère, franc, véridique, véritable. Dans cette acception le "A" est privatif : non caché, non voilé, non trompeur. Il semblerait bien que la notion originale d'Alètheia, comme l'a soupçonné Heidegger, soit d'essence privative : la vérité se pense et se dit comme une abstention, face à un premier mouvement de dissimulation. Voilà qui en dit long sur notre supposée tendance innée à la véracité. Mais dans le monde de la pensée grecque "alètheia" se dit dans un rapport de l'homme au dieu. Le dieu, comme la nature, "aime... [Lire la suite]
12 novembre 2010

Le FEU du CIEL : HÖLDERLIN HERACLITEEN

"A présent ils boivent le Feu céleste Les fils de la terre sans danger. Mais il nous appartient, sous les orages du dieu Poètes, de nous tenir tête nue, De saisir, en main propre, l'éclair du père, lui même, Enveloppé dans le chant, De tendre au peuple l'offrande céleste".          (Hölderlin : "Comme aux jours de fête, extrait, traduction personnelle)                C'est dans ces termes énigmatiques, dans les années... [Lire la suite]
10 septembre 2010

EXALTATION de l' APEIRON

De quelque manière que l'on veuille bien s'y prendre, c'est de l'Apeiron qu'il faut partir, avec cette conscience aiguisée que l'Apeiron n'est pas un début - ni une fin - mais l'éternité insondable des processus de toute nature. L'apeiron est a-chronologique, an-historique, échappant de fait à tout effort de conceptualisation. En toute rigueur, de l'Apeiron il n' y a rien à dire. Il faut et il suffit de le poser comme un X originaire, ou mieux encore, comme un A, (A-peiron), présidant merveilleusement à tous les A privatifs que la... [Lire la suite]
22 avril 2010

SINGULARITE et IDIOSYNCRASIE

Idios : qui appartient en propre à quelqu'un ou à quelque chose. Qui a un caractère ou une nature à soi -  d'où : séparé, distinct, particulier. Idiotès : propriété ou nature particulière. Idiosyncrasie : Terme de médecine. Disposition qui fait que chaque individu ressent d'une façon qui lui est propre les influences des divers agents. Ainsi - bonne nouvelle - nous sommes tous, peu ou prou, des idiots! Mais dans un sens bien différent de ce qui se dit, et fort positivement! Idiots du monde entier, donnons-nous la main! ... [Lire la suite]
29 janvier 2010

KHAOS et LOGOS : la parole de vérité

Le langage me traverse de toutes parts. Je me sens parfois devenir mot, signe, symbole, phrase musicale, ou fragment d'un poème en suspens. Je ne sais pas d'où cela me vient. Cela se met à chanter, résonne, s'amplifie et me tire vers je ne sais quelle absurde galipette mentale, d'où émergent des mots sans suite, et parfois de fulgurantes saillies. "Pensées nous viennent, pensées nous quittent" disait, je crois Pascal, étonné de la liberté, de la facétie incontrôlable des pensées. Montaigne aussi parle de ses farcissures, des... [Lire la suite]

26 janvier 2010

LA LUMIERE PHILOSOPHIQUE

"Que tous les sites sacrés de la terre soient assemblés autour d'un site, et la lumière philosophique autour de ma fenêtre, voilà maintenant ma joie". C'est dans ces termes énigmatiques, et singulièrement expressifs que Hölderlin exprime la condition de son nouveau bonheur. "Tous les sites sacrés" : entendons les innombrables sites où souffle le vent, où croît la végétation, où courent les rivières, où paissent les vaches et les chevaux, où les cimes des montagnes élèvent la pensée vers l'Illimité. Où la perception... [Lire la suite]
14 janvier 2010

UNITE et CONTRARIETE II

Allons plus loin. Comment concevoir dans une pensée du mouvement perpétuel et de la lutte des opposés une quelconque unité? Où est passée la formule "hen kai pan" Un et Tout? A l' évidence toute perception, toute sensation, toute image, toute conception même me renvoie immédiatement à l'un des contraires, et souvent à l'exclusion de l'autre. Quand il fait nuit je ne perçois rien du jour à venir. En hiver je ne souffre pas des chaleurs d'été. En tant de guerre je ne ne puy is me prélasser en un paisible jardin, si ce jardin... [Lire la suite]
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26 octobre 2009

De la COUPURE SYMBOLIQUE : la langue et le réel

"Le Beau c'est ce qui désespère" écrivait Valéry. Certes, par son infini éloignement, son inaccessibilité. Désespoir du poète à la recherche de l'improbable terme, exact, exhaustif, qui dirait d'un seul éclair la teneur  insaisissable de l'intuition. Très vite il s'aperçoit que ce mot tant convoité n'existe pas, que chaque mot ne vaut que par un autre, et qu'en somme aucun signifiant n'est à la hauteur du Tout. Il faut donc en rabattre, jouer sur de secrètes connivences, des approximations et des résonnances. A défaut de la... [Lire la suite]
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01 octobre 2009

DU TEMPS VIDE et de la MODERNITE

La modernité,  au sens strict, commence avec l'abandon définitif de la conception cyclique du temps. Mircea Eliade avait bien établi que les sociétés traditionnelles ont toutes en commun cette conception universelle du temps comme éternel retour du même, la fin du cycle temporel coïncidant nécessairement avec le début : les fêtes du Nouvel An marquent à la fois la fin du cycle et le début d'un autre, qui, pour l'esentiel, sera identique au précédent. Cette représentation, prégnante dans la sagesse hindoue, se retrouve encore chez... [Lire la suite]