21 janvier 2010

HERACLITE, les DIEUX et le DIEU

Dans la vie et l’œuvre d’Héraclite on peut relever la référence à cinq divinités du panthéon traditionnel. Artémis d’abord, qui honorait Ephèse d’un temple célèbre, où Héraclite, selon Diogène Laerce, aimait jouer aux osselets avec les enfants, dédaignant la politique et les mœurs de sa ville natale. C’est à Artémis qu’il remet son grand œuvre avant de mourir, confiant à la déesse le soin de sa pensée pour l’éternité. Artémis est la soeur jumelle d’Apollon, ce qui inscrit en toute clarté la pensée... [Lire la suite]

20 janvier 2010

De l'ETERNITE et du MOUVEMENT : HERACLITE

"Elle est retrouvée, Quoi? - L'Eternité. C'est la mer allée Avec le soleil." Dans ces vers Rimbaud allie très logiquement la mer au soleil, le féminin et le masculin, le yin et et le yang pour célébrer les noces de l'éternité. Sans le jeu des contraires il ne saurait y avoir de mouvement, d'univers, de mondes, de dieux, d'hommes, d'animaux, et de vie en général. "Le dieu est jour-nuit, hiver-été, guerre-paix, satiété-faim". Le mouvement éternel des contraires détermine un double caractère des choses :... [Lire la suite]
19 janvier 2010

" le SOLEIL est NOUVEAU tous les jours"

"Le soleil est nouveau tous les jours". Cette parole d'Héraclite mérite plus qu'un commentaire, plutôt une sorte de célébration philosophique! De quoi s'agit-il? Et de quel soleil parlons nous ici? Certes du soleil comme réalité sensible, mais pas seulement. Il résonne dans cet apophtègme je ne sais quelle équivocité qui évoque les paroles enivrées, énigmatiques de la Pythie de Delphes. Le soleil est la référence commune, l'évidence sensible qui rend manifestes les choses de ce monde. Comment pourrait-il être autre que soi puisque... [Lire la suite]
18 janvier 2010

Sur une PAROLE d' HERACLITE

"Je me suis cherché moi-même". Voilà qui pourrait figurer au fronton de tous les temples, et nommément ceux d'Apollon : "Connais toi-même et tu connaîtras l'univers et les dieux". Mais Héraclite dit encore autre chose : il s'est cherché, mais ici il ne déclare nullement qu'il s'est trouvé, ni qu'il connaît l'univers et les dieux. Se chercher, voilà qui indique un mouvement initial, inaugural, voire initiatique : se mettre en mouvement hors de l'ignorance ou de la crédulité, ou des faux savoirs (le porc préfère la... [Lire la suite]
15 janvier 2010

TEXTES sur HERACLITE

Je rassemble ici quelques textes plus anciens que j'avais rédigés sur Héraclite, pour permettre notamment aux auditeurs de l'UTLA de poursuivre leur réflexion sur cet immense penseur. Ces textes n'ont rien d'un cours  ordonné et structuré mais se présentent plutôt comme de libres divagations subjectives, motivées par le pur enthousiasme de la pensée. Le lecteur curieux trouvera en librairie de bonnes présentations, comme un "Héraclite" en collection GF. Par ailleurs je ne saurais suffisamment recommander la lecture... [Lire la suite]
14 janvier 2010

DE LA MELANCOLIE DE HERACLITE

Une antique légende, illustrée encore par Montaigne et La Fontaine, présente Héraclite toujours en larmes et Démocrite toujours à rire. Deux tempéraments, dira-t-on, deux philosophies aussi opposées que le jour et la nuit. Et en général on vôtera plutôt pour le rire - qui est paraît-il le propre de l'homme - que pour une sombre disposition qui ne saurait entraîner que désespoir et désolation. Admettons. Mais l'opposition est peut-être plus formelle que réelle. Rire toujours, est-ce concevable? N'est-ce pas une autre manière de... [Lire la suite]

14 janvier 2010

PHYSIS , évidente et cachée

Deux énigmes grandioses résonnent du fond de notre histoire oubliée : "La nature aime à se cacher"  Héraclite La vérité est dans l'abîme"  Démocrite. A suivre la pente héraclitéenne on ne peut se déprendre d'un premier étonnement. La nature n'est-elle pas, comme le dit Marcel Conche dans les Essais sur Homère, l'"Evidente", celle qui se donne de toutes parts à voir, entendre, savourer, admirer et redouter? Nuages et soleil, terre, forêts et fleurs, rivières et plaines, quoi de plus évident, de plus présent? Et pourtant...... [Lire la suite]
08 janvier 2010

Le MIROIR : du SPECULAIRE et du SPECULATIF

Speculum : le miroir. De là le spéculaire, ce miroitement de l'image où le moi s'efforce de se saisir, sans parvenir jamais à la totalité qui seule assurerait l'intégrale jouissance d'être soi.  Désespoir et désarroi : ainsi cela que je vois ce serait moi, mais est-ce bien moi cette face ridée, ces yeux las, cette bouche amère, ce rictus déplaisant, et cette brume où se dissout mon désir? A chaque instant, crispé sur l'apparence qui semble se fuir, je me sens me dissoudre et m'échapper à moi-même. Tel le faune de Valéry, à jamais... [Lire la suite]
05 janvier 2010

APEIRON et PRAGMATA : l'illimité et les choses

A l'aube de la pensée occidentale résonne la phrase d'ANAXIMANDRE : "'Ce dont naîssent toutes choses est aussi ce vers quoi procède la corruption selon le nécessaire : toutes choses se paient les unes aux autres la peine et la réparation de leur injustice suivant l'ordre du temps". Enonciation énigmatique s'il en est, et d'une originalité absolue. Ce dont procèdent toutes choses (ta panta) c'est l'Apeiron, l 'Illimité, ou l'Infini. Mais illimité est plus juste, en ce que le grec dit bien "a-peiron", le non-limité,... [Lire la suite]
03 janvier 2010

MYTHOS : du sens originaire de la Vérité

On aurait grand tort de négliger le MYTHOS, cette forme dite archaïque de pensée, telle qu'elle nous est accessible dans les textes d'Homère, d'Hésiode ou de Sappho, chez qui résonne encore la voix des anciennes paroles divines, et dans la tragédie, toute pétrie de récits mythiques. Il est trop facile de sourire de ces constructions mentales irrationnelles, embrouillées et répétitives en quoi se délectaient les hommes de l'âge de bronze. La tradition philosophique oppose résolument LOGOS à MYTHOS, et prétend de Logos seul tirer... [Lire la suite]