<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>LE JARDIN PHILOSOPHE</title><link>http://guykarl.canalblog.com/</link><description>Recherche et pratique de la philosophie comme th&#xe9;rapie existentielle et de la po&#xe9;sie comme cr&#xe9;ation dans l&apos;ordre du langage</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sun, 15 Nov 2009 16:01:33 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>MYTHOS : du sens originaire de la V&#xe9;rit&#xe9;</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/13/15782609.html</link><category>PROMENADES PHILOSOPHIQUES : antquit&#xe9; et modernit&#xe9;</category><category>aletheia</category><category>Hom&#xe8;re</category><category>H&#xe9;siode</category><category>le po&#xe8;te</category><category>ma&#xee;tre de v&#xe9;rit&#xe9;</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/13/15782609.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15782609/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/13/15782609.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On aurait grand tort de n&#xe9;gliger le MYTHOS, cette forme dite archa&#xef;que de pens&#xe9;e, telle qu&apos;elle nous est accessible dans les textes d&apos;Hom&#xe8;re, d&apos;H&#xe9;siode ou de Sappho, chez qui r&#xe9;sonne encore la voix des anciennes paroles divines, et dans la trag&#xe9;die, toute p&#xe9;trie de r&#xe9;cits mythiques. Il est trop facile de sourire de ces constructions mentales irrationnelles, embrouill&#xe9;es et r&#xe9;p&#xe9;titives en quoi se d&#xe9;lectaient les hommes de l&apos;&#xe2;ge de bronze. La tradition philosophique oppose r&#xe9;solument LOGOS &#xe0; MYTHOS, et pr&#xe9;tend de Logos seul tirer l&apos;essence de la philosophie naissante. C&apos;est un discours convenu et facile qui fait d&#xe9;marrer la pens&#xe9;e proprement dite avec Thal&#xe8;s et Anaximandre, rejetant toutes les conceptions ant&#xe9;rieures dans les t&#xe9;n&#xe8;bres du Tartare philosophique. On dirait, &#xe0; suivre cette tradition universitaire unaniment consacr&#xe9;e, que la philosophie tombe pour ainsi dire du ciel, &#xe0; moins qu&apos;elle ne se soit extraite, comme Ath&#xe9;na florissante de force et de beaut&#xe9;, de la cuisse ou de la t&#xea;te de Zeus! Processus &#xe9;minemment id&#xe9;aliste, qui fait sans vergogne l&apos;impasse sur le fond(s) originel et originaire de la culture grecque, laquelle s&apos;exprime&amp;nbsp; avec une vigueur troublante dans le foisonnement du mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&apos;est oublier surtout qu&apos;avant de d&#xe9;signer ce que nous appelons avec une certaine condescendance le &amp;quot;mythe&amp;quot; et la &amp;quot;mythologie&amp;quot; ce terme de MYTHOS signifie originellement : parole, discours, r&#xe9;cit. Aucun doute que pour les po&#xe8;tes qui le nomment et le fixent dans leurs r&#xe9;cits, MYTHOS est l&apos;expression de la V&#xe9;rit&#xe9; : ALETHEIA. La fonction du po&#xe8;te est fondatrice, c&apos;est lui qui conna&#xee;t la geste divine, les origines et les tables de transmission, c&apos;est lui qui nomme, et en nommant il conf&#xe8;re &#xe0; nouveau l&apos;existence, la pr&#xe9;sentifie et la justifie &#xe0; l&apos;infini. Nommer c&apos;est recr&#xe9;er, faire voir, assigner souverainement les places et les fonctions, les r&#xf4;les et les lots, comme fit Zeus jadis, en ces temps fabuleux de la constitution d&apos;un Kosmos ordonn&#xe9;. Le po&#xe8;te est le gardien de la v&#xe9;rit&#xe9;, le ma&#xee;tre de v&#xe9;rit&#xe9;. Ce qu&apos;il dit fait autorit&#xe9;, fonde et refonde sans tr&#xea;ve l&apos;ordre sens&#xe9; du monde, le catalogue des dieux et des monstres, des g&#xe9;nies et des h&#xe9;ros. En lui la culture se r&#xe9;g&#xe9;n&#xe8;re &#xe0; l&apos;infini, comme nous ponvons l&apos;induire de la transmission s&#xe9;culaire et fid&#xe8;le des r&#xe9;cits fondateurs. A l&apos;&#xe9;poque classique encore, il faut le rappeler avec force, tout jeune Grec est initi&#xe9; &#xe0; la parole d&apos;Hom&#xe8;re, conna&#xee;t les exploits d&apos;Achille &amp;quot;aux pieds l&#xe9;gers&amp;quot;, les ruses d&apos;Ulysse l&apos;industrieux, les charmes irr&#xe9;sistibles d&apos;Aphrodite et le pouvoir olympien des dieux. Cet univers n&apos;est nullement d&#xe9;truit dans les sp&#xe9;culations philosophiques des H&#xe9;raclite, Emp&#xe9;docle, Pindare, Pythagore ; et chez Platon encore nous sentons vibrer la corde traditionnelle, jusque dans les th&#xe9;orisations les plus &amp;quot;rationnelles&amp;quot;. J&apos;estime qu&apos;on ne peut rien saisir de l&apos;esprit de la Gr&#xe8;ce si l&apos;on se cantonne dans les &#xe9;crits tardifs des philosophes. Ce serait l&#xe0; une plante sans racine. La racine, l&apos;in&#xe9;puisable, la n&#xe9;cessaire, la f&#xe9;condante est dans MYTHOS.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce que je retiens, quant &#xe0; moi, de mes lectures, fort incompl&#xe8;tes par ailleurs, des anciens po&#xe8;tes et sages de la Gr&#xe8;ce archa&#xef;que c&apos;est le sens extr&#xea;mement aigu du tragique. La belle culture classique plus tardive s&apos;&#xe9;difie en fait sur un fond de terreur, d&apos;&#xe9;pouvante et de d&#xe9;mesure dont les accents les plus cuisants sont perceptibles &#xe0; chaque page d&apos;H&#xe9;siode. A vrai dire, chez Hom&#xe8;re, malgr&#xe9; la sauvagerie et la cruaut&#xe9; invraisemblable des affrontements guerriers, on sent poindre une sorte de pacification : les dieux sont capricieux, volages, adult&#xe8;res, jaloux et querelleurs &#xe0; l&apos;envi ; les hommes se comportent presque tous comme des sauvages, mais de-ci de-l&#xe0; appara&#xee;t une douceur, une harmonie, une sorte de tr&#xea;ve printani&#xe8;re, et partout la gr&#xe2;ce de l&apos;inspiration, l&apos;extr&#xea;me d&#xe9;licatesse de l&apos;expression et du rythme. Ces belles