19 octobre 2016

ETHIQUE du DESIR : courage et lâcheté

  Il faut une singulière opiniâtreté pour se sustenter dans son désir, quand la paresse, l'attrait de la facilité, l'inclination au plaisir immédiat, voire l'angoisse même vous détournent à tout propos, et vous entraînent au renoncement. Quelquefois, devant  la page blanche, je suis saisi d'un doute, paralysé : A quoi bon ? Le monde continuerait bien sans moi, et les affaires, et la culture, et la philosophie. Qui donc m'attend, qui donc espère en moi ? Personne. Cela est vrai : nul ne m'attend, nul ne m'espère. Et quand... [Lire la suite]

13 octobre 2016

De la DANSE

  J'ai envie de m'alléger un peu. Je me suis laissé aller à quelques confidences, que je ne regrette pas, mais dont je me demande en quoi elles pourraient intéresser quiconque, sauf à supposer que de ci de là quelque lecteur y démêle de quoi se sustenter lui-même, reconnaissant par endroit quelque affinité avec sa propre histoire. C'est là une fonction essentielle de la littérature : faire voir, révéler, faire advenir une conscience. De temps en temps une sorte de folie intime s'empare de moi et me fait délaissser les parages... [Lire la suite]
10 octobre 2016

De l'APPARENCE : le Siècle de Louis XIV

  Pour supporter les ardents assauts de son royal amant - Louis XIV avait une haleine de sanglier entretenue par une extraordinaire gloutonnerie, sans parler de l'absence totale d'hygiène corporelle - Madame de Montespan plaçait un mouchoir parfumé sur sa bouche ! Joli symbole d'une époque incroyable que nous appelons aujourd'hui encore le Grand Siècle. En toutes circonstances, joyeuses ou désastreuses, il faut sauver les apparences, comme l'atteste encore l'édification de la place Vendôme, d'une belle architecture classique,... [Lire la suite]
07 octobre 2016

PHILOSOPHIE et LITTERATURE face au REEL

    Frappé de stérilité, je me réfugie dans les lectures historiques, comme je fais d'habitude en ces cas-là. Ce n'est pas désagréable, tant s'en faut, mais peu satisfaisant, au total. Dans la lecture, quoi qu'on en dise, il y a une dimension passive qui finit par m'agacer, ce qui fait que je n'apprécie que les oeuvres courtes, qui vous saisissent d'un coup, et vous laissent pantelants au bord du chemin. C'est particulièrement vrai des oeuvres philosophiques, car une idée forte et vraie peut s'exprimer en peu de mots : le... [Lire la suite]
03 octobre 2016

Du VIDE, et de l'univers

  Pour nommer le vide Lucrèce utilise tantôt "vacuum" tantôt "inane". Et fait il s'agit de deux formes différentes : l'un n'est qu'un vide intersticiel, tel qu'il existe entre les corps, et à l'intérieur des corps eux-mêmes, dans un système ouvert-fermé, cosmos local, ou univers local (tel notre univers issu du big bang). Inane désigne un vide cosmique, immensité séparant des univers constitués ou en voie de constitution ou de décomposition. Différence de degré plutôt que de nature, car au bout du compte il s'agit toujours du... [Lire la suite]
28 septembre 2016

L' UNIVERS et la NATURE : cosmos et phusis

  Je lis dans un ouvrage de vulgarisation scientifique que le proton jouirait d'une durée de vie égale à 10 puissance 35 années, soit 1 suivi de 35 zéros ! Voilà qui fait un bail impressionnant, voisin de l'immortalité. Nous sommes au plus près de la théorie d'Epicure qui coyait les atomes éternels, ce qui est faux, si les atomes naissent dans la fusion nucléaire des étoiles et s'ils sont appelée à éclater. L'immortalité serait plutôt le fait de certaines réalités éminemment légères, telles que les photons et les neutrinos. On... [Lire la suite]

26 septembre 2016

Des ARBRES et du JARDIN

  Mon fils m'a offert un bel olivier qui trône sur mon balcon. Son feuillage se découpe en sombre sur le feuilage plus clair de l'allée. C'est le don que fit Athéna, jadis, aux mortels, pour leur garantir meilleure vie. Pour moi, homme du Septentrion neigeux, il n'est pas aisé de me familiariser avec ces arbres du sud, qui, spontanément, me semblent manquer d'ampleur, de solennité, de royauté. Il me faut former mon entendement, ma sensibilité à des formes différentes, plus modestes, plus convulsives. Reste ceci : mon olivier n'a... [Lire la suite]
21 septembre 2016

PHILOSOPHIE du VENTRE

  "Quelle joie, quel encouragement pour moi d'avoir appris d'Epicure à réjouir correctement mon ventre !" Voilà ce qu'écrit Metrodore au sujet de son maître et ami. Point d'étonnement, dès lors, si tous les idéalistes vertueux se sont précipités, "sus au baudet", pour déblatérer sur la voracité, la gloutonnerie, la goinfrerie, la lubricité supposée des "pourceaux d'Epicure" - au mépris de la vérité, car enfin c'est Epicure lui-même qui déclare : un peu d'eau, quelques olives, me voilà l'égal de Zeus. Au vrai, Epicure invente une... [Lire la suite]
20 septembre 2016

SENTENCE de METRODORE

  "Réponds à la beauté par la beauté ; car, en plongeant pour ainsi dire dans une communion d'affection, nous nous sommes libérés de la vie terre à terre pour nous élever jusqu'aux mystères d'Epicure  : une révélation véritablement divine". - De Métrodore, l'ami et disciple d'Epicure. (Les Epicuriens, Pleiade, p 147)
Posté par GUY KARL à 15:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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16 septembre 2016

Des EMOTIONS ESTHETIQUES

  Il y a des émotions qui vous brisent. D'autres vous font planer. Je pense en particulier aux émotions esthétiques qui vous transportent dans un autre monde, qui vous arrachent des larmes de ravissement. Je ne puis écouter certains airs de Mozart, surtout les voix de femme, sans me sentir coupé en deux, comme si un subtil couteau effilé me passait par le corps, du haut jusques en bas. La musique est l'art le plus puissant, celui qui provoque les émois les plus violents. Elle résonne au dedans, elle se mêle à la chair sensible,... [Lire la suite]