11 avril 2018

"CE QUE SONT LES CHOSES" : radicalité pyrrhonienne

  On pourrait croire, à relire la phrase canonique : "les choses, il (Pyrrhon) les montre également in-différentes, im-mesurables, in-décidables", que l'énoncé porte sur les choses - ce qui est grammaticalement exact - mais en toute rigueur cette phrase ne dit absolument rien des choses, mais exprime le statut du discours. C'est le discours - le langage - qui ne dit rien qui ne soit immédiatement disqualifié  : "égal, in-différent, im-maîtrisable et indécidable". Entre le réel (les choses) et la langue s'ouvre le gouffre... [Lire la suite]

23 février 2018

DESCENDRE dans l' ANTIQUE CHAOS

  Un ami cher me communique cette phrase de Wittgenstein, qui m'interpelle fortement : "Quand on philosophe il faut descendre dans l'antique Chaos et se trouver bien là". Je voudrais analyser lucidement ce que cette idée provoque en moi : de la séduction, et de la terreur. Séduction, en ce que cette idée est éminemment juste, car, qui, en dehors du philosophe, peut envisager de se risquer dans ces abysses-là ? Déjà Démocrite avait donné le ton : "La vérité est dans l'abîme". L'abîme de Démocrite est-il identique au Chaos ?... [Lire la suite]
20 février 2018

PHILOSOPHIE et MEDECINE

  Longtemps philosophie et médecine ont marché main dans la main. Aristote était médecin. On lui doit un traité sur les troubles de l'humeur : "L'homme de génie et la mélancolie" - encore que l'attribution à Aristote soit contestée, mais cela ne change rien à l'essentiel. Démocrite réfléchit sur les variations de la sensibilité, proposant l'euthymie comme régle de vie : c'est un voeu pieux si on n'accompagne pas la notion d'une thérapeutique efficace. Epicure prône l'aponie - l'absence de douleurs - pour le corps, et l'ataraxie... [Lire la suite]
06 août 2017

Le Chant des origines : Chant sixième, 1

CHANT SIXIEME 1 Anachronique, archaïsantHellénisant, latinisant, taoïsant, bouddhéisant,Supramoderne à l'aventureJe vais par tous les tempsSans souci des époques, des modes,Alliances et convenances.La vérité est de tous les tempsToujours cachée, toujours présente,Elle n'a que faire de nos savoirs,De nos humeurs, de nos tumeurs. Le premier, Démocrite en a fixé la norme :"Ce que sont les choses, réellementNul ne peut le savoir". Et pourtantIl rêvait de fixer les effets à la causeDe construire un écheveau total des causes et des... [Lire la suite]
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06 août 2017

Le Chant des Origines : Chant sixième : 3

              3     "Le dieu qui est à DelphesNe montre ni ne cache, il fait signe".De son doigt dressé il désigne l'écartQui divise la chose en elle-mêmeTremblante dans son devenir,Qui fait que nulle chose ne demeureEn l'état, comme prise d'ivresse,Trébuche, et va en titubantLa dérive de naissance à trépas.Encore ne va -t-elle jamais à l'extinction complète. Toujours il reste un peu, scorie du feu cosmique,Et de nouvelles combinaisonsAmorcent leur décours. Ainsi du corps.Après la mort... [Lire la suite]
14 décembre 2016

Du DEUX et du MULTIPLE : Démocrite

Deux, cela peut s'entendre comme le second nombre de la série indéfinie des nombres (1,2,3,4 etc) - et nous voilà dans le multiple - o,u comme le second terme de la dyade métaphysique : bien et mal, attraction et répulsion, Eros et Thanatos, Dieu et diable, juste et injuste, masculin et féminin, etc Il ne suffit pas de dénoncer le sortilège de l'Un (voir l'article précécent) car nos métaphysiciens retors, concédant la nécessité du Deux, mettront tout en oeuvre pour inventer un principe supérieur, tirant de leur chapeau quelque... [Lire la suite]

08 août 2015

CHAP XXI - Du FONDEMENT

                                   CHAPITRE VINGT et UN : Du FONDEMENT          TABLE 1 La vérité est dans l'abîme» 2 Méditation : Du Fondement I, II, III, IV 3 De la Faille et de la structure 4 De la Faille et du Fondement        1 « La  Vérité est dans l'Abîme »   L'abîme c'est d'abord notre indécrottable ignorance. Mais aussi l'incertitude de la raison qui découpe... [Lire la suite]
22 janvier 2013

Le RIRE INEXTINGUIBLE des DIEUX

    "Le rire inextinguible des dieux" (Homère). Mais pourquoi diable rient-ils, et de quoi, et ne peuvent-ils cesser de rire? Réponse de Démocrite parlant en son nom propre :     "Je ne ris que d'un seul objet, l'homme plein de déraison, vide d'oeuvres droites, puéril en tous ses desseins, souffrant sans utilité d'immenses labeurs, allant au gré d"insatiables désirs jusqu'aux limites de la terre et en ses abîmes infinis, fondant l'argent et l'or, ne cessant jamais d'en acquérir, et toujours troublé de n'en... [Lire la suite]
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11 avril 2012

Le DIRE du NON-DIRE : de l' impossible

  Un lecteur m’écrit : « Quand le mot manque la pensée peut le créer ». Intervention judicieuse, certes, puisque c’est exactement ce que font les philosophes en créant des concepts qui saisissent et expriment une vision nouvelle et originale de la réalité. L’atome de Démocrite, la durée de Bergson, le Vouloir-Vivre de Schopenhauer sont de belles et fécondes créations qui nous donnent à penser ce qui avant eux restait inaperçu. Le concept est un révélateur. Le penseur agit comme le poète : il fait exister, il... [Lire la suite]
10 avril 2012

LE MOT QUI MANQUE : langage et réel

                                   Le jour tourne à vide                                  Autour de la nuit profonde ... [Lire la suite]