31 mars 2014

MYSTICISME et SCEPTICISME : BOUDDHA et PYRRHON

    Je n'ai pas d'affection particulière pour le terme "mystique" : il évoque trop complaisamment l'effusion, la déréalisation, la désubjectivation, la liquéfaction dans l'indéterminé et l'ineffable. Sans compter ses accointances suspectes avec le délire religieux. Il est dès lors bien difficile de tenir là dessus un discours rationnel et rigoureux. Et pourtant, à la condition expresse d'écarter ces obstacles, il faut bien convenir que les plus sérieuses pensées des philosophes présentent une incontestable dimension... [Lire la suite]

31 janvier 2014

De la LIBERATION, et de la modestie

    La grande leçon des Upanishads c'était la formule canonique: "Tu es Cela" (tath twam asi). Elle signifiait une identité ultime entre l'âme individuelle et l'âme du monde, entre l'Atman et Brâhman. J'y ai longtemps été insensible, et réticent. Cette idée me semblait bien trop mystique et spéculative, surtout que la notion d'âme charrie avec elle tant de connotations religieuses, voire cultuelles, qui pour un Occidental évoquent une tradition de servitude et d'obscurantisme. Il me semble aujourd'hui qu'on peut y voir... [Lire la suite]
28 janvier 2014

Les DEUX PLANS : REEL ET REPRESENTATION

                                                                                                                                                       ... [Lire la suite]
17 septembre 2013

Du MOI, de l'INDIVIDU et du FLUX UNIVERSEL

    Dans la tradition bouddhique, pour qualifier un individu, tout individu en général, on dit "un flux". Cette différence d'approche est capitale. L'Occidental opère par dénégation, car enfin qu'est ce qu'un individu sinon un non-divisible, un a-tome (non sécable), ce qui revient à opposer au flux universel et indifférencié une unité discrète, un quelque chose de substantiel, une permanence, une entité séparée, une monade. Dès lors la pensée est déterminée, par le vocabulaire même, à penser métaphysiquement le moi comme... [Lire la suite]
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29 août 2013

De la PULSION de MORT : Freud avec Bouddha

    Il faut prendre garde à deux formes extrêmes du désir : le désir d'éternité et le désir d'annihilation. Dans cette célèbre sentence sur les causes de la souffrance, Bouddha met ces deux extrêmes sur le même plan, ce qui peut surprendre, car si chacun, peu ou prou, peut observer en soi-même la virulence du désir de persévérer indéfiniment dans son être, l'inverse, le désir d'annihilation, est infiniment moins perceptible, voire tout à fait inconscient, jusqu'à paraître une simple vue de l'esprit, sans correspondance... [Lire la suite]
27 décembre 2012

LE FILET de BRAHMA : Brahmajala Sutta

        "Le filet de Brahma" (Brahmajala-Sutta) ouvre la série impressionnante des Grands Traités de Bouddha. C'est un texte fort long, assez pénible à lire en raison de ses innombrables répétitions de formules canoniques, mais d'un immense intérêt philosophique. Bouddha examine 62 théories successives portant sur des questions de métaphysique : l'univers est-il éternel ou non, ou les deux, est-il illimité ou limité, ou les deux, le soi est-il éternel ou périssable, qu'en est-il après la mort, que devient celui... [Lire la suite]

07 décembre 2012

La ROUE du SANSARA : de l'ENCHAINEMENT CONDITIONNEL

        Mon rêve de cette nuit me sollicite...J'étais une fois de plus en classe, avec des élèves dissipés, à tenter de faire saisir l'intérêt existentiel de la philosophie. Peine perdue, et comme mille autres fois, dans ce rêve désespérement "étrange et pénétrant", mille fois recommencé, je me retrouve seul avec ma persistante ardeur, mon incompréhensible acharnement. Car si j'avais le moindre bon sens je m'abstiendrais de rêver, ou, à défaut, je ferais des rêves folâtres et pipiesques! Hélas nous ne décidons... [Lire la suite]
05 décembre 2012

De la "FIN du MONDE" : SCHOPENHAUER et BOUDDHA

      Voici la grandiose conclusion du "Monde comme Volonté et Représentation" de Schopenhauer : "Nous autres nous allons hardiment jusqu'au bout ; pour ceux que le vouloir-vivre anime encore, ce qui reste après la suppression  totale du vouloir, c'est effectivement le néant. Mais, à l'inverse, pour ceux qui ont converti et aboli le vouloir, c'est notre monde actuel, ce monde si réel avec tous ses soleils et toutes ses voies lactées, qui est le néant". La représentation cache la vérité du vouloir, obscurément... [Lire la suite]
03 décembre 2012

Du MOI et de la TRANSMIGRATION : qui transmigre?

        Comment concilier la théorie de l'anatta (la non substantialité du sujet) avec la perspective sans cesse réaffirmée de la renaissance dans le cycle du sansara? S'il n'existe pas vraiment du sujet individuel, si le sujet est un composé d'agrégats fluides et impermanents, qui donc renaît et transmigre, jusqu'au jour béni de la libération? Cette contradiction, flagrante pour un Occidental, ne semble pas avoir troublé particulièrement les Bouddhistes, s'il est patent que la théorie du Maître s'est conservée... [Lire la suite]
16 novembre 2012

Des QUATRE CHAMPS d' OBSERVATION : BOUDDHA

        "Observer le corps dans le corps". Qu'est-ce à dire? Non pas observer le corps du dehors, comme on fait généralement dans la perception spontanée, ou dans les sciences biologiques et médicales. C'est quitter le champ de la représentation, les images du corps, les valeurs ajoutées, les opinions sociales et personnelles, abolir les idées toutes faites, se déprendre, déplacer l'attention vers le dedans, se mettre à l'écoute de la sensation : sensation globale du corps sentant-senti, accueil de la pesanteur... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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