pages d&apos;humanit&#xe9; font entrevoir une beaut&#xe9; et un &#xe9;quilibre merveilleux. D&#xe9;j&#xe0; Hom&#xe8;re, et surtout celui de l&apos;Odyss&#xe9;e, se range sous les auspices du dieu Apollon, qui d&apos;un Archer mortif&#xe8;re et fr&#xe9;n&#xe9;tique se mue progressivement en dieu de la Musique. Le doux chant des Muses ne se cantonne pas seulement &#xe0; &#xe9;voquer la gloire immortelle des H&#xe9;ros, mais aussi la douceur du foyer, l&apos;amour de l&apos;&#xe9;pouse pour Hector qui va mourir au combat, le deuil d&apos;un vieux p&#xe8;re priv&#xe9; de son fils, et partout la belle nature, le caract&#xe8;re &amp;quot;divin&amp;quot; des &#xe9;l&#xe9;ments, le foisonnement de la vie animale et instinctive sous le regard de l&apos;&amp;quot;Aurore aiux doigts de rose&amp;quot;. Et quelle beaut&#xe9; dans l&apos;&#xe9;vocation du royaume paisible d&apos;Alkinoos, de la jouvence enamour&#xe9;e de Naisic&#xe2;a, et dans les amours turbulentes des dieux et des d&#xe9;esses! H&#xf6;lderlin avait raison : l&apos;art d&apos;Hom&#xe8;re n&apos;est plus exclusivement &amp;quot;oriental&amp;quot; et &amp;quot;aorgique&amp;quot; : le fond primitif s&apos;estompe progressivement, se sublime dans l&apos;art de la &amp;quot;pr&#xe9;sentation appolinienne&amp;quot;. D&apos;une certaine mani&#xe8;re, et contre l&apos;&#xe9;vidence historique, Hom&#xe8;re est philosophiquement et po&#xe9;tiquement plus tardif qu&apos;H&#xe9;siode.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour saisir, tenter de saisir la v&#xe9;rit&#xe9; du Mythos fondamental c&apos;est H&#xe9;siode qu&apos;il faut lire. Et c&apos;est tr&#xe8;s difficile tant nous sommes, nous modernes, conditionn&#xe9;s par les exigences d&apos;une logique binaire, d&apos;une rationalit&#xe9; &amp;quot;cart&#xe9;sienne&amp;quot;, au point de m&#xe9;conna&#xee;tre et de rater l&apos;essentiel. En fait c&apos;est en po&#xe8;te plus qu&apos;en philosophe qu&apos;il faut lire H&#xe9;siode. Et retrouver dans notre propre inconscient les traces d&apos;un &#xe2;ge qui fut, et qui, pour chaque homme venant au jour, ne cesse de refleurir dans les limbes convulsives de sa psych&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C&apos;est l&apos;Er&#xe8;be, la T&#xe9;n&#xe8;bre premi&#xe8;re qui fonde le monde. Toute culture s&apos;&#xe9;difie, et dans le monde grec c&apos;est d&apos;une &#xe9;vidence aveuglante, sur les glacis de la Grande Nuit, s&apos;extirpe laborieusement de la b&#xe9;ance premi&#xe8;re, de la barbarie et de la violence pour s&apos;&#xe9;difier pierre &#xe0; pierre dans le temple des dieux et dans le Dict du po&#xe8;te. De Mythos c&apos;est cela qu&apos;il faut tenter de comprendre.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 13 Nov 2009 10:27:00 GMT</pubDate></item><item><title>De la PUISSANCE d&apos; APHRODITE : lecture d&apos; HESIODE</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/11/15757934.html</link><category>PROMENADES PHILOSOPHIQUES : antquit&#xe9; et modernit&#xe9;</category><category>esp&#xe8;ces et genres</category><category>h&#xe9;t&#xe9;ro et homosexualit&#xe9;</category><category>libido</category><category>monstruosit&#xe9;</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/11/15757934.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15757934/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/11/15757934.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aphrodite a d&#xe9;cid&#xe9; de conna&#xee;tre le d&#xe9;sir et l&apos;amour d&apos;un mortel (Anchise). Elle se pr&#xe9;pare au grand jeu de la s&#xe9;duction. Voici le texte des Hymnes hom&#xe9;riques, attribu&#xe9; &#xe0; H&#xe9;siode. (vers 56 &#xe0; 74, Traduction de&amp;nbsp; Jean Louis Back&#xe8;s l&#xe9;g&#xe8;rement modifi&#xe9;e, Folio). Joli morceau d&apos;anthologie pa&#xef;enne:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Un d&#xe9;sir effroyable la saisit au plus profond&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle alla &#xe0; Chypre, elle entra dans son temple o&#xf9; br&#xfb;lent les parfums,&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A Paphos (elle y a un autel parfum&#xe9;, un lieu ferm&#xe9;).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle ferma les portes qui brillent et les Gr&#xe2;ces la baign&#xe8;rent&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La frott&#xe8;rent d&apos;une huile divine, l&apos;huile des dieux immortels&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Huile douce, huile d&apos;ambroisie, huile parfum&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle rev&#xea;tit son corps de tous les beaux habits qu&apos;il faut,&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle mit des parures d&apos;or, l&apos;Aphrodite au sourire,&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et, d&#xe9;laissant Chypre la parfum&#xe9;e, elle vola vers Troie&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Passant &#xe0; toute allure l&#xe0;-haut au milieu des nuages.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Et puis voici la suite, qui nous &#xe9;claire sur la puissance sempiternelle de la d&#xe9;esse :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Elle parvint &#xe0; l&apos;Ida, m&#xe8;re des b&#xea;tes, o&#xf9; jaillissent les sources&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle traversa les montagnes pour aller &#xe0; l&apos;&#xe9;table. Avec elle&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Se frottant &#xe0; elle, marchaient des loups gris, des lions aux yeux clairs&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Des ours, des panth&#xe8;res agiles, qui d&#xe9;vorent les chevreuils.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle les regardait, son coeur &#xe9;tait plein de joie.