24 février 2012

"Une VIE PASSIONNEE"

J’oublie tout à mesure. Je suis un seau percé, mais nullement à la manière du tonneau des Danaïdes qui exprime l’insatisfaction chronique du désir. C’est chez moi une sorte de pathologie de la mémoire ou une incurie de l’attention. Les choses passent à travers moi sans se fixer, sans marquer d’empreinte, sans modifier la structure. Tout est labile, poreux, percé de toutes parts, effeuillé, inconsistant. A peine ai-je le souvenir de quelques livres fondamentaux, de quelques films réputés, des événements qui ponctuent normalement une... [Lire la suite]

23 février 2012

Du PLAISIR d'ECRIRE

Il ne faut faire profession de rien. Moi-même j’ai été professeur, mais je ne me flatte en rien d’être un professionnel. Je suis, en sport, en littérature, lecture et écriture, un simple amateur, et dans la philosophie même, considérant ma faiblesse en toutes choses, et mon indécrottable paresse. Non que je ne puisse faire effort à l’occasion, mais à la durée je ne vaux rien. Après quelques pages mon livre me tombe des mains, mon esprit s’égare et s’en va battre la campagne. De même pour mon écriture qui ne vaut que dans... [Lire la suite]
22 février 2012

De la VACUITE du MOI : BOUDDHA

La question du moi est au centre de la réflexion bouddhique. Contrairement aux théories  communes de l’Inde antique, Bouddha nie le moi, ou le soi. Entendons : il n’existe pas de substance stable, immuable et immortelle en l’homme, pas plus qu’en tout vivant, soumis à l’impermanence universelle. Que nous ayons un sentiment du moi, l’impression subjective quasi indéracinable d’une permanence et d’une identité stable de notre être, nul n’en doute. Mais cette impression est fallacieuse. Aucune réalité existante ne saurait... [Lire la suite]
21 février 2012

Du KARMA et de la LIBERTE

Karma veut dire action. La loi du karma signifie que toute action est suivie d’effet, soit dans l’immédiat, soit dans un futur indéterminé. Selon cette conception, ma situation présente résulte de mes actes antérieurs, si l’on met de côté, bien sûr, les causalités purement naturelles, comme par exemple mon groupe sanguin, la couleur de ma peau etc. De même, ce que je fais aujourd’hui conditionne mon avenir. Il en résulte que nous avons intérêt à réfléchir avant d’agir. Il serait erroné de considérer cette loi comme un déterminisme... [Lire la suite]
20 février 2012

EPICURE avec BOUDDHA : étiologie de l'insatisfaction

« La terre entière vit dans la peine et c’est pour la peine qu’elle a le plus de capacités ». C’est un constat, un diagnostic qui repère le symptôme universel : la peine, « ponos » : mal, fatigue, travail, labeur, douleur,  souffrance. Cette évidence exprimée par le médecin Epicure rencontre étonnamment celle de Bouddha : le monde est « dukkha », souffrance. La philosophie commence, et doit commencer par la reconnaissance des faits, et le fait premier, irréfutable, est la souffrance de... [Lire la suite]
14 février 2012

SOCRATE FAIS DE LA MUSIQUE! : APOLLON

  Du fond de sa prison d’Athènes, attendant l’heure de boire la ciguë, Socrate entend le dieu qui lui parle en songe : « Socrate, fais de la musique ! ». Cette injonction tardive, trop tardive pour être suivie d’effet, nous fait considérer Socrate d’un autre œil. Peut-on vraiment imaginer, penser un Socrate musicien ? Lui, qui fut aussi éloigné qu’il est possible de l’univers de la création artistique, comment aurait-il pu oublier sa rage dialectique, sa passion d’interroger et de confondre, sa pratique... [Lire la suite]

13 février 2012

SAVOIR, DEVOIR, ESPOIR : Epicure contre Kant

Emmanuel Kant estimait que le philosophe devait s’efforcer de répondre à trois questions cardinales : Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? Permettez-moi de donner mes propres réponses, sous réserve d’inventaire. Que puis-je savoir ? Pas quelque chose. Que dois-je faire ? Ce que je peux. Que puis-je espérer ? Rien. Je remarquerai d’abord que les trois questions renvoient à la juridiction de l’autre. Ce que je peux savoir est dans le champ extérieur à moi. Mais cela n’est... [Lire la suite]
09 février 2012

"Je me suis cherché moi-même" (2)

Chercher c’est tourner autour (circa : autour de). Autour de quoi ? D’un trou. C’est le trou du réel. Cela clairement posé il n’est plus rien à chercher. Le réel épuise tout, contient tout. Il est le Tout. Mais cela, d’ordinaire, nous ne le savons pas, aussi continuons-nous à chercher, à nous débattre comme des enfants dans les ténèbres. Mais celui qui comprend cela est délivré. Il peut dire comme Pyrrhon : fin de la quête. Au-delà, toute quête est toxique et ne fait qu’entretenir le trouble de l’âme. Se chercher... [Lire la suite]
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08 février 2012

"Je me suis cherché moi-même" : apologue

Il est beau de se chercher soi –même, encore n’y faut-il point mettre trop d’application. Vient un moment où la recherche même paraît superflue, dérisoire, voire nocive. Toute analyse est en somme interminable, sauf à décréter qu’aujourd’hui elle se termine. Il faut accepter l’inachèvement, en soi comme en toutes choses. Il y aurait certes bien des problèmes à démêler, des énigmes à résoudre, mais le propre de l’énigme c’est qu’elle renaît toujours de ses cendres, et comme l’Hydre de Lerne repousse toujours de ses mille têtes. ... [Lire la suite]
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06 février 2012

ELOGE d' APHRODITE : EMPEDOCLE (13)

« Elle, regarde la avec ta pensée, ne reste pas là les yeux éblouis, Elle qu’honorent les hommes plantés dans leurs jointures ; Par elle ils méditent l’amour, ils accomplissent les œuvres qui joignent, L’appelant de son nom de Joyeuse et d’Aphrodite. Personne ne l’a reconnue comme elle tournoie dans les yeux ; Pas un mortel… »   Empédocle, dans les vers précédents, énonçait la loi générale du Tout, qui, dans des bornes infrangibles (peirata), se disloque en multiplicité et se réunit en mesure dans l’Un.... [Lire la suite]