13 mai 2011

ETERNITE du CERCLE : du SPHAIROS, et d' EMPEDOCLE

« Elle est retrouvée Quoi? L’éternité. C’est la mer allée Avec le soleil ». (Rimbaud) Le cercle de vie se referme, mais la vie continue. Paradoxe de la durée. Chronos était là avant, il est pendant, et après. Rien ne l’arrête, rien ne l’arrêtera. Pourtant, dans cette conscience paisible de l’achèvement, quelque chose persiste en dépit du temps. Et si le corps, et si la conscience avec lui, va à la mort, une autre conscience, qui est à la fois elle-même et une autre, différant d’avec elle-même, gagne secrètement une demeure... [Lire la suite]

12 mai 2011

LA BOUCLE de la VIE : l'aller-retour

« De toutes les choses Contemple le Retour ». Je ne sais s’il est bien subtil d’imaginer un sens de la vie. Ni orientation a priori, ni signification intelligible. Reste l’expérience, qui seule fait loi. Je constate, toute référence suspendue, que le cours des événements intérieurs me ramène en quelque sorte au point de départ, selon une étrange courbe qui se referme sur elle-même, comme si l’originaire ne se pouvait atteindre en vérité qu’au terme d’un long processus. Je rends grâce à la vie de n’avoir pas fauché trop tôt ma... [Lire la suite]
11 mai 2011

De l'INTERIORITE : le NOOS d'EMPEDOCLE

  Il est bien difficile de rendre correctement le mot  « noos » ou « noûs », tel qu’il est utilisé par les auteurs anciens. Les traducteurs proposent tantôt pensée, esprit ou intelligence. Il s’agit manifestement de la faculté de connaître. Héraclite oppose le noos à la polymathie, le savoir-beaucoup, accessible à tous puisqu’il suffirait d’étudier les techniques et les sciences particulières, alors que la vraie connaissance dépasse tous les savoirs dans la contemplation du Tout. Le philosophe serait dès lors celui qui... [Lire la suite]
09 mai 2011

Du SENTIMENT de la NATURE

  Siffle martinet! Mon cœur éclate de joie Au si joli mai Quand tu viens faucher le ciel De tes ailes de soleil! Certaines cultures, essentiellement monothéistes, placent l’homme au centre de la création. Je n’approuve pas cette prétention, je ne partage pas cette idiosyncrasie qui nous mène à la ruine. Je me sens infiniment proche de ceux, plus anciens et plus modestes,qui se référaient spontanément à la vasteté du ciel et à l’immensité de la terre, et qui, dans cet espace ouvert, se contentaient de planter leurs... [Lire la suite]
09 mai 2011

Le dieu d'Héraclite

Dans la vie et l’œuvre d’Héraclite on peut relever la référence à cinq divinités du panthéon traditionnel. Artémis d’abord, qui honorait Ephèse d’un temple célèbre, où Héraclite, selon Diogène Laerce, aimait jouer aux osselets avec les enfants, dédaignant la politique et les mœurs de sa ville natale. C’est à Artémis qu’il remet son grand œuvre avant de mourir, confiant à la déesse le soin de sa pensée pour l’éternité. Artémis est la soeur jumelle d’Apollon, ce qui inscrit en toute clarté la pensée d’Héraclite dans la sphère... [Lire la suite]
05 avril 2011

De la TRANSMIGRATION : EMPEDOCLE (10)

On peut s'étonner, s'irriter même. Ce thème de la transmigration est une pièce essentielle, incontournable de la vision d'Empédocle. Le moderne que je suis, estimer qu'il s'agit là d'une fantaisie dépassée, d'un fantasme irrationnel, incompatible avec l'image d'un Empédocle initiateur de la physique, de la physiologie et de l'embryologie, survivance regrettable d'un âge périmé de la connaissance. On peut aussi l'accueillir, au vue du caractère quasi universel du thème de la transmigration, en Orient comme en Occident, avant la... [Lire la suite]

04 avril 2011

EMPEDOCLE (9) : La pensée du diaphragme

Empédocle évoque à plusieurs reprises la "vigueur, la robustesse, la richesse" du diaphragme chez l'homme d'exception, capable de ressentir "dans sa poitrine" le don infini des éléments constitutifs, de se nourrir de cette générosité inépuisable, d'en nourrir sa pensée, de la même manière que le coeur se nourrit de l'afflux du sang, s'enrichit de ses dons pour entretenir et fortifier la vie. Le diaphragme est peut-être moins à penser comme un organe distinct qu'une région globale, un lieu énergétique, la confluence mobile et motrice... [Lire la suite]
01 avril 2011

EMPEDOCLE (8) : le héros de la connaissance

Le poème d'Empédocle est un hymne à la connaissance libératrice. La mythologie issue d'Homère et d'Hésiode, la croyance aux dieux anthropomorphes, les sacrifices d'animaux, les rites religieux, sont profondément subvertis, contestés et ruinés dans leur principe même. Empédocle crée une sorte de mythologie rationnelle susceptible de renverser l'ancienne, et d'ouvrir l'esprit hellénique au Logos universel. S'il évoque le nom des divinités il en modifie radicalement la teneur et la statut. Ce sont les quatre éléments qui sont divins,... [Lire la suite]
28 mars 2011

De la MORT d'EMPEDOCLE (7)

"J'étais hier sur les hauteurs de l'Etna. Alors me revint le souvenir du grand Sicilien qui, las de compter les heures, uni à l'âme du monde, dans une fervente joie de vivre se précipita dans les flammes souveraines". Paroles d'un poète à l'adresse d'un poète. Et qui, mieux qu'un poète, peut rendre compte de cette mystérieuse union de la vie la plus haute avec la plus sublime mort?  Hölderlin reprend le thème esquissé dans son "Hypérion" (le seul roman qu'il ait écrit) dans une ode :           ... [Lire la suite]
25 mars 2011

Des MONSTRES : EMPEDOCLE (6)

Les éléments premiers, dans leurs hasardeuses combinaisons, produisent des formes  erratiques, selon le caprice d'une "naissance" dépourvue de finalité, sans ordre ni méthode, jetant des membres, des bouts de corps, des organes, des lambeaux de peau, des pieds, des mains, des pattes, des ailes, au hasard hors de la terre. Aucun plan d'ensemble ne préside à ces singulières excroissances, aucune finalité, ni interne ni externe, n'organise le surgissement de ces fragments de vie, dont la plupart sont invivables, alors que d'autres... [Lire la suite]