16 juillet 2019

TERRIBLE LA PAROLE DU DIEU : pseudo-Héraclite

  Je me prends à rêver. Imaginez que sous les fondements du temple d'Artemis à Ephèse on mette à jour une tablette de pierre avec l'inscription : ainos tou theou ainos, "terrible la parole du dieu" - n'en déduirait-on pas, dans l'enthousiasme, que c'est une citation d'Héraclite, perdue depuis des siècles et enfin retrouvée ? Pour plusieurs raisons : le lieu (c'est ici qu'Héraclite a offert son livre à la déesse), le contexte culturel (l'oracle de Delphes), l'intention philosophique, le style extrêmement ramassé, et surtout le... [Lire la suite]
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08 février 2019

Du MOUVEMENT PERPETUEL : d'Anaximandre à Démocrite

  La matrice originelle de la philosophie véritable se trouve selon moi dans la pensée d'Anaximandre : de l'apeiron (l'illimité) procède la naissance des choses et à lui elles retournent, selon l'ordre du temps. Mouvement ininterompu de création et de dissolution, génération et destruction perpétuelles. Mais pour donner une extension maximale à cette idée il faut se garder de concevoir l'apeiron comme distinct des choses, comme une origine temporelle, comme un principe séparé de sa manifestation : l'apeiron est le mouvement... [Lire la suite]
10 décembre 2018

"NATURE AIME A SE CACHER" - Héraclite

  "Nature aime à se cacher" - c'est ainsi que l'on traduit d'ordinaire la sentence d'Héraclite : phusis kruptesthai philei. Traduction évidemment exacte dans la littéralité, mais faussement évidente. Dans leur étude "Héraclite ou la séparation" Jean Bollack et Heinz Wisman traduisent : "la chose comme elle vit aime à se cacher". Et-ce encore une traduction, ou une interprétation ? Ils ont manifestement eu le souci de déplier la notion de "phusis" (nature) pour faire entendre le sens originel de ce terme : la poussée vitale. ... [Lire la suite]
09 octobre 2018

Du TEMPS, et des APPARENCES

  Et il ne reste plus que le temps... A entendre dans les deux sens, le temps qu'il fait et le temps qui passe. C'est la variation infinie, l'écoulement et la transformation perpétuelle qui sont le temps. Nuages, foudre, orages, calme serein, tornades, vent et bourrasques, ça va, ça vient, ça passe, ça glisse, ça tourmente et apaise, ça tourne et se retourne, ça continue. Qu'est ce que le présent - si déjà au coeur du présent ça se transforme, que le présent déjà a glissé dans le passé, eaux du fleuve qui coule, et passe, et ne... [Lire la suite]
13 juillet 2018

Contre la DIALECTIQUE : HERACLITE

  A l'école nos avons appris la sacro-sainte triade : thèse-antithèse-synthèse, supposée dépasser toutes les oppositions en une harmonieuse entité supérieure. Cela fait paraît-il de belles dissertations. Cela est beau, et d'une merveilleuse indigence. En tout état de cause parlons plutot d'une triade ironique : thèse-antithèse-foutaise. Le troisième terme n'étant qu'un artefact tarabiscoté, un Frankenstein crypto-conceptuel Héraclite, en ce domaine, est un maître. Il voit deux contraires, comme le jour et la nuit, la satiété et... [Lire la suite]
25 juin 2018

De l'ETRE, du NON-ETRE et du PASSAGE : Pyrrhon avec Héraclite

  La puissance propre de la pensée pyrrhonienne - que Montaigne a bien saisie - est de nous contraindre par un forçage scandaleux et fécond, à nous extraire des catégories ordinaires de la pensée, nous jetant tous nus dans l'effroi de l'irreprésentable. Sur quoi repose notre conception du monde ? Sur le principe de tiers exclu, qu'Aristote avait sacralisé comme fondement de la logique. Entre A et non-A il n' y a pas de tierce possibilité. Ce qui donne, pour notre problème : entre l'être et le non-être il n'y a pas de tierce... [Lire la suite]

30 mai 2018

POEME pour HERACLITE

  "Le maître des plus nombreux, Hésiode. Celui-ci, ils croient fermement qu'il sait le plus de choses, lui qui ne connaissait pas le jour et la nuit : car ils sont un" - Héraclite, fragment 57 DK       Ils ne savent pas ce qu'est le jour   Ils ne savent pas ce qu'est la nuit     Ils ignorent jour-nuit   Serpent aux ailes blanche et noire     Qui enserre le monde     Qui enserre le temps   Dans l'éternel embrasement.        
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03 mai 2018

SCHOPENHAUER avec HERACLITE

  La grande pensée de la Grèce antique, celle qui féconde en profondeur la première philosophie, est exprimée souverainement par Héraclite dans le célèbre fragment 30 : "Ce monde, le même pour tous, ni dieu ni homme ne l'a fait, mais il était toujours, il est et il sera, feu toujours vivant, s'allumant et s'éteignant en mesure". Il n'y a qu'un monde, celui-ci précisément, et qu'on le loue ou le refuse est indifférent. Suit la formulation homérique, reprise d'innombrables fois chez presque tous les auteurs : il était toujours, il... [Lire la suite]
19 avril 2018

"JE ME SUIS CHERCHE MOI-MEME" Héraclite

  Sur le fronton du temple à Delphes figure la sentence fameuse : "Connais-toi toi même et tu connaîtras l'univers et les dieux". Héraclite, autour des années 500 avant notre ère, écrit : "Je me suis cherché moi-même". (edizesamen emeouton). Dizemai : chercher à savoir, interroger l'oracle, enquêter. Tout oracle est une énigme. Héraclite se propose de relever l'énigme, et de répondre à la question : qu'est-ce que l'homme ? Et pour y parvenir il veut examiner sa propre nature, savoir en quoi il est homme. L'homme est homme par... [Lire la suite]
15 février 2018

Le TEMPS est un ENFANT qui JOUE - Héraclite

  "Le Temps est un enfant qui joue en déplaçant des pions : royauté d'un enfant" Héraclite fragment 52, traduction de Marcel Conche. Dans ce fragment il est question de l'Aïon, et non de Chronos. Chronos est le temps limité par la mort, ou le temps d'une génération : "la génération égale à trente ans, temps (chonos) dans lequel celui qui a engendré voit celui qui a élé engendré par lui engendrer à son tour" (fragment 19 a). Chronos détermine les étapes et la limite de la vie ; c'est le temps des êtres vivants, nymphes, hommes... [Lire la suite]