<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Philo - poi&#xe9;tique : Le Blog de Guy Karl</title><link>http://guykarl.canalblog.com/</link><description>Recherche et pratique de la philosophie comme th&#xe9;rapie existentielle et de la po&#xe9;sie comme cr&#xe9;ation dans l&apos;ordre du langage</description><language>fr</language><lastBuildDate>Fri, 04 Jul 2008 14:12:58 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>SINGULARITE  et  IDIOTIE</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/04/9810393.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/04/9810393.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9810393/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/04/9810393.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Qu&apos;est-ce que la singularit&#xe9;, une fois &#xe9;cart&#xe9;e la r&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; l&apos;identit&#xe9;.(Voir mon article plus haut : identit&#xe9; et singularit&#xe9;) Cette question revient &#xe0; se demander si, hors les consignations sociales, culturelles et sociales, il reste quelque chose en propre &#xe0; ce qu&apos;on appelle la personne ou l&apos;individu, ou le Self, ou toute autre d&#xe9;nomination courante. Qui suis-je, si j&apos;&#xe9;carte ce que je suis pour moi et pour les autres, donc toutes les images, repr&#xe9;sentations, r&#xf4;les, statuts, et autres conventions, imaginaires ou symboliques? En toute rigueur on r&#xe9;pondra&amp;nbsp; : l&apos;insaisissable singularit&#xe9; qui fait que je ne suis pas un autre que moi, que j&apos;ai ma fa&#xe7;on &#xe0; moi de respirer, de manger, de sentir, de penser, d&apos;agir ou de ne pas agir, de me situer dans le temps du monde et d&apos;&#xe9;laborer mon histoire. De tout cela on peut toujours parler en langage conventionnel, et d&apos;ailleurs, qui s&apos;en prive, mais allant plus loin, j&apos;aimerais que l&apos;on abandonne toute cette fricass&#xe9;e de notions et de fictions collectives pour tenter de dire vraiment s&apos; il reste quelque chose en propre, de singulier pr&#xe9;cis&#xe9;ment, de non communicable, d&apos;ind&#xe9;finissable et non moins r&#xe9;el pour autant, ce que dans la tradition occidentale on appelait l&apos;&#xe2;me, dont le sort nous &#xe9;tait plus pr&#xe9;cieux que la vie m&#xea;me.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Singulier n&apos;est pas particulier si particulier d&#xe9;signe le partiel ou le partial, donc un sous-ensemble d&apos;un groupe qui l&apos;englobe. Le particulier s&apos;oppose au commun. En grec koinon c&apos;est le commun - le singulier c&apos;est l&apos;idios!&amp;nbsp; Ce terme ne renvoie pas &#xe0; une imbeccilit&#xe9; ou une d&#xe9;ficience morale, mais &#xe0; ce qui ne se range pas dans les ensembles constitu&#xe9;s, donc exceptionnel, priv&#xe9;, sp&#xe9;cial, original. L&apos;idiot c&apos;est l&apos;original, avant de devenir le cr&#xe9;tin dans l&apos;&#xe9;volution s&#xe9;mantique de la langue fran&#xe7;aise. C&apos;est &#xe0; cette acception qu&apos;il faur revenir, en de&#xe7;a de la connotation laudative (exceptionnel) ou p&#xe9;jorative ( &apos;ytange ou choquant). le singulier n&apos;est pas une varaiante du particulier, c&apos;est une cat&#xe9;gorie totalement diff&#xe9;rente, qui se soutient et s&apos;affirme en soi et par soi, et non par diff&#xe9;rence intentionnelle. Je suis singulier non pas parce que je cherche &#xe0; l&apos;&#xea;tre, ce qui serait affectation ou hypocrisie, mais je le suis de nature, me vivant de toujours comme inassimilable &#xe0; nul autre, original si l&apos;on veut, mais au sens d&apos;originaire. Le singulier n&apos;est pas exceptionnel, ce qui serait encore comparer, situer hors norme, ne serait-ce que comme confirmation de la norme. Non pas : le singulier ne se signale que dans le rapport direct &#xe0; soi-m&#xea;me, &#xe9;trrange&amp;nbsp; et &#xe9;tranger si l&apos;on veut, si l&apos;on juge du dehors, mais parfaitement identique &#xe0; soi dans l&apos;univers interne : &amp;quot;je&amp;quot; suis &amp;quot;je&amp;quot;. Et encore, ce redoublement du &amp;quot;je&amp;quot; est-il suspect, puisque par d&#xe9;finition le singulier ne souffre aucun redoublement, aucune r&#xe9;p&#xe9;tition, aucune proposition extensive qui chercherait &#xe0; l&apos;expliciter. Le d&#xe9;-finir, c&apos;est le tuer. C&apos;est dans ce sens , je suppose, que l&apos;on a pu dire que la rose n&apos; a pas de pourquoi, ni de pour-quoi. Ni cause ni finalit&#xe9;. Et me^m&#xea;me c&apos;est trop dire que d&apos;&#xe9;voquer une identit&#xe9; de soi &#xe0; soi. Non, un seul mot : singularit&#xe9;.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Soit dit ern passant, c&apos;est pour cette raison que le fameux principe d&apos;identit&#xe9; me fait bien rire. Comment affirmer que A=A sans se surprendre &#xe0; radoter comme un vieillard caccochyme! A, cela suffit. Ajouter &#xe8;gale A c&apos;est d&#xe9;doubler le A entre celui qui est et celui que l&apos;on pense, c&apos;est s&apos;&#xe9;puiser &#xe0; rechercher une impossible coincidence. Je dirais de m&#xea;me pour ceux qui affirment de dieu : &amp;quot;je suis celui qui suis&amp;quot; Une telle proposition &#xe9;veille le soup&#xe7;on au lieu de l&apos;endormir! D&#xe9;cid&#xe9;ment, l&apos;identit&#xe9; n&apos;est pas la singularit&#xe9;!&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De la singularit&#xe9; je ne puis donner de d&#xe9;finition, mais je peux tenter de la situer. Soit elle se confond avec une substance personnelle ind&#xe9;racinable &#xe0; la mani&#xe8;re de la chose pensante de Descartes ou de l&apos;&#xe2;me chr&#xe9;tienne. Soit j&apos;affirme qu&apos;il n&apos; y a rien que des apparences et des rapports interd&#xe9;pendants : anatta de Bouddha, que l&apos;on traduit par non-soi. Mais Bouddha ne dit pas que l&apos;&#xe2;me n&apos;existe pas,&amp;nbsp; il dit qu&apos;il n&apos;existe pas d&apos;&#xe2;me substantielle, fixe, durable et immortelle, ce qui est bien diff&#xe9;rent. G&#xe9;n&#xe9;ralement, dans une lecture h&#xe2;tive, on tire Bouddha du c&#xf4;t&#xe9; du nihilisme. C&apos;est une erreur. Bouddha suit la Voie du Milieu :&amp;nbsp; ni &#xe9;ternalisme de l&apos;&#xe2;me substantielle &#xe0; quoi s&apos;identifier, ni nihilisme, c&apos;est &#xe0; dire n&#xe9;ant d&apos;existence. Le singulier est bien existant, mais pas sur le mode d&apos;un &#xea;tre substantiel. Il est un agr&#xe9;gat d&apos;agr&#xe9;gats (th&#xe9;orie des cinq agr&#xe9;gats) donc une existence toute relative, fuyante, &#xe9;vanescente et impermanente, mais r&#xe9;elle tout de m&#xea;me, quoique sur un mode quasi impensable. De m&#xea;me pour un Epicurien, s&apos;il y a un Moi, et il ne fait aucun doute qu&apos;il y en ait autant que d&apos;individus puisque les deux termes sont superposables, il ne peut &#xea;tre autre chose qu&apos;un conglom&#xe9;rat d&apos;atomes et de vide vou&#xe9;s &#xe0; la dissolution. Cela n&apos;emp&#xea;che pas chaque corps d&apos;&#xea;tre une combinaison unique, originale, &amp;quot;idiote&amp;quot;, sans double ni r&#xe9;plique. Si nous sommes irrempla&#xe7;ables ce n&apos;est pas au titre d&apos;un m&#xe9;rite particulier mais de ce que chacun et chaque chose est unique &#xe0; &#xea;tre soi.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si la morale estle discours normatif de la collectivit&#xe9; et des religions pour ranger les particuliers &#xe0; l&apos;ordre commun, l&apos;&#xe9;thique sera la pens&#xe9;e et la pratique du singulier. C&apos;est cela que l&apos;on oublie, c&apos;est cela qu&apos;on refoule. Et c&apos;est cela seul qui fonde authentiquement l&apos;existence.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 04 Jul 2008 10:14:00 GMT</pubDate></item><item><title> ISONOMIE : de  l &apos;EQUILIBRE GLOBAL</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/03/9798110.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/03/9798110.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9798110/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/03/9798110.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout un chacun se croit rapidement quitte avec la pens&#xe9;e D&apos;Epicure, la croyant facile et somme toute assez banale. Il n&apos;en est rien. J&apos;estime, quant &#xe0; moi, que c&apos;est l&apos;une des plus subtiles et des plus difficiles. On se laisse &#xe9;garer par la simplicit&#xe9; des formulations et des sentences, on croit avoir compris, et il n&apos;en est rien. En fait cette doctrine, et son intuition centrale, ne cessent, comme&amp;nbsp; le refoul&#xe9;, de faire retour dans les interrogations les plus serr&#xe9;es et les ardues. Pour s&apos;en convaincre il suffit de reprendre attentivement la Lettre &#xe0; H&#xe9;rodote o&#xf9; Epicure expose sa physique avec une clart&#xe9; et une densit&#xe9; incomparables.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je reviens ici sur une notion capitale, assez n&#xe9;glig&#xe9;e par beaucoup de lecteurs.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Isonomie : loi de l&apos;&#xe9;quilibre g&#xe9;n&#xe9;ral. Qu&apos;est-ce &#xe0; dire? Pour comprendre il faut rappeler quelques donn&#xe9;es&amp;nbsp; fondamentales. L&apos;univers est le Tout. Rien en dehors de ce Tout, infini dans le temps et l&apos;espace. Ce Tout comprend un nombre infini de &amp;quot;mondes&amp;quot; comme le n&#xf4;tre, plus ou moins &#xe9;tendus, et comme tout corps, soumis aux lois de l&apos;apparition et de la disparition. Des formes naissent par combinaison, durent un temps, et disparaissent par d&#xe9;composition. Il faut clairement opposer le Tout infini et &#xe9;ternel, aux corps constitu&#xe9;s, mortels, issus de l&apos;agr&#xe9;gation de ces particules &#xe9;l&#xe9;mentaires qu&apos; Epicure nomme &amp;quot;atomes &amp;quot;( = ins&#xe9;cables). En toute rigueur les atomes sont &#xe9;ternels comme le vide dans le quel ils voyagent &#xe0; l&apos;infini. De vraiment r&#xe9;el n&apos;existent que les atomes et le vide, dont la somme inpensable et irrepr&#xe9;sentable constitue le Tout &#xe9;ternel. Les corps constitu&#xe9;s sont des agr&#xe9;gats, conglom&#xe9;rats, combinaisons al&#xe9;atoires et p&#xe9;rissables.