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle jetait en eux le d&#xe9;sir, et tous, deux par deux&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Allaient faire l&apos;amour dans les ravines pleines d&apos;ombres.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; C&apos;est Aphrodite qui introduit un ordre dans le chaos universel, unissant les &#xea;tres par couple de m&#xea;me esp&#xe8;ce. Cette donn&#xe9;e est essentielle : un principe de reconnaissance du semblable/dissemblable de m&#xea;me esp&#xe8;ce commande le jeu de l&apos;amour et de la reproduction, &#xe9;vitant &#xe0; la nature de s&apos;&#xe9;garer dans une effroyable orgie, source de monstruosit&#xe9; g&#xe9;n&#xe9;tique, et surtout, de reproduire l&apos;&#xe2;ge funeste&amp;nbsp; de la confusion universelle, &#xe9;voqu&#xe9; dans les mythes d&apos;origine, aux premiers temps de la Th&#xe9;ogonie (et de la Cosmologie). Aphorodite est le principe r&#xe9;gulateur de la g&#xe9;n&#xe9;ration, premi&#xe8;re loi &amp;quot;scientifique&amp;quot; qui ordonne le monde des vivants, et qui s&apos;appliquera aux hommes comme aux animaux. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; Deux r&#xe9;serves sont &#xe0; consid&#xe9;rer : si le texte semble poser l&apos;h&#xe9;t&#xe9;rosexualit&#xe9; comme une norme biologique nous savons aussi (Sappho, Platon et bien d&apos;autres) qu&apos;Aphrodite inspire tout aussi bien des amours &amp;quot;homosexuelles&amp;quot;. Peut &#xea;tre ce mot ne convient-il pas tr&#xe8;s bien pour qualifier cet aspect bien connu-m&#xe9;connu de l&apos;Eros grec. Aphrodite fascine, sans distinction de genre, inspire les po&#xe8;tes et les amants - songeons ici au Ph&#xe8;dre de Platon - dans une &amp;quot;mania&amp;quot;, une sorte de d&#xe9;lire apparent&#xe9; au d&#xe9;lire proph&#xe9;tique, initiatique, dionysiaque et po&#xe9;tique. Le d&#xe9;sir culbute la distinction des genres, mais non des esp&#xe8;ces. En fait c&apos;est la convention sociale qui r&#xe8;glera le jeu de l&apos;amour, autorisant les relations &#xe9;rotiques les plus diverses,(homophilie, p&#xe9;d&#xe9;rastie, prostitution profane et sacr&#xe9;e, orgies dionysiaques etc) mais se r&#xe9;v&#xe9;lant intraitable quant &#xe0; la transmission du patrimoine dans le mariage. L&apos;usage du sexe ne fait scandale que dans la mesure o&#xf9; il compromet la transmisssion des biens : enfants, domaine, pouvoir, fonctions sociales. Il en r&#xe9;sultait une lib&#xe9;ralit&#xe9; sexuelle que nous avons peine &#xe0; concevoir, m&#xea;l&#xe9;e &#xe0; un respect de la limite matrimoniale tout aussi difficile &#xe0; concevoir. Le foyer est sacr&#xe9;, mais la plus grande tol&#xe9;rance s&apos;observe par ailleurs, il est vrai surtout pour les hommes, l&#xe0; o&#xf9; les &#xe9;pouses sont relativement clo&#xee;tr&#xe9;es dans le gyn&#xe9;c&#xe9;e. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deuxi&#xe8;me probl&#xe8;me : comment expliquer ces fr&#xe9;quents rapports sexuels entre dieux et mortelles (Zeus est un sacr&#xe9; coureur!) mais aussi, comme ici, entre une d&#xe9;esse et un mortel? Clal semble en contradiction flagrante avec ce &amp;quot;partage&amp;quot; interminablment martel&#xe9; qui s&#xe9;pare les deux cat&#xe9;gories, et interdit express&#xe9;ment aux Mortels de rivaliser avec les Immortels - voir le destin funeste de Prom&#xe9;th&#xe9;e, Icare etc ?&amp;nbsp; Aphrodite elle-m&#xea;me brouille les cartes, mais recommandera fermement &#xe0; son amant d&apos;un soir, dans la fin du po&#xe8;me,&amp;nbsp; &#xe0; taire &#xe0; jamais cette aventure. Les dieux peuvent se permettre ce qui est interdit aux humains, et d&apos;ailleurs ne s&apos;en privent pas! Mais on peut conjecturer une autre explication : selon Pindare, s&apos;il est bien entendu que les Mortels et les Immortels ne sont pas sur le m&#xea;me plan, &#xe0; jamais in&#xe9;gaux, ils &amp;quot;sont n&#xe9;s de la m&#xea;me m&#xe8;re&amp;quot;. Relation in&#xe9;galitaire et asym&#xe9;trique, mais relation dans un m&#xea;me Kosmos. Jeu de miroir infiniment subtil o&#xf9; les uns renvoient aux autres une image &#xe0; la fois semblable et invers&#xe9;e. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les po&#xe8;mes hom&#xe9;riques ne cessent de clamer la puissance d&apos;Aphrodite:&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Voici quelle est, depuis toujours, la part qui lui revient&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Son lot chez les hommes et les Immortels :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les voix chuchot&#xe9;es des filles, le sourire et et les mensonges,&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et la tr&#xe8;s douce volupt&#xe9;, et les amours et les d&#xe9;lices&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;M&#xea;me puissance, et sur les dieux et sur les hommes. Les dieux sont infiniment vuln&#xe9;rables aux blessures du d&#xe9;sir. Et Quand Eros appara&#xee;t d&#xe8;s le d&#xe9;but, au vers 120 de la Th&#xe9;ogonie, il est dit ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;Et voici Eros le plus beau des dieux immortels&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il brise le coeur de tous les dieux, de tous les hommes&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est plus fort que la pens&#xe9;e du coeur, que la sagesse des desseins&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Comment &#xea;tre plus clair? Dans l&apos;image d&apos;Aphrodite les Grecs ont scupt&#xe9; plus qu&apos;une simple d&#xe9;esse parmi d&apos;autres. Ils ont saisi l&apos;essence du D&#xe9;sir, dans la sexualit&#xe9;, la libido, l&apos;amour et la Philia, et le Vouloir-Vivre universel,&amp;nbsp; l&apos;&#xe9;ternisant dans la fulguration indicible de la Beaut&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Douce&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 11 Nov 2009 10:59:00 GMT</pubDate></item><item><title>De la NAISSANCE d&apos;APHRODITE , d&apos;apr&#xe8;s HESIODE</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/09/15734930.html</link><category>PROMENADES PHILOSOPHIQUES : antquit&#xe9; et modernit&#xe9;</category><category>anima</category><category>Ferenczi</category><category>Gaia et Kronos</category><category>Ouranos</category><category>Sappho</category><category>V&#xe9;nus de Botticcelli</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/09/15734930.