21 mai 2013
ELOGE d' EPICURE
Quand la vie se fait plus difficile c'est toujours à Epicure que je reviens. Quand tout s'effondre je vois en lui un socle sûr qui permet de sauvegarder ce qui vraiment fait valeur. Il y a dans sa vie et sa pensée je ne sais quelle grâce discrète, une saveur de fruit mûr, de vin vieilli, de pampre et d'ombre douce sous les feuillages. "Goûter l'ombre et le frais" disait La Fontaine qui reconnaissait son maître. Se recueillir dans le retrait du jardin, laisser passer les nuages et les furies du siècle. Savoir... [Lire la suite]
21 mars 2013
Sur la MORT d' EPICURE
Epicure à Idoménée : "Je vous écris ces mots vivant et achevant en même temps le jour bienheureux de mon existence. Les souffrances de la vessie et de l'estomac se sont poursuivies sans rien perdre de la violence qu'elles comportent. Mais contre tout cela se trouve dressé ce qui dans l'âme se réjouit, fondé sur le souvenir de nos entretiens passés. Quant à toi, prends soin des enfants de Métrodore, conformément à l'enthousiasme que tu m'as manifesté depuis la jeunesse, ainsi qu'à la philosophie".
Là dessus,... [Lire la suite]
19 octobre 2012
OPHELEIA : de l 'UTILE et de l'AMITIE
OPHELEIA : utilité, avantage, profit. OPHELEIN : assister, aider, secourir. La philosophie, pour Epicure, est une activité phil-anthropique. C'est en effet la considération de la souffrance universelle qui motive le philosopher - en quoi le parallèle avec Bouddha est pleinement justifié. Remarquons que le nom même d'Epicure (le signifiant dirions-nous de nos jours) est significatif : epikourein : venir au secours, venir en aide. A quoi servirait une philosophie qui ne sert à rien ni à personne?... [Lire la suite]
10 octobre 2012
PLAISIR et SANTE : EPICURE et WINNICOTT
« Nous disons que le plaisir est le principe et la fin de la vie bienheureuse. Car c’est lui que nous avons reconnu comme le bien premier et connaturel, c’est en lui que nous trouvons le principe de tout choix et de tout refus, et c’est à lui que nous aboutissons en jugeant tout bien d’après l’affection comme critère ». (Epicure, Lettrre à Ménécée, 132, traduction Conche).
On a souvent mal compris ce passage en croyant y voir une incitation à la luxure et à la jouissance illimitée. Mais le... [Lire la suite]
18 septembre 2012
THEORIE NATURALISTE du REVE
« Les visions des rêves n’ont pas reçu en partage la nature divine ni non plus le pouvoir divinatoire, mais elles se produisent suivant l’impact des simulacres » ( Epicure : Sentence vaticane, 24).
Epicure rejette la conception traditionnelle qui veut voir dans les rêves un message des dieux (Homère), ainsi que la conception classique de la mantique, selon laquelle le rêve annonce l’avenir. Il s’agit de rompre définitivement avec le mythe, en proposant une interprétation... [Lire la suite]
20 juin 2012
D'un RESTE qui résiste à la prise K-958
Il est fort remarquable, et peu remarqué, qu’Epicure, dans son célébrissime Tetrapharmakon nous propose certes une voie vers le bonheur, l’eudaimonia, mais dans le même temps en suspende la réalisation. Rappelons les quatre propositions : les dieux ne sont pas à craindre, la mort est sans rapport avec nous, le plaisir est accessible par les voies naturelles, la douleur peut se supporter. Sur ce dernier point Epicure conseille de faire ce qui est en notre pouvoir pour réduire la... [Lire la suite]
22 mai 2012
De la SURFACE ABSOLUE : le TRAGIQUE et la JOIE
Retour à la Surface Absolue. C’est dans cette notion difficile que s’exprime l’essentiel de mon intuition personnelle, c’est elle qui contient et développe ce que je crois être mon Idée, si toutefois une Idée peut être à la hauteur d’une intuition. Il y a toujours une déperdition quand l’on passe au projet d’écrire, mais aussi une nouvelle Forme, sans laquelle l’intuition se perdrait dans les sables.
A la lumière des articles précédents, la Surface résulte d’une double soustraction : en amont tout ce qui... [Lire la suite]
25 avril 2012
Du DEPLAISIR et du REEL
Les sources du déplaisir sont multiples. D’abord la peau, comme surface d’enregistrement physique et psychique : contacts irritants, bruit, pollutions de toutes sortes, chaleur et froidure, ruptures de rythmes, etc. Que de désagréments dont il n’est pas toujours possible de se débarrasser par le déplacement dans l’espace. Ensuite les organes internes travaillés par les besoins, irrités par les substances nocives, soumis à des changements de régime incontrôlables. Pire encore, le travail des... [Lire la suite]
20 février 2012
EPICURE avec BOUDDHA : étiologie de l'insatisfaction
« La terre entière vit dans la peine et c’est pour la peine qu’elle a le plus de capacités ». C’est un constat, un diagnostic qui repère le symptôme universel : la peine, « ponos » : mal, fatigue, travail, labeur, douleur, souffrance. Cette évidence exprimée par le médecin Epicure rencontre étonnamment celle de Bouddha : le monde est « dukkha », souffrance. La philosophie commence, et doit commencer par la reconnaissance des faits, et le fait premier, irréfutable, est la souffrance de... [Lire la suite]
13 février 2012
SAVOIR, DEVOIR, ESPOIR : Epicure contre Kant
Emmanuel Kant estimait que le philosophe devait s’efforcer de répondre à trois questions cardinales : Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ?
Permettez-moi de donner mes propres réponses, sous réserve d’inventaire.
Que puis-je savoir ? Pas quelque chose.
Que dois-je faire ? Ce que je peux.
Que puis-je espérer ? Rien.
Je remarquerai d’abord que les trois questions renvoient à la juridiction de l’autre. Ce que je peux savoir est dans le champ extérieur à moi. Mais cela n’est... [Lire la suite]