&amp;nbsp; Donc deux r&#xe9;gimes bien diff&#xe9;rents : &#xe9;ternit&#xe9; des atomes, du vide et du Tout, sans origine et sans fin. Naissance al&#xe9;atoire, dur&#xe9;e relative, d&#xe9;composition des corps, retour &#xe0; l&apos;&#xe9;l&#xe9;mentaire par dispersion, destruction, usure et &#xe9;rosion des corps. Au total rien ne se perd, rien ne se cr&#xe9;e. Il faut, par coh&#xe9;rence intellectuelle, sp&#xe9;culative et intuitive, penser le Tout comme constant dans sa masse, son volume, son infinit&#xe9; enfin, sans quoi, comme le montre notre auteur, la somme globale se serait d&#xe9;faite depuis longtemps, ou serait en train de se d&#xe9;faire, ce qui ram&#xe8;nerait l&apos;univers au n&#xe9;ant. Inversement on ne peut penser une origine : de quelle Bouche d&apos;Ombre, de quelle caverne, de quel Chaos &#xe9;mergerait cet univers, comme un deus ex machina? C&apos;est l&#xe0; le risque supr&#xea;me assum&#xe9; par la pens&#xe9;e mat&#xe9;rialiste : penser l&apos;univers comme non cr&#xe9;&#xe9;, non n&#xe9;, non con&#xe7;u ou fabriqu&#xe9; par une quelconque puissance surnaturelle. Dans la Physis infinie tout est physique, atome, corps, ou vide. Rien d&apos;autre ne se peut penser sans contradiction, ou d&#xe9;lire mythologique . (On songe in&#xe9;vitablement aux sp&#xe9;culations l&#xe9;gendaires des po&#xe8;tes Hom&#xe8;re et H&#xe9;siode qui font na&#xee;tre notre monde d&apos;un d&#xe9;cret, d&apos;une intention, d&apos;une origine fabuleuse &#xe0; partir d&apos;un immense trou originel, sans que l&apos;on puisse comprendre jamais le comment et le pourquoi). Etre id&#xe9;aliste c&apos;est se r&#xe9;clamer d&apos;un volont&#xe9;, d&apos;une intention cosmique, d&apos;une raison universelle, d&apos;un Logos tout puissant, cause et destination du monde. Etre mat&#xe9;rialiste c&apos;est assumer l&apos;&#xe9;nigme d&apos;une absence d&apos;origine et de fin et de finalit&#xe9;, donc se conna&#xee;tre totalement ignorant face &#xe0; ce myst&#xe8;re absolu d&apos;une r&#xe9;alit&#xe9; sans cause, autosuffisante, &#xe9;ternelle et infinie dans tous les sens. In-signifiance d&apos;un univers qui &amp;quot;est&amp;quot; sans cause ni raison, sans d&#xe9;but et sans fin, et dont chacun de nous est une parcelle infinit&#xe9;simale, mortelle comme tout corps, &#xe9;ternelle au niveau des composants atomiques.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;isonomie d&#xe9;signe donc cette r&#xe9;alit&#xe9; globale d&apos;un univers qui, DANS SA GLOBALITE, est toujours identique &#xe0; soi, sans augmentation ni diminution puisqu&apos;il est le Tout alors que, au niveau des compositions atomiques, r&#xe8;gne le plus grand hasard pensable : tel monde se constitue par accumulation de mati&#xe8;re, au d&#xe9;triment de tel autre qui &#xe9;clate sous le feu des galaxies environnantes, tel monde na&#xee;t, tel monde meurt, ici c&apos;est la disette et la famine, l&#xe0; c&apos;est l&apos;opulence d&apos;une nature g&#xe9;n&#xe9;reuse, ici le d&#xe9;sert, l&#xe0; des plaines f&#xe9;condes. Ici des animaux &#xe0; cornes, &#xe0; serres, &#xe0; ongles, &#xe0; nageoires, &#xe0; bec et queue, l&#xe0; de hideux monstres marins et sousmarins, ici la sauvagerie, la discorde, la haine et la guerre, l&#xe0; bas la douce paix du jardin et la plus fine culture que l&apos;on puisse imaginer. C&apos;est que la loi d&apos;isonomie ne concerne pas seulement les astres, constellations et immensit&#xe9;s galactiques. Elle se v&#xe9;rifie aussi au niveau des vivants, v&#xe9;g&#xe9;taux, animaux, et peut-&#xea;tre ailleurs, dans des mondes lointains, sous d&apos;autres formes &#xe0; nous inconnues. La vie de l&apos;un est la mort de l&apos;autre. Des formes naissent, d&apos;autres les d&#xe9;truisent pour dispara&#xee;tre &#xe0; leur tour. Inutile de r&#xea;ver d&apos;une immortalit&#xe9; de notre monde, ni de notre humanit&#xe9;. Rien n&apos;emp&#xea;che de penser que des milliers de mondes comparables au n&#xf4;tre aient d&#xe9;j&#xe0; sombr&#xe9; de par le pass&#xe9;. Et puis, que signifie pass&#xe9;, pr&#xe9;sent et avenir dans le r&#xe9;gime de l&apos;&#xe9;ternit&#xe9; de l&apos;A&#xef;on?&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Isonomie absolue du Tout. Isonomie absolue de l&apos;&#xe9;ternelle Physis, isonomie relative des &#xea;tres vivants et des soci&#xe9;t&#xe9;s, animales ou humaines. Dans le mouvement universel tel corps qui se constitue par agglom&#xe9;ration, d&#xe9;clinaison (clinamen) d&apos;atomes, se r&#xe9;gule par lui-m&#xea;me selon une loi d&apos;autoconservation relative, cette liaison &amp;quot;v&#xe9;n&#xe9;rienne&amp;quot; dont parlera Lucr&#xe8;ce : entendons : la d&#xe9;clinaison des atomes produit des chocs microscopiques, entra&#xee;nant des cascades de chocs, heurts et accrocs, source de nouvelles combinaisons, impr&#xe9;visibles puisque la forme complexe na&#xee;t de la combinaison al&#xe9;atoire des &#xe9;l&#xe9;ments simples (les atomes), mais qui tendent &#xe0; se coaguler, fixer, aimanter quelque temps (&amp;quot;les contrats v&#xe9;nusiens&amp;quot;), avant d&apos;&#xea;tre repris dans le tourbillon cosmique universel. On peut donc admettre que ces combinaisons &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;res n&apos;en sont pas moins une forme d&apos;isonomie, mais soumise au temps, et vou&#xe9;e &#xe0; la d&#xe9;composition. Telle soci&#xe9;t&#xe9; se cr&#xe9;e et se d&#xe9;veloppe, Ath&#xe8;nes illumine le monde m&#xe9;diterrann&#xe9;en des feux de se sa haute culture, la pens&#xe9;e d&apos;Epicure r&#xe8;gne par tout le monde habit&#xe9;, puis surgit la peste, les Barbares d&#xe9;barquent, les grands textes sont br&#xfb;l&#xe9;s, le monde meurt dans l&apos;attente d&apos;une autre civilisation qui fera refleurir la culture, les arts et la pens&#xe9;e du Ma&#xee;tre. Isonomie relative dans l&apos;isonomie totale.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Que tirer de cela? L&apos;isonomie est la loi du Tout, disons de l&apos;univers dans son absolue et inconcevable totalit&#xe9;. Pour nous, les hommes, cela reste une figure grandiose et n&#xe9;cessaire de La Physis, nature &#xe9;ternelle. C&apos;est sur fond d&apos;&#xe9;ternit&#xe9; qu&apos;il faut penser la vie, non comme vie individuelle, mais cosmique. Je survis, si l&apos;on veut absolument survivre, dans le jeu tourbillonnaires des atomes. Soit. Mais au niveau de la vie empirique, rien ne prot&#xe8;ge de la mort, aussi certaine que la naissance. Rien n&apos;assure la survie de la culture. Et plus encore : ce qui se fait ici n&apos;est pas sans rapport avec ce qui appara&#xee;t l&#xe0; bas. La totalit&#xe9; nous &#xe9;chappe absolument. D&apos;o&#xf9; les r&#xe9;solutions &#xe9;thiques de l&apos;&#xe9;picurisme : n&apos;attends pas que le monde s&apos;am&#xe9;liore pour t&apos;am&#xe9;liorer. N&apos;atteds pas un quelconque progr&#xe8;s social pour &#xea;tre heureux aujourd&apos;hui. N&apos;attends rien des princes ni des puissants. Compte sur toi, invente ta vie. Et puis ceci encore : cache ta vie. N&apos;expose pas nutilement tes talents et tes petites mis&#xe8;res. Vis au Jardin, et si tu es seul par n&#xe9;cessit&#xe9; ou hasard, cr&#xe9;e en toi-m&#xea;me ce jardin de f&#xe9;licit&#xe9;, qui t&#xe9;moigne, face &#xe0; l&apos;&#xe9;vanescence des choses de ce monde, d&apos;un bel et noble effort de courage et de beaut&#xe9;. Ne compte ni sur la Destin&#xe9;e, ni sur la Fortune, ni sur la Chance, ni sur l&apos;Etat, ni sur la R&#xe9;volution, ni sur les princes, ni sur les dieux pour t&apos;amender dans le sens de la vie heureuse. Seules la sagesse et l&apos;amiti&#xe9; v&#xe9;ritables sont des biens immortels dans un monde morteL.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;PS&amp;nbsp; : &amp;quot;Ce qu&apos;on gagne d&apos;un c&#xf4;t&#xe9; on le perd de l&apos;autre&amp;quot;. Mais aussi, inversement : &amp;quot;ce qu&apos;on perd d&apos;un c&#xf4;t&#xe9; on le gagne de l&apos;autre&amp;quot;. Jamais de gain total, ni de perte absolue. Le tout est inaccessible, aussi bien dans l&apos;ordre de la r&#xe9;alit&#xe9; que de la jouissance. Le plaisir donc est limit&#xe9;, comme la vie elle-m&#xea;me. C&apos;est dans la finit&#xe9; du r&#xe9;el et la finitude de la vie physique et psychique, entre des limites pr&#xe9;cises et infrangibles, qu&apos;il faut et qu&apos;il suffit d&apos;affirmer la vie heureuse. Rien &#xe0; voir avec les morales de l&apos;infinit&#xe9;, comme celles des religions monoth&#xe9;istes fond&#xe9;es sur la culpabilit&#xe9;, o&#xf9; le salut est ind&#xe9;finiment &#xe9;loign&#xe9; et finalement inaccessible. C&apos;est dans l&apos;&#xe9;picurisme que s&apos;affirme le plus nettement, comme dans Pyrrhon, l&apos;esprit de la sagesse grecque traditionnelle : &amp;quot;rien de trop&apos;&amp;quot; - &amp;quot;pas plus ceci que cela&amp;quot;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 03 Jul 2008 10:22:00 GMT</pubDate></item><item><title>CAFE-PHILO  du 6 juillet</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/02/9664996.html</link><category>ACCUEIL</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/02/9664996.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9664996/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/02/9664996.html</guid><description>&lt;p&gt;Encourag&#xe9;s par le succ&#xe8;s incontestable de notre Caf&#xe9; de l&apos;ann&#xe9;e scolaire &#xe9;coul&#xe9;e nous proposons une s&#xe9;ance exceptionnelle le dim 6 juillet, sachant que peu de gens sont partis &#xe0; cette date, et pour satisfaire &#xe0; la demnde exprim&#xe9;e par le public. Brasserie Saint epvre, 10h30. Sujet &#xe0; d&#xe9;finir ensemble.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En fonction du nombre et de l&apos;attente des participants nous improviserons la formule qui para&#xee;tra la mieux adapt&#xe9;e &#xe0; la situation.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Animation : Guy Karl&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 02 Jul 2008 08:54:00 GMT</pubDate></item><item><title>IDENTITE et SINGULARITE</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/01/9773822.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/01/9773822.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9773822/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/07/01/9773822.