20 juin 2011

SAUVER la SINGULARITE

La notion d'identité n'est que relative et différentielle. Elle n'exprime pas encore la nature du sujet. Dire comme Sartre : "je me pose en m'opposant" c'est s'inscrire dans le champ de l'autre, tout en prétendant s'en différencier. La perspective reste réactive :  je suis ce que l'autre n'est pas, l'autre n'est pas ce que je suis. C'est là un moment, nécessaire sans doute, mais qui doit se dépasser lui-même pour s'abolir dans l'affirmation de la singularité.  La singularité est sans concept, sans définition possible... [Lire la suite]

16 juin 2011

JOUIR et se REJOUIR : EPICURE

"Une éjouissance constante!" C'est ainsi que Montaigne qualifie la vie en vérité. Ce beau terme d'éjouissance a malencontreusement vieili en notre langue françoise, nous privant d'une notation subtile entre jouissance et réjouissance. La jouissance est à présent affublée d'une connotation psychanalytique déplaisante. Se réjouir implique une sorte de dédoublement : en place de la simple éjouissance naturelle, voire instinctive, nous voilà à nous ré-jouir, comme s'il fallait une conscience réflexive, un retournement de pensée pour nous... [Lire la suite]
15 juin 2011

De la CLOTURE et du JARDIN : EPICURE

Clôture n'est pas fermeture. Un banque, de nuit, est fermée. Pour l'ouvrir il vous faudra une pince-monseigneur. La "maison close", à l'inverse, est ouverte à celui qui ouvre son porte-feuille. A la fermeture totale correspondrait l'ouverture totale. Mais les deux sont également inimaginables. La clôture serait le régime moyen, où les portes sont tantôt fermées, tantôt ouvertes. La clôture est d'abord le petit enclos qui délimite un jardin ou une propriété, plus qu'il ne les ferme. Humble muret de pierres, borne dévorée de ronces,... [Lire la suite]
14 juin 2011

De la LIBERTE comme SOLITUDE

Nous prétendons désirer la liberté et nous faisons tout pour la fuir. Nous prétendons désirer le bonheur, et nous acharnons à le fuir. "Comment réussir à échouer" demandait un auteur récent. La réponse est facile, il suffit d'observer le comportement ordinaire, en nous et hors de nous. Bien sûr, certains réusissent, mais réussissent quoi, au juste? La carrière, mais c'est au prix de la liberté. Les affaires, mais au prix de la vie intérieure. Et le reste à l'avenant. Partout j'observe à l'oeuvre une disposition à la contradiction,... [Lire la suite]
10 juin 2011

DES TROIS REVOLUTIONS MENTALES : spiritualisation

Dans le cheminement de spiritualisation je vois trois moments essentiels, trois crises, trois étapes d'une révolution mentale intégrale. Le premier est de désapprendre tout ce qui a été assimilié dans le processus de socialisation, non pas que ces enseignements soient nécessairement faux, mais ils sont intégrés sans vérification. C'est ainsi que Descartes, par exemple, se propose de remettre en doute les leçons de l'école, les théories des philosophes, les opinions communes, et même les préceptes de la foi. Dans cet esprit il préfère... [Lire la suite]
09 juin 2011

DE LA SANTE : adaptation et spiritualisation

On définit souvent la santé comme l'absence de maladie, ce qui est fort tendancieux. Remarquons d'abord que l'absence de toute affection morbide est peu probable. D'autant que la vie se dévelope par crises, et que l'absence de crises signerait une déficience du développement. La crise n'est pas une maladie, c'est une adaption qui peut réussir ou échouer. En fait la santé est indéfinissable parce que ce n'est pas un état stable, mais un processus. Ce processus est réactif si ce sont les circonstances qui contraignent à un remaniement.... [Lire la suite]

08 juin 2011

PRATIQUES du DESIR CONSTITUTIF

Il n'existe pas de terme adéquat pour désigner l'être humain en sa globalité singulière. Comment dire en effet l'unité-totalité alors que toute la tradition s'est échinée à produire des clivages, entre le corps et l'âme d'abord, puis entre corps organique et corps érogène, entre conscient et inconscient, moi de réalite et moi de plaisir, moi et surmoi, moi et ça, désir et passion, et le reste à l'avenant. Ces modélisasions ne sont pas sans intérêt dans leur domaine propre, mais elles épuisent l'intellect, le privant de toute... [Lire la suite]
07 juin 2011

De l'INSTANT : désir et plaisir constitutifs

La vie réelle se joue dans l'instant. C'est dans l'instant que la vie bascule, ou ne bascule pas. Dans l'absolu, chaque instant est une question de vie et de mort. Vivre, c'est prolonger la vie d'une seconde, de seconde en seconde. Mais à cela nous ne pensons guère, distraits que nous sommes par nos "affaires", pré-occupés des moments à vivre que nous croyons acquis sans discontinuité. Un retour réflexif nous permet de déconstruire cette naïveté, et de mesurer la précarité de nos vies. Avant "maintenant" c'est du passé, après... [Lire la suite]
06 juin 2011

Du DESIR sans OBJET : le désir constitutif

La problématique du désir est largement parasitée par la question de l'objet. Ne demandez jamais : "Quel est votre désir?". Le malheureux serait bien en peine de répondre, et dans l'embarras qui est le sien que peut-il faire si ce n'est énumérer en vrac tout ce qui lui passe par la tête, avec le sentiment d'une fâcheuse approximation. C'est cela et ce n'est pas cela. Dans le meilleur des cas il saura ce qu'il ne désire pas, encore que...Entre le désir et ses objets se faufile une faille que rien ne comble, et pour cause, puisque... [Lire la suite]
03 juin 2011

De la DISTINCTION de l'AME et du CORPS

La pensée occidentale est plombée par la distinction funeste de l'âme et du corps. Ce dualisme est à la fois radical et injustifié. C'est là l'oeuvre fatale de l'idéalisme, poursuivie et approfondie par la tradition chrétienne. Qu'il est doux de visiter les traités de la Chine ancienne qui ne pense pas dans cette ornière, et qui d'emblée pose l'unité de l'être vivant, animal ou humain! "Nourir sa vie" disent-ils, et la vie c'est ici la globalité des processus et des fonctions vitales, organiques, physiologiques, et psychologiques,... [Lire la suite]