29 décembre 2010

Du SOURIRE, du BEAU et du TRAGIQUE

Il est des sourires qu'on n'oublie pas. Ils habitent à jamais un continent de l'âme, réservé, discret, à nul autre accessible, où l'on va puiser de l'énergie par gros temps. Ils figurent à jamais une possibilité de vie, un style de vie, un art auquel on aimerait secrètement correspondre, tout en sachant par devers soi que c'est là une ambition démesurée, inacessible à nos pauvres moyens, comme un rêve de beauté et de félicité dont la perfection même nous désespère. C'est là le signe irréfutable du beau. Toute beauté éveille une... [Lire la suite]

27 décembre 2010

De l'ETONNEMENT PHILOSOPHIQUE : SCHOPENHAUER

Il est de bon ton, depuis Aristote, de déclarer que l'origine de la philosophie c'est l'étonnement. "Thaumazein " : s'étonner, admirer. Ce qui éblouissait Aristote, semble-t-il, c'est la beauté de la nature, une évidence pour un Grec. On les comprend immédiatement lors du premier voyage dans ce pays des dieux, où la lumière vous accompagne partout, insistante et sublime. Pour un homme des Hespéries ce sentiment, éminemment enviable, n'a rien d'immédiat. Il suffit d'un court voyage à Lille ou à Stuttgart pour désespérer l'heureux... [Lire la suite]
24 décembre 2010

Du FONDEMENT de la PHILOSOPHIE : HERACLITE

"Ce monde, le même pour tous, ni dieu ni homme ne l'a fait, mais il était toujours, il est et il sera, feu toujours vivant, s'allumant en mesure et s'éteignant en mesure" (Héraclite, fragment 80 : traduction Marcel Conche). Ce monde, "kosmon tonde", ce monde-ci, qui est la totalité du monde, est d'une évidence immédiate : il est, et ce serait folie que d'en contester l'existence. Je peux feindre qu'il n'existe pas, comme fait Descartes, douter  des sens et de la raison, suspendre les choses dans une épochè... [Lire la suite]
23 décembre 2010

Du FONDEMENT de l' ETHIQUE

A tout prendre, l'eudémonologie n'est qu'une sophisticaillerie plaisante et vaine : le bonheur étant impossible, la joie incertaine et fuyante, il ne reste qu'à pactiser avec le diable, lui soutirant deci delà quelque piécette de plaisir intersticiel, de quoi entretenir la flammèche de la vie, pour le seul bénéfice durable de l'espèce. Ne pouvant ni vivre ni mourir nous nous débattons entre le tragique de la perpétuation et la comédie de l'impossible. Victimes-complices d'un carnaval mirifique et dérisoire, nos exploits terrestres se... [Lire la suite]
19 décembre 2010

Les TROIS ETAGES du PHILOSOPHER

Philosopher c'est en premier lieu dialoguer avec soi-même. Sentir ce qui est vécu, éprouvé, dans le corps, dans le Thymos, et dans l'esprit. Ne pas évincer les pensées déplaisantes, les accueillir, les analyser parfois, et souvent les laisser simplement passer comme des nuages dans le ciel. Toutes les impressions sont à vivre comme telles, mais le plus souvent elles ne sont que réaction. Les idées de même, quand elles ne se gèlent pas en idées fixes, en bavardage ou en rumination. C'est déjà un grand art de distinguer ce qui mérite... [Lire la suite]
17 décembre 2010

La DROGUE de la VIE : METRODORE

Voici un belle maxime de Métrodore, disciple favori d'Epicure : "Certains préparent tout au long de leur vie ce qui sert à vivre - comme s'ils devaient vivre au delà de ce qu'on appelle la vie - sans voir en même temps que la drogue de la naissance qu'on nous a versée à tous est mortelle".
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16 décembre 2010

OTIUM et SCHOLE

"Rien ne produit la tranquillité comme éviter de s'affairer beaucoup, de s'adonner à des occupations pénibles et de se contraindre au delà de ses propres forces. Car tout cela installe le trouble dans notre nature" (Diogène d'Oenanda (fragment 114) Travailler moins pour mieux goûter aux fruits délicieux de la SCHOLE, que les Latins appellent Otium, qui, comme par hasard, s'oppose au Negotium. Scholè donne scola, école : la vraie école est celle de la vie, qui peut se passer et ne pas se passer de l'école de la... [Lire la suite]
14 décembre 2010

LEONTIA, COURTISANE et PHILOSOPHE

De Leontia, ou Leontion, nous savons peu de choses. En regroupant les diverses indications que j'ai pu glaner dans les écrits restants nous pouvons conjecturer que Leonta fut une courtisane athénienne fort prisée, et sans doute fortunée, qui rejoignit le Jardin d'Epicure, devint la concubine de Métrodore, le disciple préféré du maître. C'était une femme libre, comme l'étaient souvent à cette époque les courtisanes, à l'inverse des femmes mariées, cloîtrées dans le gynécée familial. Certaines rumeurs en font également la maîtresse... [Lire la suite]
13 décembre 2010

De la PULSION et du CORPS EROGENE

La question du désir étant décidément minée jusqu'au trognon je me demanderai s'il ne vaut pas mieux abandonner cette notion aux idéalistes et autres illuministes de toute farine. Quant à nous, nous en reviendrons aux justes considérations concrètes du besoin et de la pulsion, expressions éminemment corporelles de notre être au monde. Epicure avait montré la voie : cherchez le naturel nécessaire, vous y goûterez le plaisir, sans difficulté ni incommodité. Le premier Freud, je veux dire celui d'avant la seconde topique et la pulsion de... [Lire la suite]
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12 décembre 2010

Du DESIR comme IMMANENCE

Gilles Deleuze avait montré l'intrication nécessaire des trois termes : manque, plaisir, jouissance pour constituer le cercle vicieux de la triple malédiction qui pèse sur le désir depuis Platon jusqu'à Lacan, fondement de la conception réactive et réactionnelle, cause agissante qui entretient à l'infini le recours à la transcendance. On peut formuler l'idée en trois phrases : Le désir s'origine du manque (Platon : le Banquet) Le plaisir n'est qu'une décharge momentanée de la tension pulsionnelle, toujours insatisfaisante, et qui... [Lire la suite]
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