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J&apos;ai bien des r&#xe9;ticences, je l&apos;avoue, envers la notion d&apos;identit&#xe9;. Car enfin, quoi que l&apos;on fasse, l&apos;identit&#xe9; est sociale, c&apos;est &#xe0; dire conventionnelle et statutaire. L&apos;identit&#xe9; ne peut se poser que par la diff&#xe9;rence. Qu&apos;est-ce qu&apos;un &#xe2;ne? Tout ce que je peux en dire c&apos;est que ce n&apos;est pas un cheval, ni un baudet, ni un bardot, ni un z&#xe8;bre, ni tout ce que vous voudrez dans le vaste monde. Ce qui d&#xe9;finit l&apos;&#xe2;ne c&apos;est pr&#xe9;cis&#xe9;ment de n&apos;&#xea;tre rien de ce que sont les autres, malgr&#xe9; les ressemblances &#xe9;ventuelles et les comparaisons possibles. Maintenant, quant &#xe0; dire ce qu&apos;est l&apos;ane en soi et par soi, il faut avoir la na&#xef;vet&#xe9; d&apos;un socratique pour imaginer une d&#xe9;finition valable. &amp;quot;Dis-moi ce qu&apos;est le juste, toi qui veut tra&#xee;ner ton p&#xe8;re en proc&#xe8;s!&amp;quot;. Le malheureux interlocuteur de Socrate pourra s&apos;&#xe9;chiner tant et plus, il est bien &#xe9;vident qu&apos;il ne trouvera pas de d&#xe9;finition, et ce ne sera pas de sa faute, ou par p&#xe9;ch&#xe9; d&apos;incomp&#xe9;tence : ce qu&apos;il ne voit pas, et Socrate pas davantage, c&apos;est qu&apos;une d&#xe9;finition est &#xe0; jamais impossible, qui d&#xe9;gagerait la chose en soi, puisque pour la d&#xe9;finir il faut s&apos;appuyer sur une batterie de termes voisions ou oppos&#xe9;s, tous aussi peu d&#xe9;finissables en soi, si bien qu&apos;on ne d&#xe9;finit jamais jamais rien, si ce n&apos;est par convention : j&apos;appellerai &amp;quot;droite&amp;quot; la ligne la plus courte qui va du point A au point B. C&apos;est ainsi que l&apos;on fait dans les sciences, et l&apos;on fait bien puisqu&apos;en somme on ne peut jamais aller au del&#xe0;.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans le domaine psychologique il en va &#xe9;videmment de m&#xea;me, puisque c&apos;est la loi du langage. Mon identit&#xe9; c&apos;est d&apos; abord la carte du m&#xea;me nom, sans laquelle je ne suis plus rien socialement parlant. &amp;quot;Vos papiers, monsieur, et plus vite que cela!&amp;quot;. Et que donne une carte d&apos;identit&#xe9;? Un nom - celui de votre p&#xe8;re vraisemblablement - un ou deux pr&#xe9;noms qu&apos;on vous a coll&#xe9;s gratuitement &#xe0; votre naissance, des dates diverses, des chiffres &amp;quot;identificatoires&amp;quot;, &#xe9;ventuellement, par mauvais temps, une &#xe9;toile jaune ou un signe d&apos;infamie, bref vous &#xea;tes un num&#xe9;ro dans le vaste &#xe9;chiquier du socio-politique, &#xe9;tiquett&#xe9;, class&#xe9;, r&#xe9;pertiori&#xe9;, imm&#xe9;diatement rep&#xe9;rable o&#xf9; que vous soyez pour peu qu&apos;&apos;on ajoute la carte de cr&#xe9;dit, le ch&#xe9;quier, la carte &#xe9;lectorale, le num&#xe9;ro de portable - il est effrayant de voir combien votre fameuse identit&#xe9; est en fait d&#xe9;sidentifi&#xe9;e, chosifi&#xe9;e, r&#xe9;ifi&#xe9;e dans cette soci&#xe9;t&#xe9; &amp;quot;lib&#xe9;rale&amp;quot; de contr&#xf4;le absolu. L&apos;identit&#xe9; sociale est la plus merveilleuse machine d&apos;ali&#xe9;nation qu&apos;on ait jamais invent&#xe9;e, discr&#xe8;te, imparable, sans ratage ni &#xe9;chapp&#xe9;e possible - du mpoins pour celui qu&apos;on qualifie d&apos;honn&#xea;te citoyen.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On me dira que je joue sur les mots, que l&apos;identit&#xe9; ne se limite pas &#xe0; un grimoire fumeux de gendarmerie. Soit. Vous dites que vous &#xea;tes de telle ou telle r&#xe9;gion, vous voil&#xe0; donc p&#xe9;rigourdin ou breton, que vous pratiquez telle ou telle religion, vous voil&#xe0; donc protestant ou bouddhiste, que vous exercez telle profession, vous voil&#xe0; ing&#xe9;nieur ou manoeuvre, et ainsi de suite. A chaque fois vous subissez une r&#xe9;ificatiion suppl&#xe9;mentaire, &#xe0; se demander o&#xf9; est pass&#xe9; le bonhomme! Eh bien, justement, il est tr&#xe9;pass&#xe9; sous le poids des chosifications, d&#xe9;finitions-finitions successives! Mais alors, direz-vous, il ne resterait plus rien? Qui sait? En tout cas quoi que vous disiez de plus, cela ne fera que rajouter un &#xe9;l&#xe9;ment suppl&#xe9;mentaire de chosification : &amp;quot;j&apos;&#xe9;tais manoeuvre, j&apos;ai suivi les cours du soir, me voil&#xe0; ing&#xe9;nieur, je ne crois pas en dieu, ni &#xe0; rien d&apos;ailleurs, si ce n&apos;est &#xe0; l&apos;honneur de la patrie&amp;quot;. Bien. Vous voil&#xe0; donc patriote, et ce terme vous convient aussi peu ou aussi bien que tous les pr&#xe9;c&#xe9;dents. Faites le tour du dictionnaire, pas moyen d&apos;&#xe9;chapper &#xe0; cette barbarie civilis&#xe9;e.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd&apos;hui, face &#xe0; la globalisation, les crises identitaires reprennent&amp;nbsp; de plus belle, avec leur charge &#xe9;motionnelle et d&#xe9;vastatrice. Chacun se sentant noy&#xe9; dans l&apos;immense empire de l&apos;ultracapitalisme mondial va se chercher de petites causes identitaires locales, plus ou moins obsol&#xe8;tes, pour protester de son irr&#xe9;ductible originalit&#xe9;. Et voil&#xe0; le retour des petites et grandes haines, des conflits de dogme, des s&#xe9;paratismes, r&#xe9;gionalismes, fondamentalismes et int&#xe9;grismes. On se veut plus juif que juif, plus blanc que blanc, comme la fameuse lessive de Coluche. Multiplication, diversification, soustractions, d&#xe9;viations et d&#xe9;rives, chaque groupuscule y va de sa path&#xe9;tique guerre de religion, ne serait-ce que pour la sauvegarde du pinard local ou des handicap&#xe9;s de la main gauche! Qu&apos; importe le flacon pourvu qu&apos;on ait l&apos;ivresse. L&apos;ivresse d&apos;une identit&#xe9; affich&#xe9;e, exalt&#xe9;e jusqu&apos;au sublime, affirm&#xe9;e jusqu&apos;au tr&#xe9;pas. Je suis ceci ou cela qu&apos;importe, mais par l&#xe0; je suis!&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On me raconte qu&apos;il est impossible de p&#xe9;n&#xe9;trer sur le territoire am&#xe9;ricain sans s&apos;&#xea;tre pr&#xe9;alablement r&#xe9;clam&#xe9; d&apos;une confession religieuse, n&apos;importe laquelle pourvu qu&apos;on en ait une! Il faut croire que l&#xe0;-bas on n&apos;aime pas l&apos;ind&#xe9;termin&#xe9;, l&apos;incertain, l&apos;ind&#xe9;fini. Permanence du bon vieux Western :&amp;nbsp; &amp;quot; Un bon apache est un apache mort&amp;quot;.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais alors qui suis-je? Impossible de le dire. Vous direz tout au plus un peu quelque chose sur ce que vous &#xea;tes, cette identit&#xe9; fallacieuse et vraie en m&#xea;me temps qui vous assure quelque existence dans le monde social. Mais si vous perdez vos papiers &#xe0; l&apos;&#xe9;tranger, si vous perdez la m&#xe9;moire en plus, qui &#xea;tes-vous?&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le &amp;quot;Qui&amp;quot; n&apos;est pas le &amp;quot;Que&amp;quot;. L&apos;identit&#xe9; ne livre que le &amp;quot;que&amp;quot;, avec bien des r&#xe9;serves par dessus le march&#xe9;! Car on peut tricher, au moins un certain temps. Dans la dictature absolue qui nous guette on ne pourra peut-&#xea;tre m&#xea;me plus mentir, dissimuler, simuler ou extravaguer ; nous serons tous fich&#xe9;s jusqu&apos;au trognon, aussi localisables que le prisonnier l&#xe2;ch&#xe9; sous conditions avec une puce &#xe9;lectronique dans la peau. Cette aimable tyrannie fera rire des machines grossi&#xe8;res et patibulaires d&apos;un Hitler ou d&apos;un Staline. Plus besoin de goulags. Le goulag s&apos;installe insidieusement &#xe0; chaque coin de rue, &#xe0; chaque nouvel appareil de surveillance, &#xe0; chaque radar, et demain il y en aura partout, jusque dans le Surmoi de chaque &amp;quot;citoyen&amp;quot;, avec en plus, vraisemblablement, la b&#xe9;n&#xe9;diction collective! Que ne ferait-on pour la s&#xe9;curit&#xe9;?&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Citoyens Lamdas du monde entier, que faites vous pour votre sauvegarde?&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Loin des religions, sectes, fratries et autres confr&#xe9;ries le philosophe est celui qui est concern&#xe9; par la question de la singularit&#xe9;. &amp;quot; Que sais-je&amp;quot; demandait Montaigne. Aujourd&apos;hui la question est plut&#xf4;t&amp;quot; Qui suis-je&amp;quot;. Et cette question ne supporte aucune r&#xe9;ponse positive qui nous ferait retomber dans le mar&#xe9;cage de l&apos;identit&#xe9;. Pourtant il faut bien un mot. Le terme &amp;quot;singularit&#xe9;&amp;quot; me semble le moins mauvais, pour l&apos;instant du moins, pour qualifier cette &amp;quot;chose&amp;quot; que nous sommes chacun de nous, irr&#xe9;ductible &#xe0; toute d&#xe9;finition, tout concept, tout savoir et pr&#xe9;voir, -&amp;nbsp; sans quoi la dictature a d&#xe9;j&#xe0; r&#xe9;pandu son flilet noir sur le monde habit&#xe9;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 01 Jul 2008 10:19:00 GMT</pubDate></item><item><title>DE  l&apos; OBSCENE</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/25/9701205.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/25/9701205.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9701205/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/25/9701205.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;obsc&#xe8;ne est un produit particulier de la mise en sc&#xe8;ne. Un d&#xe9;cor, une salle de spectacle par exemple, ou un cabaret, une ambiance feutr&#xe9;e, en demi-teintes, claire-obscure, un plateau, une femme qui se d&#xe9;shabille lentement en musique, cela ne fait pas encore obsc&#xe9;nit&#xe9; : c&apos;est un sorte de raffinement de l&apos;attente,un jeu subtil avec le d&#xe9;sir de voir qu&apos;on satisfait par degr&#xe9; pour le decevoir soudainement &#xe0; la fin : c&apos;est la mise en sc&#xe8;ne bien rod&#xe9;e, sans surprise, du spectacle de cabaret. L&apos;obsc&#xe8;ne commence au del&#xe0; d&apos;un certain degr&#xe9; de tol&#xe9;rance publique &#xe0; la r&#xe9;v&#xe9;lation, dans une intention de choquer par l&apos;exhibition de l&apos;intime le plus intime, la mise &#xe0; nu du secret, la d&#xe9;sacralisation violente du sacr&#xe9;. Aussi pense-t-on le plus souvent aux exhibitions sexuelles, mais toutes ne sont pas obsc&#xe8;nes. La vision d&apos;un dieu grec int&#xe9;gralement nu, comme le fameux Zeus brandissant la foudre, malgr&#xe9; l&apos;impudeur relative d&apos;un sexe viril int&#xe9;gralement donn&#xe9; &#xe0; voir, n&apos;a rien d&apos;obsc&#xe8;ne. Pas plus le Michelangiolo de Florence au centre de la Grand&apos;place. Le visiteur non pr&#xe9;venu aura un moment de stupeur devant la crudit&#xe9; du spectacle, mais non pas le sentiment de l&apos;obsc&#xe8;ne. Dans ces oeuvres d&apos;art rien ne conspire au scandale, mais tout invite &#xe0; la contemplation &#xe9;mue et reconnaissante. