09 octobre 2017

De l 'ENIGME : de la parole et du silence

  Le mot "énigme" est grec ; "ainigma", parole qui dit sans dire, allusivement, indirectement. Elle ne désigne pas explicitement l'objet, mais elle tourne autour, comme autour d'un astre brûlant, ou d'un trou noir. Elle exige, elle somme, elle oblige, elle menace. Malheur à celui qui ne parvient pas à la déchiffrer, qui, comme pour l'énigme de la Sphinge, sera dévoré - à moins que, comme Oedipe, il ne trouve la clé, et alors c'est la Sphinge qui meurt. Le maître de l'énigme c'est Apollon, le dieu "oblique", celui qui agit à... [Lire la suite]

31 août 2017

Du REVE et de l'ENIGME

  "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue et que j'aime et qui m'aime Et qui n'est chaque fois ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend" - Verlaine   Voilà bien un thème onirique majeur : c'est une femme, c'est la même, et ce n'est pas la même, mais chaque fois se renouvelle le sentiment d'un déjà connu, d'une familiarité troublante, figure d'un passé lointain, et si proche, et qui revient, encore et encore. Qui donc est-elle pour éveiller telle émotion de... [Lire la suite]
06 août 2017

Le Chant des Origines : Chant sixième : 3

              3     "Le dieu qui est à DelphesNe montre ni ne cache, il fait signe".De son doigt dressé il désigne l'écartQui divise la chose en elle-mêmeTremblante dans son devenir,Qui fait que nulle chose ne demeureEn l'état, comme prise d'ivresse,Trébuche, et va en titubantLa dérive de naissance à trépas.Encore ne va -t-elle jamais à l'extinction complète. Toujours il reste un peu, scorie du feu cosmique,Et de nouvelles combinaisonsAmorcent leur décours. Ainsi du corps.Après la mort... [Lire la suite]
04 janvier 2017

L' ARC et la LYRE : Héraclite

  Je m'essaie à suivre Héraclite dans les sentes abruptes de sa pensée. Parfois je suis ébloui par une intuition soudaine, à rebrousse-poil, qui déroute la représentation, oblige à tourner le regard, non certes selon la logique surannée de la "conversion", mais sur le mode impromptu, imprévisible, d'une "subversion", regard de biais, comme celui que la mythologie prêtait à Apollon "au regard oblique". Faut-il reppeler qu'Apollon, avant de devenir le dieu policé des arts et de la musique - le dieu à la lyre - était, dans une... [Lire la suite]
01 février 2016

ABANDONNER le RADEAU : des enseignements de méthode

  "Il est important de connaître le moment où il convient d'abandonner le radeau et de ne plus s'y accrocher. (...) J'ai cultivé bien des fois cette métaphore du radeau afin de vous rappeler combien il est nécessaire d'abandonner les vrais enseignements, pour ne rien dire des faux". (Bouddha, Soutra de la maîtrise du serpent). Nous avons tendance, en Occident, à considérer un enseignement comme exprimant la vérité, ou du moins de lui fixer comme objectif d'exprimer la vérité. C'était déjà le projet des penseurs dits... [Lire la suite]
29 juillet 2015

L'ARC et la DANSE : Empédocle et Héraclite

    Empédocle parle du dieu : "Dans ses membres il n'est point pourvu d'une tête identique à l'homme, ni de son dos ne pointent deux rameaux, il n'a pas de pieds ni de genoux agiles, ni de parties velues, mais seulement un coeur sacré et indicible qui se meut, dont les pensées rapides comme la flêche s'élancent à travers le monde entier" (DK, 134 - traduction Colli). Empédocle rejette vivement toute représentation anthropomorphe pour dégager une nouvelle conception du divin, conformément à son immense projet de... [Lire la suite]
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28 juillet 2015

L'ARC et la LYRE : HERACLITE

  "Le nom de l'arc est vie, son oeuvre mort". - C'est là un de ces paradoxes qu'Héraclite affectionne, mais c'est plus qu'un paradoxe : bios c'est la vie, et bios c'est l'arc. Un simple déplacement d'accent fait passer de l'un à l'autre. L'arc est le symbole d'Apollon - avec la lyre. Car avant de devenir ce dieu musicien, patron des Muses, Apollon était une divinité redoutable, au regard oblique, et qui décoche la douleur et la mort (voir le chant I de l'Iliade). Dualité foncière du dieu, bienfaisant et destructeur, médecin,... [Lire la suite]
18 mars 2015

HELLENIQUES - Poésie 16 -(6 à fin)

               APOLLON   De tous les dieux Apollon c'est toi que je préfère Et Artémis ta soeur jumelle Chasseresse, enfanteresse Eternellement chaste et jusque dans l'amour Fidèle au jour qui t'enfanta! Je n'ai plus souvenir de tout ce que je sais J'ai tout oublié, effacé,  Je ne suis plus que ce regard ébloui qui se délivre Dans le regard immense, infiniment ouvert Multiple, excentrique du dieu Qui a nom Univers.   APOLLON (2)   Que se déchirent toutes... [Lire la suite]
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15 décembre 2014

PRAGMATA : XIV à XX (fin du recueil)

                                            XIV                                                        L’oiseau                          Ramène à sa source le temps            ... [Lire la suite]
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26 mars 2014

"La MORT a VENISE" : APOLLON et DIONYSOS

    A quoi tient le charme exceptionnel de "La mort à Venise" de Thomas Mann? Le mot qui me vient c'est "envoûtement". L'envoûtement est un processus magique visant à fasciner quelqu'un pour le soumettre à notre volonté. Le livre fascine, en ce qu'il introduit le lecteur dans un monde enchanté, le conduit lentement par les dédales obscurs de la narration vers un abîme insondable, et le laisse pantelant aux rivages de la mort. Et tout cela sans pathos excessif, sans fioritures langagièes, mais avec une logique imparable :... [Lire la suite]
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