28 mars 2012

La DETRESSE et l' ATTENTE : HOLDERLIN

« En attendant il me paraît souvent Que dormir serait mieux que d’être ainsi sans compagnon Et que de persévérer ainsi ? Et que faire dans l’attente, et que dire Je ne sais ; et à quoi bon des poètes en un temps de détresse ? Mais ils sont, dis-tu, comme les prêtres sacrés de Dionysos, Qui de pays en pays erraient en la Nuit sacrée ». (« Pain et vin », élégie de Hölderlin)              La poésie, en ces temps de barbarie, est une constante... [Lire la suite]

27 mars 2012

ENTRE TEMPS : HOLDERLIN

Esquisse de poème, dans le cahier que tient Hölderlin, entre 1801 et 1802                « Entre temps laisse-moi flâner                Et cueillir des baies sauvages                Pour étancher l’amour de toi                Sur tes sentiers, ô... [Lire la suite]
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02 mars 2012

La LUMIERE HOLDERLIN

    « Les bords du Gange entendirent le triomphe Du dieu de Joie, quand de l’Indus, en conquérant, Vint le jeune Bacchus arrachant du sommeil Les peuples, avec le vin sacré.   Et toi Ange du jour n’éveilles tu pas Ceux qui dorment encore ? Donne les lois, donne-nous La  vie et le triomphe, Maître qui seul As droit de conquête, comme Bacchus ! » (Hölderlin, « Vocation de poète », début)             C’est une merveille... [Lire la suite]
29 février 2012

DIONYSOS CIVILISATEUR : HOLDERLIN

  Hölderlin a plus que tout autre poète ressenti la douleur de la perte, la ruine des dieux antiques. Il sonde avec effroi le silence qui règne sur la terre, le blanc sidérant qui paralyse la pensée. Mais il refuse de désespérer, et dans l’attente même il édifie le Chant qui fera refleurir, non les dieux enfouis, mais de nouvelles figures de la médiation entre les hommes et les dieux. Il évoquera avec une piété reconnaissante trois figures successives : Héraklès, le héros bienfaisant, Dionysos le dieu-homme, et le Christ,... [Lire la suite]
05 octobre 2011

De la TRAVERSEE : le proche et le lointain

Traverser c'est passer à travers, parcourir un espace jusqu'à son terme, voyager d'un bord à l'autre. Bouddha parle de la traversée du fleuve - le samsârâ - pour aborder le beau pays de la liberté. Ulysse parcourt en tous sens la Méditerrannée à la recherche d'Ithaque et de son épouse. "Heureux qui comme Ulysse...".Epicure nous enjoint de quitter les soucis et les désirs illimités pour gagner la rive de l'ataraxie. Toutes les sagesses tiennent peu ou prou un langage comparable, nous exhortant à quitter une terre de familiarité... [Lire la suite]
04 octobre 2011

La VIE dans l' OUVERT : HOLDERLIN

"Je suis à présent dans une disposition à plus justement apprécier ma vie, je ne m'étonne pas d'être sorti de la solitude et vis mieux dans l'ouvert de la création et dans une vie active, peu portée aux malentendus et plus propre à satisfaire la conscience". C'est dans ces termes à la fois simples et énigmatiques que Hölderlin fait un bilan de sa traversée, au seuil de cet ennuitement singulier qui le ménera à passer le reste de sa vie dans la chambre d'hôte du menuisier Zimmer. Etrange texte en vérité, si paisiblement affirmatif,... [Lire la suite]

23 septembre 2011

L' OUVERT : HOLDERLIN

"Viens dans l'ouvert, ami!" C'est par cet appel que le poète commence son élégie. Et cet ami, c'est vous, c'est moi. Chacun, s'il est de bon coeur, est l'ami pour le poète. Chacun, s'il le désire, peut s'ouvrir à l'Ouvert. Et pourtant, tout dans le jour qui se lève, préfigure la tristesse : "il fait sombre", "l'air est sans voix", "on se croirait revenu à l'âge de plomb". La mornitude du présent est de tous les temps, et ce que Hölderlin écrit en 1801 est de notre temps : temps de plomb, temps de détresse et d'incertitude. Mais le... [Lire la suite]
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07 septembre 2011

DESIR de GRECE

Voilà plusieurs années que je ne me suis rendu en Grèce, le pays de mon amour...Ce que j'entends dire tous ces temps-ci sur ce pays des dieux me remplit de tristesse et de nostalgie. Bientôt on n'y rencontrera plus que des Allemands et des Chinois, acquéreurs à bas prix de ce qu'il reste de la déconfiture historique. Mais laissons cela. Il restera toujours, on peut l'espérer, le sourire innombrable des flots, la pure surface de lumière scintillante, vibrante, les bocages consacrés aux Muses, si du moins la négligence des autorités ne... [Lire la suite]
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09 mai 2011

Du SENTIMENT de la NATURE

  Siffle martinet! Mon cœur éclate de joie Au si joli mai Quand tu viens faucher le ciel De tes ailes de soleil! Certaines cultures, essentiellement monothéistes, placent l’homme au centre de la création. Je n’approuve pas cette prétention, je ne partage pas cette idiosyncrasie qui nous mène à la ruine. Je me sens infiniment proche de ceux, plus anciens et plus modestes,qui se référaient spontanément à la vasteté du ciel et à l’immensité de la terre, et qui, dans cet espace ouvert, se contentaient de planter leurs... [Lire la suite]
17 avril 2011

LE SECRET D' EPICURE (édition)

Chers amis, je publie sur une dizaine de jours ce petit opuscule jubilatoire pour votre plaisir et le mien. Puisse-t-il vous apporter quelque consolation en cette période d'incertitude et témoigner de l' indéracinable possibilité de vie. Plus que jamais sagesse et amitié sont nécessaires pour conserver en nos coeurs dignité et vaillance! Je rêve souvent d'une métaphilosophie actuelle, absolument moderne, et qui, inspirée par les grands antiques, saurait renouveler notre pensée et la porter à la hauteur où eux-mêmes ont su ... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 10:46 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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