16 novembre 2017

Du REFOULEMENT ORIGINAIRE, et du REEL

  De quoi parlons-nous quand nous parlons ? Une des innovations les plus spectaculaires de Freud fut d'introduire le concept de refoulement originaire. Si je comprends bien, cette opérataion est l'effet du langage. Le mot est le meurtre de la chose, entendons : dorénavant tu désigneras par un mot l'objet de ta demande, ce qui revient à éloigner la chose de la satisfaction directe, à la retirer dans une nouvelle sphère qui se surajoute à la première, qui ne lui est nullement équivalente, et qui, de plus, relève en quelque sorte... [Lire la suite]

26 octobre 2017

Du SUJET ORIGINAIRE : les deux pôles

  Le mouvement rétrograde, ou rétrogradiant, dont j'ai écrit l'autre jour, mène, par paliers successifs, à la découverte, ou redécouverte, du sujet originaire. Mais cette notion de "sujet originaire" est en elle-même pour le moins difficile. Quel est donc ce sujet originaire qui se révèlerait au décours de l'analyse, où, quand, comment le situer dans une histoire qui va incessamment de l'avant, entraînant dans sa course tout ce qui est et qui était ? Serait-ce le sujet tel qu'il fut à la naissance ? Mais la naissance n'est pas... [Lire la suite]
13 mars 2017

FAUTE et CULPABILITE

  Etymologiquement, la culpabilité c'est la "fautivité" - terme qui manque à notre vocabulaire, et qui éviterait des confusions. Culpa c'est la faute, et "battre sa coulpe" c'était reconnaître avoir fauté. D'où il suivrait que la culpabilité est la marque subjective de la faute, le sentiment pénible qui accompagne ou suit le manquement à un devoir, ou la transgression d'une norme sociale ou morale. Mais le rapport entre faute et culpabilité n'est pas automatique. Si l'on distribue les rapports possibles entre les deux notions on... [Lire la suite]
30 décembre 2016

PROBLEMATIQUE du RENONCEMENT

  Il est difficile de renoncer à quelque chose qui nous tient. Si le renoncement est voulu, il a peu de chance d'être effectif. En ce domaine, comme en beaucoup d'autres, la volonté est de peu de poids face aux inclinations. En fait, la volonté ne devrait être convoquée, comme acte final, qu'au terme d'un processus intérieur, subtil, progressif et quasi invisible par lequel le détachement se fait, lentement, de jour en jour, par degrès, sans que le raisonnement ni la volonté comme telle y aient leur part. Cela se fait, on ne... [Lire la suite]
15 août 2016

De la CONFUSION du SYMBOLIQUE et du REEL

  Le 15 août, pour les catholiques, dont je fus par naissance et obligation, c'est, s'il m'en souvient bien, l'Assomption de la Vierge Marie. Enfant on m'expliquait que la vierge, toutes affaires cessantes, était montée au ciel rejoindre le créateur. Sublime envolée, certes, mais comment faisait-elle pour se maintenir de corps dans le vide, quand manifestement tous les corps tombent, du moins sur notre rachitique planète ? On se gardait bien de m'expliquer que ce n'était là qu'une image, un symbole de l'ascension, ou de... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:50 - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
03 août 2015

CHAP XXVI - MEDITER

                                                CHAPITRE VINGT SIX : MEDITER                                  1 Un Bouddha sur la cheminée 2 Les Trois degrés de la méditation 3 De l'Intellect 4 De la Méditation philosophique 5 Méditation : l'Un 6 De la Joie fondamentale 7 Du Sentiment d'exister (1) et (2) 8... [Lire la suite]

17 juin 2015

De l' INSATISFACTION

  L'insatisfaction, c'est bien connu, nous poingt dans ses machoires d'acier. C'est une constante de la pensée, de Bouddha à Freud, avec le relai inévitable d'Epicure, de poser l'insatisfaction comme une donnée première de la condition humaine, sous diverses variantes, "soif", "manque", "taedium vitae", 'souffrance", et autres. Lucrèce loue Epicure d'avoir diagnostiqué magistralement la source de nos malheurs :    "Il comprit (...) que le mal venait du vase même    Dont le défaut gâtait de l'intérieur toute... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
05 février 2014

De la BANALITE

    Je repense, ce jour, à la formule de Freud à qui on demandait quel était le bénéfice de la cure : "remplacer la souffrance névrotique par un malheur banal". Voilà qui, à première vue, ne paraît pas trés excitant. Tout cela pour çà? Tant de doutes, de questionnements, de privations, tant de tourments, d'espoirs et de craintes, pour rejoindre tout bonnement, tout platement, l'ordinaire condition humaine avec son lot inévitable d'insatisfactions, entre félicité passagère, incertitude et déception? Mais aussi, n'était-ce... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 10:41 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,
29 août 2013

De la PULSION de MORT : Freud avec Bouddha

    Il faut prendre garde à deux formes extrêmes du désir : le désir d'éternité et le désir d'annihilation. Dans cette célèbre sentence sur les causes de la souffrance, Bouddha met ces deux extrêmes sur le même plan, ce qui peut surprendre, car si chacun, peu ou prou, peut observer en soi-même la virulence du désir de persévérer indéfiniment dans son être, l'inverse, le désir d'annihilation, est infiniment moins perceptible, voire tout à fait inconscient, jusqu'à paraître une simple vue de l'esprit, sans correspondance... [Lire la suite]
15 juillet 2013

De la DISSOLUTION du SUJET : Freud et Antiphon

      Freud n' a pas thématisé la jouissance. Mais on peut estimer que la problématique est abordée indirectement. Alors qu'il pensait avoir dégagé, dans le principe  de plaisir-déplaisir, ce qui fonde l'organisation de la vie psychique, il découvre une nouvelle énigme : le sujet humain semble mettre une grande part de son énergie à travailler contre son propre intérêt, répétant des comportements inadéquats, voire catastrophiques, lesquels contredisent avec évidence au principe de plaisir. Quelque chose... [Lire la suite]