22 mars 2020

LETTRE A HOLDER, poème

    Je me permets de t'appeler par ton surnom, Holder,   Ce beau surnom que te donnaient tes amis,   Et quand tu traversais la salle, disaient-ils,   On eût dit Apollon marchant parmi les hommes,   Beau, grave, pensif et souverain,   Mais tes amis, un à un, t'ont délaissé,   Toi tu suivais, sans regarder de droite ou de gauche,   Ta route d'ombre et de lumière, fidèle   A ce pressentiment, à cette loi de feu   Qui consume le futile   Qui mène, dans l'extrême du... [Lire la suite]
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20 mars 2020

ODE à HOLDERLIN : poème

         Qui donc es-tu, noble frère du Rhin      Toi Lumineux d'entre tous les poètes      D'aval au long des fleuves laboureurs      Déclinant de la source, de ville en ville,      Et tel Bacchos plantant vignoble de vin pur,      Toi l'errant, le sans patrie amant de sa patrie        Toi le sans père en attente du père,      Qui donc es-tu ?        Les dieux, les... [Lire la suite]
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17 mars 2020

LE TRAGIQUE MODERNE : pour l'anniversaire de la naissance de Friedrich Hölderlin 20 mars 1770

  Dans sa lettre du 4 décembre 1801 à son ami Böhlendorf, peu avant son départ pour Bordeaux, Hölderlin écrit : "C'est là le tragique chez que nous quittions tout doucement le monde des vivants empaquetés dans une simple boîte et non que, consumés dans les flammes, nous expiions la flamme que nous n'avons su maîtriser". Chez les Grecs le tragique était violent, et la mort violente. Le héros y est en effet consumé par la flamme qu'il n'a su maîtriser. L'élément natif des Grecs c'est "le feu du ciel", qui brûle et qui consume,... [Lire la suite]
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21 février 2020

SOCRATE et ALCIBIADE : un poème de Hölderlin

              SOCRATE et ALCIBIADE            "Pourquoi toujours rends-tu hommage, saint Socrate,              A ce garçon ? Ne connais-tu rien de plus grand ?                  Pourquoi, avec amour, comme les dieux                      Ton oeil le contemple-t-il ?"             Qui a pensé le plus... [Lire la suite]
08 février 2020

LA PENSEE DU POETE : Hölderlin

  "La psyché entre amis, la genèse de la pensée dans le dialogue et par écrit (Brief) sont nécessaires aux artistes. Hors de quoi nous n'avons aucune pensée pour nous-mêmes ; elle appartient à l'image sacrée à laquelle nous donnons figure (bilden)." - C'est un extrait de la lettre du 2 décembre de Hölderlin  à Böhlendorf.  Ce bref passage exprime l'entrecroisement problématique de trois idées relatives à la "pensée" de l'artiste - terme qui, à son tour, mérite d'être examiné. L'artiste "n'a pas de pensée pour... [Lire la suite]
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20 mars 2019

Sur le DEFAUT de DIEU : Hölderlin

     "Il n'a besoin  ni d'armes ni de ruses    Avant que l'aide le défaut de Dieu". (Vocation de poète) En quoi le "défaut" de Dieu peut-il être une aide ? Défaut traduit Fehl, du verbe fehlen : échouer, manquer. On peut entendre le manque de Dieu, au sens subjectif : Dieu me manque - ou au sens objectif : manquement de Dieu, parce que Dieu s'est détourné. Hölderlin dira :" Lorsque Dieu détourna de l'homme son visage...". L'histoire de l'Occident c'est le détournement progressif du divin, que notre... [Lire la suite]

29 septembre 2017

PATMOS : du danger qui sauve

     "Proche    Et dur à saisir le dieu.    Mais où est le danger, croît    Ce qui sauve aussi". C'est le début renversant de la première version de "Patmos", vaste poème plusieurs fois remanié. On cite souvent la seconde phrase : "où est le danger croît ce qui sauve aussi". Mais le début est tout autant digne de méditation : il rend plus intelligible la référence au danger, et à la salvation. Le rapport au dieu est au centre de la poésie de Hölderlin, rapport intime et problématique.... [Lire la suite]
20 septembre 2017

Du GRAND AUTRE (2) - Le détournement catégorique

  Nous possédons deux versions du poème "Vocation du poète". La première conclut en disant : " Il n'est pas besoin d'honneurs ni d'armes, tant que Dieu nous reste proche". La seconde : "L'homme (...)  n'a point besoin d'armes ni ruses, avant que l'aide le défaut de Dieu". Revirement spectaculaire. Que s'est-il passé dans l'esprit de Hölderlin, qui puisse éclairer ce revirement ? Le Dieu qui était proche, celui de la tradition protestante, de la philosophie occidentale, ce Dieu s'est éloigné, s'est, selon ses termes,... [Lire la suite]
31 juillet 2017

De l'ENTHOUSIASME : nature et poésie

  Petite méditation sur le poème de Hölderlin "Comme au jour de fête"               Mais elle, elle même, qui est plus ancienne que les temps,       Qui est au delà des dieux du soir et d'Orient,       La nature maintenant est éveillée aux bruits des armes,       Et du haut de l'Ether jusque dans l'abîme       Selon loi ferme, comme jadis, née du saint Chaos,       S'éprouve neuve l'inspiration  ... [Lire la suite]
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28 juillet 2017

Du JAILLISSEMENT PUR

    Vigny notait dans son Journal, en 1843 : "Tous les grands problèmes de l'humanité peuvent être traités sous forme de vers". C'est ce qu'il fait lui-même dans la série des "Poèmes philosophiques". C'est ce qu'ont fait Parménide, Empédocle, Lucrèce, Ronsard, Lamartine, Hölderlin, et bien d'autres, avec un bonheur très inégal. Car la chose est extrêmement difficile.  Je me situe de plus en plus résolument à la confluence de la poésie et de la philosophie, en ce lieu inapparent et énigmatique où la pensée, et le... [Lire la suite]