16 avril 2012

De l' INESPERABLE : Héraclite et nous

  Héraclite écrit : « S’il n’espère pas l’inespérable, il ne le découvrira pas, étant inexplorable et sans voie d’accès ». (Fragment 18, traduction de Marcel Conche,  page 245). Héraclite ne parle certes pas de l’espoir au sens courant, qui relève du désir et qui exprime une vision partielle de la réalité. On espère le favorable comme si le bien pouvait exister sans le mal, le juste sans l’injuste, le plaisir sans le déplaisir, la paix sans la guerre. Le sens commun, prisonnier de l’apparence, méconnaît... [Lire la suite]
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11 avril 2012

Le DIRE du NON-DIRE : de l' impossible

  Un lecteur m’écrit : « Quand le mot manque la pensée peut le créer ». Intervention judicieuse, certes, puisque c’est exactement ce que font les philosophes en créant des concepts qui saisissent et expriment une vision nouvelle et originale de la réalité. L’atome de Démocrite, la durée de Bergson, le Vouloir-Vivre de Schopenhauer sont de belles et fécondes créations qui nous donnent à penser ce qui avant eux restait inaperçu. Le concept est un révélateur. Le penseur agit comme le poète : il fait exister, il... [Lire la suite]
10 avril 2012

LE MOT QUI MANQUE : langage et réel

                                   Le jour tourne à vide                                  Autour de la nuit profonde ... [Lire la suite]
05 avril 2012

De l'INTUITION, et du RIEN

Quelque chose s’achève, quelque chose commence dans les balbutiements. J’ai le sentiment d’avoir achevé ma formation, fort tard comme on voit, vu mon âge. Mais ce n’est pas affaire de temps. Certains y accèdent d’un coup, au sortir de la jeunesse, d’autres y passent leur vie entière. L’essentiel n’est pas là : que pèse le temps face à l’éternité ? Quand l’intuition saisit son objet, ou plutôt son in-objet, le temps est suspendu, et c’est une sorte d’éternité. C’est le sentiment de plénitude ouverte qui, alors, chasse les... [Lire la suite]
02 avril 2012

APRES MIDI de la VIE : une vieillesse heureuse?

Je rêve la douceur d’une paisible fin d’après-midi, quand le ciel se fait plus tendrement serein, que la lumière s’adoucit sur les cimes et les branches, dans une sorte de suspension nostalgique où tous les éléments du jour se rassemblent enfin pour une ultime splendeur infiniment précaire, déjà menacée de ruine, et qui déjà va se décomposant dans les rayons du soleil couchant. C’est ainsi que je vois mon existence présente, à la fois comme une remarquable synthèse de tout le vécu antérieur, moment de grâce, de gratitude, de plus... [Lire la suite]
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29 mars 2012

KHAOS et la LUMIERE : Héraclite

    Au début était Khaos, la grande Faille. On encore la Nuit, à entendre comme le fond sans fond précédant toute émanation, source universelle. Du fond sourd, éternellement  jeune, vivante et créatrice, la nature, Physis, en sa prodigieuse prodigalité. Les Chinois disent : la Mère des dix mille êtres, la Femelle obscure. Mais ne soyons pas dupes de la formule : « au début » n’a pas de début, est de tous les débuts, à chaque matin du monde, éternelle aurore qui déjà a lui, qui luit ce matin même,... [Lire la suite]
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28 mars 2012

La DETRESSE et l' ATTENTE : HOLDERLIN

« En attendant il me paraît souvent Que dormir serait mieux que d’être ainsi sans compagnon Et que de persévérer ainsi ? Et que faire dans l’attente, et que dire Je ne sais ; et à quoi bon des poètes en un temps de détresse ? Mais ils sont, dis-tu, comme les prêtres sacrés de Dionysos, Qui de pays en pays erraient en la Nuit sacrée ». (« Pain et vin », élégie de Hölderlin)              La poésie, en ces temps de barbarie, est une constante... [Lire la suite]
21 mars 2012

EURIPIDE : ELOGE d' APOLLON

  Dans l’ « Iphigénie en Tauride » Euripide, par la bouche du Chœur, chante un magnifique éloge d’Apollon (vers  1234 et suivants). Ce texte nous donne une idée de la puissance du dieu, de sa fonction sacrée, de sa profonde nécessité culturelle et psychologique.           « Létô, sois fière de ton fils !           Dans les vallons de Délos aux beaux fruits ... [Lire la suite]
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20 mars 2012

Du FONDEMENT de la TRAGEDIE

  Depuis Aristote il est convenu d’estimer la terreur et la pitié comme fondements émotionnels de la tragédie. Terreur devant la catastrophe inévitable, pitié pour le héros, agent et victime de la catastrophe. Cela se vérifie parfaitement, à lire les Tragiques. Mais il me semble qu’il y a autre chose, de plus fondamental. Terreur et pitié sont des phénomènes suscités par le « drame », l’action, au sens étymologique, par exemple, dans l’« Iphigénie à Aulis » d’Euripide, la sinistre machination d’Agamemnon qui... [Lire la suite]
14 mars 2012

De la PHILOSOPHIE comme THERAPEUTIQUE

En quoi la philosophie est-elle thérapeutique ? Ce n’est certes pas en enseignant une doctrine particulière, fût-elle géniale. Ce n’est pas en prescrivant un mode de vie, un compendium de recettes plus ou moins applicables. Ce n’est pas même en fouillant les arcanes du cœur et de l’âme, à la recherche de quelque formule de salut. Elle n’est ni une religion, ni une psychologie pratique. Depuis les Grecs nous savons, ou plutôt nos devrions savoir, que l’essence de la philosophie est Theoria : contemplation. De là seulement... [Lire la suite]