04 mai 2010

JARDINAGE et PROMENADE PHILOSOPHIQUES

Jardinage et promenade sont les activités canoniques du philosophe épicurien. Le jardinage s'entend comme une synthèse réussie de la nature et de la culture. Cutiver son jardin c'est accueillir le don de la pluie et du soleil, de la racine, de la tige et de la fleur : cela naît, cela croît, cela dépérit, cela meurt. Loi de nature. Cultiver c'est ajouter ce petit quelque chose qui transforme la profusion sauvage en beauté : règle de l'art. La règle n'est pas la loi, la culture n'est pas la nature. Ce serait folie de les confondre,... [Lire la suite]

03 mai 2010

INTUITION de la DUREE : BERGSON HERACLITEEN

Le grand mérite de Henri Bergson est d'avoir introduit en philosophie la notion de durée, et de l'avoir fermement opposée au temps. Nous pensons le temps sur le modèle de l'espace, découpant des instants sur la ligne de l'infini, comme si le temps était une droite ouverte aux deux extrémités, formée d'une pure succession d'instants sans contenu, épaisseur, ou qualité. C'est le temps de la montre, où chaque instant est en soi identique au précédent et au suivant, simple effet de découpage. C'est pratique pour la mesure sociale ou... [Lire la suite]
02 mai 2010

Du RIRE et de la FOLIE : DEMOCRITE

C'est Démocrite qui, le premier, a fait du rire une pratique philosophique des plus éminentes, comme le montre le petit ouvrage attribué à Hippocrate : "Le rire et la folie", où l'on voit Démocrite, tenu pour fou à lier par ses concitoyens d'Abdère, se livrer à une immense  hilarité cosmique, laquelle emporte comme un incendie toutes les turpitudes humaines. Rire gargantuesque avant l'heure, kunique et dévastateur, qui balaie sans concession toutes nos représentations sociales, morales et métaphysiques dans un tourbillon... [Lire la suite]
23 avril 2010

Du BONHEUR ANIMAL, et de l'HOMME

Provocation, ou intuition géniale? Les Kuniques, et Diogène le Chien au premier chef, nous donnent l'animal en exemple de vie éthique, vantant son indéfectible sérénité, son équilible et son parfait bonheur. Ils ne manquent jamais d'occasion pour vilipender l'état misérable de l'homme, réduit à se compromettre aux lois artificielles de la Cité, y perdant son âme, son génie et son intelligence. Le vrai Zeus n'est pas au temple, mais dans le vent, la montagne, la lumière. Il préside aux vrais équlibres, assurant à tout ce qui vit les... [Lire la suite]
22 avril 2010

SINGULARITE et IDIOSYNCRASIE

Idios : qui appartient en propre à quelqu'un ou à quelque chose. Qui a un caractère ou une nature à soi -  d'où : séparé, distinct, particulier. Idiotès : propriété ou nature particulière. Idiosyncrasie : Terme de médecine. Disposition qui fait que chaque individu ressent d'une façon qui lui est propre les influences des divers agents. Ainsi - bonne nouvelle - nous sommes tous, peu ou prou, des idiots! Mais dans un sens bien différent de ce qui se dit, et fort positivement! Idiots du monde entier, donnons-nous la main! ... [Lire la suite]
21 avril 2010

Du TRAGIQUE et du REEL

En toute rigueur le tragique ne peut se signaler que de la conscience qui fait l'expérience des contradictions de la condition  humaine. Le désir veut l'objet magique, la réalité s'y oppose. Le désir veut le Tout, et l'expériencene ne présente que des objets dans l'ordre du temps, morcelés, incomplets, impermanents et métonymiques. La volonté de savoir est contrecarrée par les limites de nos organes de perception et d'intellection, sans compter l'épaisseur impénétrable des choses mêmes. Toute puissance se développe sur fond... [Lire la suite]

19 avril 2010

Du CHEMIN de VERITE : DECONSTRUCTION METHODIQUE

Le chemin de vérité, comme l'indique l'étymologie, est avant tout une entreprise de déconstruction. A-lètheia : dévoilement. Or les voiles nous enveloppent de toutes parts, et nous compénètrent de leur opacité. Défaire, voilà la chose. Ce qui se résumera en quelques formules simples à énoncer, mais très difficiles à pratiquer. Sous les formes : l'in-forme Sous le monde (et les mondes) : l'im-monde. Sous le sens : l'ab-sens Sous la représentation : l'ir-représentable. Encore l'expression "sous" est-elle... [Lire la suite]
16 avril 2010

VERITE , SAVOIR et REEL

La vérité ne saurait être l'adéquation du discours au réel puisque par hypothèse le réel nous est inconnaissable avant son surgisssement. On ne peut connaître que dans l'après coup. Et ce qu'on connaît alors n'est plus le réel en soi-même mais sa représentation. Certes, le surgissement du réel vient modifier nos représentations préalables, si du moins nous sommes capables de prendre acte de la modification, mais le tranchant du réel ne peut se maintenir tel quel dans la pensée. Il en résulte une transformation relative de la... [Lire la suite]
15 avril 2010

LECONS de l'ECLAIR : A-TOPIE et A-CHRONIE

La vie sociale nous condamne au semblant, à la posture, et à l'imposture, ce redoublement histrionique de la posture. Vouloir vivre en vérité relève d'une sorte de psychose blanche, nous exposant au dénuement extrême, et finalement au vide catastrophique. Diogène le Chien fit le pari de la véracité, mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il se glissait je ne sais quelle affectation jouissive dans ses provocations, ses aboiements et ses pitreries de scandale. Voulant le vrai, ne se réclamant que du vrai, et en face d'Alexandre... [Lire la suite]
09 avril 2010

Des REMEDES REELS et ILLUSOIRES

De quelque manière que l'on s'y prenne, la vie est difficile. Nous envions telle star comblée de tous les biens imaginables, qui, un beau matin, se retrouve pendue dans sa chambre, ou terrassée de barbituriques. Et nous nous demandons : "Que lui est-il donc arrivé? N'avait-elle pas toutes les chances de bonheur?" Et je pense aux derniers vers de Sophocle dans Oedipe-roi : ""Il n'est point de mortel, à le suivre des yeux jusqu'à son dernier jour, qu'il faille féliciter avant qu'il ait franchi le terme sans avoir... [Lire la suite]