03 août 2009

LETTRE OUVERTE à MARCEL CONCHE

Je vous imagine avec délectation retiré sur votre île de soleil, dans une sérénité quasi hellénique, dans votre villégiature embaumée, auprès de celle, Muse de jeunesse, qui vous attira là-bas, et qui vous comble d'une authentique amitié philosophique. C'est miracle, sur le tard, de réaliser tout ce qui vous tient à coeur, et dont le désir vous a soutenu, sustenté tant d'années durant, improbable si longtemps, et actuel soudain dans un présent réconcilié, quasi miraculeux. Vous dites vous-même que chaque jour qui est se lève est une... [Lire la suite]

01 août 2009

ODE POUR ARTEMIS : HERACLITE à EPHESE

Phosphorescente et pure, Toi, née de Delos la lumineuse Vierge farouche toujours tu repousses les charmes d'Aphrodite Tu ne peux supporter les séductions captieuses, les pièges Les lacets de l'Eros, les mâles empressés. De tes flêches Sans pitié tu perfores le malheureux mortel qui ose Sur toi lever ses yeux de chair embués de désir Toi la soeur adorable, accoucheuse jumelle d'Apollon, Carquois aux mille traits de mort, chasseresse et farouche Tu préfères de loin secourir les parturientes fièvreuses Assurer... [Lire la suite]
31 juillet 2009

Le PARTAGE du DIEU et de l'HOMME selon PINDARE

Voici comment Pindare exprime le partage de l'homme et du dieu (Néméennes VI première strophe, traduction de Jean Paul Savignac légèrement modifiée, édition La Différence pages 305, 307) : "Une des hommes, une des dieux est la race. Et de mère une, Nous respirons, eux et nous. Mais nous sépare la différence De pouvoir, d'un côté rien, de l'autre, Fief éternel, le ciel de bronze qui perdure. Pourtant par quelque point nous ressemblons Grand esprit ou nature, aux Immortels, Bien que ne sachant, de jour comme... [Lire la suite]
31 juillet 2009

OEDIPE, héros de la CONNAISSANCE IMPOSSIBLE

L'effroyable est en moi, tout au fond, qui m'afflige et me tire Incessamment vers le séjour funeste du dieu mort Où roule la voix éructée d'une impensable absence Je me détourne, je fuis, je cours les allées de  la ville Mais le détour encore, et l'évasion me ramènent, m'enchaînent La roue tourne toujours, et je tourne, et je tourne avec elle Sans comprendre jamais l' énigme dont les termes m'obsèdent Et qui emportera mon âme inapaisée dans les flots du Tartare. NOTE : ce n'est pas là une traduction... [Lire la suite]
28 juillet 2009

HOLDERLIN traducteur de SOPHOCLE : l'art et la sagesse

"Nommément ils voulaient instaurer Un règne de l'art. Par là pourtant Le natal par eux Etait chômé, et pitoyablement Le pays grec, le plus beau, courut à sa perte." C'est en ces termes que Hölderlin exprime sur le tard sa vision toute personnelle du destin artistique de la Grèce. Les Grecs, habités dès l'origine par l'esprit "oriental", la démesure dionysiaque, ont voulu de toutes leurs forces, qui étaient immenses, corriger cette tendance extrème par la culture et la clarté de l'exposition, ce que... [Lire la suite]
16 juillet 2009

De l' ATOME et de la FORCE : démembrement toujours

Retour sur le démembrement de Dionysos : il serait néfaste de concevoir cet écartèlement physique comme une pure et simple distribution spatiale ou corpusculaire, comme le fait peut-être un certain atomisme un peu naïf. Le dieu n'est pas matière inerte, composable, décomposable et recomposable à volonté, selon la nécessité du cycle. C'est là le problème que pose l'utilisation du mot "corps" qui induit une repésentation étroitement spatiale. Certes Dionysos est le corps du dieu, mais ce corps est à la fois matière, énergie et... [Lire la suite]

25 avril 2008

LES DIEUX, LES MONSTRES, LES SIMULACRES

Dans une conception intégralement atomistique du monde, comme celle d'Epicure et de Lucrèce, la vie psychique pose problème. Si tout ce qui existe est mélange d'atome et de vide, quel est le statut de la représentation, de la conscience, ou de l'inconscient, à supposer qu'on puisse encore utiliser valablement ce terme? Epicure répond qu'il ne faut pas être dupe des apparences : le monde visible, concret, sensible des choses n'est qu'un aspect de la réalité, le plus facile à élucider. Mais il y a des choses invisibles, comme l'air, le... [Lire la suite]
20 janvier 2008

L' ESPRIT DU TRAGIQUE

Je viens enfin de comprendre quelque chose d'absolument essentiel si l'on veut saisir la défférence de sensibilité métaphysique entre les Grecs et les Modernes face à la vie et la mort. Je suis en train de lire les "Consolations à Appolonios" de Plutarque qui cherche à consoler son ami de la mort de son fils bien-aimé. Le Grec vit constamment dans la sensation d'une présence immanente dans le cosmos, comme si tout en étant une personnalité distincte, séparée, intègre et singulière, il n'en restait pas moins attaché, par une... [Lire la suite]
14 septembre 2007

METAPHILOSOPHIE DU REEL

      METAPHILOSOPHIE DU REEL Dès ses origines la pensée grecque est partagée entre une tendance « substantialiste » : recherche de l’Etre (to on)et des étants (ta onta)  - Parménide, Platon, Aristote - et une tendance « mobiliste » - Héraclite, Démocrite – qui expecte le mouvement universel, le tourbillon, et les phénomènes. Les uns cherchent le fixe, l’éternel, le substantiel au-delà du mouvement et du devenir (Platon parle du « devenir fou » et de l’impermanence décevante des phénomènes sensibles par... [Lire la suite]
13 mai 2007

Ataraxie

ATARAXIE. Littéralement : absence de troubles (psychiques ou moraux) Le terme compose avec son double, aponie, (absence de douleur physique) , les deux éléments du plaisir épicurien. A ce titre ils sont virtuellement conjoints dans une même expérience de la non-douleur, fondement réel du plaisir dit constitutif, celui qui exprimerait pleinement la nature intrinsèque d’un être vivant. Cela dit les deux éléments peuvent être disjoints. Je peux ne pas éprouver de douleur physique et pourtant souffrir mille morts au niveau mental. Mais il... [Lire la suite]
Posté par GUY KARL à 14:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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