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15734930/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/09/15734930.html</guid><description>&lt;p&gt;Aphrodite vient de &amp;quot;aphros&amp;quot; l&apos;&#xe9;cume. Et de fait, selon H&#xe9;siode, dans la Th&#xe9;ogonie, Aphrodite est bien n&#xe9;e de l&apos;&#xe9;cume, ou mieux encore, du sperme blanc-&#xe9;cumeux de son p&#xe8;re, selon une alchimie plut&#xf4;t barbare qui peut nous laisser songeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lass&#xe9;e de l&apos;interminable co&#xef;t que lui impose Ouranos (Ciel), Ga&#xee;a(Terre) fomente une ruse macabre avec son fils, le divin Kronos, lui remet entre les mains &amp;quot;la serpe aux crocs durs&amp;quot; pour castrer le p&#xe8;re, et jeter les testicules &amp;quot;dans la mer aux fortes vagues&amp;quot;.&amp;nbsp; Voici la suite : (Vers 190 &#xe0; 206, avec une l&#xe9;g&#xe8;re suppression)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;quot;La mer les transporta longtemps et une &#xe9;cume&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Blanche se r&#xe9;pandit de cette chair immortelle.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fille en naquit, et tout d&apos;abord vers Cyth&#xe8;re l&apos;inspir&#xe9;e&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle vogua. Puis elle aborda &#xe0; Chypre qu&apos;entourent les flots.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle sortit de l&apos;eau, belle et pudique d&#xe9;esse, et l&apos;herbe&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Poussait sous ses pieds d&#xe9;licats. On l&apos;appelle Aphrodite&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D&#xe9;esse de l&apos;&#xe9;cume, Cyth&#xe9;r&#xe9;e joliment couronn&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aphrodite, chez les dieux et les hommes, n&#xe9;e de l&apos;&#xe9;cume.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Eros fut son compagnon et le beau d&#xe9;sir la suivit&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D&#xe9;s sa naissance et quand elle monta chez les dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De toujours voici son lot, et chez les hommes&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et les dieux immortels : les voix chuchot&#xe9;es&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sourires et mensonges des filles, et la tr&#xe8;s douce&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Volupt&#xe9;, et les amours et les d&#xe9;lices&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Aphrodite est fille de l&apos;&#xe9;cume &apos;&amp;quot;aphros&amp;quot; - directement si l&apos;on peut dire, sans passer par le ventre de la femme, du sperme r&#xe9;pandu, vol&#xe9; par la castration. Ecumeuse Aphrodite, et si belle, si fra&#xee;che, si &amp;quot;pudique&amp;quot;! eE le gazon fleurit &#xe0; son approche, et le printemps na&#xee;t enfin de la sombre terre! N&apos;est-elle pas la joie des dieux immortels, et des hommes, ces mortels que guette l&apos;implacable destin! &amp;quot;Volupt&#xe9;, amours, d&#xe9;lices, mais aussi ruses, mensonges et faux sourires &amp;quot;sont le partage de la d&#xe9;esse, et de ses infatigables amants. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Comment ne pas songer &#xe0; la duplicit&#xe9; que Sappho attribue &#xe0; la d&#xe9;esse, l&apos;immortelle beaut&#xe9; et f&#xe9;licit&#xe9;, mais aussi la cruelle, fourbisseuse de ruses toujours nouvelles, et &#xe0; ce diable d&apos;Eros, dia-bolon et da&#xef;mon tout ensemble, son &#xe9;grillard et fac&#xe9;tieux compagnon de toujours? Sappho ne se lassera pas de nous conter, tout en souffrant mille volupt&#xe9;s et mille morts, les heurs et malheurs de son &amp;quot;coeur&amp;quot; harcel&#xe9; d&apos;un d&#xe9;sir sans cesse renaissant!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Botticelli c&#xe9;l&#xe8;brera dans la splendeur absolue la naissance de V&#xe9;nus, &#xe9;rig&#xe9;e, superbe et nue, dans une coquille marine. L&apos;&#xe9;cume est en quelque sorte r&#xe9;l&#xe9;gu&#xe9;e dans les profondeurs, et comment faire autrement au si&#xe8;cle de la souverainet&#xe9; papale? Mais le symbolisme demeure intact. Et le visage gracieux et joliment nostalgique de cette Parth&#xe9;nos, et sa chevelure r&#xe9;pandue ne cesseront jamais de hanter notre imaginaire. On peut pr&#xe9;f&#xe9;rer cette Aphrodite un peu m&#xe9;lancolique &#xe0; Mona Lisa. Quant &#xe0; moi je partage l&apos;engouement de la jeune fille grecque, se mirant en rajustant&amp;nbsp; sa robe aux regards de son amant embu&#xe9; de plaisir, et se disant en toute inoccence : &amp;quot;Je suis Aphrodite&amp;quot;. Pour ses amantes, et pour elle-m&#xea;me poss&#xe9;d&#xe9;e d&apos;amour Sappho devait se dire : &apos; &amp;quot;Tu es Aphrodite, je suis Aphrodite, nous nous aimons en Aphrodite!&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; R&#xea;vons un peu. Dans le Jardin des Amis philosophes, mais des po&#xe8;tes tout aussi bien, pourquoi, au centre de la place ombrag&#xe9;e de pommiers et de figuiers, sous le soleil d&apos;Apollon, ne pas am&#xe9;nager un espace de joli gazon, avec autour quelques roses? Gageons que la d&#xe9;esse, invisible mais pr&#xe9;sente, et jouant dans la lumi&#xe8;re, nous inspire de sublimes odes, et d&apos;autes jeux encore qui ne sauraient se parfaire qu&apos;&#xe0; l&apos;ombre des pommiers en fleur!