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans l&apos;obsc&#xe8;ne il ya un &#xe9;l&#xe9;ment de surprise et de choc. Je me prom&#xe8;ne tranquillement en ville, un homme exhibe brusquement son sexe dress&#xe9; devant une jeune fille &#xe9;berlu&#xe9;e. On criera &#xe0; l&apos;obsc&#xe9;nit&#xe9;, au viol visuel, &#xe0; l&apos;outrage aux moeurs, la police viendra ceuillir proprement l&apos;original pour le mettre en d&#xe9;tention. Ici nous avons la conjonction de plusieurs facteurs : choc d&#xe9;lib&#xe9;r&#xe9;ment ass&#xe9;n&#xe9; &#xe0; une personne qui n&apos;est en rien concern&#xe9;e par les fantasmes de l&apos;exhibitionniste, qui pense &#xe0; tout autre chose avant que d&apos;&#xea;tre agress&#xe9;e par un spectacle sexuel qu&apos;elle n&apos;a nullement envisag&#xe9; ni d&#xe9;sir&#xe9;. L&apos;obsc&#xe8;ne c&apos;est de l&apos;effractif, donc une sorte de viol, de passage en force &#xe0; travers la barri&#xe8;re de la peau psychique, une violation de territoire. On sait par ailleurs que cet acte est une forme de sadisme par d&#xe9;placement du tactil au visuel : on force &#xe0; voir, sans pr&#xe9;parartion, sans consentement de la &amp;quot;victime&amp;quot;, dans la brutalit&#xe9; du d&#xe9;nudage. C&apos;est le choc inflig&#xe9; &#xe0; la jeune fille qui fait jouir l&apos;&apos;xhibitionniste : &amp;quot;Tu as peur, tu es choqu&#xe9;e, traumatis&#xe9;e, effar&#xe9;e jusqu&apos;&#xe0; l&apos;orteil, trou&#xe9;e de part en part - donc je suis! Je n&apos;ai v&#xe9;cu et travaill&#xe9; et r&#xea;v&#xe9; que pour ce mioment unique d&apos;exaltation souveraine, de folie extatique, d&apos;ultime et absolue parousie de mon secret d&#xe9;sir! Peu&amp;nbsp; m&apos;importe la suite. J&apos;aurai v&#xe9;cu d&apos;avoir forc&#xe9; ton d&#xe9;sir &#xe0; se couler dans le mien, &#xe0; te contraindre &#xe0; ce terrible aveu &#xe0; toi-m&#xea;me : petite gourde sans cervelle, je te r&#xe9;v&#xe8;le ton aspiration inavou&#xe9;e, ton obsession premi&#xe8;re et derni&#xe8;re!&amp;quot;. Et ce qui ajoute encore &#xe0; la jouissance &#xe9;prouv&#xe9;e c&apos;est le scandale public, l&apos;effarement des spectateurs, leur trouble qui les jette avec lui et elle dans la plus grande obsc&#xe9;nit&#xe9;. Magr&#xe9; qu&apos;on en ait, l&apos;obsc&#xe9;nit&#xe9;, comme l&apos;angoisse, est contagieuse! &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quelles sont les th&#xe9;matiques obsc&#xe8;nes par excellence? On vient de parler du sexe, notamment dans sa dimension organique et ostentatoire, tout en relevant le fait que cet &#xe9;l&#xe9;ment &#xe0; lui seul ne suffit pas. Il y faut une intention, celle qu&apos;on qualifie de perverse. Jouer avec la loi, transgresser en toute conscience tout en feignant l&apos;ignorance. Mais en soi le sexe n&apos;est pas obsc&#xe8;ne. C&apos;est la pr&#xe9;sentation sans voile des actes, rapports et agissements qui rel&#xe8;vent en principe du plus intime, donc de l&apos;occult&#xe9;. C&apos;est l&#xe0; qu&apos;intervient le pornographique pour prendre le relai de l&apos;&#xe9;rotique. Mais que cherche-t-on donc &#xe0; voir dans un co&#xef;t, quand tout un chacun sait parfaitement ce qu&apos;il fait lui-m&#xea;me avec sa partenaire. L&apos;obsc&#xe8;ne est toujours le fait de l&apos;autre, et ce qui m&apos;est propre, je le trouve sale chez autrui (Pour reprendre les distinctions r&#xe9;centes de Michel Serres). La question devient donc : qu&apos;est ce qui fait jouir l&apos;autre? en pr&#xe9;cisant que dans le fantasme il ne s&apos;agit pas de n&apos;importe quel autre, mais d&apos;un autre secret et intime lui&amp;nbsp; aussi, jusqu&apos;&#xe0; co&#xef;ncider myst&#xe9;rieusement avec mon autre int&#xe9;rieur, qui n&apos;est au fond que moi-m&#xea;me.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je vois, pour finir cette approche trop rapide, deux formes particuli&#xe8;rement int&#xe9;ressantes de l&apos;obsc&#xe8;ne, d&apos;une part dans le d&#xe9;sir effr&#xe9;n&#xe9; d&apos;assister &#xe0; sa propre conception, donc &#xe0; la &amp;quot;sc&#xe8;ne primitive&amp;quot; o&#xf9; nos parents nous ont con&#xe7;u dans l&apos;amour ou la haine, et, apr&#xe8;s la mort, de se repr&#xe9;senter son propre cadavre, avec la sc&#xe8;ne famili&#xe8;re des pleurs et des g&#xe9;missements qui accompagneront ma mise en bi&#xe8;re. Dans les deux cas nous rencontrons un impossible : impossible de voir la &amp;quot;sc&#xe8;ne primitive&amp;quot; puisque je n&apos;&#xe9;tais pas n&#xe9; et que je ne pouvais rien voir, sauf &#xe0; remonter le temps. Ce que je vais fantasmer est toujours un succ&#xe9;dan&#xe9; de l&apos;impossible. Et pour ce qui est de la mort j&apos;invente un moi fantasmatique bien vivant suppos&#xe9; assister &#xe0; mes propres obs&#xe8;ques. Nous avons l&#xe0; deux blancs dans la repr&#xe9;sentation, deux &#xe9;nigmes sans solutuon, que le fantasme viendra boucher avec ses constructions plus ou moins d&#xe9;irantes. Deux trous noirs si l&apos;on pr&#xe9;f&#xe8;re, et ici blanc ou noir cela revient au m&#xea;me! Peut-&#xea;tre tenons nous l&#xe0; quelque v&#xe9;rit&#xe9; sur l&apos;obsc&#xe8;ne. La fascination trouble de l&apos;obsc&#xe8;ne vient de ce qu&apos;il s&apos;essaie &#xe0; repr&#xe9;senter l&apos;irrepr&#xe9;sentable, dans un invraisemblable d&#xe9;fi lanc&#xe9; &#xe0; l&apos;impossible.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ajoutons enfin, pour faire bonne mesure, que c&apos;est par l&#xe0; que la question de l&apos;obsc&#xe8;ne se rencontre &#xe0; celle de l&apos;inceste. Il s&apos;agit bien de franchir des limites sacr&#xe9;es o&#xf9; l&apos;&#xe9;nigme du sexe cohabite avec celle de la mort.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;La nature aime &#xe0; se cacher&amp;quot; disait H&#xe9;raclite. Isis ne se pr&#xe9;sente jamais sans voiles. Voile et viol, quel rapprochement significatif! Eh bien soyons gentlemen, et laissons &#xe0; nos femmes leurs parures exquises et leurs petits ou grands secrets!&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 25 Jun 2008 08:46:00 GMT</pubDate></item><item><title>De l&apos; ABJECTION</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/24/9689800.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/24/9689800.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9689800/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/24/9689800.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourquoi ce que nous qualifions d&apos;abject provoque-t-il en nous une irr&#xe9;pressible r&#xe9;pulsion? Cela heurte &#xe9;videmment notre conscience morale, &#xe0; supposer que nous en ayons une. L&apos;acharnement de trois ou quatre malfrats arm&#xe9;s sur un pauvre gamin sans d&#xe9;fense nous para&#xee;tra abject. La torture pour le plaisir sadique, le d&#xe9;tournement des aides aux sinistr&#xe9;s par des bandes maffieuses, l&apos;organisation syst&#xe9;matique de l&apos;appauvrissement voire de la famine, les maltraitances et autres fl&#xe9;aux heurtent notre sensibilit&#xe9; frott&#xe9;e de morale, nos convictions les plus ch&#xe8;res et nos valeurs les plus l&#xe9;gitimes. Mais, parce qu&apos;il y a un mais, de la sorte nous nous dispensons le plus souvent d&apos;analyser plus profond, et de d&#xe9;couvrir que notre g&#xea;ne n&apos;est pas seulement une pure et simple condamnation, mais un ingr&#xe9;dient plus complexe de jouissance inavouable et de culpabilit&#xe9;. Et pourquoi la culpabilit&#xe9; si nous n&apos;avons aucune participation aux faits? C&apos;est sans doute qu&apos;il existe en nous une secr&#xe8;te participation psychique, des r&#xe9;sidus non r&#xe8;gl&#xe9;s de sadisme inconscient, ou de masochisme secondaire. C&apos;est l&#xe0; qu&apos;on retrouverait quelques aphorismes &#xe9;nigmatiques de Lacan : &amp;quot; je pense o&#xf9; je ne suis pas&amp;quot; ou &amp;quot; Je d&#xe9;sire ce que je ne veux pas&amp;quot;.&amp;nbsp; Je me pense comme sujet moral, je me veux social et moral, et je me d&#xe9;couvre secr&#xe8;tement pervers. Mon d&#xe9;sir ne se plie pas compl&#xe8;tement aux lois, ni de la cit&#xe9; ni de ma psych&#xe8; socialis&#xe9;e. Quelque chose r&#xe9;siste &#xe0; la moralisation, quelque chose tire du c&#xf4;t&#xe9; de la jouissance inavouable, du fantasme pervers, de l&apos;insociabilit&#xe9; si l&apos;on veut, mais surtout vers l&apos;archa&#xef;que, le d&#xe9;moniaque et le diabolique. Satanisme du saint qui se veut saint et qui n&apos;est que barbare ou fanatique. Il y a dans les religions quelque chose de cette horreur, si l&apos;on songe &#xe0; l&apos;Inquisition, aux pers&#xe9;cutions et aux r&#xe9;gimes th&#xe9;ocratiques. Bien entendu le totalitarisme n&apos;est pas en reste, et c&apos;est que ce r&#xe9;gime pr&#xe9;tend absorber le sacr&#xe9; dans le profane, et se retrouve immanquablment &#xe0; cr&#xe9;er des goulags pour incr&#xe9;dules et autres sceptiques r&#xe9;calcitrants. Bref, ce qu&apos;on chasse par la porte revient par la fen&#xea;tre. Il serait bien vain de croire que l&apos;on puisse &#xe9;vider totalement l&apos;inconscient de ses miasmes. L&apos;exc&#xe8;s de contrition fabrique des pervers.