06 juillet 2010

Du SENS - et de l'AB-SENS

Qu'est-ce qui fait sens? C'est d'abord une motivation, un désir. Si je me forme dans une branche professionnelle, c'est que, dans ce métier, j'espère exprimer quelque chose de ma propre nature, agir mes capacités physiques et psychiques, réaliser un projet. Manifestation de la santé fondamentale, de l'énergie pulsionnelle, des forces actives que je sens bouillonner en moi, et qui exigent une expression libre. Mais cela ne suffit pas. Si je veux devenir boulanger c'est pour faire du pain. L'activité est orientée vers la réalisation... [Lire la suite]

05 juillet 2010

REEL, SAVOIR,VERITE : le trépied de la connaissance

Pour connaître l'orientation fondamentale d'un discours, et pour juger de sa pertinence, il faut considérer trois termes : réel, savoir, vérité, et examiner leur rapport stucturel. A partir de quoi on peut découvrir leur relation explicite et implicite au quatrième terme, qui décide de tout : le sens. La religion se définit par l'affirmation du sens. L'esprit religieux est celui qui ne peut se passer de sens, quitte à travestir la réalité, à procéder par déni du réel, par forclusion et forçage, pour rétablir l'indispensable illusion,... [Lire la suite]
02 juillet 2010

De l'ECRITURE ATOMISTIQUE

L'atome est-il le minimum corpusculaire, ultime élément de la division "matérielle", ou le minimum pensable,  ultime élément qu'une conceptualisation discriminante puisse concevoir, avant la dissolution de l'univers dans le Khaos? Parfois Démocrite parle d'"idea", ce qui peut s'entendre comme "idée", ou "forme", abstraction géométrique, définissable en figure, place, rang dans une série, rapport avec d'autres formes de même nature. Démocrite est-il physicien ou géomètre? L'idea peut aussi... [Lire la suite]
29 juin 2010

De la REPETITION : LUCRECE et SCHOPENHAUER

"Je n'attends plus rien". Cela peut s'entendre de deux manières très différentes. Taedium vitae ou intelligence supérieure. Soit, je suis blasé, j'ai fait le tour de ce qui mérite quelque attention, je n'ai plus d'intérêt particulier pour rien, d'ailleurs "les choses sont toujours les mêmes". Cette tonalité se trouve abondamment dans Marc-Aurèle, partisan de l'Eternel Retour du Même, dans l'Ecclésiaste ("Rien de nouveau sous le soleil"), parfois même chez Lucrèce, dont la mélancolie n'est plus à démontrer, et bien sûr chez... [Lire la suite]
28 juin 2010

De la PITIE : le pathos et l'intellect

"Qu'il est doux, par grande mer, les vents tourmentant la surface des flots Depuis la terre d'assister au dur labeur d'autrui..."        Lucrèce ne prêche pas l'insensibilité, le froid dédain de la souffrance d'autrui, mais se réconforte lui-même d'avoir trouvé, "retiré dans les temples sereins des sages" les lois immuables de la nature, et le calme, et la sérénité de l'esprit. Est-il bien raisonnable en effet, de souffrir de la souffrance d'autrui, ajoutant la souffrance à la souffrance,... [Lire la suite]
25 juin 2010

QUETE PHILOSOPHIQUE / QUIETUDE A-PHILOSOPHIQUE

Platon a donné pour toujours la définition de la philosophie : amour de la sagesse, soit désir de ce qui s'échappe, de ce qui manque, de ce qui fut peut-être un jour, et qui est à jamais perdu. Travail du deuil en somme, ou deuil interminable, voire  processus mélancolique, selon que l'on estime que la tâche peut aboutir (dans un lointain incalculable), ou qu'au contraire on l'estime vouée à l'échec. Le philosophe est l'ami de la vérité. Mais cette vérité, comme horizon de la recherche, fuit à mesure, selon une logique imparable... [Lire la suite]

24 juin 2010

SCHOLE : ECOLE de l'A-PHILOSOPHIE

Originellement "scholè" désigne un arrêt, une pause, une trêve, une rupture de mouvement. D'où l'idée de repos, de loisir. C'est ce second sens qui s'est imposé  : scholè de l'homme d'action qui se retire en son domaine pour réfléchir, lire, étudier, écrire, méditer. A la scholè des  Grecs correspond l'"otium" des Latins, exact opposé du "neg-otium", action utilitaire et marchande. La scholè sera l'activité noble du patricien, du lettré, du philosophe, de l'écrivain. Montaigne en sa... [Lire la suite]
17 juin 2010

AH VIEILLESSE ENNEMIE

J'entends dire parfois, au sujet de la vieillesse, "le bel âge", en tout cas pour la période qui irait en gros de soixante à soixante quinze ans. Il est vrai que, délesté des charges d'éducation et des corvées professionnelles, le jeune vieux a théoriquement tout le loisir de flemmarder, de siester, de voyager, de se livrer sans complexe à ses occupations favorites. Liberté toute nouvelle pour beaucoup de seniors, enthousiasme parfois, et pour certains, angoisse du désoeuvrement. Je vois de délicieuses petites retraitées se... [Lire la suite]
16 juin 2010

De la CONTEMPLATION PHILOSOPHIQUE

Contempler c'est voir sans regarder. Sans intention particulière, sans discrimination, sans jugement, sans volonté de comprendre, sans concept. Contempler c'est simplement s'asseoir, et laisser les choses se faire sans intervention, sans intentionnalié. La pensée ne s'arrête pas vraiment, les images et les idées continuent leur ronde imprévisible, mais bientôt avec plus de lenteur, de légèreté, comme si la danse cessait de nous affecter, de nous tourmenter ou de nous exciter. Elle est toujours là, et rien ne peut vraiment la... [Lire la suite]
11 juin 2010

De la GENEROSITE

Générosité: qui est d'un naturel noble, qui a un grand coeur (sens dérivé directement du sens étymologique qui est : de bonne race) . Rodrigue est généreux, dans le Cid de Corneille. Se dit aussi des choses qui décèlent une noble nature : un vin généreux. Ou d'animaux : le Lion. Qui donne d'une main libérale. (définitions de Littré)           Cette définition peut surprendre mais elle se légitime de sa provenance étymologique. En effet genus, en latin, d'où dérive generosus, signifie la race, le... [Lire la suite]