07 décembre 2009

Des DIEUX ANTIQUES

A me replonger dans les origines de la sagesse grecque je suis stupéfait de la férocité de ces dieux antiques, de leur incroyable liberté de moeurs, de leur spontanéité pulsionnelle, de l'amoralité fonciède de leur conduite. Même Zeus, suppposé faire règner un ordre juste, se comporte avec la dernière légèreté, engrossant à tire larigo, violentant, vilipendant sans vergogne, toujours prompt à se venger comme le dernier des afficionados. Quant à Dionysos, voyez le tableau édifiant qu'en fait Euripide dans les "Bacchantes". Et... [Lire la suite]

27 novembre 2009

Le BORDER-PHILOSOPHE : d'une nouvelle image du philosophe

Bord, bordure... Au bord de l'abîme, où, depuis le Dit de Démocrite, gît la Vérité. Sur la crête, avec, derrière nous, la tourbe empressée des opinions, intérêts, passions de conquête, obsessions financières, luttes de pouvoir et d'influence. "La grande misère". Passion et représentation. La vie ordinaire, confuse, gérée par l'illusion. Rien n' y fait. On peut amender de ci de là, on ne peut rien changer. "Malheur banal" disait Freud. Et c'est encore une illusion, du second degré, de croire qu'on délogera... [Lire la suite]
26 novembre 2009

SOPHIA et SOPHROSUNE : les deux images de la sagesse

La Grèce antique nous a légué deux images très contrastées du sage et de la sagesse. L'ancienne sagesse, celle d'avant la philosophie, s'intitule Sophia, et celui qui s'en recommande et la pratique, reconu comme tel par la multitude, s'appelle Sophos, le Sage. Tel était Héraclite, ou Empédocle, savants en toutes choses, maîtres d'excellence en tous domaines. C'est dans ces termes qu'Homère parlait de Kalchas, "qui savait tout ce qui est, qui était et qui sera". Cette absoluité du savoir et du personnage passaient déjà pour... [Lire la suite]
24 novembre 2009

TONOS et EUTONIE : tension et détente éthiques

Tonos : tension. A-tonie : absence de tension. Eu-tonie : tension juste. Ces notions sont au coeur de la réflexion éthique. Problème de mesure, et plus profondément, choix de style, option existentielle. On connaît la parabole de Bouddha : toi qui cherches le juste chemin de sagesse évite de tendre l'arc avec excès. Ton arc se briserait. De même évite le relâchement et la mollesse. Ta flêche ne partirait pas. Tension juste, juste ce qu'il faut, entre les deux extrêmes. Voie du Milieu. Plus près de nous il sera bon de méditer... [Lire la suite]
23 novembre 2009

Les TOURBILLONS de DEMOCRITE

"Yoga cittavritta nirodha" : Yoga est la cessation des tourbillons du mental. C'est le premier vers du grand Traité de Patanjâli sur le Yoga. Ce qui est frappant c'est la convergence de cette idée avec celle de Démocrite, d'Anaxarque et de Pyrrhon : "euthymia", calme des affects, cessation des troubles psychiques, dont Epicure fera l'"Ataraxia", le non-trouble de l'âme. On sait que Démocrite est partisan d'une conception tourbillonnaire de l'univers: la dinè, le tourbilon. est la forme spontanée,... [Lire la suite]
19 novembre 2009

Du KHAOS et de la finalité de la CULTURE

Les Grecs ont l'immense mérite, dans leur mythes et dans la tragédie attique, de nous rappeler que toute culture digne de ce nom s'édifie sur un fond inquiétant de sauvagerie, ce que Hölderlin désigne par l"aorgique", ou l'"oriental". Dans le mythe de Dionysos en particulier, et dans les festivités dionysiaques, on assiste à une sorte de déferlement instinctuel qui renverse radicalement la vision idéalisée que nous nous faisons de l'hellénisme. Scènes de délire collectif, de danses et de musiques orgiaques,... [Lire la suite]

11 novembre 2009

De la PUISSANCE d' APHRODITE : lecture d' HESIODE

Aphrodite a décidé de connaître le désir et l'amour d'un mortel (Anchise). Elle se prépare au grand jeu de la séduction. Voici le texte des Hymnes homériques, attribué à Hésiode. (vers 56 à 74, Traduction de  Jean Louis Backès légèrement modifiée, Folio). Joli morceau d'anthologie païenne: "Un désir effroyable la saisit au plus profond Elle alla à Chypre, elle entra dans son temple où brûlent les parfums, A Paphos (elle y a un autel parfumé, un lieu fermé). Elle ferma les portes qui brillent et les Grâces la... [Lire la suite]
09 novembre 2009

De la NAISSANCE d'APHRODITE , d'après HESIODE

Aphrodite vient de "aphros" l'écume. Et de fait, selon Hésiode, dans la Théogonie, Aphrodite est bien née de l'écume, ou mieux encore, du sperme blanc-écumeux de son père, selon une alchimie plutôt barbare qui peut nous laisser songeurs. Lassée de l'interminable coït que lui impose Ouranos (Ciel), Gaîa(Terre) fomente une ruse macabre avec son fils, le divin Kronos, lui remet entre les mains "la serpe aux crocs durs" pour castrer le père, et jeter les testicules "dans la mer aux fortes vagues". ... [Lire la suite]
05 novembre 2009

ALETHEIA : de la VERITE

Heidegger interprète ALETHEIA comme dévoilement. Oubli de l'Etre, et pressentiment de l'Etre à travers les voiles de l'étant. Je dirais plutôt : oubli du Chaos, dans nos confortables représentations, nos images, nos conventions et nos "soucis". A-lètheia c'est la fulguration, dans l'expérience de la brèche, d'une non-représentativité de fonds, d'une énigme impensable. L'Apeiron à l'arriére-plan, qui soudain fait irruption dans l'intuition que toute présence se donne à voir et à penser sur fond de chaos. Cette intuition... [Lire la suite]
28 octobre 2009

Du STYLE en PHILOSOPHIE : DIRE et ECRIRE

Le style, c'st l'homme. Le dire spécifique d'un philosophe c'est son style. Style personnel dans la parole, style dans l'écriture. Epicure se reconnaît immédiatement à chaque phrase. Héraclite de même. Le premier est d'une souveraine clarté et concision. Le second, qualifié souvent d'Obscur, et pour de mauvaises raisons, est d'une richesse incomparable. C'est que Héraclite réussit le tour de force d'être autant poète que philosophe. Aussi n'en aurons-nous jamais fini de l'écouter. Nietzsche déclarait avec simplicité :"Héraclite... [Lire la suite]