15 décembre 2016

"Le SOLEIL a la GRANDEUR d' un PIED d' HOMME" : HERACLITE

  Heinz Wismann nous dit ceci : imaginez Héraclite couché tout du long dans l'herbe à révasser. Surgit un importun qui lui demande : "Quelle est la grandeur du soleil ?" C'est une question classique à l'époque et les savants rivalisent d'ingéniosité, multipliant les hypothèses théoriques. Héraclite se contente de relever la jambe, de dissimuler le soleil avec son pied, et de répondre :" Le soleil a la grandeur d'un pied d'homme". C'est évidemment une facétie. Héraclite aimait déjouer le sens des questions, se jouer du... [Lire la suite]

14 décembre 2016

Du DEUX et du MULTIPLE : Démocrite

Deux, cela peut s'entendre comme le second nombre de la série indéfinie des nombres (1,2,3,4 etc) - et nous voilà dans le multiple - o,u comme le second terme de la dyade métaphysique : bien et mal, attraction et répulsion, Eros et Thanatos, Dieu et diable, juste et injuste, masculin et féminin, etc Il ne suffit pas de dénoncer le sortilège de l'Un (voir l'article précécent) car nos métaphysiciens retors, concédant la nécessité du Deux, mettront tout en oeuvre pour inventer un principe supérieur, tirant de leur chapeau quelque... [Lire la suite]
13 décembre 2016

CONTRE le SORTILEGE de l'UN

  Mon adversaire philosophique personnel, celui que je combattrai jusqu'au dernier jour de ma vie, c'est le fétichisme de l'Un. De là viennent tous les maux du monde : Un dieu, Un Etat, Une Vérité, et tant qu'à faire, Un seul sexe, universel et omnipotent. Cela est bien ridicule, et contraire à la première observation venue qui n ous montre partout la diversité insommable, la contrariété, le multiple "ondoyant et divers" - en précisant que dans l'ancienne langue "divers" signifie moins la multiplicité pure que la contrariété :... [Lire la suite]
09 décembre 2016

Du CORPS DECALE : l'effondrement symbolique

  Je m'extraie péniblement du marasme de ces derniers jours, lequel m'a été à demi supportable à la faveur du dernier ouvrage d'Alain Badiou, non que je puisse le suivre dans ses ultimes recommandations politologiques, mais de ce qu'il ouvre de vraies perspectives en questionnant le statut de la jeunesse aujourd'hui. Il faudrait une longue analyse de ses thèses, mais je me bornerai ici à introduire une nouvelle catégorie à la suite des trois formes du corps contemporain qu'il repère : le corps perverti, le corps sacrifié et le... [Lire la suite]
02 décembre 2016

L'AMOUR des ELEMENTS

  Lors de l'une de nos réunions philosophiques et amicales l'animatrice nous demanda de dire à voix haute quel était notre élément de préférence. Depuis Empédocle chacun sait qu'en Occident nous comptons quatre éléments fondamentaux : la terre, l'eau, le feu et l'air. Mais qui sait que les Anciens y ajoutaient parfois l'éther, conçu comme élément invisible, le quint élément, dont plus tard on voudra tirer la quintessence ? Qui sait par ailleurs que cette classification n'a rien d'universel, et que les Chinois raisonnent bien... [Lire la suite]
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28 novembre 2016

LA PIE SAUVAGE : de la beauté

  Les arbres du parc s'effeuillent dans le vent d'automne. Déjà de larges échappées ouvrent sur le ciel gris. Assis à mon bureau je regarde longtemps par la fenêtre, j'observe la pie qui saute de branche de branche, s'arrêtant par moment pour picorer, puis reprenant sa course. Voici quelques semaines encore elle se débattait dans une déluge de feuilles vertes, puis, insensiblement, les feuilles ont passé au jaune, à l'ocre, au rouge par endroits, puis ont entamé leur descente vers le sol. La pie ne peut plus se cacher dans le... [Lire la suite]

22 novembre 2016

De la SINCERITE : écrire, parler, méditer

    Pour écrire quelque chose qui ne soit pas que du semblant, il faut de la sincérité. Et celle-ci n'est pas si facile à pratiquer. C'est une vertu de la maturité, car auparavant on ne fait que répéter ce qu'on a entendu de tous côtés. Bizarrement il faut beaucoup ingurgiter et régurgiter avant d'accéder à une parole qui vienne de soi, comme si les couches profondes restaient longtemps inaccessibles. Mais comme il faut parallèlement une maîtrise efficiente du langage, de ses ressources cachées, chacun est condamné à... [Lire la suite]
16 novembre 2016

Le BOIS et la CENDRE - et des regrets

  Le bois devient cendre, "la cendre ne redevient pas bois". Le Feu consume les choses, et d'autres choses naissent du Feu - c'est ainsi que pourrait s'exprimer Héraclite, si l'on veut considérer le Feu comme l'agent universel de la transformation. Il n'y a pas de retour éternel, Socrate, contrairement à la thèse stoïcienne, ne reviendra pas. Le temps inscrit l'irréversibilté dans le cours des choses. Cela signifie qu'on ne naît et qu'on ne meurt qu'une fois, qui est la bonne : une fois pour toutes. Cette idée, qui paraîtra... [Lire la suite]
15 novembre 2016

De l' IMMORTALITE de L'AME : imaginaire et symbolique

  Lorsqu'on est enfant on a bien du mal à concevoir ce que signifie la mort : une absence, sans doute, qui prendra bien fin un jour. Le défunt reviendra, c'est certain. Puis vient un temps où l'enfant soupçonne l'affreuse vérité : le défunt ne revient pas. Mais alors que devient-il ? L'enfant voit qu'on enterre le défunt, mais dans le même temps des âmes charitables, pour faire passer la pilule, lui expliquent que l'âme du mort séjourne dans le ciel, parmi les étoiles, et que de là haut il voit, il regarde, il est toujours... [Lire la suite]
14 novembre 2016

La DEPOUILLE

  Célèbre entre tous est le Choeur qui proclame, dans Oedipe à Colone, de Sophocle :     "Mieux vaut cent fois n'être pas né ;     Mais s'il vous faut voir la lumière,     Le moindre mal encore est de s'en retourner     Là d'où l'on vient, et le plutôt sera le mieux". C'est la lamentation d'un vieillard qui a connu tous les déboires imaginables, tous les malheurs de l'existence. A présent, lassé de tout, revenu de toutes les illusions de puisssance, il n'aspire plus qu'à déposer son... [Lire la suite]