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout ceci nous invite &#xe0; mieux examiner les rapports complexes du d&#xe9;sir et de la Loi. On pourra distinguer une fausse loi, celle d&apos;un Surmoi tyrannique, sadique-anal, pers&#xe9;cuteur dont la fonction serait de cr&#xe9;er une ob&#xe9;issance inconditionnelle aux diktats ext&#xe9;rieurs : parents, professeurs, gendarmes, police, Etat, parti etc. &amp;quot;Sustine et abstine&amp;quot;. Dans le genre les Sto&#xef;ciens font fort, mais Rousseau de m&#xea;me qui exige une soumission inconditionnelle &#xe0; la Volont&#xe9; G&#xe9;n&#xe9;rale. Tout cela n&apos;engendre que dictature et totalitarisme. le pire &#xe9;tant que celui qui se soumet de la sorte se croit en paix avec sa conscience, alors qu&apos;il est tra&#xee;tre &#xe0; la v&#xe9;ritable Loi fondamentale. Celui qui ouvre le portail d&apos;Auschwitz n&apos; a-t-il pas l&apos;aval de son sup&#xe9;rieur? Et ainsi de suite. Si bien que nul n&apos;est reponsable et tous coupables. Le Surmoi ne fabrique que des l&#xe2;ches, des peureux, des obsessionnels et des m&#xe9;lancoliques. La derni&#xe8;re volont&#xe9; du Surmoi n&apos;est-elle pas d&apos;&#xe9;craser, limer, &#xe9;radiquer le d&#xe9;sir? Paradoxalement le Surmoi qui se veut l&apos;incarnation de la Loi en est la premier contempteur, transgresseur et n&#xe9;gateur : le pervers joue avec une loi qu&apos;il feint d&apos;ignorer pour mieux la contester. C&apos;est ainsi que Savonarole, pour r&#xe9;dimer la luxure des Florentins, les jette dans la terreur, l&apos;obscurantisme, la d&#xe9;lation et le b&#xfb;cher. Pour combattre le vice il verse dans le crime.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cela m&#xe9;rite une premi&#xe8;re conclusion : dans tout syst&#xe8;me de savoir ou de pouvoir il a un restant de non-&#xe9;liminable, une part maudite si l&apos;on veut parler comme Bataille, ing&#xe9;rable, in&#xe9;liminable, et si on se m&#xea;le de r&#xe9;duire cette part elle produit une sorte de renversement catastrophique, ce que nous voyons bien dans les r&#xe9;volutions. Montaigne proposait de ne pas trop bousculer les institutions, ce qui serait ruineux pour tous, alors que l&apos;institution, dans sa pente naturelle, glisse vers une sorte de mall&#xe9;abilit&#xe9; et de mollesse qui la rend finalement moins tyrannique : on peut toujours s&apos;arranger entre honn&#xea;tes gens. Avec les fanatiques jamais. Ne pr&#xe9;cipitons pas trop les choses, et comme disent les psychiatres, il est urgent d&apos;attendre. On peut miser sur la corruption et l&apos;affaiblissement naturels des syst&#xe8;mes comme le fait notre sage du P&#xe9;rigord, mais pas trop longtempos quand m&#xea;me : parfois il faut h&#xe2;ter un peu le processus, avec doigt&#xe9; et souplesse.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais alors dira-t-on, si le Surmoi est cette Loi &#xe0; l&apos;envers qui en interdisant et obligeant cr&#xe9;e la perversion et le malheur, que serait la v&#xe9;ritable Loi? Disons que rien n&apos;oblige a priori que la Loi prenne la forme de la tyrannie et de l&apos;oppression. Relisons Spinoza : &amp;quot;le d&#xe9;sir est l&apos;essence de l&apos;homme&amp;quot;. Si l&apos;on opprime le d&#xe9;sir on le pervertit. Est-ce &#xe0; dire qu&apos;il faut tout permettre? Certes non. Il faut interdire le minimum possible. Quelques injonctions fondamentales et constitutives de l&apos;humain suffiront. Par exemple : l&apos;interdit de l&apos;inceste, du vol, de la violence sur les personnes, de l&apos;exploitation, de l&apos;oppression. La fonction de la Loi est double : assurer la s&#xe9;curit&#xe9; publique en r&#xe8;glant les &#xe9;changes, donner de l&apos;espace au d&#xe9;sir et &#xe0; la raison individuelle pour permettre un juste d&#xe9;ploiement des forces. La r&#xe9;pression, quand elle est vraiment n&#xe9;cessaire, quand tous les arguments de la raioson se seront montr&#xe9;s inefficaces, surviendra en dernier ressort. La loi doit donner au sujet son statut de citoyen, en lui assurant le droit &#xe0; la libert&#xe9; civile de penser, de s&apos;exprimer et de d&#xe9;velopper harmonieusement sa puissance d&apos;exister.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;M&#xea;me dans ce r&#xe9;gime rationnel des d&#xe9;sirs et de la Raison il y aura un reste : il y aura des criminels et des pervers aussi s&#xfb;rement qu&apos;il y aura des gendarmes et des voleurs. La criminalit&#xe9; est &amp;quot;normale&amp;quot; (Durkheim) entendons, inexpugnable, constitutive de la r&#xe9;alit&#xe9; sociale, &#xe0; la mani&#xe8;re d&apos;un r&#xe9;sidu in&#xe9;vitable du syst&#xe8;me de r&#xe9;gulation. Cette constation ne doit pas nous d&#xe9;courager : la Loi est toujours &#xe0; amender, ou plut&#xf4;t &#xe0; comprendre dans sa juste acception pour &#xea;tre r&#xe9;gulatrice et lib&#xe9;ratrice.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfn, ces observations ont valeur pour la vie psychique. A trop sacrifier aux id&#xe9;aux on se perd soi-m&#xea;me. A trop vouloir le bien on fait le mal. C&apos;est notre t&#xe2;che &#xe0; tous de r&#xe9;former le Surmoi dans le sens de la souplesse rationnelle, ou, mieux encore, d&apos;acc&#xe9;der &#xe0; la Loi v&#xe9;ritable. C&apos;est le travail d&apos;une vie. C&apos;est le travail de la civilisation. Avec cette derni&#xe8;re &#xe9;vidence : pas d&apos; op&#xe9;ration sans reste, pas de savoir sans ignorance.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 24 Jun 2008 09:57:00 GMT</pubDate></item><item><title>SUJET  OBJET  ABJE(C)T</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/23/9675707.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/23/9675707.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9675707/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/23/9675707.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le sujet : l&apos;assujetti &#xe0;, celui qui est plac&#xe9; sous une tutelle, que ce soit le Prince, l&apos;Etat, Dieu, ou le langage comme Autre symbolique. Depuis Descartes on pense le sujet comme sujet de la pens&#xe9;e ( je pense donc je . suis), puis comme sujet de la parole (Kant &#xe9;tablit la naissance du sujet comme av&#xe8;nement de la parole au &amp;quot;Je&amp;quot;)et enfin, plus r&#xe9;cemment avec Lacan, comme sujet de l&apos;inconscient (Je pense o&#xf9; je ne suis pas). Toujours le terme de &amp;quot;sujet&amp;quot; se rapporte &#xe0; la premi&#xe8;re personne du singulier, soit comme conscience spontan&#xe9;e ou r&#xe9;fl&#xe9;chie, sujet de la connaissance et de l&apos;action ( je pense, je parle, j&apos;agis) ce qui implique une certaine libert&#xe9;, garante de la responsabilit&#xe9; morale et juridique, - soit -, assez paradoxalement mais &#xe9;tymologiquement fond&#xe9;, comme sujet-assujetti &#xe0; l&apos;autorit&#xe9; de la Loi, sociale ou morale. En introduisant le discours analytique Freud a passablement compliqu&#xe9; les choses puisqu&apos;&#xe0; c&#xf4;t&#xe9;, ou sous le sujet conscient il faut d&#xe9;couvrir et assumer un sujet inconscient, ou un sujet de l&apos;inconscient : l&apos;individu est doublement ali&#xe9;n&#xe9;, structurellemnt pourrait-on dire, &#xe0; la culture, aux lois de la soci&#xe9;t&#xe9; devant qui il est responsable(Durkheim) et aux lois du langage, cet Autre symbolique dont la structure d&#xe9;termine en grande partie sa pens&#xe9;e, sa parole et son action. D&#xe8;s lors la question de la libert&#xe9; devient extr&#xe8;mement difficile, voire inextricable, ce qui fait peut-&#xea;tre les d&#xe9;lices du psychanalyste, mais du patient la corv&#xe9;e quasi infinie. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour la pens&#xe9;e classique le sujet est sujet de la connaissance et de l&apos;action, ce qui implique imm&#xe9;diatement la notion d&apos;objet. Je pense quelque chose, je dis quelque chose, je fais quelque chose. ou encore : &amp;quot;Toute conscience est conscience de quelque chose&amp;quot; (Sartre). La puissance percevante et pensante de la conscience se donne imm&#xe9;diatement un objet de pens&#xe9;e, ou de perception. J&apos;ouvre les yeux, je vois le monde. Je ferme les yeux, je vois mes images int&#xe9;rieures. Pas d&apos;exception &#xe0; cette loi. Sujet et objet sont li&#xe9;s d&apos;une mani&#xe8;re imm&#xe9;diate et n&#xe9;cessaire, l&apos;un ne peut se concevoir sans l&apos;autre, d&#xe8;s lors que s&apos;est op&#xe9;r&#xe9;e cette &amp;quot;scission&amp;quot; fondamentale qui nous s&#xe9;pare de l&apos;englobant originel, par la naissance, et surtout par l&apos;acc&#xe8;s au langage. (Le mot &amp;quot;tue&amp;quot; la chose, donc la pose comme objet devant moi).&amp;nbsp; Cette scission est ind&#xe9;passable &#xe0; la conscience ordinaire, celle qui fonde notre habitus, notre vie empririque, notre savoir et notre conduite. Je ne sais s&apos;il faut admettre avec les Tao&#xef;stes que l&apos;on peut d&#xe9;passer cette conscience dans l&apos;unit&#xe9; retrouv&#xe9;e du Tao, mais de toute fa&#xe7;on il s&apos;agirait d&apos;une conscience diff&#xe9;rente, on d&apos;un &#xe9;tat modifi&#xe9; de conscience ( EMC), ce qui ne change donc rien &#xe0; notre th&#xe8;se.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sujet-objet. Objet-sujet. C&apos;est le sch&#xe9;ma de la connaissance empirique et scientifique. C&apos;est ausssi le mod&#xe8;le classique par excellence, celui sur lequel nous vivons encore dans la pratique, m&#xea;me si nous sentons bien quelque part qu&apos;elle est pour le moins simpliste et contestable.&amp;nbsp; Le sujet per&#xe7;oit-il en v&#xe9;rit&#xe9; un objet distinct de lui, ou bien pro-jette-t-il sur l&apos;objet ses propres images, ses contenus de pens&#xe9;e, ses &#xe9;motions et ses attentes? Perception ou projection? Cela est vrai m&#xea;me pour le scientifique quand il observe et th&#xe9;orise. Les m&#xe9;decins d&apos;autrefois refusaient de se laver les mains apr&#xe8;s une op&#xe9;ration et transmettaient les microbes morbides d&apos;un patient &#xe0; l&apos;autre. Ils ne pouvaient admettre qu&apos;il exist&#xe2;t de minuscules animalcules invisibles qui causaient les contagions. Einstien ne pouvait penser que Dieu joue aux d&#xe9;s, refusait le hasard ou les explications multiples. Toujours le sujet pose un objet qu&apos;il croit &amp;quot;objectif&amp;quot;, ce mirage de la conscience claire, ignorante des lois secr&#xe8;tes qui la conditionnent. Voir Spinoza : on se croit libre faute de conna&#xee;tre les d&#xe9;terminations subies par la conscience. Plus grave encore : la connaissance classique pose un sujet transcendantal, pur de toute passion, de tout d&#xe9;sir, de toute inclination humaine, une sorte de dieu-homme souverainelment libre et connaissant. Mais o&#xf9; est pass&#xe9; le vrai sujet&apos;, celui du d&#xe9;sir inconscient? Lacan aura raison de souligner le fait que la science repose sur la forclusion du sujet : poser une conscience souveraine et lucide absolument revient &#xe0; &#xe9;liminer le sujet de l&apos;inconscient par un acte fondateur de forclusion: o&#xf9; je pense (comme conscience lucide) je ne suis pas (comme sujet d&#xe9;sirant). En un sens la science op&#xe8;re un remarquable d&#xe9;ni quasi psychotique : en entrant dans mon laboratoire &amp;quot;je&amp;quot; disparais comme sujet, je ne suis plus que lumi&#xe8;re divine &#xe0; l&apos;&#xe9;clairage des choses. Mythe f&#xe9;cond, c&apos;est &#xe9;vident, mais dont les limites et les impens&#xe9;s sont redoutables. Il revient &#xe0; poser un absolu qui se referme sur lui-m&#xea;me, autovalid&#xe9;, dont l&apos;humain serait pour ainsi dire exclu sans reste. La science plus r&#xe9;cente fera le proc&#xe8;s de cette illusion en r&#xe9;introduisant des variables li&#xe9;es &#xe0; l&apos;existence et &#xe0; la position de l&apos;observateur. Pas d&apos;observation sans observateur qui modifie peut-&#xea;tre les faits observ&#xe9;s. Mais en toute rigueur, cet observateur r&#xe9;introduit dans la champ de la recherche reste un sujet cart&#xe9;sien, suppos&#xe9; pur de tout d&#xe9;sir, figure r&#xe9;dim&#xe9;e de l&apos;asc&#xe9;tisme de la connaissance.