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;__________&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;PS : Quelques remarques : d&apos;abord la filiation directement paternelle, et d&apos;un p&#xe8;re &amp;quot;primitif&amp;quot; pour parler comme Freud! Plus encore, une origine explicitement spermatique, sans aucun m&#xe9;lange, ni participation d&apos;une quelconque ovulation et nidification maternelles. Aphrodite est marqu&#xe9;e du sceau ind&#xe9;niable du Phallus. Un phallus imaginaire, suis-je tent&#xe9; de dire. Fille-phallus, mais d&#xe9;esse &#xe9;minemment f&#xe9;minine dans son aspect, sa stature, sa forme, sa splendeur, son regard, et dans les s&#xe9;ductions et les captations de sa conduite ( ruses, sourires, mais aussi malignit&#xe9; et caprice de d&#xe9;ssse, de &amp;quot;star&amp;quot; si l&apos;on veut. Une longue lign&#xe9;e de figures f&#xe9;minines s&apos;en suivra, de Lucr&#xe8;ce, Ronsard, Nerval jusqu&apos;au cin&#xe9;ma moderne. Liaison quasi n&#xe9;c&#xe9;saiire du narcissisme et du phallus inconscient, et variation jungienne sur le th&#xe8;me de l&apos;Anima, fantasm&#xe9;e par les hommes bien s&#xfb;r, mais par les femmes tout aussi bien.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Autre point : le mythe d&#xe9;signe clairement l&apos;origine marine de la sexualit&#xe9;. Ecume de la surface, mais aussi profondeurs insondables des abysses. On sait que le psychanalyste Ferenczi &#xe9;crira une &amp;quot;Thalassa&amp;quot; (la mer en grec) sur les origines phylog&#xe9;n&#xe9;tiques de la sexualit&#xe9; animale, et sur ses avatars dans l&apos;humanit&#xe9;. Pour un Fran&#xe7;ais la mer est imm&#xe9;diatement la m&#xe8;re. On peut donc penser aussi que la vraie m&#xe8;re d&apos;Aphrodite soit cette &amp;quot;Thalassa&amp;quot; qui la porta quelque temps, mais en pure surface, selon un m&#xe9;canisme typique de d&#xe9;n&#xe9;gation du f&#xe9;minin et du maternel. Rappelons en outre que Zeus concevra &#xe9;galement des d&#xe9;esses en les extirpant de sa cuisse (&amp;quot;la cuisse de Jupiter&amp;quot;) ou plus exp&#xe9;ditivement encore de son cr&#xe2;ne, comme Ath&#xe9;na!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quoi qu&apos;il en soit Aphrodite symbolisera &#xe0; jamais le d&#xe9;sir, l&apos;essence sexuelle du d&#xe9;sir, conjugu&#xe9;s &#xe0; la Beaut&#xe9;, selon une n&#xe9;cessit&#xe9; logique ind&#xe9;passable. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si, &#xe0; en croire Lacan, &amp;quot;La Femme&amp;quot; n&apos;existe pas, il ne fait aucun doute qu&apos;Aphrodite existe, et qu&apos;elle est l&apos;Immortelle.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 09 Nov 2009 11:09:00 GMT</pubDate></item><item><title>ALETHEIA : de la VERITE</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/05/15690113.html</link><category>PROMENADES PHILOSOPHIQUES : antquit&#xe9; et modernit&#xe9;</category><category>Apeiron</category><category>Chaos</category><category>Marcel Conche</category><category>physis</category><category>r&#xe9;el.</category><category>&#xe9;vidence</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/05/15690113.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15690113/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/05/15690113.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heidegger interpr&#xe8;te ALETHEIA comme d&#xe9;voilement. Oubli de l&apos;Etre, et pressentiment de l&apos;Etre &#xe0; travers les voiles de l&apos;&#xe9;tant. Je dirais plut&#xf4;t : oubli du Chaos, dans nos confortables repr&#xe9;sentations, nos images, nos conventions et nos &amp;quot;soucis&amp;quot;. A-l&#xe8;theia c&apos;est la fulguration, dans l&apos;exp&#xe9;rience de la br&#xe8;che, d&apos;une non-repr&#xe9;sentativit&#xe9; de fonds, d&apos;une &#xe9;nigme impensable. L&apos;Apeiron &#xe0; l&apos;arri&#xe9;re-plan, qui soudain fait irruption dans l&apos;intuition que toute pr&#xe9;sence se donne &#xe0; voir et &#xe0; penser sur fond de chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette intuition est commune &#xe0; bien des penseurs qui la nomment comme ils peuvent, mais ont l&apos;intelligence de ne pas s&apos;illusionner sur la valeur de cette d&#xe9;nomination. Ainsi Schopenhauer qui nomme le VOULOIR-VIVRE, mais reconna&#xee;t dans le m&#xea;me temps que la nature de cette &#xe9;nergie lui reste imp&#xe9;n&#xe9;trable. Montaigne faisait remarquer plaisamment qu&apos;il est fort douteux que Platon ait cru &#xe0; ses Id&#xe9;es, Pythagore &#xe0; ses Nombres et D&#xe9;mocrite &#xe0; ses Atomes. Ce ne sont l&#xe0; que nobles farcissures nominales, qui ne renvoient en somme qu&apos;&#xe0; notre inaptitude &#xe0; la connaissance vraie. Reste que l&apos;&#xe9;vidence v&#xe9;cue du non-savoir fondamental est une exp&#xe9;rience d&#xe9;cisive, et fondatrice. Selon moi, c&apos;est &#xe0; cela que se reconna&#xee;t le philosophe, et le po&#xe8;te.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Marcel Conche dit plus simplement : &amp;quot;il y a&amp;quot;. Quoi que l&apos;on puisse sentir et penser, et dans le doute radical, et dans la pr&#xe9;sence incertaine des choses, quoi que l&apos;on fasse : il y a. Il y a des arbres et des rivi&#xe8;res, et que l&apos;on croit ou non en l&apos;existence r&#xe9;elle de ces choses, que les arbres ne sont peut-&#xea;tre que des images ou des illusions, peu importe : il y a. Je ne peux dire ce qu&apos;il y a, je ne sais rien de la nature des choses, mais il y a. C&apos;est le fonds obcur, insondable, l&apos;in&#xe9;puisable donation, que je l&apos;appelle comme on voudra. Le plus simple, encore, est de faire comme les Grecs, et de dire : physis, &amp;quot;ce qui na&#xee;t et cro&#xee;t, et meurt et se renouvelle interminablement.