26 janvier 2018

DE l' AGE et de la BEAUTE

  Je dispose par devers moi d'un signe infaillible qui atteste mon retour à la santé, c'est la beauté. Pour avoir végété si longtemps dans les affres, y avoir assisté à la faillite de toutes choses au monde, à l'évidence de la caducité universelle, c'est miracle, que par un retour si soudain et si improbable, il me soit possible, caprice ou nécessité, de goûter si nouvellement le charme de quelque image, toute intérieure il est vrai, mais qui vient se superposer sur les réalités existantes, et les colorer d'un relief inattendu.... [Lire la suite]

25 janvier 2018

LE DELICE DES FLEURS : LUCRECE

    "Pauvres esprits des hommes, ô coeurs aveugles !   Dans quelles ténèbres et dans quels dangers   S'écoule ce petit rien de la vie ! Ne vois-tu pas   Que ce que réclame le cri de la nature n'est rien d'autre   Que pour le corps l'éloignement et l'absence de la douleur, et pour l'âme   Une sensation de jouissance, délivrée de souci et de terreur ?   Nous voyons donc que pour la nature du corps bien peu de choses   Sont nécessaires pour enlever la douleur   Et faire aussi le... [Lire la suite]
24 janvier 2018

DOGMATISME et SCEPTICISME

  Dans ce qu'il est convenu d'appeler "philosophie" je vois à l'oeuvre deux tendances contraires, et qui d'ailleurs se contrarient. La première est constructive : elle échafaude, à partir de quelque principe simple (l'être, l'âme, le devenir, la matière etc) une sorte de monstre conceptuel qui prétend saisir dans ses filets l'universalité de ce qui est, ramené de fait à quelques propositions invérifiables, et le plus souvent fantaisistes. Ce sont en fait des sortes de romans intellectuels, ou des peintures de genre, où chacun... [Lire la suite]
22 janvier 2018

HUMEUR,VALEUR : idiosyncrasie et vérité

  Jour après jour je reviens : où donc étais-je, dans quelle brume de noirceur et de moiteur ? Pourtant cela aussi était de quelque réalité, cela aussi avait sa logique, sa véracité, sa vérité. Quand l'âme est valide et le corps content il en découle une certaine vision du monde, qui a sa réalité : mais le défaut qui s'y attache  est de nous faire croire qu'il s'agit là d'une norme du vrai et que cet état est destiné par nature à durer toujours. On s'habitue au plaisir, on finit par croire qu'il est l'essence de notre... [Lire la suite]
18 janvier 2018

Du TEMPS VECU : méditation

  Au sortir de mes épisodes noirs - je les appelle tels par convention et pudeur - reprenant difficultueusement pied dans ce qu'il est convenu d'appeler la réalité commune, je ne laisse pas d'avoir la sensaton étrange d'une sorte de déplacement, d'écart, de distance incommensurable, d'éloignement psychique par rapport aux intérêts supposés essentiels de l'existence. Mieux encore : je vois le commun s'agiter, s'exciter, se démener avec le plus grand sérieux, ils ont l'air vivant, si vivants, mais moi je les vois comme ils sont en... [Lire la suite]
15 janvier 2018

LOIN DE LA FOULE : EPICURE

    "Je n'ai jamais désiré plaire à la foule ; car ce qui lui plaît je l'ignore, et ce que je sais est hors de sa compréhension". Epicure, cité par Usener, Epicurea 187. Dans l'extrême détresse c'est au maître de Samos que je m'adresse, lui qui connaît la douleur et ses remèdes, lui le plus proche, le plus amical et le meilleur d'entre tous. N'a t-on pas dit dès l'Antiquité que c'est lui qui comptait le plus d'amis de par le vaste monde ? Et combien depuis lors, à travers toutes les péripéties de l'histoire, souvent... [Lire la suite]

19 décembre 2017

La JOIE du TAO : HAN CHAN et LI T'AI PO

Ce qui est merveilleux dans le Taoïsme originel c'est la spontanéité et la liberté. On y respire l'air pur des cimes, on y boit la rosée matinale, on s'enchante de la brise dans les arbres, de la lumière qui joue en vibrant à la surface des eaux calmes. Rien de compassé, rien d'artificiel. Le sage a jeté aux orties ses costumes de cour, brûlé tous les livres. Libre comme le vent, échevelé, il chevauche la montagne vide, il danse dans les brumes, hurlant sa joie, confondu à l'ébriété de la nature universelle. Le taoïsme est d'abord un... [Lire la suite]
11 décembre 2017

"PERIR par le DELAI" : Epicure et Pascal

  "Nous sommes nés une fois, il n'est pas possible de naître deux fois, et il faut n'être plus pour l'éternité ; toi, pourtant, qui n'es pas de demain, tu ajournes la joie (to chairon) : la vie périt par le délai, et chacun de nous meurt affairé". Epicure, Sentence vaticane, 14. Le délai : demain je vivrai mieux, quand je connaîtrai la retraite, quand je toucherai un pactole, quand je serai libre etc. Ou alors, quand je goûterai aux félicités de la vie éternelle. Ou si je peux, on ne sait jamais, me réincarner dans une... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 12:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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08 décembre 2017

ETRE ou ne pas ETRE : de la culpabilité

  Ni gémir, ni se moquer, mais tenter de comprendre. C'était la recommandation de Spinoza. J'ajouterai qu'il y a sans doute maintes choses ou affaires qui ne méritent pas même la considération, et qu'il faut éliminer, si l'on peut. Il y va de la santé psychique et de la santé tout court. Trop de choses déplaisantes exercent une action toxique, parfois directement, parfois à distance. D'autres sont d'une telle complexité qu'on n'en peut venir à bout. D'autres encore échappent totalement à notre pouvoir, alors même qu'elles nous... [Lire la suite]
23 novembre 2017

Des ENGAGEMENTS

  Avant de nous engager dans une structure quelconque, posons-nous la question : pourrai-je en sortir ? Cela vaut pour tout. Je ne crois guère aux engagements définitifs, j'y vois une manière de forçage, comme si, tout au fond, on doutait de la validité de cette décision, et que l'on voulût refouler le doute, se contraindre soi-même à une forme étrangère, s'identifier sans reste à un idéal. Mais qu'en sera-t-il dans dix, dans vingt ans ? Autrefois on se mariait pour la vie, "jusqu'à ce que la mort vous sépare". Marions-nous si... [Lire la suite]