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En fait, pour d&#xe9;passer le mod&#xe8;le classique de la compl&#xe9;mentarit&#xe9; sujet-objet il ne faut pas r&#xea;ver d&apos;une improbable r&#xe9;unification dans l&apos;absolu transcendant (LA VERITE), mais admettre plus prosa&#xef;quement l&apos;existence d&apos;un d&#xe9;chet, d&apos;un impens&#xe9;, voire d&apos;un impensable, une sorte de produit in&#xe9;vitable de la division originaire. Sujet, objet, ab-jet - ou &amp;quot;abject&amp;quot;, dans un sens &#xe9;videmment tr&#xe8;s sp&#xe9;cial. Je vais voir mon m&#xe9;decin et lui d&#xe9;cline mes troubles. Il diagnostique une colopathie.(Objet d&apos;observation : les sympt&#xf4;mes, &#xe9;tablissement d&apos;un bilan clinique selon les r&#xe8;gles de la rigueur scientifique) Pour moi, cette &amp;quot;objectivit&#xe9;&amp;quot; me donne &#xe9;videmment un savoir relativement cr&#xe9;dible, mais je partirai immanquablement avec un &amp;quot;reste&amp;quot;, ou un &amp;quot;restant&amp;quot;. N&apos;ai-je pas oubli&#xe9; de parler d&apos;autres sympt&#xf4;mes qui modifieraient le diagnostic? M&apos;a-t-il bien &#xe9;cout&#xe9; et surtout, entendu? Est-il comp&#xe9;tent? A-t-il pris le temps n&#xe9;cessaire &#xe0; une observation clinique s&#xe9;reuse? Apr&#xe8;s tout il n&apos;est pas dans ma peau, il ignore mon pass&#xe9; et mon v&#xe9;cu, il raisonne du g&#xe9;n&#xe9;ral vers le particulier. Il y a peut-&#xea;tre des cellules canc&#xe9;reuses dans mon intestin? Etc. Bref, soup&#xe7;on, &#xe9;motion, attente en partie d&#xe9;&#xe7;ue, facteurs irrationnels, d&#xe9;sir de tout comprendre et de tout expliquer chez le sp&#xe9;cialiste, oubli vraisemblable de certaines donn&#xe9;es pour lesquelles il faudrait des analyses interminables et finalement hasardeuses - que vaut un diagnostic? Sans compter les facteurs interrelationnels, si importants dans une consultation. Sans parler des dispositions id&#xe9;ologiques, religieuses et autres qui peuvent d&#xe9;former la vision du scientifique le plus sourcilleux, et pas seulement le m&#xe9;decin ou le th&#xe9;rapeute. On nage en pleine incertitude. Dans mon langage : il y a du d&#xe9;chet, de l&apos;abjet, du rejet (conscient ou inconscient) du pas-tout, du ratage, de l&apos;erratique, et dans tout syst&#xe8;me, n&#xe9;cessairement des failles du fait d&apos;un non examen des innombrables connexions, variations, interd&#xe9;pendances, corr&#xe9;lations et exclusions faites sans savoir pour boucler le syst&#xe8;me. L&apos;Ab-jet reviendra sous d&apos;autres formes et d&apos;autres visages. Retour du refoul&#xe9;. R&#xe9;injection de la d&#xe9;jection. Introjection de l&apos;abjet- voire de l&apos;ab-ject?&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;abject d&#xe9;signe dans notre langue ce qu&apos;il faut rejeter pour cause d&apos; irrecevabilit&#xe9; morale ou sociale, avec une connotation extr&#xea;mement n&#xe9;gative. L&apos;abject rejoint l&apos;innommable, l&apos;horrible, le condamnable sans &#xe9;quivoque possible, le d&#xe9;go&#xfb;t extr&#xea;me, l&apos;inhumain, la trahison, la veulerie, la cruaut&#xe9;, la barbarie la plus sanguinaire et la plus d&#xe9;go&#xfb;tante. Il r&#xe9;sonne dans ce terme les relents putrides de l&apos;analit&#xe9; indompt&#xe9;e, avec sa violence primaire, sa salet&#xe9; insupportable, ses odeurs pestilentielles, son animalit&#xe9; in&#xe9;ducable. L&apos;Abject c&apos;est avant tout l&apos;immondice, l&apos;immonde, le sadique-anal, ce qui passe &#xe0; la cuvette. Si nous mettons de c&#xf4;t&#xe9; un instant le d&#xe9;go&#xfb;t que nous inspire cette &#xe9;vocation nous pourrons admettre sans difficult&#xe9; l&apos;id&#xe9;e qu&apos;il n&apos;y a pas d&apos;organisme vivant, pas d&apos;individualit&#xe9;, pas de soci&#xe9;t&#xe9;, pas de syst&#xe8;me politique, pas de th&#xe9;orie universelle qui n&apos;ait sa part d&apos;Abje(c)t : n&#xe9;cessit&#xe9; de l&apos;&#xe9;vacuation pour rouvrir le syst&#xe8;me clos, n&#xe9;cessit&#xe9; du trou pour garantir les &#xe9;changes, de la faille pour r&#xe9;veiller la conscience, de l&apos;&#xe9;chec parteil ou du ratage pour f&#xe9;conder l&apos;avenir. Pas de vie sans Abjection. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On dira que l&apos;Abjection est le n&#xe9;gatif en lui-m&#xea;me. On pr&#xe9;f&#xe9;rera la beaut&#xe9;, l&apos;&#xe9;l&#xe9;vation, le sublime. Mais&amp;nbsp; chercher la beaut&#xe9; c&apos;est se vouer n&#xe9;cessairement &#xe0; l&apos;Abject, ce dont t&#xe9;moigne admirablement l&apos;oeuvre de Baudelaire. Pas de nonne sans putain. Parfois les deux figures n&apos;en font qu&apos;une, comme dans la prostitution des Anciens. Disons pour conclure provisoirement: le sujet croit isoler l&apos;objet objectif, il ignore ses propres pr&#xe9;suppos&#xe9;s subjectifs en posant l&apos;objet dans une illusoire clart&#xe9; de m&#xe9;thode. Ce faisant il produit malgr&#xe9; lui, s&apos;il vise un id&#xe9;al de beaut&#xe9;, de v&#xe9;rit&#xe9;, de moralit&#xe9; ou de connaissance, un abjet, dont l&apos;abject est la figure &#xe0; la fois embl&#xe9;matique et caricaturale.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;PS Sujet, objet, abjet, abjection, rejet, d&#xe9;jection, projet, projection, introjection, r&#xe9;trojection, que de &amp;quot;jets&amp;quot; dans le devenir du conatus, ou de la libido si vous pr&#xe9;f&#xe9;rez, pour la continuation de la vie bien s&#xfb;r, mais aussi, dans les d&#xe9;rives du clinamen et les tourbillons, pour la volupt&#xe9;!&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 23 Jun 2008 09:41:00 GMT</pubDate></item><item><title>DE  VITA  CONTEMPLATIVA  III</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/20/9644921.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/20/9644921.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9644921/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/20/9644921.html</guid><description>&lt;p&gt;Quelles sont les modalit&#xe9;s de la contemplation philosophique? J&apos;en distinguerai trois.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;L&apos;intellection, la contemplation proprement dite et la m&#xe9;ditation.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;intellection d&#xe9;signera ici l&apos;activit&#xe9; de penser telle qu&apos;elle est pratiqu&#xe9;e par les philosophes depuis D&#xe9;mocrite c&apos;est &#xe0; dire la recherche de la d&#xe9;finition exacte dans un champ de r&#xe9;alit&#xe9; clairement d&#xe9;limit&#xe9;, l&apos;&#xe9;laboration du concept en relation diff&#xe9;rentielle avec les concepts voisins, le travail dialectique, la classification, le d&#xe9;veloppement discursif, la cr&#xe9;ation in fine d&apos;un univers conceptuel coh&#xe9;rent qui ouvre une perspective nouvelle sur le R&#xe9;el. C&apos;est en ce sens que Spinoza fait l&apos;&#xe9;loge de la &amp;quot;ratio&amp;quot; oppos&#xe9;e &#xe0; l&apos;opinion, &#xe0; l&apos;humeur et aux passions. Deleuze dira encore plus justement que l&apos;activit&#xe9; du philosophe est de cr&#xe9;er des concepts et que la validit&#xe9; d&apos;une philosophie se reconna&#xee;t &#xe0; cette aptitude de l&apos;auteur &#xe0; &#xe9;laborer une visoion du monde qui interpelle et ouvre de nouveaux champs de recherche. Je n&apos;ai rien &#xe0; ajouter, tant cela est &#xe9;vident pour un praticien de la philosphie. Sauf que ce n&apos;est, &#xe0; mon avis, qu&apos;une potentialit&#xe9; parmi d&apos;autres, dominante en Occident, cela va de soi, n&#xe9;cessaire sans aucun doute pour assurer les bases d&apos;un travail s&#xe9;rieux, mais qui ne repr&#xe9;sente peut-&#xea;tre qu&apos;une option, qu&apos;un type de regard, celui de la relation sujet-objet, et &#xe0; ce titre relativement cl&#xf4;tur&#xe9;. Les plus grandes pens&#xe9;es, comme celle de Spinoza ou de Schopenhauer, distinguent soigneusement le point de vue rationnel (plus efficace en fin de compte dans les sciences) et le point de vue intuitif, dont le concept ne saurait &#xe9;puiser le contenu, et qui rel&#xe8;ve finalement d&apos;une approche plus globale et englobante. C&apos;est ainsi que Bergson oppose le temps et la dur&#xe9;e, le temps math&#xe9;matique, calculable, temps de la vie sociale et de la science, calqu&#xe9; sur l&apos;approche de l&apos;espace - et d&apos;autre part la dur&#xe9;e comme &amp;quot;m&#xe9;lodie&amp;quot;, changement ininterrompu, processus cr&#xe9;ateur et inventif. Cet exemple nous permet de passer de l&apos;intellection &#xe0; la contemplation.