02 octobre 2013

De l' AMOUR : méditation

    Il y a dans l'amour quelque chose d'impossible. Pourtant l'amour, ça existe. J'hésite toujours à en parler, craignant de dires des bêtises. C'est que je ne sais rien de plus difficile. D'abord cela ne se peut définir. Les mots manquent, ou glissent, dérapent et disent tout autre chose. L'impossible tient aux mots, mais aussi à la chose, si tant est qu'on puisse parler de chose. Y a t-il une chose de l'amour, comme il y a chose du désir, ou des désirs? A défaut de savoir ce qu'on désire on sait fort bien ce qu'on ne... [Lire la suite]

01 octobre 2013

De l' IMPERMANENCE : méditation

    Il me semble y voir un peu plus clair. Je crois nécessaire de distinguer trois niveaux de la vie psychique. Le premier c'est l'ordinaire, alternance invincible de plaisir et de déplaisir, de joie et de tristesse, d'abattements incompréhensibles et de triomphes apparents, si vite démentis par le cours indifférent du temps, rythmes alternatifs de sommeil et de veille, de travail et de repos, règlés par les contraintes de la nécessité, du besoin et du désir, du rêve et de la réalité. "C'est la vie" dit le bon peuple, et... [Lire la suite]
30 septembre 2013

Petite MEDITATION sur HADES

          Le réel est ce trou aux bords perlés qui appelle et repousse.       Perséphone et Hadès, noirs et superbes, interdisent la porte.       Nul ne franchit le seuil sans être pétrifié.   Elis était la seule ville en Grèce qui eût un temple d'Hadès. Ce dieu terrible que par dérision on appelait Plouton, le riche parce qu'il était riche de toutes les âmes des trépassés, faisait l'objet d'un culte indirect, souterrain en quelque sorte, à la différence des autres... [Lire la suite]
27 septembre 2013

Du FANTASME

    Le fantasme est inépuisable. Je veux dire par là qu'il existe dans l'esprit une tendance irrépressible à produire des images dont la fonction est de nature hallucinatoire, comme dans les rêves nocturnes. Ces images sont inspirées, formées selon le principe de plaisir-déplaisir. Elles s'interposent entre nous et la réalité, comme des écrans protecteurs, des grilles d'interprétation, façonnant le monde à notre convenance, selon un schéma singulièrement répétitif. C'est une sorte de moulage inconscient et structurant qui... [Lire la suite]
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25 septembre 2013

Du BEAU - et de Venus gubernans

    Qu'est ce que le beau? C'est un voile, un voilement, un artefact, un enveloppement soyeux autour d'un trou. Une parade, esquive et danse, qui dissimule, et, dissimulant, révèle sans nommer, signale sans souligner. Plaisir et passion des orifices, car sans orifice pas de trou. En quoi le trou n'est pas un chaos : le chaos n'a pas de bordure, et c'est la bordure, avec sa double dimension, externe et interne, membrane et muqueuse, qui fait consister le trou. Les lèvres font la bouche, en décrivent le cratère, appellent la... [Lire la suite]
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24 septembre 2013

TRAGEDIE ET COMEDIE : la métaphore de l'art.

    Pour Aristote la tragédie est d'abord une "poiésis", une fabrication, une création, un faire (poiein), qui s'exprime dans la composition d'une action dramatique (drama) mettant en scène des personnages considérables, des dieux, des rois, des héros confrontés à des situations extrêmes, le crime, le sacrifice, la mort, où se révèle la toute puissance du destin face à la précarité humaine. La tragédie mime (mimesis) plutôt qu'elle n'imite la réalité, condensée poétiquement dans le "drame". Son ressort émotionnel, son... [Lire la suite]

23 septembre 2013

TRAGIQUE et BEAUTE

    Ma devise, c'est reconnaître le tragique, le penser, mais ne pas s'y rouler. Il y a assez de misère dans le monde, et dans nos âmes, pour ne pas y ajouter la culture des passions tristes. Ni pessimisme, ni, pire encore, la fascination du néant. Mais à l'inverse, l'illusion entretenue, tenue pour vérité n'est que sottise. Entre les deux extrêmes, la Voie du Milieu. Cette belle lucidité se remarque admirablement dans Epicure : sa vision du monde, sans concession, exprime sobrement la nature des choses : les atomes et le... [Lire la suite]
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20 septembre 2013

De la VISION TRAGIQUE : HERACLITE et NOUS

    La formule spéculative du tragique, première et dernière, c'est Héraclite qui la donne. Pour en saisir la portée il faut considérer trois sentences fondatrices : "Un et Tout" (hen kai pan) ; "l'un différant de lui-même (hen diapheron heautou) : "la guerre est le père de toutes choses, de toutes choses le roi" (polemos pantôn pater, pantôn basileus). Le monde est livré à la loi des contraires, organisé-déchiré par la lutte des contraires, faim-satiété, guerre-paix, été-hiver, chaud-froid, sec-humide, plaisir-déplaisir,... [Lire la suite]
18 septembre 2013

De la FOLIE du SENS

      Il faut procéder par soustraction : apurer, éliminer. Quoi? Ce surplus encombrant d'opinions, de théories, de constructions mentales. Ce gigantesque mausolée d'idées mortes, qui paraissent vives et vivantes, et qui ne survivent que de notre faiblesse, de notre indigence. Toute thérapie sérieuse doit mener, par delà les temps inévitables de l'interprétation et du sens, à ce dépouillement essentiel où le sujet reconnaît enfin le leurre de toutes les interprétations, fussent-elles originales et fécondes. Faire... [Lire la suite]
17 septembre 2013

Du MOI, de l'INDIVIDU et du FLUX UNIVERSEL

    Dans la tradition bouddhique, pour qualifier un individu, tout individu en général, on dit "un flux". Cette différence d'approche est capitale. L'Occidental opère par dénégation, car enfin qu'est ce qu'un individu sinon un non-divisible, un a-tome (non sécable), ce qui revient à opposer au flux universel et indifférencié une unité discrète, un quelque chose de substantiel, une permanence, une entité séparée, une monade. Dès lors la pensée est déterminée, par le vocabulaire même, à penser métaphysiquement le moi comme... [Lire la suite]
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