20 septembre 2018

EPICURE et PYRRHON

  Le point faible, selon moi, de la théorie épicurienne de la connaissance, réside dans l'affirmation, donnée sans preuve, que la sensation est en conformité avec la chose elle-même. Je ne conteste pas que la sensation soit vraie, cela je l'entends bien et l'accepte, mais d'une vérité purement phénoménale : la sensation est vraie en ce qu'elle affecte le corps, en plaisir ou douleur, et cela est incontestable. Pour autant on ne peut conclure qu'elle rende compte de la réalité de l'objet. Elle ne dit pas ce qu'il y a, elle dit... [Lire la suite]

14 septembre 2018

ANATOMIE de la CROYANCE

              La fumée de tabac contient plus de soixante dix substances cancérigènes           L'Eglise apostolique et romaine           Héberge impunément des prêtres pédophiles par centaines,           Des centaines de vies brisées,           On aurait pu croire que sur l'heure églises, chapelles et monastères           Fussent désertés, abandonnés,    ... [Lire la suite]
12 septembre 2018

AUTOPSIE de la MORT

               "La mort ne nous fait rien. Ce qui est décomposé ne sent point, et ce qui ne                                                 sent point ne nous fait rien". Epicure SV 2     Réduction analytique : dégrossir les représentations inspirées par la crainte - crainte des dieux, crainte de la mort - mais aussi des autres craintes plus diffuses, tapies... [Lire la suite]
11 septembre 2018

PHANTASIA : présentation imageante

  Vous êtes allongé sur votre couche, somnolent à demi, sentant confusément une présence à votre côté. Vous laissez aller votre bras, et voici que la main touche une surface tiède, douce, arrondie, souple au toucher, agréable et délicate. Votre main est comme remplie de présence, attentive et réceptive, et c'est comme si, d'un même mouvement, la main qui touche et l'épaule touchée s'épousaient ensemble dans la qualité indicible du contact : c'est la "phantasia", pas exactement une image, bien avant l'image, je dirai : la... [Lire la suite]
10 septembre 2018

APOLOGIE du TOUCHER : LUCRECE et EPICURE

              "Le toucher, ô sainte puissance des dieux, le toucher             Est le sens suprême du corps, soit qu'une chose s'y glisse             De l'extérieur, soit qu'un élément interne le blesse                  Ou le réjouisse en sortant par l'acte fécond de Venus,             Soit qu'après un choc, troublés dans le corps même,      ... [Lire la suite]
07 septembre 2018

La VERITE de la SENSATION : Epicure

  La sensation, dans le texte magistral d'Epicure, occupe une position à la fois fondamentale - toute connaissance vient des sens - et cruciale, en tant que par elle se fait la Krisis, l'examen critique par lequel se fait le retour à la "chose même". Voyons cela de plus près. L'aisthesis, la sensation, pourrait se définir comme l'effet que produit à la surface d'un corps sensible le contact d'un autre corps. Une "impression" dira plus tard, fort justement, Hume. Un corps me frôle,  je sens le contact sur ma peau. La... [Lire la suite]

31 juillet 2018

Le TOUT selon EPICURE (2) - et de la sensation

  Epicure vient de poser la base de la physique : "le tout est". Il poursuit : "Car, que les corps soient, la sensation l'atteste sur toutes choses à elle seule, et c'est sur elle qu'il est nécessaire que s'appuie le raisonnement pour témoigner sur l'inconnu (adèlon), ainsi que je l'ai dit plus haut". Ce passage brutal de l'universel (le tout) à la particularité de la sensation - qui ne saurait, en un instant donné, ne recevoir qu'un nombre limité d'impressions - ce passage est surprenant, et paraîtra même inconséquent : "En... [Lire la suite]
30 juillet 2018

Le TOUT selon EPICURE

  Parménide avait écrit : "esti gar einai" : littéralement : car être est. On ne peut penser que être n'est pas. Penser que être n'est pas, c'est prendre le chemin de la perdition. - Notons au passage que Parménide ne dit pas  : l'être est, mais être est. La différence n'est pas à négliger, Parménide ne fait pas de la métaphysique, il n'invoque pas un Etre suprême, il constate et pose sobrement : il y a de l'être, et il serait irrationnel d'affirmer le contraire. Reprenant toutes les choses depuis l'origine, Epicure répond... [Lire la suite]
20 juin 2018

L'ACADEMIE et le JARDIN

  Sur le fronton de l'Académie de Platon on pouvait lire : "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre". A l'entrée du Jardin d'Epicure : "Passant, tu peux peux rester ici, le plaisir seul y donne des lois".   Tout est dit. A celui cependant qui demanderait pourquoi il faudrait des lois au plaisir, il sera répondu que l'homme est hélas le plus souvent incapable de gérer la tourmente de ses désirs, et qu'il lui faudrait une mesure, un principe directif, non point fondés sur quelque autorité externe, mais sur la juste... [Lire la suite]
20 mars 2018

De la CRAINTE de la MORT

  Ce qu'on appelle assez confusément la crainte de la mort, passion commune s'il en est, pourrait à l'analyse se décomposer en trois éléments hétéroclites, fort différents les uns des autres, que l'usage confond par facilité, et qui, comme les trois branches d'une fourche, sont abusivement réunis et confondus dans le même manche : la peur de l'agonie et de la douleur, la peur du mourir proprement dit, et la peur d'une vie post-mortem. La première concerne l'avant, la seconde le pendant, et la troisième l'après. Chacune relève... [Lire la suite]