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;intellection isole, d&#xe9;coupe, discrimine, juge, conceptualise et finalment r&#xe9;ifie ce qu&apos;elle touche: elle s&apos;ach&#xe8;ve dans un savoir syst&#xe9;matis&#xe9; d&apos;o&#xf9; le sujet est absent, ainsi que la dur&#xe9;e, et en poussant les choses &#xe0; l&apos;extr&#xe8;me, le R&#xe9;el dans son surgissement cr&#xe9;ateur, hasardeux, impr&#xe9;visible et &amp;quot;quantique&amp;quot;. Chez Bergson la dur&#xe9;e n&apos;est plus un objet de pens&#xe9;e au sens conceptuel, mais une sorte de r&#xe9;v&#xe9;lation, de r&#xe9;volution dans l&apos;appr&#xe9;hension des &amp;quot;choses&amp;quot;, non des &amp;quot;objets&amp;quot; qui rel&#xe8;vent, eux, de la pens&#xe9;e discursive. La dur&#xe9;e, cela s&apos;&#xe9;prouve dans un corps sentant et vibrant, dans une conscience ouverte aux changements infinit&#xe9;simaux, aux infimes modulations de la vie, &#xe0; la fois interne et externe, comme une m&#xe9;lodie qui se d&#xe9;ploie aussi bien dans la conscience sensible et intuitive que dans l&apos;univers &amp;quot;vivant&amp;quot;, vaste symphonie cosmique, dont la science physique ne nous donne qu&apos;une partition fig&#xe9;e et incompl&#xe8;te. L&apos;intuition bergsonienne est participative. Il ne s&apos;agit plus du monotone dialogue d&apos;un sujet qui croit ma&#xee;triser un objet, pr&#xe9;alablement d&#xe9;fini et scl&#xe9;ros&#xe9; dans une d&#xe9;finition (une &amp;quot;finition&amp;quot;) mais d&apos;un processus qui inclut le &amp;quot;sujet&amp;quot;( faut-il encore parler de &amp;quot;sujet&amp;quot;?) dans l&apos; observation elle-m&#xea;me, organisme vivant dont l&apos;observation participe, non comme un deus ex machina, mais comme &#xe9;l&#xe9;ment cosubstantiel du tout. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;attitude mentale de la contemplation est omni-accueillante, sans discrimination, sans concept. Kant en parle fort bien, mais uniquement pour l&apos;exp&#xe9;rience esth&#xe9;tique qui &#xe9;chappe au principe de raison. Mais il est d&#xe9;j&#xe0; beau qu&apos;il puisse admettre une approche sp&#xe9;cifique des &amp;quot;choses&amp;quot; de l&apos;art, dans l&apos;activit&#xe9; du go&#xfb;t, source d&apos;un plaisir d&#xe9;sint&#xe9;ress&#xe9;. Rien ne nous oblige &#xe0; cette r&#xe9;duction l&#xe0;, et on peut, comme le fait Bergson, et comme le faisaient les Anciens, donner &#xe0; la contemplation une sorte de pr&#xe9;s&#xe9;ance universelle. Pourquoi &#xe9;liminer l&apos;intuition sous pr&#xe9;texte de subjectivit&#xe9;, quand la rationnalisation n&apos;est autre chose qu&apos;une subjectivit&#xe9; collective, partag&#xe9;e, conventionnelle en un mot. Pour acc&#xe9;der au niveau de la contemplation il faut avoir mesur&#xe9; les limites de la conceptualisation, et le pyrrhonisme nous en donne une remarquable le&#xe7;on qui irritera le scientifique et le croyant tout aussi bien.( Descartes et Pascal) &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour moi donc j&apos;aime contempler. Cela peut &#xea;tre une chose commune, une source, un feu de bois, le vol du h&#xe9;ron, l&apos;amoncellemnt des nuages, la limpidit&#xe9; du ciel et de la mer Eg&#xe9;e, les charmants petits ports de Bretagne, mais aussi la laideur et la tristesse incommensurable des banlieues ou le voile noir de la m&#xe9;lancolie. Peu importe, puique ce n&apos;est pas un objet que je contemple, mais &#xe0; travers lui cette &amp;quot;chose&amp;quot; en relation impermanente avec toutes choses, et en ouvrant le couvercle, l&apos;univers, et le Tout. Le tout est dans la partie. Dans le Kairos contemplatif le vol de l&apos;oiseau est monde, univers d&#xe9;chir&#xe9;, trou&#xe9;e d&apos;espace, ciel donn&#xe9; &#xe0; voir et &#xe0; sentir, &#xe9;p&#xe9;e de lumi&#xe8;re et r&#xe9;v&#xe9;lation. Le tout sans mysticisme aucun, sans rationnalisation ni d&#xe9;monstration. La Chose ouvre au Tout, c&apos;est cela la contemplation. Qu&apos;en tirons nous? Aucun savoir, c&apos;est &#xe9;vident. Aucune th&#xe9;orie nouvelle. Rien, en somme, si ce n&apos;est cette extraordinaire conscience de l&apos;impermanence universelle, de l&apos;interd&#xe9;pendance, de la mortalit&#xe9; immortelle, ou pour parler comme H&#xe9;raclite, nous red&#xe9;couvrons que le jour est nuit et que la nuit est jour, que l&apos;aller et le retour sont une seule et m&#xea;me dur&#xe9;e, et que d&apos;une certaine mani&#xe8;re tout surgit, se d&#xe9;veloppe et s&apos;abolit pour rena&#xee;tre et p&#xe9;rir sans fin.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cela encore reste &#xe0; peu pr&#xe8;s formulable, encore qu&apos;on ne sache plus tr&#xe8;s bien si on est en philosophie ou en po&#xe9;sie. Mais que vaut ici cette traditionnelle&amp;nbsp; distinction? Elle ne valait ni pour Emp&#xe9;docle ni pour H&#xe9;raclite. Elle ne vaut pas pour moi. Au del&#xe0; nous entrons dans le troisi&#xe8;me genre de connaissance : la m&#xe9;ditation.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La contemplation, de par sa d&#xe9;marche propre, nous induit tout naturellemnt &#xe0; nous asseoir, &#xe0; surseoir &#xe0; tout pens&#xe9;e et pr&#xe9;occupation, &#xe0; faire retraite en nous-m&#xea;me, en accord avec le ressenti contemplatif, &#xe0; le prolonger, l&apos;approfondir par la r&#xe9;ceptivit&#xe9; maximale dont nous soyons capable. Pour cela on pourra pr&#xe9;f&#xe9;rer la position assise, &#xe0; l&apos;orientale si on peut, mais une chaise aussi peut faire l&apos;affaire. Laisser entrer profond&#xe9;ment dans le corps la vivacit&#xe9; des sensations, accueillir images, symboles, &#xe9;motions, sans r&#xe9;fl&#xe9;chir, sans analyser, laisser se d&#xe9;ployer toute cette imagerie mentale, jusqu&apos;&#xe0; l&apos;&#xe9;puisement naturel des associations. L&apos;attention au respir, men&#xe9;e avec pers&#xe9;v&#xe9;rance, nous conduira bient&#xf4;t dans ces prairies du calme, calme du corps et du coeur, pr&#xe9;sidant &#xe0; l&apos;apaisement du mental, de ses &#xe9;motions et de ses images. Alors la m&#xe9;ditation peut commencer, c&apos;est &#xe0; dire, ici, l&apos;acceptation du &amp;quot;rien faire&amp;quot; dans la b&#xe9;atitude progressive de la vacuit&#xe9;. Les limites se dissolvent, limites du corps et le pens&#xe9;e, on se laisse doucement glisser dans une sorte d&apos;oc&#xe9;an sans bordure.. Le moi, cet ennemi n&#xe9;cessaire mais encombrant de notre vraie nature, apprend au moins &#xe0; se rel&#xe2;cher et &#xe0; se taire quelques pr&#xe9;cieux instants. Cette exp&#xe9;rience du vide peut &#xea;tre terrifiante : c&apos;est que vous n&apos;&#xea;tes pas pr&#xea;ts : remettez &#xe0; plus tard. Elle sera d&#xe9;licieuse au del&#xe0; de toute volupt&#xe9; dans certains moments o&#xf9; ni temps ni dur&#xe9;e n&apos;ont plus la moindre signification: vous &#xea;tes revenus &#xe0; l&apos;origine de toutes choses. Souvent la m&#xe9;ditation s&apos;av&#xe8;rera d&#xe9;cevante. Cela aussi en fait partie. Vous apprenez &#xe0; cohabiter avec l&apos;ennui, la fatigue, l&apos;exaltation, la col&#xe8;re et l&apos;angoisse. Une seule r&#xe8;gle: r&#xe9;gularit&#xe9;, sans obstination ni vouloir. Ne pas vouloir est souvent plus difficile que vouloir. Ecole de renoncement et de d&#xe9;cantation la m&#xe9;ditation noous enseigne une sorte de placidit&#xe9;, de simplicit&#xe9;, de naturel que l&apos;on ne peut gu&#xe8;re atteindre par d&apos;autres voies. Aussi fait-il s&apos;&#xe9;tonner, et s&apos;indigner, que nul en Eurpoe n&apos;en fasse le sommet de la pyramide philosophique, comme faisait Bouddha.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On comperendra mieux mon amour inconditionnel des Anciens, ceux d&apos;avant la science et la technologie. Non par nostalgie romantique d&apos;un pass&#xe9; d&#xe9;pass&#xe9;. Mais par souci de synth&#xe8;se. Nous avons d&#xe9;velopp&#xe9; extraordinairement les sciences et la connaissance rationnelle, &#xe9;cart&#xe9; Dieu et les dieux, d&#xe9;mystifi&#xe9; le monde. Fort bien. Mais &#xe0; quel prix? Le temps est venu de r&#xe9;introduire ces dimensions anciennes et toujours actuelles de la philosophie, non pour combattre la science et la raison, mais pour rouvrir ces champs fleuris de la connaissance et de la pratique, dont le charme et la fragrance sont toujours l&#xe0;, bien que menac&#xe9;s par le monstrueux de notre mondre, et qu&apos;il importe de prot&#xe9;ger, de cultiver et de faire refleurir, comme symbole du futur.GK&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 20 Jun 2008 09:18:00 GMT</pubDate></item><item><title>DE  VITA  CONTEMPLATIVA   II</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/19/9630922.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/19/9630922.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9630922/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/19/9630922.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Passons r&#xe9;solument au plan philosophique. Et pour conmmencer, avec les Grecs, tous les Grecs, contester l&apos;opposition facile entre vita activa et vita contemplativa. Aristote par exemple d&#xe9;clare que l&apos;activit&#xe9; la plus haute et la plus noble, celle qui fait l&apos;homme de qualit&#xe9; et le vrai philosophe, cest la &amp;quot;Theoria&amp;quot;, terme difficile, que nous traduisons d&apos;ordinaire par &amp;quot;contemplation&amp;quot;. L&apos;activit&#xe9;, l&apos;authentique, pour un Grec bien n&#xe9;, c&apos;est la contemplation! Peut-on imaginer opposition plus formelle entre les Grecs et nous, obs&#xe9;d&#xe9;s par la pratique te chnologique et commerciale? Les mots parlent d&apos;eux-m&#xea;mes. De la Theoria, comme science de l&apos;esprit ouverte &#xe0; l&apos;&#xe9;tonnement, on passe tout naturellement au &amp;quot;th&#xe9;or&#xe9;tique&amp;quot; (plut&#xf4;t qu&apos;au th&#xe9;orique, qu&apos;on oppose trop facilement au pratique). La philosophie est cette discipline qui privil&#xe9;gie l&apos;attitude th&#xe9;or&#xe9;tique sur toutes les autres, ce qui ne veut pas dire vaine r&#xea;verie sur l&apos;&#xea;tre et l&apos;&#xe9;tant, mais examen rationnel du ciel et de la terre, &#xe9;tude des lois de la Physis, et plus largement encore communication intellectuelle et &#xe9;motionnelle,voire physique, avec le Tout. C&apos;est cette dimension fondamentale que la Gr&#xe8;ce tardive a elle-m&#xea;me oubli&#xe9;e au profit de la question morale (Socrate: &amp;quot;ne t&apos;occupe pas de sonder les myst&#xe8;res du ciel et des profondeurs, mais cherche en toi la v&#xe9;rit&#xe9; &#xe9;ternelle). Dimension &#xe0; jamais perdue en raison du divorce entre contemplation&amp;nbsp; et sciences naturelles, fig&#xe9; comme tel dans la conscience moderne, jusqu&apos;&#xe0; aujourd&apos;hui.