&amp;quot; A condition de ne pas recommencer le travail de reconceptualisation, de r&#xe9;ification intellectuelle, et de s&apos;imaginer que nos savoirs rendent compte le moins du monde de la cette &amp;quot;physis&amp;quot;. Pour notre intellect Physis reste, et doit rester, le Chaos, non comme &amp;quot;d&#xe9;sordre&amp;quot; mais comme fonds originaire, source absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En quoi le vers 116 de la Th&#xe9;ogonie d&apos;H&#xe9;siode est ind&#xe9;passable : &amp;quot;Or donc &#xe0; l&apos;origine exista Chaos&amp;quot; - et de l&#xe0; tous les &#xe9;l&#xe9;ments, et tous les dieux. Mais en toute rigueur le po&#xe8;me pourrait s&apos;arr&#xea;ter &#xe0; l&apos;&#xe9;vocation de l&apos;ind&#xe9;finisabble Chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A-LETHEIA c&apos;est le d&#xe9;voilement, dans la limite assum&#xe9;e de toute parole, de ce que &amp;quot;il y a&amp;quot;, r&#xe9;el pur. Le reste est litt&#xe9;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 05 Nov 2009 10:20:00 GMT</pubDate></item><item><title>TABEAU des ACTIVITES PHILOSOPHIQUES de novembre</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/03/15527077.html</link><category>ACTUALITES PHILOSOPHIQUES et POETIQUES LOCALES</category><category>activit&#xe9;s philosophiques &#xe0; Pau</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/03/15527077.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15527077/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/03/15527077.html</guid><description>&lt;p&gt;mardi 3 nov : Cours &#xe0; l&apos;UTLA, Amphi 2 de Lettres, 15h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jeudi 5 nov : ATELIER PHILO du LAU : cafeteria, 18h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jeudi 12 nov : CAFE PHILO du Grand ZINC : 18h45&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mardi 17 nov : Cours&amp;nbsp; &#xe0; l&apos;UTLA , Amphi 2 de Lettres, 15h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir les pr&#xe9;cisions et les explications plus loin.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 03 Nov 2009 08:49:00 GMT</pubDate></item><item><title>COURS a l&apos;UTLA : GRANDES FIGURES de la SAGESSE ANTIQUE</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/03/15526999.html</link><category>ACTUALITES PHILOSOPHIQUES et POETIQUES LOCALES</category><category>naissance de la philosophie</category><category>sagesse antique</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/03/15526999.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15526999/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/03/15526999.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D&#xe9;marrage du COURS BIMENSUEL &#xe0; l&apos;Universite du Temps Libre des Pays de l&apos;Adour (UTLA) : deux mardi par mois de 15h30&#xe0; 17 h. Amphi 2 de lettres, Universit&#xe9; de Pau&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Premi&#xe8;re s&#xe9;ance le mardi&amp;nbsp; 3 novembre : Th&#xe8;me : Introduction G&#xe9;n&#xe9;rale : Sagesse et philosophie dans la&amp;nbsp; Gr&#xe8;ce antique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#xe8;me s&#xe9;ance mardi 17 novembre. THEME directeur : Le fond mythique : MYTHOS et LOGOS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#xe9;ances suivantes du premier trimestre : 8 dec, 15 dec, 5 jan et 12 janvier&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces cours-ateliers sont ouverts &#xe0; tous.&amp;nbsp; Il faut avoir r&#xe9;gl&#xe9; la cotisation pour l&apos;ann&#xe9;e, qui donne droit &#xe0; toutes les activit&#xe9;s de l&apos;Universit&#xe9; du Temps Libre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je pr&#xe9;cise que ce cours n&apos;exige aucune formation particuli&#xe8;re. Je veux donner le go&#xfb;t de la libre philosophie plut&#xf4;t que de mettre l&apos;accent sur un savoir universitaire. Mais la connaissance donne des mod&#xe8;les et des outils de r&#xe9;flexion pr&#xe9;cieux. Faire d&#xe9;couvrir ou red&#xe9;couvrir ces g&#xe9;nies de la pens&#xe9;e est une entreprise hardie, difficile mais exaltante. Je compte sur la noble disposition des auditeurs, qui seront rapidement, je l&apos;esp&#xe8;re, des participants actifs, et, peut-&#xea;tre, d&apos;authentiques philosophes.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mon projet est de faire un parcours, forc&#xe9;ment s&#xe9;lectif et incomplet, dans la philosophie naissante, pour &#xe9;clairer les commencements et tracer quelques chemins de pens&#xe9;e. Le programme n&apos;est pas fix&#xe9; en toute rigueur, pour le moment. Je veux sentir le public, ses attentes et ses motivations profondes pour pr&#xe9;ciser ma d&#xe9;marche, qui est celle, &#xe9;galement, des personnes pr&#xe9;sentes.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 03 Nov 2009 07:40:00 GMT</pubDate></item><item><title>LES JEUDI PHILO de PAU : novembre</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/03/15111105.html</link><category>ACTUALITES PHILOSOPHIQUES et POETIQUES LOCALES</category><category>ATELIER PHILO &#xe0; PAU</category><category>CAFE PHILO de PAU</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/03/15111105.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15111105/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/11/03/15111105.html</guid><description>&lt;p&gt;ATELIER PHILO&amp;nbsp; &amp;nbsp;: Premier jeudi du mois - 5 novembre - &#xe0; la MJC du LAU, 81 avenue du Loup, caf&#xe9;t&#xe9;ria, de 18h30 &#xe0; 20h30. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Cycle de l&apos;ann&#xe9;e : &amp;quot; Philosophie de la vie psychique&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Th&#xe8;me de la s&#xe9;ance : &amp;quot; L&apos;inconscient nous parle-t-il?