06 janvier 2017

HADES et DIONYSOS : Héraclite

  "Mais c'est bien le même que Hadès et Dionysos... ". Hadès est le dieu des morts, ou le séjour des morts. Déclarer qu'il est le même que Dionysos est d'abord perçu comme une provocation, un renversement proprement stupéfiant, voire hérétique. Dionysos n'est-il pas le symbole de la vie luxuriante, affranchie de toutes normes et tutelles, débordante de vitalité, qui emporte les Ménades, les Bacchants et les Bacchantes dans une ivresse déchaînée, vers les montagnes, les forêts sauvages, pour y célébrer, dans l'ensauvagement, les... [Lire la suite]

05 janvier 2017

De l' AMBIVALENCE et de la CONTRARIETE

  Aux commentaires avisés de plusieurs lecteurs, que je remercie au passage, je voudrais apporter ci-devant un modeste addendum :   En latin "altus" signifie aussi bien haut que profond. "Sacer" : saint, vénéré, auguste, mais aussi : maudit, exécrable. Le pharmakon, en grec désigne le poison aussi bien que le remède. On pourrait multiplier les exemples. D'un point de vue logique c'est incompréhensible : depuis Aristote, nous sommes attachés au principe d'identité : A=A, et encore : A ne peut être en même temps et sous le... [Lire la suite]
04 janvier 2017

L' ARC et la LYRE : Héraclite

  Je m'essaie à suivre Héraclite dans les sentes abruptes de sa pensée. Parfois je suis ébloui par une intuition soudaine, à rebrousse-poil, qui déroute la représentation, oblige à tourner le regard, non certes selon la logique surannée de la "conversion", mais sur le mode impromptu, imprévisible, d'une "subversion", regard de biais, comme celui que la mythologie prêtait à Apollon "au regard oblique". Faut-il reppeler qu'Apollon, avant de devenir le dieu policé des arts et de la musique - le dieu à la lyre - était, dans une... [Lire la suite]
29 décembre 2016

LE JOUR et la NUIT sont UN

  Voici en quelques mots les résultats auxquels nous sommes parvenus au terme des trois articles précédents : Un sujet (le sujet de l'énonciation) décide de prendre la parole. Il forme une phrase dans laquelle il cherche à exprimer quelque chose. Supposons qu'il veuille se signifier dans l'énoncé : il apparaîtra dès lors comme le sujet de l'énoncé. Mais rien ne garantit une homologie, une correspondance étroite entre le sujet de l'énonciation et le sujet de l'énoncé. Il y a une perte, un défaut, une inadéquation. Nul ne peut... [Lire la suite]
26 décembre 2016

De la FAILLE du DISCOURS

    Si je dis : "le pain est blanc", tout un chacun comprend ce qu je dis, car la convention linguistique fixe pour chacun la notion de "pain" et de "blanc", si bien que chacun peut vérifier la concordance de mon propos avec la réalité. Ce qui est troublant, c'est que je puisse sans vergogne dire "ce pain est violet" alors qu'il est blanc. Dans le langage rien n'est vraiment impossible, je puis jouer à l'infini de toutes ses virtuaités sans tenir compte en rien de la réalité. Ainsi Eluard - "la terre est bleue comme une... [Lire la suite]
16 décembre 2016

De L' ECART et de la LIBERTE

  Diogène Laerce, IX, 2, 3 : " On lui demanda (à Héraclite) de faire office de législateur pour eux (les Ephésiens), mais il dédaigna l'offre, parce que la cité était déjà sous l'emprise de sa mauvaise constitution. S'étant retiré dans le temple d'Artémis, il jouait aux osselets avec les enfants ; les Ephésiens faisant cercle autour de lui, il leur dit : 'Pourquoi vous étonner, coquins ? Est-ce qu'il ne vaut pas mieux faire cela que de mener avec vous la vie de la cité ?" Pour finir il prit les hommes en haine et vécut à l'écart... [Lire la suite]
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15 décembre 2016

"Le SOLEIL a la GRANDEUR d' un PIED d' HOMME" : HERACLITE

  Heinz Wismann nous dit ceci : imaginez Héraclite couché tout du long dans l'herbe à révasser. Surgit un importun qui lui demande : "Quelle est la grandeur du soleil ?" C'est une question classique à l'époque et les savants rivalisent d'ingéniosité, multipliant les hypothèses théoriques. Héraclite se contente de relever la jambe, de dissimuler le soleil avec son pied, et de répondre :" Le soleil a la grandeur d'un pied d'homme". C'est évidemment une facétie. Héraclite aimait déjouer le sens des questions, se jouer du... [Lire la suite]
02 décembre 2015

GRODDECK : théorie du ça

  Si l'on considère, avec Groddeck, que la vie, comme la mort, sont des expressions du ça éternel et immanent, on en déduira nécessairement quelques propositions remarquables : La distinction traditionnelle du corps et de la psyché s'estompe : corps et psyché sont indissociables, étant ensemble et indistinctement des manifestations de l'énergie formatrice du ça. Il en résulte une approche médicale tout à fait nouvelle : considérer l'entièreté du patient, son mode d'être et de paraître comme une unité expressive. Affections... [Lire la suite]
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27 août 2015

Un PHILOSOPHE VIVANT

  Le temps fort de mes congés au soleil fut la rencontre d'un philosophe vivant, un vrai, comme il s'en trouvait en des temps lointains, fort différents des gesticulateurs médiatiques contemporains. Cet excellent homme, dont je tairai le nom et le siège, puisqu'il est évident qu'il désire plus que tout conserver la sûreté de sa retraite, eut la bonté de me recevoir dans sa "bergerie" montagnarde, alors que je venais l'importuner, sans prévenir, au sortir semble-t-il, d'une sieste heureuse vouée aux déesses du bocage, et nous... [Lire la suite]
12 août 2015

CHAP XVIII : LE FLEUVE

         CHAPITRE DIX HUIT - Le FLEUVE      TABLE 1 L'appel du fleuve 2 Petite méditation sur le fleuve I, II  3 Feuilles et rivières 4 Petite méditation sur l'impermanence  5 Lethè et Alètheia 6 Petite méditation sur Hadès 7 Un anniversaire     1 L'Appel du fleuve   Souvent, au début de l’après midi, je prenais mon vélo, ou le bus, selon le temps, pour me rendre au bord du Rhin, au-delà des forêts marécageuses du Ried. J’aimais m’asseoir au bord du fleuve... [Lire la suite]
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