21 mars 2012

EURIPIDE : ELOGE d' APOLLON

  Dans l’ « Iphigénie en Tauride » Euripide, par la bouche du Chœur, chante un magnifique éloge d’Apollon (vers  1234 et suivants). Ce texte nous donne une idée de la puissance du dieu, de sa fonction sacrée, de sa profonde nécessité culturelle et psychologique.           « Létô, sois fière de ton fils !           Dans les vallons de Délos aux beaux fruits ... [Lire la suite]
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20 mars 2012

Du FONDEMENT de la TRAGEDIE

  Depuis Aristote il est convenu d’estimer la terreur et la pitié comme fondements émotionnels de la tragédie. Terreur devant la catastrophe inévitable, pitié pour le héros, agent et victime de la catastrophe. Cela se vérifie parfaitement, à lire les Tragiques. Mais il me semble qu’il y a autre chose, de plus fondamental. Terreur et pitié sont des phénomènes suscités par le « drame », l’action, au sens étymologique, par exemple, dans l’« Iphigénie à Aulis » d’Euripide, la sinistre machination d’Agamemnon qui... [Lire la suite]
14 mars 2012

De la PHILOSOPHIE comme THERAPEUTIQUE

En quoi la philosophie est-elle thérapeutique ? Ce n’est certes pas en enseignant une doctrine particulière, fût-elle géniale. Ce n’est pas en prescrivant un mode de vie, un compendium de recettes plus ou moins applicables. Ce n’est pas même en fouillant les arcanes du cœur et de l’âme, à la recherche de quelque formule de salut. Elle n’est ni une religion, ni une psychologie pratique. Depuis les Grecs nous savons, ou plutôt nos devrions savoir, que l’essence de la philosophie est Theoria : contemplation. De là seulement... [Lire la suite]
13 mars 2012

Le SYMBOLE du CADUCEE

« Le caducée se présente sous la forme de deux serpents, mâle et femelle, enlacés. Leurs bouches sont réunies dans un baiser qui représente Eros. Les parties antérieures de leurs corps sont nouées étroitement par un nœud que Macrobe appelle le nœud d’Hercule, réputé dans l’Antiquité pour être très difficile à dénouer. Ce nœud c’est l’Anangkè ».(Texte de  Pierre Hadot : « N’oublie pas de vivre » page 215, consacré à Goethe) L’entrelacement des deux serpents se prolonge en un deuxième cercle, avant de se... [Lire la suite]
12 mars 2012

ELPIS : l 'ESPOIR et l' ATTENTE

L’espoir, dit-on, fait vivre. Mais on peut soutenir le contraire. Voyez Pascal : « nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre » (Pensée 172). L’espoir est une anticipation passionnée d’un futur, qui n’est pas en notre pouvoir. Projection du désir sur un néant, s’il est manifeste que nous pouvons être mort dans l’instant.  Joie inconstante qui s’accompagne de crainte, tant l’avenir est  incertain. On y opposera sans peine la plénitude de l’instant présent, seul  temps réel, et le seul où puisse... [Lire la suite]
09 mars 2012

De la DUALITE d' APHRODITE : Euripide

Dans les tragédies grecques le Chœur exprime en général l’opinion dominante, le bon sens populaire, et la mesure. A ce titre il apparaît comme un tiers modérateur entre les parties en présence, exerçant une fonction arbitrale. Mais cet arbitrage vaut également pour le conflit interne qui ravage les personnages du drame, pris entre deux options également catastrophiques. Pour autant son jugement, ses avertissements ne servent guère : le drame se déroule malgré eux, dans une tragique course à la mort. A titre d’exemple voici, dans... [Lire la suite]

08 mars 2012

"LES DIEUX SONT PARMI NOUS" : HERACLITE et CHAR

Des curieux se proposent d’aller rendre visite au célèbre penseur, espérant le surprendre dans quelque haute activité méditative. Pénétrant au logis d’Héraclite ils le voient occupé le plus banalement du monde à s’occuper des affaires domestiques. Le philosophe les accueille calmement avec ces mots : « Ici aussi sont les dieux ». Comment entendre ces paroles quand on sait qu’Héraclite ne professait aucune sympathie pour les pratiques rituelles et les croyances populaires ? Mais se voyant mourir il dépose son livre sur... [Lire la suite]
07 mars 2012

De l'UNITE du JOUR et de la NUIT : HERACLITE

  « Le maître des plus nombreux, Hésiode. Celui-ci,  ils croient qu’il sait le plus de choses, lui qui ne connaissait pas le jour et la nuit : car ils sont un ». Hésiode exprime l’opinion commune qui se fie au plus apparent. Le jour n’est-il pas le royaume de la lumière, et la nuit son absence ? Est-il opposition plus tranchée, évidence plus manifeste ? Est-il de par le monde proposition plus unanime, vérité mieux partagée que celle-là ? Héraclite oppose à l’évidence une autre évidence. Deux... [Lire la suite]
02 mars 2012

La LUMIERE HOLDERLIN

    « Les bords du Gange entendirent le triomphe Du dieu de Joie, quand de l’Indus, en conquérant, Vint le jeune Bacchus arrachant du sommeil Les peuples, avec le vin sacré.   Et toi Ange du jour n’éveilles tu pas Ceux qui dorment encore ? Donne les lois, donne-nous La  vie et le triomphe, Maître qui seul As droit de conquête, comme Bacchus ! » (Hölderlin, « Vocation de poète », début)             C’est une merveille... [Lire la suite]
01 mars 2012

HOLDERLIN : la GRECE et la MODERNITE

« Qu’est-ce donc, qui m’attache Aux anciennes rives heureuses Que je les aime plus encore Que le pays paternel ? Comme en céleste captivité Courbé, parlant au long du jour, Je suis là bas, où, les pierres le disent, Apollon Allait en royale figure, Où Zeus s’épanchait sur d’innocents éphèbes Engendrait des fils de sainte manière Et des filles, Séjournant muet parmi les hommes ? »                      ... [Lire la suite]