&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Activit&#xe9; gratuite, mais l&apos;inscription &#xe0; la MJC (8 euros pour l&apos;ann&#xe9;e) est demand&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Une s&#xe9;ance d&apos;essai est offerte sans condition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CAFE PHILO : Deuxi&#xe8;me jeudi du mois: 12 novembre, Au GRAND ZINC, caveau, 20 rue Marca &#xe0; 18h45, pr&#xe9;cises &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Sujet propos&#xe9; et vot&#xe9; par les participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Sujet de la s&#xe9;ance derni&#xe8;re : &amp;quot; Comment sauvegarder notre intimit&#xe9; menac&#xe9;e?&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rythme de deux s&#xe9;ances, la premi&#xe8;re pour l&apos;atelier, la seconde pour le caf&#xe9;, est en principe valable pour l&apos;ann&#xe9;e scolaire enti&#xe8;re.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 03 Nov 2009 06:17:00 GMT</pubDate></item><item><title>ETHIQUE de la BRECHE : du nomadisme existentiel</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/10/31/15629075.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><category>angoisse</category><category>le borderline-philosophe.</category><category>r&#xe9;ponse psychotique et n&#xe9;vrotique</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/10/31/15629075.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15629075/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/10/31/15629075.html</guid><description>&lt;p&gt;Comment vivre dans la br&#xe8;che?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette exp&#xe9;rience-l&#xe0; est decisive. Pas moyen de revenir en arri&#xe8;re, sauf &#xe0; se d&#xe9;juger de tout. A se m&#xe9;priser. A se ha&#xef;r d&#xe9;finitivement. Posture solaire. Et solitude sans consolation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La br&#xe8;che, c&apos;est ce savoir irr&#xe9;futable, irr&#xe9;vocable qu&apos;il n&apos;est aucun rem&#xe8;de. Savoir tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comment le dire, le signifier sans grandiloquence, sans appr&#xea;t, en toute simplicit&#xe9;? Les dieux sont morts, la connaissance est impossible, l&apos;espoir fallacieux, l&apos;illusion funeste. A-l&#xe8;theia : d&#xe9;voilement de la caducit&#xe9;, de la non-r&#xe9;conciliation, du d&#xe9;laissement, de la vacuit&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Contrairement &#xe0; ce qui se dit m&#xea;me la mort n&apos;est pas un retour. Dispersion plut&#xf4;t. Ulysse ne rentre pas &#xe0; Ithaque.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La religion offre trop tard ses fastes. L&apos;id&#xe9;ologie est croupissante et naus&#xe9;euse. De toute part le r&#xe9;el &#xe9;chappe &#xe0; la prise.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Soleil de midi, mais dans l&apos;extr&#xea;me angoisse : angoisse f&#xe9;conde et inf&#xe9;conde, &#xe0; la fois. F&#xe9;conde dans le sens o&#xf9; les psychiatres parlent de &amp;quot;moment f&#xe9;cond&amp;quot; au d&#xe9;part de la psychose. Et de fait, homis le suicide, la psychose est LA r&#xe9;ponse, souvent d&#xe9;finitive, dans l&apos;obturation sans appel de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Seconde r&#xe9;ponse possible, fort banale au demeurant : le cort&#xe8;ge plus ou moins pitoyable des sympt&#xf4;mes dans la consumation n&#xe9;vrotique. Recouvrement pathologique par accumulation et r&#xe9;p&#xe9;tition, colmatage ordinaire de l&apos;angoisse. Cela n&apos;emp&#xea;che pas d&apos;exister, comme le remarque Freud, mais dans une certaine d&#xe9;n&#xe9;gation, confortable en somme, mais si difficile &#xe0; &#xe9;viter!&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Reste la position borderline, ce fr&#xf4;lement p&#xe9;rilleux de la limite, en deux variantes possibles : pathologique, et libertaire. Soyons, &#xe0; notre mani&#xe8;re, un borderline-philosophe! Nous passerons pour fous chez quelques autres (et encore, certains y verront je ne sais quel charme sulfureux!) mais tout &#xe0; fait sens&#xe9;s pour nous m&#xea;mes, d&apos;un sens il est vrai fort peu conventionnel. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est vain, et dangereux, de cultiver l&apos;angoisse. Mais il faut y passer. Dans le meilleur des cas, noius &#xe9;pargnant les fausses assignations de la n&#xe9;vrose, elle nous ouvrira &#xe0; la pleine vision de la vacuit&#xe9;. Se tenir sous ce soleil-l&#xe0; requiert beaucoup de courage et de constance. C&apos;est le sens trop galvaud&#xe9; et obscurci de ce que les Grecs appelaient la Sophia, et que j&apos;h&#xe9;site, &#xe0; juste titre, &#xe0; rendre par &amp;quot;sagesse&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 31 Oct 2009 10:24:00 GMT</pubDate></item><item><title>ECLAIRCIE : po&#xe8;mes orphiques</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/10/30/15621291.html</link><category>POIETIQUE et POIETOLoGIE</category><category>du vide et de sa vertu. Insoumission</category><category>loin de Heidegger</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/10/30/15621291.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15621291/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/10/30/15621291.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A nous de nous tenir dans l&apos;&#xe9;claircie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du vide. Apre vertu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vertu du coeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#xe8;s loin de quelque dieu qui nous fourb&#xee;t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armes et parangons, tenons fi&#xe8;re stature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De n&apos;&#xea;tre que nous-m&#xea;mes. Nous saurons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre de rien et mourir insoumis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes sont comme feuilles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps immense fait la roue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut vivre debout!