05 juillet 2013

ECRIRE sur BLOG

    Jusqu'à une date récente l'écriture philosophique se faisait dans le livre. Avec l'apparition des blogs une autre forme d'écriture voit progressivement le jour. Certes, le modèle littéraire du livre est tenace et dans un premier temps l'auteur de blog aura tendance à écrire encore sur son blog comme s'il s'agissait d'un livre dont on publie des fragments successifs. Mais le blog n'est pas un livre. Ce n'est pas seulement le mode d'édition qui change, c'est, à terme, l'organisation du texte, sa logique, son style et... [Lire la suite]

04 juillet 2013

APEIRON

  La philosophie dans son ultime mouvement nous conduit étonnés face à l'inconcevable où s'abolissent toutes les questions et se pétrifient toutes les réponses. Alors la poésie seule convient au coeur dans le silence, enfin, de notre pompeuse intelligence.     Apeiron, jeunesse éternelle du monde! Il est bien des manières de te nommer Moi je t'appelle l'Immmense, le Sans Mesure,  Sans Forme Source intarissable et prodigalité Toi qui sans fin engendres les apparences Les nourris de ta sève et du vent de... [Lire la suite]
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03 juillet 2013

DU REVE, DU DAIMON et de l' APEIRON

    Voilà plusieurs nuits que je fais à peu près le même rêve. Cette insistance mérite l'attention car on ne rêve pas tout à fait en vain. Non que le rêve soit nécessairement plus vrai que l'état de veille mais il témoigne d'une permanence intérieure, d'un flux souterrain qui n'est ni anodin ni négligeable. Dans la masse impressionnante des images qu'il tisse inlassablement, dans ce fatras, cet imbroglio inextricable et délirant, de ci de là, comme par hasard, de petites merveilles, juste quelques mots arrachés à l'oubli,... [Lire la suite]
02 juillet 2013

LA NATURE ET LA LOI : ANTIPHON le SOPHISTE

      " A Corinthe il ouvrit un cabinet donnant sur l'agora et fit circuler des prospectus indiquant qu'il était en possession de moyens permettant de guérir les gens affligés de douleurs en recourant au langage, et qu'il suffisait que les malades lui confient les causes de leurs maux pour qu'il les soulageât" ( Pseudo- Plutarque : "vies des dix orateurs").  On lui doit un traité sur la neurasthénie. De plus Antiphon se fit une grande réputation comme "onirocrite", interprête des songes. On est en droit de poser... [Lire la suite]
01 juillet 2013

A QUI PARLONS NOUS ? - PYRRHON

      Parlant, savons-nous ce que nous disons? Savons-nous à qui nous parlons? Je parle, mais je suis parlé autant que je parle. Je m'adresse à quelqu'un, en principe, mais je ne sais pas qui il est. Mes mots, comme des feuiles agitées et portées par le vent, flottent quelque part dans l'indéterminé, échappent à son auteur, qui, pas davantage, ne sait qui il est, ce qu'il fait, ce qu'il veut. Nous marchons comme des aveugles dans les ténèbres de l'inconnaissance, et comme des enfants nous faisons beaucoup de bruit... [Lire la suite]
14 juin 2013

FORTUNA et VIRTU : MACHIAVEL

    "Comme notre libre arbitre ne peut disparaître, j'en viens à croire que la fortune est maîtresse de la moitié de nos actions, mais qu'elle nous abandonne à peu près l'autre moitié. Je la vois parielle à une rivière torrentueuse qui dans sa fureur inonde les plaines, emporte les arbres et les maisons, arrache la terre d'un côté, la dépose de l'autre ; chacun fuit devant elle, chacun cède à son assaut, sans pouvoir dresser aucun obstacle. Et bien que sa nature soit telle, il n'empêche que les hommes, le calme revenu,... [Lire la suite]
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12 juin 2013

TUCHE : du hasard et de la liberté

    Dans un admirable chapitre de sa "Logique du sens" Deleuze distinguait trois familles de penseurs, selon trois images bien différentes de la philosophie. Trois topologies, respectivcement de la hauteur, de la profondeur et de la surface. Le ciel, l'abîme, la terre. Que Platon représente le premier genre nul n'en doutera, avec tout le cortège des penseurs de la transcendance. Démocrite fait signe vers l'abîme, mais se garde bien d'y tomber. Quant à la surface elle reste à construire. A la surface, souverainement, c'est... [Lire la suite]
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11 juin 2013

L' ABIME et la SURFACE : le vertige de l' illimité

    Pour Nietzsche il se pourrait que la vérité soit femme. Pour Démocrite elle est dans l'abîme. Mordious! La vérité serait une femme dans l'abîme! Voilà qui me plaît assez. C'est dire en tout cas que nous ne sommes pas près de la repêcher! Plus sérieusement, je pense qu'il y a là de quoi méditer. Cet apologue comique nous permet d'établir une relative certitude, c'est que la vérité n'est pas de l'ordre du savoir - ce que mes chers pyrrhonniens répètent sur tous les tons depuis vingt quatre siècles. La conception... [Lire la suite]
10 juin 2013

De l' HUMOUR PHILOSOPHE : PYRRHON

      La tradition antique rapproche Pyrrhon de Socrate. Mais les deux personnages ne se ressemblent que par des traits extérieurs : les deux sont des philosophes de la parole qui n'écrivent pas, qui s'adressent directement aux gens, qui travaillent le comportement et le discours selon la vérité. Socrate fait mine de suivre le partenaire dans ses élucubrations pour mieux dénoncer son illusion de savoir et le mettre en face de son ignorance. Cette attitude implique de sa part une conviction, qu'il répète à l'envi : si... [Lire la suite]
07 juin 2013

Les TROIS NIVEAUX du SCEPTICISME

    Sextus Empiricus définit l'attitude sceptique : "Quand nous cherchons si la réalité (to hupokeimenon) est telle qu'elle apparaît, nous accordons qu'elle apparaît, et notre recherche ne porte pas sur ce qui apparaît (to phainomenon),  mais sur ce qui est dit de ce qui apparaît". Le sceptique interroge le discours, suspecte méthodiquement le discours, refuse toute affirmation ou négation sur la nature des choses - sur ce qui apparaît à nos sens et à notre entendement - montrant que toute position affirmative ou... [Lire la suite]