17 juin 2019

PRIMAUTE DU REEL : réel, symbolique,imaginaire

  De Lacan on retiendra surtout, en sus de quelques formules saillantes ("il n'y a pas de rapport sexuel" ou "La femme n'existe pas" etc), la distinction fort utile des trois registres, le symbolique, l'imaginaire et le réel (SIR). Dans la première époque - structuraliste - Lacan privilégie le symbolique pour mettre en évidence le rôle des déterminations de l'inconscient. L'attention se porte sur les effets de langage. Comment le sujet, pris dans les rêts des signifiants qui vienent de l'Autre, peut-il s'y retrouver dans sa... [Lire la suite]

03 avril 2019

"TOUT EST LA ET JE NE SUIS RIEN"

  Dans sa tragédie "Tasso", modèle indépassable d'écriture classique, Goethe écrivait : "Tout est là, et je ne suis rien".  Moi qui me croyais le centre sensible et rayonnant du monde, moi qui ne vivais que de moi, de mes pensées, de mes images, de mes désirs, à la sombre lumière de l'échec je me découvre tout autre, rapetissé, réduit à ce peu que je suis en vérité,  fragile barque chancelante entre deux néants, et tout autour de moi, que vois-je ? - la prolixité d'un monde insondable, inépuisable, qui fut là de... [Lire la suite]
29 mars 2019

DEUIL et MELANCOLIE

  Dans l'expérience douloureuse de la perte, celle d'un être cher, d'une amitié, d'un idéal, la vraie question est de savoir ce que dans l'objet nous perdons, dont la chute nous affecte au plus vif. Freud avait remarqué, au sujet du deuil, que si nous savons consciemment QUI nous perdons, nous ne savons pas Ce que nous perdons, ou si l'on veut, ce que le défunt représentait pour nous, dans les arcanes de notre inconscient. Sans doute une certaine image qui nous faisait plaisir, une certaine qualité d'être qui nous apportait des... [Lire la suite]
26 février 2019

SITUATION de la PSYCHANALYSE (2) - de l'héroïsme

  L'échec relatif de la psychanalyse s'explique, outre les raisons que j'ai données dans l'article précédent, par son statut même, hésitant entre une fonction thérapeutique et une fonction de connaissance. Freud avait cru résoudre le problème par un pari audacieux : c'est la connaissance qui guérit, le symptôme est le fruit d'une ignorance, ou d'une méconnaissance, cherchons les causes et le symptôme disparaît. C'est l'expression tardive d'un optimisme de la connaissance, qui traverse toute l'histoire de la pensée occidentale,... [Lire la suite]
19 décembre 2018

MELANCHOLIA II : de l'excès et de l'exception

  Voilà deux jours que je suis titillé par une question qui m'est venue au décours de ma relecture du Traité d'Aristote "L'homme de génie et la mélancolie" et du brillant commentaire qu'en donne Jackie Pigeaud (ed.Rivages). C'est l'idée qui apparaît en sourdine, discrète mais insistante, d'un surplus, d'un excès, d'une ex-ception par rapport au régime ordinaire, "normal" de la vie psychique. Le traité invoque l'action de la bile noire, considérée tantôt comme un fait de nature qui détermine un tempérament (le tempérament... [Lire la suite]
19 juillet 2018

De la CAUSALITE PSYCHIQUE (2) - approche psychologique

  Retour sur la question de la causalité psychique.  C'est un thème central de la pensée bouddhique. L'homme est le fruit de ses actes, il est ce qu'il a fait. Mais cela n'implique pas le déterminisme, car il peut faire autrement. En principe du moins, car il y faut du courage, et d'abord le courage de la prise de conscience. Il faut délester la notion de karma de son poids mythologique : nulle divinité, nulle génie malfaisant ne préside à la perpétuation du mal, à la reconduction indéfinie de la faute. La répétition a... [Lire la suite]

24 mai 2018

De la TYRANNIE du SURMOI : plaisir et culpabilité.

  Cette primauté du plaisir que j'ai tenté de retrouver et d'exhiber dans l'article précédent se voit immédiatement combattue par un régiment de forces contraires, qui vont singulièrement en amoindrir les effets. Je remarque déjà que plusieurs commentateurs s'empressent de rappeler au secours - de la morale, je suppose - les nécessités sociales sous les espèces, tantôt du moi, tantôt du surmoi. Que le moi s'efforce d'endiguer la puissance incontrolée des pulsions pour maintenir l'unité psychique, cela se conçoit aisément : il... [Lire la suite]
18 mai 2018

Du PLAISIR comme PRINCIPE

  En allemand la joie se dit "Freude" - voilà qui devait ravir le cher Sigmund ! Et dessiner pour lui un certain destin, un fatum comme on dit en latin, qui signifie originellement "le dit" (de fari, dire). Les Muses, au chevet du nourrisson, ont édicté le signifiant-maître qui dorénavant guiderait les pas de l'enfant, puis de l'adulte. On se demandera si Freud saura se montrer digne de cette vocation, dans sa vie et dans son oeuvre, ce qui n'est évident ni pour l'une ni pour l'autre. S'il est bien vrai qu'elles commencent en... [Lire la suite]
09 février 2018

De la BEAUTE - et de la VOLUPTE

  Parodiant Nietzsche je dirai : sans la beauté la vie serait une erreur. On dira que la puissance de Venus est suffisante à entretenir la vie, et la reproduction, du moins dans les espèces animales, mais il n'est pas sûr qu'il en aille de même pour les humains. La catégorie du beau se forme très tôt chez l'enfant : rien n'égale la beauté de la mère, même si celle-ci, pour un regard étranger, est le comble de la laideur. La mère est structurellement belle, parce que c'est la mère, celle qui assure la satisfaction des besoins... [Lire la suite]
05 février 2018

Du HASARD dans la vie.

  "Nous oublions qu'à vrai dire tout est hasard dans notre vie, à commencer par celui qui nous a fait naître de la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule, hasard qui de ce fait n'est quand même pas sans rapport avec la loi et la nécessité de la nature, quitte à n'avoir aucun rapport avec nos désirs et nos illusions." (Freud, Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, fragment de la conclusion). Prélude possible à une méditation sur le rôle du hasard dans notre vie. Pindare faisait de Tuchè (le hasard) la fille de Zeus... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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