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 30 Oct 2009 14:20:00 GMT</pubDate></item><item><title>De l&apos;ANGOISSEMENT, et de la LIBERTE PSYCHIQUE</title><dc:creator>GUY KARL</dc:creator><link>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/10/29/15608496.html</link><category>PHILOTHERAPIE : essais de philosphie appliqu&#xe9;e</category><category>a-theos</category><category>angoisse</category><category>leurre de l&apos;objet</category><category>libert&#xe9; de parole</category><comments>http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/10/29/15608496.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://guykarl.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15608496/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://guykarl.canalblog.com/archives/2009/10/29/15608496.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le sympt&#xf4;me, c&apos;est ce qui prot&#xe8;ge de l&apos;angoisse. Vient un moment, parfois, o&#xf9; les enbesognements du sympt&#xf4;me c&#xe9;dent, et c&apos;est le hiatus. Par cette br&#xea;che l&apos;angoisse fait retour. Mais j&apos;aimerais, quant &#xe0; moi, commettre un n&#xe9;ologisme, plus expressif de l&apos;exp&#xe9;rience psychique : angoissement, plut&#xf4;t qu&apos;angoisse, signalant par l&#xe0; le mouvement d&apos;envahissement, l&apos;irr&#xe9;futable mont&#xe9;e des eaux dans une &#xe2;me d&#xe9;boussol&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D&apos;aucuns d&#xe9;clarent que dans la psych&#xe9; seule l&apos;angoisse est exp&#xe9;rience de v&#xe9;rit&#xe9;, moment de r&#xe9;v&#xe9;lation trouble de la subjectivit&#xe9;, ordinairement occup&#xe9;e &#xe0; tous les jeux du semblant et du para&#xee;tre, y compris du para&#xee;tre-pour soi, dans l&apos;ordinaire mauvaise foi de ce qu&apos;il est convenu d&apos;appeler la vie. Mais quelle est donc le sens de cette &amp;quot;r&#xe9;v&#xe9;lation&amp;quot;, v&#xe9;cue comme malheur, voire comme honte dans celui qui en est saisi, rapt&#xe9; &#xe0; son corps d&#xe9;fendant?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On dit quelquefois que l&apos;angoisse est la douleur du manque. Je ne le crois pas. Le manque est privation, &#xe9;ventuellemnt frustration. Du manque nous parvenons assez bien &#xe0; nous accommoder, puisqu&apos;aussi bien il est une constante ind&#xe9;passable de la vie psychique. Et la richesse, et l&apos;abondance des biens de toute nature n&apos; y changent rien de fondamental. Insatisfaction, si l&apos;on veut, envie et jalousie, ressentiment et hargne soit, mais pas l&apos;angoisse.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&apos;angoisse est ce signe qui marque la proximit&#xe9; extr&#xea;me de l&apos;objet du d&#xe9;sir inconscient, le fr&#xf4;lement d&#xe9;monique du fantasme, pour une &#xe2;me d&#xe9;boussol&#xe9;e. C&apos;est de cela qu&apos;&#xe0; l&apos;ordinaire nous ne voulons rien savoir. Ne pas voir, ne pas voir &#xe7;a, ne pas savoir. H&#xe9; quoi, quel est donc ce terrible, cet effrayant d&#xe9;mon? Et comment pourrions-nous le nommer, le signifier, lui dont nous ne savons que trop que nous ne voulons rien savoir?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Etrange savoir, en v&#xe9;rit&#xe9;, qui ne se constitue que de se nier, de s&apos;effacer dans les t&#xe9;n&#xe8;bres de la beno&#xee;te m&#xe9;connaissance! In-su qui se sait en quelque sorte su de se refuser comme su. Simple d&#xe9;n&#xe9;gation chez les uns, d&#xe9;ni massif chez les autres. Mais le d&#xe9;ni a cet avantage exorbitant qu&apos;il oblit&#xe8;re toute l&apos;op&#xe9;ration et enfonce ce su-nonsu dans les mar&#xe9;cages de la forclusion. La paix psychique, et la mort du d&#xe9;sir sont &#xe0; ce prix.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourquoi l&apos;extr&#xea;me proximit&#xe9; de l&apos;objet fait-elle vaciller le sujet? Crainte du &amp;quot;d&#xe9;bordement pulsionnel&amp;quot; , voire de l&apos;effondrement. Je ne parle pas des mille et un petits objets de nos ordinaires souhaits. Je parle du d&#xe9;sir inconscient. Celui-l&#xe0; est bien incommode, dans ce registre du pr&#xe9;sent-absent, de l&amp;quot;innomm&#xe9;, de l&apos;&#xe9;ternel renaissant.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hypoth&#xe8;se : l&apos; objet, insaisisabble jusque dans son flamboiement m&#xea;me, ne serait-il, en derni&#xe8;re analyse, que le trompe-l&apos;oeil, le mirage, le masque bigarr&#xe9; d&apos;un irr&#xe9;ductible non-objet, d&apos;une faille ind&#xe9;passable dans l&apos;ordre du discours, d&apos;une br&#xea;che structurelle, d&apos;un manque si l&apos;on veut, mais infiniment plus radical que tout manque assignable, &amp;quot;d&#xe9;faut&amp;quot; originaire du symbolique et du langage? De cela certains font Dieu, ou le Grand Autre, expectant quelque r&#xe9;conciliation ou r&#xe9;unification terminales, ici-bas ou ailleurs, religions, mythologies, id&#xe9;ologies, dans une concat&#xe9;nation signifiante qui abolirait et le d&#xe9;sir et la mort?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un soup&#xe7;on : ce que nous appelons Dieu ne serait-ce qu&apos;une diablerie du langage renvoy&#xe9; &#xe0; son essentielle et ind&#xe9;passable caducit&#xe9;? H&#xf6;lderlin disait : &amp;quot;C&apos;est le d&#xe9;faut de Dieu qui sauve&amp;quot;. Le prix de cette libert&#xe9; c&apos;est l&apos;angoisse du d&#xe9;sir. Statut de l&apos;&amp;quot;a-theos&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 29 Oct 2009 11:19:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>