26 juillet 2017

La NATURE et l'ESPRIT : le dia-bolon

  "L'esprit n'est pas au début, pas à la source" écrivait Hölderlin. La source universelle c'est évidemment la nature, entendue au sens le plus large et le plus englobant. Ou encore "l'abîme", selon le mot de Démocrite. Quoi que l'on fasse, elle reste l'insondable, la mystérieuse, l'impénétrable. "La femelle obscure". C'est dire implicitement que l'esprit ne peut naître que d'un déchirement, d'une rupture, d'une distanciation dans la dualité : dia-bolon, oeuvre du diable, séparation et solitude. L'homme se pose en s'opposant.... [Lire la suite]

21 juillet 2017

La LETTRE et l'ESPRIT de la CULTURE (2) : du destin de l'Occident

    Le poème "Pain et Vin" commence par le tableau du soir et de la nuit qui vient : c'est une méditation sur le temps, sur les variations du temps, sur le rapport entre le jour et la nuit, qui ne laisse pas de faire songer à Héraclite, lequel avait affirmé l'unité irréductible du jour et de la nuit : ils sont le même, écrivait-il. Or nous voici, historiquement, au crépuscule, sous l'aplomb de la nuit qui vient. Mais alors l'esprit va-t-il disparaître, nous plongeant dans l'indéterminé et le chaos ? Le poète évoque alors... [Lire la suite]
20 juillet 2017

La LETTRE et l'ESPRIT de la CULTURE : Hölderlin

       "...mais le Père aime    Qui règne sur tous,    Le plus, que soit cultivée    La lettre ferme, et le durable    Bien interprété".   C'est ainsi que dans ses derniers poèmes, ici "Patmos" dont je donne un bref extrait, Hölderlin définit la vocation du poète : être celui qui témoigne de la Lettre ferme (der feste Buchstab), et interprète correctement le "durable" (Bestehendes) sous la législation souveraine du Père. On se demandera ce que signifient ces... [Lire la suite]
21 décembre 2016

FAUST : l'esprit et le corps

  J'éprouve depuis longtemps une sorte de fascination pour le début du Faust de Goethe, que je relis régulièrement, et que parfois je rêve de traduire. On connaît la scène : Faust est dans son atelier de recherche, épuisé, lassé de tout, et notamment des toutes ses incursions dans les domaines sacrés de la philosophie, du droit (qu'il nomme Juristerei, "judication", avec une nuance de mépris), de la théologie, et toutes ces connaissances lui laissent le goût amer de la futilité, de l'inutilité. Il conclut tristement "je vois que... [Lire la suite]
29 mars 2013

Du PROCHE et du LOINTAIN : l 'ESPRIT

    Home, sweet home...Habiter. Ecoutons le poète parler de l'habiter, mieux encore d'un certain habitus, cette manière spécifique de l'humain d'"habere", d'avoir un domicile, de s'y investir sans s'identifier, sans se fermer, s'enclore dans l'enclos d'une propriété privée, coupée du monde des humains et de celui des dieux. "Plein de mérites, c'est en poète pourtant que l'homme habite sur cette terre".(Hölderlin, En bleu adorable). Mais que signifie habiter en poète?  Hölderlin dit "habiter sur cette terre", mais... [Lire la suite]