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si l&apos;on veut comprendre sinc&#xe8;rement ce qu&apos;&#xe9;tait la Theoria pour les Grecs il faut convoquer les penseurs-po&#xe8;tes d&apos;avant Socrate, comme le firent H&#xf6;lderlin et Nietzsche, avant Heidegger. Tous les textes conserv&#xe9;s des Emp&#xe9;docle, H&#xe9;raclite, Parm&#xe9;nide, voire D&#xe9;mocrite sont des &amp;quot;Peri physeos&amp;quot; c&apos;est &#xe0; dire des trait&#xe9;s sur la nature, entendue non comme extension mat&#xe9;rielle &#xe0; la mani&#xe8;re d&apos;un Descartes, mais comme &#xe9;nergie fondamentale de l&apos;univers, croissance (sens premier du mot physis&amp;quot;), d&#xe9;veloppement, vie et mort universelles. Citons D&#xe9;mocrite : &amp;quot;Je parlerai du Tout&amp;quot; ( to pan). Le Tout ce n&apos;est pas seulement la mati&#xe8;re et le vide, c&apos;est aussi le temps, l&apos;&#xe9;ternit&#xe9;, l&apos;occasion, ou,&amp;nbsp; pour parler grec : Aion, Chronos et Kairos. C&apos;est l&apos;ensemble incommensurable des astres, des mondes n&#xe9;s et p&#xe9;rissables, de notre petit monde, avec ses herbages, ses oc&#xe9;ans, ses animaux, ses hommes et ses dieux. Bref, le Tout est Tout. Rien n&apos;&#xe9;chappe, de par la nature m&#xea;me de la nature, &#xe0; la nature, &#xe0; ses lois et &#xe0; ses inventions impr&#xe9;visibles, &#xe0; sa force cr&#xe9;atrice infinie. C&apos;est cela la Theoria : contemplation bien s&#xfb;r, mais non pas d&apos;un &#xe9;l&#xe9;ment au d&#xe9;triment d&apos;un autre, mais du Tout comme Tout. Rien n&apos;&#xe9;chappoe &#xe0; l&apos;investigation du sage, ni l&apos;origine des sources de montagne, ni les nuages, ni les attributs des dieux, ni les passions de l&apos;&#xe2;me, ni l&apos;essence de la volupt&#xe9;. &amp;quot;Je perlerai du Tout, mais aussi : je parlerai de tout&amp;quot;. C&apos;&#xe9;tait l&apos;extraordinaire programme de D&#xe9;mocrite, le plus savant de tous les Grecs, qu&apos;on a outrageusement vilipend&#xe9;, pill&#xe9;, &#xe9;mascul&#xe9;, enseveli sous les fanfaronnades platoniciennes et aristot&#xe9;liciennes. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette extraordinaire vision du Tout nous la trouvons encore chez Epicure, avant que, dans un ultime flamboiement, Lucr&#xe8;ce n&apos;en fixe les contours dans son &amp;quot;De natura rerum&amp;quot;, oeuvre absolue, et d&apos;autant plus &#xe9;tonnante qu&apos;elle fait resplendir dans sa splendeur la pens&#xe9;e grecque dans un langage latin. Mais voyez comment il parle d&apos;Epicure, &amp;quot;cet H&#xe9;rakl&#xe8;s, ce dieu, oui ce dieu parmi les hommes!&amp;quot;. Mais d&#xe9;j&#xe0;, malgr&#xe9; lui et son grand ma&#xee;tre, l&apos;esprit de la theoria a v&#xe9;cu. &lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour plus de clart&#xe9; il faut soigneusement distinguer la contemplation religieuse de la contemplation philosophique. Ici on peut &#xe0; la rigueur parler des dieux, mais nous savons bien, entre nous, que nous n&apos;en parlons pas &#xe0; la mani&#xe8;re d&apos;un H&#xe9;siode ou d&apos;un Saint Fran&#xe7;ois d&apos;Assise. Nous n&apos;adorons aucune figure, f&#xfb;t-ce celle d&apos;Appolon ou de Zeus. Nous ne confondons pas nos fantasmes humains et l&apos;ordre des choses. Nous n&apos;attribuons &#xe0; nulle divinit&#xe9; le pouvoir de cr&#xe9;er ou de d&#xe9;truire, ou de guider les coeurs. Bref nous sommes totalement et d&#xe9;finitivement agnostiques. Nous v&#xe9;n&#xe9;rons l&apos;esprit scientifique, mais seulement jusqu&apos;&#xe0; un certain point. Nous ne croyons nullement en l&apos;infaillibilt&#xe9;, ni papale, ni eccl&#xe9;siale, ni mystique ni la&#xef;que. En fait nous ne croyons rien, nous ne pensons rien, nous contemplons. Et quoi, que contemplons-nous? Une seul r&#xe9;ponse possible : le Tout. Et, du Tout, l&apos;univers n&apos;est qu&apos;une image partielle, aussi la science ne peut-elle se substituer &#xe0; la sagesse &#xe9;ternelle. Pas plus que la v&#xe9;r&#xe9;ration d&apos;un dieu ne peut nous dispenser d&apos;observer le vol des martinets et des cigognes, ou de nous ab&#xee;mer dans le spectacle d&apos;un ciel moutonneux ou limpide.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Contemplation sans objet d&#xe9;fini, puisqu&apos;il s&apos;agit des &amp;quot;choses&amp;quot;, et que les choses sont partout, en dehors de nous et en nous. J&apos;ai bien ri en lisant dans un soutr&#xe2; que&amp;nbsp; Bouddha connaissait exactement le nombre des poissons dans la mer! Mais il ne s&apos;agit &#xe9;videmment pas de cela. Ce tout-savoir n&apos;est pas un savoir, en aucune mani&#xe8;re. C&apos;est plut&#xf4;t la disponibilit&#xe9; absolue &#xe0; l&apos;&#xe9;gard de toutes les choses, l&apos;accueil inconditionnel du r&#xe9;el dans toutes ses formes et ses manifestations, sans v&#xe9;ritable pr&#xe9;f&#xe9;rence affective ou passionnelle, mais avec son corps-esprit tout entier: pr&#xe9;sence inconditionnelle, acceuil inconditionnel, &#xe9;coute et vision, theoria en un mot. L&apos;esprit doit apprendre &#xe0; se taire pendant l&apos;&#xe9;coute, quitte &#xe0; travailler double apr&#xe8;s l&apos;&#xe9;coute. Mais l&apos;acc&#xe8;s au Tout ne peut se faire que dans le silence.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 19 Jun 2008 09:15:00 GMT</pubDate></item><item><title>DE VITA CONTEMPLATIVA</title><dc:creator>guy_karl</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/17/9603502.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/17/9603502.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/9603502/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2008/06/17/9603502.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;verdana, arial, helvetica, sans-serif&quot;&gt;Chaque &#xe2;ge a ses plaisirs. Moi qui fus, &#xe0; une certaine &#xe9;poque, fort port&#xe9; sur les exercices physiques et martiaux, engag&#xe9; dans la vie familiale, professionnelle, voire politique, je me retire de plus en plus &#xe0; l&apos;ombre, sur la terrasse de mon appartement qui donne sur les arbres et les jardins, et, en pleine ville lorraine, je me sens citoyen d&apos;une ancienne Ath&#xe8;nes, comme Epicure, dans un retrait douillet et bienheureux. Tout serait parfait si je parvenais &#xe0; me r&#xe9;former davantage, &#xe0; penser moins et &#xe0; go&#xfb;ter davantage. J&apos;ai l&apos;&#xe2;ge o&#xf9; il faudrait passer du &amp;quot;sapere&amp;quot;-savoir (homo sapiens) &#xe0; &amp;quot;sapere&amp;quot;-saveur (homo estheticus et meditativus). Mais je ne sais quoi d&apos;amer reste au fond de mon &#xe2;me, qui semble faire corps avec moi, comme un Autre, un Avec intime, n&#xe9; avec moi, double dramatique, et qui ne me l&#xe2;che jamais longtemps. Je suis mon propre laboratoire de&amp;nbsp; philoth&#xe9;rapie - et je m&apos;irrite de faire si peu de progr&#xe8;s vers la s&#xe9;r&#xe9;nit&#xe9;. Au moins aurai-je appris l&apos;humilit&#xe9;, la tol&#xe9;rance, la d&#xe9;fiance &#xe0; l&apos;&#xe9;gard des savoirs et des m&#xe9;thodes, et une sorte de n&#xe9;gativit&#xe9; int&#xe9;rieure, qui ne me rend pas heureux mais qui me prot&#xe8;ge de tout &amp;quot;collage&amp;quot; mental durable. &amp;quot;Le mol oreiller&amp;quot; de Montaigne, retiss&#xe9; par mes soins, avec la d&#xe9;licatesse des petits doigts d&apos;une f&#xe9;e! Position fort banale au demeurant, et si banale qu&apos;elle en devient presque pittoresque! (pardonnez la rime, mais je n&apos;ai pas os&#xe9; contredire mon g&#xe9;nie int&#xe9;rieur qui me dictait ce mot-l&#xe0; et pas un autre). Cela dit j&apos;ai conscience que la route n&apos;est pas achev&#xe9;e. Il reste en core &#xe0; conqu&#xe9;rir ce sourire du non-attachement qui fait la beaut&#xe9; des bouddhas. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour autant je ne suis pas &#xe9;tranger au monde. Je n&apos;ai rien d&apos;un ermite, mais pas davantage d&apos;un stylite &#xe9;gar&#xe9; au sommet de sa colonne d&apos;exhibition. Je vis en ville. Je vais au caf&#xe9;, au restaurant, aux conf&#xe9;rences, au cin&#xe9;ma. J&apos;anime des caf&#xe9;-philo et des ateliers. Et j&apos;en ferais bien davantage si le public m&apos;en demandait encore. Mais il y a peu de gens int&#xe9;ress&#xe9;s sinc&#xe9;rement par la philosophie, ce que je comprends parfaitement au souvenir de mes ann&#xe9;es de lyc&#xe9;e et de facult&#xe9;, plus enclines &#xe0; vous endormir qu&apos;&#xe0; vous r&#xe9;veiller. Le meilleur je le dois &#xe0; mon temp&#xe9;ramant anxieux, mais curieux, schopenhauerien, avec cette extraordinaire go&#xfb;t de la lucidit&#xe9;, cette misanthropie native et cette sagacit&#xe9; qui faisaient la gloire de l&apos;oncle Arthur! J&apos;ai plus appris en m&apos;observant, en comparant mes exp&#xe9;riences avec celles de mes pr&#xe9;d&#xe9;cesseurs ou amis &#xe9;ventuels, et enfin dans la lecture, dont je suis un pratiquant plut&#xf4;t fantasque et cavalier. Au total je suis assez ignorant sur bien des points, mais je ne vois pas que l&apos;ignorance, sauf &#xe0; &#xea;tre bestiale, g&#xea;ne vraiment l&apos;inventivit&#xe9;, au contraire. Pensez &#xe0; Emp&#xe9;docle, H&#xe9;raclite ou Pyrrhon! De pauvres ignorants en toutes choses, mais quels g&#xe9;nies de la pens&#xe9;e et du langage! La pens&#xe9;e jaillit des profondeurs ou s&apos;&#xe9;teint &#xe0; jamais dans la vaine curiosit&#xe9; ou le dogmatisme.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J&apos;ai opt&#xe9; pour la vita contemplativa, apr&#xe8;s avoir pratiqu&#xe9;, souvent malgr&#xe9; moi, la vita activa. Aujourd&apos;hui, plus qu&apos;un droit et un loisir m&#xe9;rit&#xe9;, c&apos;est une n&#xe9;cessit&#xe9; int&#xe9;rieure, &#xe0; condition de la mettre en relation avec une certaine pr&#xe9;sence au monde, qu&apos;elle doit f&#xe9;conder. Et qui stimulera en retour. Je ne voudrais pas finir en Jean Jacques fuyant le monde pour de pauvres ruminations parano&#xef;des! J&apos;entends bien m&#xe9;diter, r&#xea;ver, &#xe9;crire, penser, enseigner m&#xea;me &#xe0; l&apos;occasion, garder le contact et cultiver l&apos;amiti&#xe9;. Epicurien en cela, souverainement, m&#xea;me si je ne vis pas dans une communaut&#xe9; philosophique comparable au Jardin d&apos;Ath&#xe8;nes ou d&apos;Oenanda. Ath&#xe8;nes est dans mon coeur, non celle que j&apos;ai visit&#xe9;e jadis, pauvre amoncellement de maisons sales et de ruines glorieuses, mais celle qui vit &#xe9;ternellement dans l&apos; imagination des sages! Si j&apos;&#xe9;tais pr&#xe9;tentieux, mais il faut bien l&apos;&#xea;tre un peu, je dirais &amp;quot;Ath&#xe8;nes est avec moi, Ath&#xe8;nes est l&#xe0; o&#xf9; je suis&amp;quot;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 17 Jun 2008 09:26:38 GMT</pubDate></item></channel></rss>