22 octobre 2019

COMME FEUILLES... du mouvement et du temps

  Dans le trou il y a le sexe, qui ne remplit pas le trou, qui l'exalte. Le trou c'est le vide dans la structure, c'est par lui que se font les échanges. Le sexe est un opérateur. Le mouvement est éternel : ça entre et ça sort, sans début et sans fin. Rien ne commence, rien ne s'arrête, tout continue. La mort de l'un est la naissance de l'autre, à l'infini. Quelques-uns s'imaginent l'éternel retour du même. C'est une erreur de perception : le même se sépare de soi pour engendrer l'autre, qui ne revient jamais au même. ... [Lire la suite]

13 juin 2019

Le CHOIX d'ACHILLE : de l'héroïsme

  On sait qu'Achille, sommé de choisir entre une vie courte mais glorieuse, et une vie longue, obscure et paisible, élit sans hésiter la première. Dorénavant il sait que le temps presse, qu'il mourra jeune, et que pour rester dans la mémoire des hommes il lui faudra accomplir dans l'urgence de grandes actions. Il sera le plus valeureux, le plus courageux de tous les Grecs. S'il méprise la vie obscure du laboureur c'est parce qu'il ne vit que pour la gloire, qui lui semble la seule vie digne d'être vécue, en assumant la... [Lire la suite]
28 février 2019

De la DIVISION du SUJET

  Chercher le sujet c'est découvrir la division, sujet fendu, scission du sujet. Entre le conscient et l'inconscient, le vouloir et le désirer, le dire et le dit. Je est-il un autre ? Disons qu'il y a de l'autre dans ce je, voir du multiple, une danse du multiple. Diversité, changement, hétérogénéité. Ils veulent tous, les fanatiques de l'ordre, nous ramener à l'Un : une Eglise, une communuté, un drapeau, une école. Puis de l'Un ils font l'Unique. Enserrer, enferrer le sujet. Dictature de l'identité.  Mettre à jour la... [Lire la suite]
01 novembre 2018

MEDITATION sur la MORT de l'AUTRE

  Quoi de plus douloureux que d'apprendre la mort imminente d'un proche ? Peut-être la mort imminente, avec son cortège d'images funestes, est-elle pire que la mort elle-même. Quand c'est fait c'est fait, il n'y a plus rien à espérer, rien à dire. Mais l'imminence nous installe dans un entre-deux suspensif qui libère tous les émois, passions tristes de l'espoir impossible, du regret, de la nostalgie. Les souvenirs affluent en masse, c'est comme si le passé se déversait dans le présent, avec la sensation poignante de l'inaccompli... [Lire la suite]
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02 juillet 2018

De la BONNE DISTANCE

  Je dormais plus qu'à moitié, et pourtant, entre deux rêves sans doute, je me demandais avec insistance ce qui rendait la vie des hommes si difficile. Le brouillard mental où je me débattais ne m'empêchait pas de débattre avec moi-même, examinant telle ou telle hypothèse, sans parvenir à quelque solution satisfaisante. La question est plus difficile qu'il n'y paraît, et il n'y a nul mystère à ce que je ne parvinsse à aucun résultat. Je me souviens assez mal de mes ratiocinations nocturnes, hormis la célèbre expression de Kant... [Lire la suite]
07 décembre 2017

Leçon de la SOLITUDE

  On craint la solitude, on l'exècre, on la fuit. On court de droite et de gauche, on se divertit de tout et de rien. Nez au vent, à l'affût de la moindre diversion, on s'excite, on se pâme. Mais la solitude revient toujours. Eh quoi, que voulez vous fuir, si ce n'est vous-même ? Puis vient l'heure blême devant le miroir, l'étonnement du temps qui passe, qui ravage, et les rides, et les tourments de l'âme. Quoi ! Encore une journée, une année de passée, et moi, que vais-je devenir si tout s'en va, et moi de même ? Quel recours... [Lire la suite]
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10 novembre 2017

Le DEFI de la SINGULARITE

  La singularité, selon la belle formule de François Roustang ("La fin de la plainte", fin) est ce que je ne peux pas ne pas être, qui correspond à ma nature propre, qui l'exprime adéquatement. Mais cette définition, qui est exacte, est davantage virtuelle que réelle, parce que le cours ordinaire de la vie, avec ses errements  inévitables, ses concessions à la nécessité ou à l'obligation, a créé dans le sujet, presque toujours, de sensibles et regrettables déformations. Il est quasi imposible que le vrai Self ait pu se... [Lire la suite]
10 juillet 2016

SPLENDEUR du DEHORS : méditation

  "Hors d'ici !" - La voix crie presque, insistante, définitive. Ici, c'est le bien-connu, le poussif, le sans-perspectives, le répétitif. C'est la gangue du pesant, ensevelissant. C'est l'habitude aux cernes noirs, c'est le bras vengeur du devoir, c'est la plainte et le gémissement. Mais je sais, chacun sait, qu'il existe un Dehors, hors-norme, hors-temps, espace vierge, inexploré. Nous le savons et ne voulons rien savoir. La Voix ne me lâche pas, elle vitupère, elle me fend les tripes, je crains l'explosion qui menace. ... [Lire la suite]
15 mars 2016

A QUI ECRIT-ON ?

  A qui s'adresse-t-on en écrivant ? Mettons à part les cas, les plus fréquents, où le destinataire est une personne vivante à qui on veut faire parvenir une information. A qui s'adresse l'écrivain ? Il connaît peut-être quelques uns de ses lecteurs pour les avoir rencontrés, ou des critiques, ou des confrères. Mais cela ne fera jamais beaucoup de monde. Il peut d'ailleurs s'adresser davantage aux générations futures qu'à l'actuelle, estimant, comme Stendhal, que l'avenir lui donnera raison contre l'actualité. Mais c'est là une... [Lire la suite]
22 février 2016

L'EMPATHIE et la LOI

  La pratique de l'empathie, si difficile, si problématique, suppose, pour être juste et efficace, une claire, inaltérable position médiane, un positionnement rigoureux du tiers, c'est à dire, entre celui qui parle et celui qui écoute, une instance désubjectivée, neutre si l'on veut, à laquelle se réfère l'écoutant, et à laquelle il s'efforce de renvoyer le parlant. C'est la position de la vérité, qui, si en tant que telle, n'est pas énoncée, ou si rarement, n'en reste pas moins la référence à laquelle chacun fait appel.... [Lire la suite]